Tous les billets de décembre 2008

Magnifique Le Clezio

Non classé 0 commentaire »

Pour le plaisir, la conclusion de sa conférence lors de la remise du Nobel :

À l’enfant inconnu que j’ai rencontré un jour, au bord du fleuve Tuira, dans la forêt du Darién. Dans la nuit, assis sur le plancher d’une boutique, éclairé par la flamme d’une lampe à kérosène, il lit un livre et écrit, penché en avant, sans prêter attention à ce qui l’entoure, sans se soucier de l’inconfort, du bruit, de la promiscuité, de la vie âpre et violente qui se déroule à côté de lui. Cet enfant assis en tailleur sur le plancher de cette boutique, au cœur de la forêt, en train de lire tout seul à la flamme de la lampe, n’est pas là par hasard. Il ressemble comme un frère à cet autre enfant dont je parle au commencement de ces pages, qui s’essaie à écrire avec un crayon de charpentier au verso des carnets de rationnement, dans les sombres années de l’après-guerre. Il nous rappelle les deux grandes urgences de l’histoire humaine, auxquelles nous sommes hélas loin d’avoir répondu. L’éradication de la faim, et l’alphabétisation.

Dans tout son pessimisme, la phrase de Stig Dagerman sur le paradoxe fondamental de l’écrivain, insatisfait de ne pouvoir s’adresser à ceux qui ont faim – de nourriture et de savoir – touche à la plus grande vérité. L’alphabétisation et la lutte contre la famine sont liées, étroitement interdépendantes. L’une ne saurait réussir sans l’autre. Toutes deux demandent – exigent aujourd’hui notre action. Que dans ce troisième millénaire qui vient de commencer, sur notre terre commune, aucun enfant, quel que soit son sexe, sa langue ou sa religion, ne soit abandonné à la faim ou à l’ignorance, laissé à l’écart du festin. Cet enfant porte en lui l’avenir de notre race humaine. À lui la royauté, comme l’a écrit il y a très longtemps le Grec Héraclite.

J.M.G. Le Clézio , Bretagne, 4 novembre 2008

© LA FONDATION NOBEL 2008

Vous trouverez le texte intégral ici.

 

Fille du destin/Isabel Allende

Non classé 0 commentaire »

C’est la première fois que je lisais un livre d’Isabel Allende et j’ai l’intention de continuer. Je l’aurais certainement mal compris ou vu trop différemment en le lisant plus tôt. C’est un livre, je pense à ne lire qu’à partir de la 3°.

Le savon est la première odeur que le fin nez d’Elisa Summers a connu, enfin c’est ce qu’elle dit, car Mama Fresia qui l’a trouvée dans une caisse de savon lui affrime qu’un bébé n’a pas de souvenirs. Elisa a grandi entre l’élégante demeure anglaise de Miss Rose et ses fréres, dans le port de Valparaiso au Chili et les cuisines de Mama Fresia, leur cuisinière. Elle est une jeune fille modéle jusqu’a ses seize ans quand elle tombe follement amoureuse de Joaquin. A partir de-là sa vie va devenir aussi mouvementée que les histoires qu’elle s’invente. La fiévre de l’or atteind tous les pays et les chiliens ne sont pas épargnés. Joaquin va partir … et Elisa aussi lorsqu »elle se verra enceinte.

Elle entâme une longue et pénible traversée avec Tao Ch’ien le médecin chinois, jusqu’à la Californie. La Californie, avec si peu de femmes et tant de dangers.

Le cadre historique, tous ces personnages si détaillés, si réels, cette héroïne si attachante, et tellement encore rendent ce livre vraiment fascinant.

Bérengère