A l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque

Par Solène, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur :

Erich Maria Remarque, de son vrai nom Erich Paul Remarque naquit le 22 juin 1898 à Osnabrück et décéda le 25 septembre 1970 à Locarno (En Suisse). Ecrivain Allemand, il s’inspira de son propre vécu (tout comme Paul il s’engagea et sa mère mourut d’un cancer) pour écrire le roman historique qu’est A l’ouest rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), roman non seulement pacifiste mais aussi réaliste, paru en 1929 [Première publication Française en octobre 1956. Livre de Poche, juillet 2006], qui connut un succès mondial. Ce livre a pour héros un soldat allemand qui, lors de la première guerre mondiale, combat en France sur le frond allemand.

Résumé :

A l’ouest rien de nouveau est un roman allemand racontant l’histoire de Paul Bäumer, le narrateur, ainsi que de ses camarades de classe, Albert Kropp, Müller et Leer, tous des jeunes d’à peine 20 ans partant pour le front sous l’influence de leur professeur Kantorek. Ils sympathisent rapidemment avec Tjaden, Haie Westhus et Stanislas Katczincky, l’aîné du groupe. Les atrocités de la guerre vont vite changer leur manière d’aborder ou de voir les choses. Tout d’abord « martyrisé » dans un camp d’entraînement par un supérieur, Himmelstoss, aux méthodes de tortionnaire, ils sont par la suite envoyés à l’arrière puis sur le front où Paul et ses camarades subissent des bombardements continus causant de lourdes pertes. Ils sont alors ramenés à l’arrière, le temps d’attendre des renforts, où ils passent de belles semaines avant que Paul ait une permission de 14 jours. Cette intermède va, pour lui, tout changer. Il trouve sa mère mourante et le voisinage compatissant ou agressif. Il refuse de leur conter les horreurs de la guerre et décide de tout minimiser. Une fois de retour, Paul est de nouveau envoyé à l’arrière où se trouvent des prisonniers russes. Il se surprend à avoir pitié de l’ennemi… Cette pitié va resurgir lorsque, de retour sur le front, perdu dans le no man’s land, il tente de sauver un soldat français. D’autres évènements et d’autres pertes vont totalement anéantir Paul qui estimera tout avoir perdu:  » Les mois et les années peuvent venir. Ils ne me prendront plus rien. Ils ne peuvent plus rien me prendre. »

Critique

Ce livre illustre des faits historiques comme l’engagement naïf des jeunes influencés par leur professeur qui les nomme « la jeunesse de fer » [p.19], comme l’entraînement des jeunes recrues [p.38-39], comme la propagande officielle qui sévit en Allemagne comme en France [p.154], comme l’envoi par les médecins majors de n’importe quel homme au front [p.210] l’organisation de la vie dans les tranchées ou comme l’atrocité de la guerre (particulièrement en été 1918).

Ce livre illustre également bien les mentalités et le comportement des personnages de cette période de l’histoire.

Le sentiment le plus fort est la camaderie, « ce que la guerre produisit de meilleur ». L’épisode des bottes de Kemmerich (Ce dernier mourant va léguer ses bottes a ses compagnons), le combat de Paul pour maintenir Kat en vie (Paul va porter Kat sur ces épaules malgrer la fatigue pour trouver un centre médical) ou encore la scène entre Lewandowski et sa femme (dans un hôpital, les hommes vont distraire les infirmières pour que le couple puisse avoir de l’intimité) en sont des exemples.

Ce livre contient aussi une approche de la mort sans tabou, Paul est même surpris de voir le chagrin que la mort d’une seule personne peut causer à la mère de Kemmerich. La mort est pour eux un quotidien : « Notre science de la vie se réduit à la mort ».

Au front, les mentalités sont contraintes de changer. Des complexes disparaissent, le sentiment d’égalité entre les peuples face à la guerre voit petit à petit le jour. Paul se rend par exemple compte que dans un hôpital se trouve un très grand nombre de blessés…. et que ces hôpitaux sont très nombreux en Allemagne, en France comme dans d’autres pays. A l’extérieur, chez les civils, la mentalité est de qualifier de « lâches » les jeunes qui ne s’engagent pas.

Pour finir, ce livre illustre une idéologie trompeuse, qui joue avec la vie des hommes: le médecin major, sans même observer les soldats les déclare « aptes au front », la propagande glorifie la guerre pour avoir plus de recrues, l’Etat donne aux soldats des vêtements neufs et propres juste le temps d’une parade pour le Kaiser.

Ce livre m’a plu puisqu’il dénonce sans tabou ni pudeur le quotidien des soldats. Nous suivons des jeunes d’à peine vingt ans et nous nous rendons compte avec eux qu’ils font partie d’une génération de sacrifiés, que même s’ils reviennent, ils ne pourront plus jamais voir les choses comme auparavant. Ce roman a la particularité de nous plonger entièrement dans ces années de guerre. Des monstruosités, des corps déchiquetés, jusqu’à l’amitié et la solidarité qui se crée ou se renforce entre les soldats, en passant par des états d’esprit différents, rien ne nous est caché. Tout cela rend le livre d’une dureté magnifique.

Extraits choisis: [J’hésite encore…] p. 19-20: « Génération de sacrifiés »

p. 88-89: « Déshumanisation »

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