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Je n’ai pas vu le film, mais la réédition du livre à l’ occasion de sa sortie m’a permis de découvrir un texte superbe, un récit prenant, court, limpide; un récit autobiographique où le narrateur revient sur un pan du passé familial dont on l’a longtemps dépossédé : un de ces secrets d’adultes que les enfants pressentent et qu’ils portent en eux sans pouvoir les identifier, écrasés par le poids du silence.

C’est ce jeune garçon frêle, enfermé dans sa solitude, ébloui par le couple parental, qui reconstituera au fil du temps le puzzle de ces histoires mêlées où l’amour, la jeunesse et le désir côtoient l’horreur de la guerre et de l’Holocauste. Les images fantasmées d’un passé trop lisse font alors place à une vérité cruelle mais libératrice.

« Fils unique, j’ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J’avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible. »

Elfie