Encore un livre sur le totalitarisme et la révolte d’adolescents contre leur système politique. Cette révolte suit les étapes-type : rencontre, prise de conscience du monde dans lequel on vit, alliance, histoire d’amour, soulèvement. Bref on est très près du Combat d’hiver de La déclaration, de Méto.

La question qui vient à l’esprit est légitime : y a-t-il encore quelque chose à écrire sur le sujet ? La réponse vient aussi rapidement : OUI !

Le principe d’écriture de cette nouvelle collection du Père castor est pour le moins original : c’est l’Ukronie. Je ne connaisais pas la définition de ce mot, parfaitement expliqué en introduction au roman. U veut dire non et kronie le temps. L’Ukronie, c’est le temps qui n’existe pas, ou plutôt le temps qui aurait pu exister si les évènements s’étaient déroulés différemment. Alors on s’amuse à voir Pierre Bordage inventer ce monde, le nôtre, pourtant si différent. Une donnée historique et politique a tout changé : la restauration monarchique a eu lieu et a tenu bon après le règne de Naopléon.

Ce qui en découle est simple : l’aristocratie s’est maintenue au pouvoir, la capitale s’est fixée à Versailles, internet ne diffuse que des informations de propagande. Et surtout, une large classe pauvre, les « cous noirs » s’est développée. Aux personnes de cette classe on refuse, outre l’accès à la richesse, l’accès au savoir. Certains se révoltent contre cet état de fait et la nuit, dans les villages, les mères amènent leurs enfants suivre des cours clandestins. Ceux qui sont découverts sont punis de mort ou de bagne.

Dans ce monde sclérosé, Jean et Clara, pourtant nés aux deux extrêmes de la société vont savoir se rencontrer. Ce sont leurs aventures que l’on suit à un ryhtme halletant.

Ce roman sent fort la littérature de jeunesse, l’écriture qui tente de séduire sont public. Pour autant, on se laisse prendre au jeu et au ryhtme de l’histoire, on ne la lâche pas jusqu’à son dénouement. Il y a fort à parier que, proposé à un public de collégiens,  le roman plaira… beaucoup !