Tous les billets de la catégorie 4ème

Le premier qui pleure a perdu / A Sherman

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Un roman à mettre en parallèle avec Lune Indienne (voir billets précédents) pour le sujet qu’il traite : la question des Indiens dans les réserves américaines.

Junior vit dans une réserve d’indiens Spokane.

C’est une vie aux caractères particuliers, partagés par tous ceux de la réserve : on y cotoîe la pauvreté, la violence, l’alcoolisme, la mort plus que partout ailleurs. Junior connaît cela et plus encore : il est né avec un problème au cerveau qui le rend particulièrement fragile et cummule les handicaps physiques.

Qu’à cela ne tienne : Junior est un indécrottable optimiste.

Une fois il cède à la colère, une seule fois. C’est son premier jour de lycée ; il est heureux, ravi même. On lui distribue son livre de géométrie, il a envie de l’embrasser. Il l’ouvre et il voit le nom de sa mère inscrit en première page. Il réalise que le livre a 30 ans de plus que lui. Une colère le submerge, il se lève en envoie le livre à la tête du prof de maths.

La révolte commence. Une belle et longue discussion avec le prof en question, blanc, malheureux du rôle qu’on lui fait jouer à enseigner à des ados indiens sans avenir, amène Junior à prendre la plus importante décision de sa vie : s’inscrire dans un lycée de Blancs.

Pour tenir sa décision Junior devra subir l’animosité des siens qui le considèrent comme un traître à la tribu et celle de ses nouveaux camarades qui le voient comme un extraterrestre.

Mais son optimisme et son humour sont ses meilleurs armes.

Sherman Alexie truffe son récit des dessins de Junior, toujours bien vus et amusants, qui ajoutent au coté très intime du roman.

Un livre dur, très dur, qui réussit le pari d’être aussi joyeux, gai, positif.

C’est frais et souvent c’est beau.

 

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Ceux qui sauront / P Bordage

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Encore un livre sur le totalitarisme et la révolte d’adolescents contre leur système politique. Cette révolte suit les étapes-type : rencontre, prise de conscience du monde dans lequel on vit, alliance, histoire d’amour, soulèvement. Bref on est très près du Combat d’hiver de La déclaration, de Méto.

La question qui vient à l’esprit est légitime : y a-t-il encore quelque chose à écrire sur le sujet ? La réponse vient aussi rapidement : OUI !

Le principe d’écriture de cette nouvelle collection du Père castor est pour le moins original : c’est l’Ukronie. Je ne connaisais pas la définition de ce mot, parfaitement expliqué en introduction au roman. U veut dire non et kronie le temps. L’Ukronie, c’est le temps qui n’existe pas, ou plutôt le temps qui aurait pu exister si les évènements s’étaient déroulés différemment. Alors on s’amuse à voir Pierre Bordage inventer ce monde, le nôtre, pourtant si différent. Une donnée historique et politique a tout changé : la restauration monarchique a eu lieu et a tenu bon après le règne de Naopléon.

Ce qui en découle est simple : l’aristocratie s’est maintenue au pouvoir, la capitale s’est fixée à Versailles, internet ne diffuse que des informations de propagande. Et surtout, une large classe pauvre, les “cous noirs” s’est développée. Aux personnes de cette classe on refuse, outre l’accès à la richesse, l’accès au savoir. Certains se révoltent contre cet état de fait et la nuit, dans les villages, les mères amènent leurs enfants suivre des cours clandestins. Ceux qui sont découverts sont punis de mort ou de bagne.

Dans ce monde sclérosé, Jean et Clara, pourtant nés aux deux extrêmes de la société vont savoir se rencontrer. Ce sont leurs aventures que l’on suit à un ryhtme halletant.

Ce roman sent fort la littérature de jeunesse, l’écriture qui tente de séduire sont public. Pour autant, on se laisse prendre au jeu et au ryhtme de l’histoire, on ne la lâche pas jusqu’à son dénouement. Il y a fort à parier que, proposé à un public de collégiens,  le roman plaira… beaucoup !

 

Trois ombres / C Pedrosa

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Joachim et ses parents vivent dans une sorte d’eden familial et sylvestre. Ils se promènent en forêt, se baignent dans le lac et passent leurs soirées ensemble, au coin du feu dans leur douillette maison de bois. Un soir, par la fenêtre, Joachim aperçoit trois ombres de cavaliers sur la colline. Elles ne partiront plus. Chaque jour plus proches elles s’évaporent pourtant quand le père de Joachim s’avance vers elles. Sa mère comprend très vite qu’il ne sert à rien de lutter : les ombres ne repartiront qu’avec Joachim. Le père entre dans une rage folle à l’annonce cette nouvelle et décide de fuir, son fils dans les bras, de l’autre coté du fleuve…

Voici une bande dessinée qui emporte, voire emprisonne dans son univers, son émotion. De même que les personnages avancent vers un destin inéluctable, le lecteur et amené vers le dénouement sans pouvoir offrir aucune résistance. Le graphisme est porteur d’une force envoûtante (bien plus que le scénario, plus inégal à mes yeux). Il bouge, se déstructure, se modifie, revient à son trait initial au rythme des sentiments des personnages en lutte contre leur destinée.

Un beau moment d’émotion donc, et certaines pages magnifiques qui restent longtemps présentes à l’esprit…

 

Fredric BROWN : un auteur qui gagne à être connu…

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Fredric BROWN

 Si comme moi vous aimez les romans à orientation S.F. ou policiers, mais avec un ton décalé, de l’humour, une certaine tendresse pour ses personnages, du nonsense à foison, une véritable originalité de style… vous allez adorer BROWN ! En plus, il est d’une lecture très agréable et, ce qui est important pour les “moyens lecteurs” dont je fais partie et que les grandes sagas ou les romans à rallonge effraient un peu, ses romans dépassent rarement les deux cents pages et il est l’auteur d’innombrables nouvelles.

Fredric BROWN a écrit sur une courte période de sa vie, dans les Années 1950/60, après avoir fait toute une série de petits boulots (dont bibliothécaire et détective privé). Il excellait dans le genre “pulp”, ce qui finalement le desservit car il a longtemps été considéré comme un auteur “mineur” écrivant un peu à la va vite. Pourtant, ses romans (en tout cas ceux que j’ai lus) sont de petits bijoux… Dans le genre policier, je recommande “Tuer n’est pas jouer” (Death can be fun) où un auteur de romans policiers voit les crimes qu’il décrit dans ses romans se réaliser… Je viens de lire également “Meurtres en filigrane”, adapté au cinéma en France sous le titre de “Vieille Canaille”, l’histoire d’un imprimeur de faux billets entraîné dans une spirale de meurtres… Et, dans le genre S.F., le roman de Brown peut être le plus connu : “Martiens, go home !” C’est un livre complètement délirant, l’histoire d’un auteur de S.F. en manque d’inspiration qui ouvre la porte de chez lui et découvre un Martien. Et les Martiens envahissent la Terre. Et la particularité de ces Martiens, c’est d’être réellement des petits hommes verts, pas méchants méchants mais très taquins, râleurs, envahissants… Un vrai bijou ! D’ailleurs, pour les amateurs de S.F., il est à noter qu’un “grand” du genre rendait régulièrement hommage à Fredric Brown, c’est Philip K. Dick, l’auteur de “Blade Runner”…

Voilà. Je ne peux donc que vous conseiller la lecture de romans de Fredric Brown, qu’on trouve facilement en éditions de poche… Vous ne serez pas déçus. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, quelques liens internet…

http://www.polars.org/spip.php?article271

http://www.lefantastique.net/litterature/dossiers/brown/brown_01.htm

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fredric_Brown

Je pense qu’il peut être conseillé pour des élèves de lycée et même de collège, en 4ème-3ème.

Jean-François Pérès, Collège de Tronget (03)

http://leblogdudocdetronget.blogspot.com

A vos risques et périls / P Marlet

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Les six candidats d’un jeu télévisé se retrouvent sur une île déserte. Ils doivent réussir des défis quotidiens pour “survivre” et tenir en haleine le France entière. Le casting les a choisi tous très différents les uns des autres, ce qui rend la vie ensemble un peu difficile. Un jour, l’équipe télé doit s’absenter. Deux heures sans personne pour filmer : tout peut arriver !

Des hommes sortent de la brousse : ce sont des rebelles au régime politique en place. Ils les attaquent nos candidats, les font prisonniers. Et c’est le choc de la rencontre : ils ont le même âge mais un vécu qui n’a rien à voir. Bien sûr certains de nos candidats ont manifesté conte le CPE et d’autres ont brulé quelques voitures, mais leur révolte s’arrête là. Se battre pour faire des études, risquer sa vie pour le droit de s’exprimer, ils n’ont jamais été confronté à cela. Cachés dans une grotte ils vont faire l’apprentissage de ce qu’est la vraie différence et l’enrichissement qu’elle apporte.

Voici un roman d’apprentissage politique comme je les aime. Un support à réflexion, au débat. A mettre entre toutes les mains d’ados !

 

La rebelle / T. Crifo

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Texture 31 par photo libre

Encore un livre lumineux. La lumière, c’est Coumba, l’héroïne, magnifique jeune fille d’origine sénégalaise, mature et responsable. Coumba poursuit de brillantes études au lycée tout en élevant sa fille de deux ans. Alors entre les cours, le travail à la maison, le boulot au Mc DO pour gagner quelques sous et la petite à s’occuper, Coumba court ! Et elle assure. L’assistante sociale l’aide, ses copines la soutiennent.

Au lycée, ses profs l’admirent… et les garçons la draguent… Sans grand espoir quand même car Coumba a cela en commun avec Hugo, le héros de Tout doit disparaitre (cf billet du 17 janvier) : son expérience de vie est si forte qu’elle l’éloigne inévitablement des personnes de son âge…

Ce qu’il me reste de ce livre ressemble à un souvenir cinématographique : j’ai trouvé l’actrice exceptionnelle. Elle est au cours des pages, vivante, frémissante, révoltée aussi… et amante. Si présente !

L’histoire en elle-même n’a que peu d’importance, la trace s’en efface peu à peu dans mon souvenir. Elle me semble n’être qu’un prétexte, qu’un décor pour parler de Coumba dont je soupçonne son auteur, Thierry Crifo, d’être amoureux..

 

La déclaration / G Malley

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J’ai trouvé ce roman dans le rayon ado d’une grande librairie avec le commentaire suivant “Si vous avez aimé Le combat d’hiver, vous aimerez La Déclaration“. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre et me voilà partie tête baissée. Bon. Lecture facile. On se prend aisément à l’histoire. Cela se passe dans le futur, les humains ont trouvé le moyen de vivre éternellement, en échange de quoi il est interdit de faire des enfants (à moins d’accepter de mourir : une vie = une vie). Anna n’a pas de chance, c’est un “surplus”, c’est à dire un enfant né de parents irresponsables et égoïstes, qui doit passer sa vie enfermée dans un centre pour surplus. Elle doit toujours se souvenir de “Où-est-sa-place”, c’est à dire qu’elle est inférieure aux légaux. Sa vie est très dure, et ce qui est plus dur encore, on l’apprend à la fin avec une telle surprise (!!!) c’est que ses parents avaient refusé de signer La Déclaration (renoncement à avoir des enfants en échange de l’éternité) et que donc c’est une légale (quelle injustice !).

Bref, le lien avec Le combat d’hiver ? Des enfants enfermés qui vont se révolter. Et ça s’arrête là. A aucun moment je n’ai retrouvé la force de l’engagement et de l’écriture de Mourlevat, cette violence qui prend au ventre, cette prise de conscience de l’importance de la lutte politique dans un régime totalitaire. Dans La Déclaration, tout est trop simple, pré-maché, ce que je n’aime pas dans la littérature de jeunesse.

Bref, à choisir, relisez Mourlevat ! (cf billet de septembre…)

 

Tobie Lolness t1 et 2/ Timothée de Fombelle

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Love in Paradise par creative Sam

J’ai laissé passé pas mal de temps avant de me décider à ouvrir ce roman… Je ne lisais que d’excellentes critiques mais cette idée d’un “roman écologique” ne m’attirait pas plus que ça… J’avais peur d’un livre facile, prêt-à-plaire à tous, ados et adultes. Formaté. Et puis… pressée par copines, je me suis laissée convaincre… Et j’ai plongé !

Je me suis laissée complètement guidée par ce petit bonhomme d’à peine un millimètre, je l’ai suivi dans sa course à travers l’arbre, j’ai vu son univers changer au cours des saisons, j’ai admiré les paysages, vécu les histoires d’amour, et ri ! Car c’est un livre rempli d’humour, de jeux sur la langue française, on y trouve des tas d’explications saugrenues sur l’histoire d’expressions courantes. Et en cela ce roman sort bien du lot des romans d’héroïc fantasy, formatés à l’américaine avec un humour, certes plaisant, mais que l’on retrouve partout. Ici, on s’éloigne un peu des codes habituels et cela fait l’effet d’un bol d’air frais. J’avais ressenti la même chose à la lecture de Le dernier elfe de Silvana de Mari : on sentait en toile de fond l’influence d’une littérature autre, la littérature italienne, avec un humour aussi très original et même plus direct et franc que celui de Timothée de Fombelle.

Bref, Tobie m’a donné du baume au cœur, m’a fait rêvé en ces temps de fatigue et de lassitude hivernale. Finalement, on peut voyager sans aller bien loin… Et qui peut lire Tobie et résister à la tentation de s’approcher des arbres d’un peu plus près, pour voir, au cas où ?…

 

Lune indienne / Antje Babendererde

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desert highway sights par alex gonzales

Encore un roman pour voyager ! Lune indienne raconte l’histoire d’un jeune Allemand dont la mère épouse un indien d’une réserve américaine. Il doit quitter ses habitudes, ses amis, et surtout son grand amour, Nina. Il se retrouve projeté sous un soleil torride, dans une région presque désertique, au milieu de gens dont il ne comprend pas les valeurs et le fonctionnement. Il troque une vie aisée, facile contre une vie de lutte et d’union contre l’adversité.

Dans ce roman, j’ai aimé le dépaysement, les paysages grandioses, les réunions familiales, les danses du powwow, le rire utilisé comme arme, la cohésion d’un peuple en lutte pour que survive sa culture. Je regrette que la trame de fond ne soit pas plus fouillée, et que le héros ait un fonctionnement psychologique si attendu, si pauvre finalement.

C’est dommage, il manque un petit quelque chose, ça sent un peu trop la littérature de jeunesse formatée… Mais je ne regrette pas de l’avoir lu, ne serait-ce que pour les images que j’ai eues sous les yeux !

 

Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain / Morvan, Voulyzé et Lefèvre

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Huck Finn par Mike _tn.jpg

Je me demandais ce que valait cette nouvelle collection de BD de chez Delcourt qui reprend les textes originaux… Et j’ai été vraiment séduite par Tom Sawyer. J’y ai trouvé une fraîcheur très agréable, des couleurs et des dessins qui reprennent peut être un peu trop ceux du dessin animé mais pour moi je crois que cela a fait partie de la séduction (à savoir comment ça parlera aux élèves…). Par contre, reprenant l’histoire originale, le scénario s’éloigne du dessin animé par sa crudité, sa cruauté même. Jo l’indien fait vraiment peur, Huck et Tom jouent avec le cadavre d’un chat mort, on assite à un meurtre. Bref, une BD qui bouscule un peu, ce qui a mon avis n’est pas mal…

J’attends le tome 2 !