Ceux de 14 de Maurice Genevoix

De Marie (1ère L2 – Lycée Van Dongen)

L’auteur


Maurice Genevoix est né en 1890 à Decize dans la Nièvre. Après avoir passé son enfance aux confins de la Sologne, il entreprend des études universitaires à l’Ecole normale supérieure qui sont interrompues par la guerre de 14. Blessé en 1915, il est réformé. Dans les nombreux romans qu’il écrira plus tard, apparaissent les thèmes privilégiés de son œuvre : la chasse, le monde animal, la vie rurale. En 1925, il obtient le prix Goncourt avec Raboliot. Lauréat du Grand Prix national des Lettres, membre de l’Académie française depuis 1946, Maurice Genevoix a été le secrétaire perpétuel de l’Assemblée du quai Conti de 1958 à 1974. Maurice Genevoix est mort en septembre 1980.

Ceux de 14, ensemble de ses récits de guerre (5 livres), ont été publiés entre 1916 et 1923, puis dans un même recueil en 1949, aux éditions Flammarion.

« Notre guerre… Vous et moi, quelques hommes, une centaine que j’ai connus… Je ne sais que cela, les gestes que nous avons faits, notre souffrance et notre gaîté, les mots que nous disions, les visages que nous avions parmi les autres visages, et notre mort. »

Résumé

Le récit dure 8 mois. Il commence vers le 9-13 octobre 1914 pour se finir vers le 24-25 avril 1945 (dates vers lesquelles M. Genevoix se fait évacuer). L’action se déroule à Verdun et aux Eparges. Un soldat Français de 24 ans, le lieutenant Maurice Genevoix, mobilisé pendant la première guerre mondiale, raconte sa guerre, ses impressions. C’est la boue, le sang, la mort, le vacarme des obus, les heures inertes attendant l’assaut, l’incertitude des soldats, la poussière, la crasse, la pluie, la faim, la maladie, le manque de repos, l’angoisse. Au fur et à mesure que le lecteur avance dans sa lecture, il peut distinguer une progression dans les sentiments, les émotions du personnage. A un réel enthousiasme – il est vrai mêlé à la peur, mais avec tout de même un sentiment de fort patriotisme et surtout avec la certitude d’agir pour le bien de tous – on observe, peu à peu, que le découragement fait place. Et alors que les combats de campagne passent à la guerre des mines, que le soldat découvre l’hiver et la boue et que les assauts se font de plus en plus sanglants, c’est le sentiment général qui évolue. L’ennui, l’horreur et l’incertitude quant à l’avenir des combats, de la propre vie des soldats, deviennent prédominants. Cependant, le récit n’est pas dénué d’humour et il est ponctué de moments heureux, que l’auteur passe en compagnie de son fidèle ami Robert Porchon et de ses camarades du 106 (à qui le livre est destiné).

Commentaire

• Données à valeur historique

Le récit de M.Genevoix raconte les combats de la Marne, sur l’aile est – dans le secteur de Verdun (livre premier « Sous Verdun »), puis ceux des Eparges et de la Tranchée de Calonne, au sud de Verdun en 1914 et 1915. « Nuits de Guerre » (livre II) raconte la période du 5 au 19 octobre 1914. « La Boue » (livre III) relate les 70 journées du front d’automne et d’hiver (du 1er novembre 1914 aux premiers jours de janvier 1915) pendant lesquelles les soldats découvrent la guerre de position et l’ennui dans le froid. Enfin, « Les Eparges » (livre IV) raconte la période des premiers jours de janvier jusqu’au 25 avril 1915, le dernier jour au front de l’auteur.

Je n’ai honnêtement pas aimé ce livre. Et je suis sortie de ma lecture quelque peu nauséeuse, un goût de terre au fond du palais (je suppose que c’était un effet voulu par l’auteur). Ceux de 14 reste cela dit très émouvant et très vrai, on suit l’évolution des sentiments du personnage au fur et à mesure que la guerre s’embourbe, et une certaine proximité se crée entre le narrateur personnage et le lecteur. Mais sa lecture a été incroyablement pénible. J’ai eu besoin de très longues pauses par moment et n’ai pu enchaîner combats sur combats Je suppose que ce doit être la routine du soldat, la crasse, la peur, la mort. Finalement toujours la même chose. Et puis les termes très techniques (désignant par exemple les armes) m’ont plutôt embrouillée dans ma lecture. Toutefois (et beaucoup de sites Internet, livres, articles l’ont confirmé) ce livre reste le plus authentique des témoignages sur la grande guerre. Paul Guimard parle d’un « constat modeste, mesuré, terriblement précis », et ajoute « qu’aucun réquisitoire contre la guerre n’a atteint la puissance de ce récit ». C’est un témoignage authentique, l’auteur s’étant refusé le moindre écart à la réalité , « tout arrangement fabulateur, toute licence d’imagination » (d’ailleurs l’auteur s’est servi de notes prises pendant le combat pour la rédaction de ses livres et nous pouvons aussi remarquer que tous les hommes qu’il y côtoie sont désignés par leur propre nom).

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