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Le fil du destin / L Hearn (Le Clan des Otori, t5)

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Attention, c’est une grade adepte de la série du Clan des Otori qui vous parle ! Chaque tome me plonge dans un ravissement qui pendant plusieurs jours me fait voir la vie en couleurs douces et chatoyantes. Je ne peux plus boire un thé sans m’imaginer assise à même le sol, les jambes croisées, dans une position humble et respectueuse, à l’écoute des mille bruits de la nature, sentant le souffle léger de la bise sur mon visage qui porte avec elle quelques embruns…. N’étant pas Lian Hearn, il m’est impossible de vous plonger à sa place dans son univers si poétique… Impossible de vous faire toucher du doigt, de l’esprit, l’épaisseur de l’atmosphère si particulière de ses romans. Takeo serait naît -dit-elle- d’un rayon de soleil. Je peux le croire. Tout dans ses livres est sensible, tout se touche et se ressent, se sent, se goût et s’entend… Tout est regard aussi : quels paysages magnifiques nous sont donnés à voir au fil des saisons !

En tant qu’inconditionnelle de Lian Hearn, je n’avais peur que d’une chose : la lassitude. Dans un cinquième tome, j’appréhendais de retrouver les mêmes « ficelles » et de trop les voir. Il n’en a rien été, les ficelles sont bel et bien les mêmes, mais si je les ai retrouvées, ce fut avec les même bonheur que la toute première fois….

 

A vos risques et périls / P Marlet

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Creative Commons License photo credit: Aspheries

Les six candidats d’un jeu télévisé se retrouvent sur une île déserte. Ils doivent réussir des défis quotidiens pour « survivre » et tenir en haleine le France entière. Le casting les a choisi tous très différents les uns des autres, ce qui rend la vie ensemble un peu difficile. Un jour, l’équipe télé doit s’absenter. Deux heures sans personne pour filmer : tout peut arriver !

Des hommes sortent de la brousse : ce sont des rebelles au régime politique en place. Ils les attaquent nos candidats, les font prisonniers. Et c’est le choc de la rencontre : ils ont le même âge mais un vécu qui n’a rien à voir. Bien sûr certains de nos candidats ont manifesté conte le CPE et d’autres ont brulé quelques voitures, mais leur révolte s’arrête là. Se battre pour faire des études, risquer sa vie pour le droit de s’exprimer, ils n’ont jamais été confronté à cela. Cachés dans une grotte ils vont faire l’apprentissage de ce qu’est la vraie différence et l’enrichissement qu’elle apporte.

Voici un roman d’apprentissage politique comme je les aime. Un support à réflexion, au débat. A mettre entre toutes les mains d’ados !

 

La rebelle / T. Crifo

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Texture 31 par photo libre

Encore un livre lumineux. La lumière, c’est Coumba, l’héroïne, magnifique jeune fille d’origine sénégalaise, mature et responsable. Coumba poursuit de brillantes études au lycée tout en élevant sa fille de deux ans. Alors entre les cours, le travail à la maison, le boulot au Mc DO pour gagner quelques sous et la petite à s’occuper, Coumba court ! Et elle assure. L’assistante sociale l’aide, ses copines la soutiennent.

Au lycée, ses profs l’admirent… et les garçons la draguent… Sans grand espoir quand même car Coumba a cela en commun avec Hugo, le héros de Tout doit disparaitre (cf billet du 17 janvier) : son expérience de vie est si forte qu’elle l’éloigne inévitablement des personnes de son âge…

Ce qu’il me reste de ce livre ressemble à un souvenir cinématographique : j’ai trouvé l’actrice exceptionnelle. Elle est au cours des pages, vivante, frémissante, révoltée aussi… et amante. Si présente !

L’histoire en elle-même n’a que peu d’importance, la trace s’en efface peu à peu dans mon souvenir. Elle me semble n’être qu’un prétexte, qu’un décor pour parler de Coumba dont je soupçonne son auteur, Thierry Crifo, d’être amoureux..

 

Tout doit disparaître / M Ollivier

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©baby sea turtles in clear blue water par helen25

Pas seulement un coup de cœur, un véritable coup de poing ! Ce roman s’adresse à de grands ados, des lycéens ou des adultes. Je vais le proposer à mon club lecture de 4èmes mais avec moult précautions. Pour ce que je connais de le littérature de jeunesse, ce livre est un OVNI. Et j’adore ça !

Le roman n’est qu’un flash-back : Hugo, 16 ans, est dans sa baignoire. Il vient de s’engueuler très très fort avec son père qui lui a demandé « Mais que veux-tu faire de ta vie ? » Hugo tourne la question dans sa tête, convaincu que la réponse bien pensée lui viendra, trop tard une fois de plus. A partir de cette question les pensées d’Hugo le ramènent cinq ans en arrière, quand ses parents (profs de français) ont décidé de demander leur mut pour Mayotte. Hugo a l’âge d’entrer en sixième et se retrouve dans une société dont la pauvreté le choque. Il a du mal à s’intégrer dans sa classe dont il est le seul blanc parce que inévitablement tout le monde le sait (et lui compris) : il n’est là que de passage. Une expérience terrible qui le fera mûrir prématurément obligera ses parents à le renvoyer en France avant la fin de sa troisième. Hugo débarque dans la banlieue de Lille en plein moment des soldes et de la consommation à outrance : le choc est trop brutal, la révolte gronde en lui. Cette révolte qu’il ne sait pas maîtriser, que son entourage ne comprend pas, va le faire se renfermer sur lui-même. Il ne trouve pas les mots, ne sait avec qui partager son dégoût de la société de consommation. L’écart se creuse quand ses parents rentrent à leur tour et s’engagent dans une frénésie d’achats à la hauteur de la frustration ressentie pendant quatre ans à Mayotte. Alors Hugo lit (belles citations de Cossery, miam !), va sur internet, se rend peu à peu compte que d’autres, organisés en associations, pensent comme lui, que certains adultes même partagent son dégoût ! Et qu’il y a des gens qui agissent…

A la fin du roman, Hugo a trouvé quoi répondre à son père, et miracle, cette réponse ne vient pas trop tard : Hugo a enfin trouvé sa propre vérité, ce qu’il veut être et qui le guidera dans sa vie d’adulte. Je résiste à l’envie de recopier ici le dernier paragraphe du livre (parce que c’est la fin, quand même, ça craint…), mais je le trouve magnifique.

Des moment très forts, très justes, dans ce livre : la description sans concessions des profs expats au bar, le moment où Hugo se rend compte qu’il est le seul de ses amis à Mayotte à avoir nagé avec des tortues parce que simplement c’est le seul à faire de la plongée le week end (pour ses camarades de classe, les tortues sont une légende), le moment où, conscient de sa lâcheté, il laisse ses parents décider de son retour en France et se retrouve incapable d’assumer les conséquences de ses actes… Cette lâcheté qui sera au fondement de la révolte…

Ce que j’ai ressenti en lisant ce texte, finalement assez court, je m’en rend compte, par rapport à tout ce dont il est riche, c’est que pour une fois un auteur oublie un peu son public (les « jeunes ») pour donner ce qu’il a véritablement dans le ventre. On sent chez Mickaël Ollivier une véritable révolte dont on ne sait si il souhaite la transmettre ou donner les moyens de la rendre constructive.

Enfin, merci à Thierry Magnier qui a été pas mal bousculé ces derniers temps de publier ce type de textes indispensables.

 

La déclaration / G Malley

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©do-not-8ik2 par free stocko photography

J’ai trouvé ce roman dans le rayon ado d’une grande librairie avec le commentaire suivant « Si vous avez aimé Le combat d’hiver, vous aimerez La Déclaration« . Il n’en fallait pas plus pour me convaincre et me voilà partie tête baissée. Bon. Lecture facile. On se prend aisément à l’histoire. Cela se passe dans le futur, les humains ont trouvé le moyen de vivre éternellement, en échange de quoi il est interdit de faire des enfants (à moins d’accepter de mourir : une vie = une vie). Anna n’a pas de chance, c’est un « surplus », c’est à dire un enfant né de parents irresponsables et égoïstes, qui doit passer sa vie enfermée dans un centre pour surplus. Elle doit toujours se souvenir de « Où-est-sa-place », c’est à dire qu’elle est inférieure aux légaux. Sa vie est très dure, et ce qui est plus dur encore, on l’apprend à la fin avec une telle surprise (!!!) c’est que ses parents avaient refusé de signer La Déclaration (renoncement à avoir des enfants en échange de l’éternité) et que donc c’est une légale (quelle injustice !).

Bref, le lien avec Le combat d’hiver ? Des enfants enfermés qui vont se révolter. Et ça s’arrête là. A aucun moment je n’ai retrouvé la force de l’engagement et de l’écriture de Mourlevat, cette violence qui prend au ventre, cette prise de conscience de l’importance de la lutte politique dans un régime totalitaire. Dans La Déclaration, tout est trop simple, pré-maché, ce que je n’aime pas dans la littérature de jeunesse.

Bref, à choisir, relisez Mourlevat ! (cf billet de septembre…)

 

Tobie Lolness t1 et 2/ Timothée de Fombelle

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Love in Paradise par creative Sam

J’ai laissé passé pas mal de temps avant de me décider à ouvrir ce roman… Je ne lisais que d’excellentes critiques mais cette idée d’un « roman écologique » ne m’attirait pas plus que ça… J’avais peur d’un livre facile, prêt-à-plaire à tous, ados et adultes. Formaté. Et puis… pressée par copines, je me suis laissée convaincre… Et j’ai plongé !

Je me suis laissée complètement guidée par ce petit bonhomme d’à peine un millimètre, je l’ai suivi dans sa course à travers l’arbre, j’ai vu son univers changer au cours des saisons, j’ai admiré les paysages, vécu les histoires d’amour, et ri ! Car c’est un livre rempli d’humour, de jeux sur la langue française, on y trouve des tas d’explications saugrenues sur l’histoire d’expressions courantes. Et en cela ce roman sort bien du lot des romans d’héroïc fantasy, formatés à l’américaine avec un humour, certes plaisant, mais que l’on retrouve partout. Ici, on s’éloigne un peu des codes habituels et cela fait l’effet d’un bol d’air frais. J’avais ressenti la même chose à la lecture de Le dernier elfe de Silvana de Mari : on sentait en toile de fond l’influence d’une littérature autre, la littérature italienne, avec un humour aussi très original et même plus direct et franc que celui de Timothée de Fombelle.

Bref, Tobie m’a donné du baume au cœur, m’a fait rêvé en ces temps de fatigue et de lassitude hivernale. Finalement, on peut voyager sans aller bien loin… Et qui peut lire Tobie et résister à la tentation de s’approcher des arbres d’un peu plus près, pour voir, au cas où ?…

 

Là où vont nos pères / Tan Shaun

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old suitcase par Petr0

Un album ? Non, pas vraiment. Plutôt une bande dessinée silencieuse. Pourquoi silencieuse ? Peut-être parce qu’il n’existe pas de mots assez précis pour décrire un regard entre un père qui part en exil et sa petite fille, peut-être parce que quand on part pour un ailleurs dont on ne connaît pas la langue, on est enfermé dans un mutisme qui oblige à regarder autrement autour de soit… Ou peut-être est-ce l’expression d’une pudeur respectueuse de l’auteur envers ceux (ses ancêtres) qui, un jour, ont dû partir…

De la pudeur, donc, et énormément de tendresse aussi jusque dans le trait délié, appliqué, des dessins. Un fond sépia qui rappelle l’hommage et le vécu. Des regards qui s’échangent, des mains qui se touchent, se prennent. Pas d’étreinte forte, des frôlements pourtant bien plus puissants. Comment dire la douleur d’être obligé de quitter les siens, d’être examiné sous toutes les coutures par les gardes côtes, d’être évalué, fiché, d’avoir à trouver un lit dans un pays dont on ne connaît pas la langue, de comprendre quoi manger quand on ne connaît pas la nourriture… La solitude, l’isolement de l’exil… et le manque des siens.

A cela l’auteur a jouté un savant mélange d’univers lointains mais qui ici se mêlent avec conviction. On pense très fort aux immigrants arrivant à Ellis Island et pourtant à cette description très réaliste se mêle un univers fantastique qui semble inspiré de l’onirisme japonais avec des animaux tout droits sortis de mangas de Miyazaki.

Bref, un livre fort, original et émouvant. Une bonne idée de cadeau de Noël !

 

Lune indienne / Antje Babendererde

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desert highway sights par alex gonzales

Encore un roman pour voyager ! Lune indienne raconte l’histoire d’un jeune Allemand dont la mère épouse un indien d’une réserve américaine. Il doit quitter ses habitudes, ses amis, et surtout son grand amour, Nina. Il se retrouve projeté sous un soleil torride, dans une région presque désertique, au milieu de gens dont il ne comprend pas les valeurs et le fonctionnement. Il troque une vie aisée, facile contre une vie de lutte et d’union contre l’adversité.

Dans ce roman, j’ai aimé le dépaysement, les paysages grandioses, les réunions familiales, les danses du powwow, le rire utilisé comme arme, la cohésion d’un peuple en lutte pour que survive sa culture. Je regrette que la trame de fond ne soit pas plus fouillée, et que le héros ait un fonctionnement psychologique si attendu, si pauvre finalement.

C’est dommage, il manque un petit quelque chose, ça sent un peu trop la littérature de jeunesse formatée… Mais je ne regrette pas de l’avoir lu, ne serait-ce que pour les images que j’ai eues sous les yeux !

 

Du Changement !

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Lights par Thomas Hawk

Bonjour à tous,

changement d’habillage aujourd’hui ! Je suis moins convaincue par celui-là, mais j’ai utilisé le précédent pour le blog du CDI et je voudrais éviter les confusions. Et puisqu’une nouvelle ère commence, autant en profiter pour évoluer un peu… Que penseriez-vous de faire une place plus large à la littérature adulte ? Et d’ouvrir des rubriques cinéma ou théâtre ? Bref transformer ce blog en blog culturel et non plus seulement littéraire. Moi, ça m’arrangerait parce que je vais déjà écrire des critiques de littérature de jeunesse sur le blog du CDI. Cela ne m’empêchera pas d’en mettre quelques unes ici, mais j’aurais moins l’impression de gérer deux blogs redondants. Enfin je soumets cela à votre appréciation…

Dans tous les cas si nous changeons d’optique, il faudra aussi changer le titre du blog. Auriez-vous des propositions ?

Bon début de vacances à tous

 

Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain / Morvan, Voulyzé et Lefèvre

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Huck Finn par Mike _tn.jpg

Je me demandais ce que valait cette nouvelle collection de BD de chez Delcourt qui reprend les textes originaux… Et j’ai été vraiment séduite par Tom Sawyer. J’y ai trouvé une fraîcheur très agréable, des couleurs et des dessins qui reprennent peut être un peu trop ceux du dessin animé mais pour moi je crois que cela a fait partie de la séduction (à savoir comment ça parlera aux élèves…). Par contre, reprenant l’histoire originale, le scénario s’éloigne du dessin animé par sa crudité, sa cruauté même. Jo l’indien fait vraiment peur, Huck et Tom jouent avec le cadavre d’un chat mort, on assite à un meurtre. Bref, une BD qui bouscule un peu, ce qui a mon avis n’est pas mal…

J’attends le tome 2 !