sept 26
Ils sont seize, seize enfants et adolescents enfermés dans un batiment surnommé « La Maison ». Ils n’ont aucun souvenir de la vie qu’ils avaient avant d’arriver là. De temps en temps, une impression fugace, un mot, une image leur fait comprendre qu’ils ont vécu autre chose. Mais comment être sûr de ce type de « souvenir » ? Et comment concevoir qu’il puisse y exister autre chose que ce monde aux règles strictes ?
Chaque enfant porte un ruban de couleur qui est changé quand, trop usé, il « craque » : bleu clair pour les plus jeunes, puis bleu foncé, violet et enfin rouge. Ce que personne ne sait, c’est ce que deviennent ceux dont le ruban rouge « craque » : ils disparaissent à tout jamais de la maison.
Bien que le sujet de l’enfermement, de l’oppression (et de la révolte !) soit largement rebattu en littérature de jeunesse (voir l’année dernière Le combat d’hiver et La déclaration), je trouve que Yves Grevet a réussi a créer une ambiance tout à fait originale et un suspense véritable alors que la rébellion de Méto été courue d’avance. Je me suis régalée avec ce roman qui a, j’en suis certaine, tous les atouts pour plaire à des collégiens.
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sept 17

J’ai profité des vacances pour découvrir ce roman que depuis longtemps déjà, et régulièrement, les élèves me conseillent… C’est l’histoire d’un immense building, construit dans un matériau récemment découvert. L’immeuble est suffisamment grand pour que les sociétés qui en habitent les différents étages n’aient aucune connaissance les unes des autres.
Guerny s’est fait engager à un des derniers étages, suite à une déception sentimentale. Il en veut à ses parents et ne prend plus le temps de redescendre les voir aux vacances. Isolé, un peu bizarre selon ses compagnons de travail, il ne partage pas avec eux l’émerveillement et la fierté de travailler dans l’immeuble. Il est donc aussi moins effrayé qu’eux quand il apparaît évident que quelque chose se détraque dans l’immeuble : la nourriture devient immangeable, il est impossible de connaitre l’heure exacte, des tâches apparaissent aux plafonds et sur les murs… Et c’est bien entendu Guerny qui va être envoyé aux nouvelles des autres étages ! A lui de découvrir ce qui se passe.
Je comprends parfaitement l’engouement des élèves pour ce récit, bien mené et qui ne prend pas les ados pour des idiots. C’est une bonne histoire d’anticipation, un peu courte pour les plus grands collégiens mais qui peut fasciner les plus jeunes.
jan 17

J’ai trouvé ce roman dans le rayon ado d’une grande librairie avec le commentaire suivant « Si vous avez aimé Le combat d’hiver, vous aimerez La Déclaration« . Il n’en fallait pas plus pour me convaincre et me voilà partie tête baissée. Bon. Lecture facile. On se prend aisément à l’histoire. Cela se passe dans le futur, les humains ont trouvé le moyen de vivre éternellement, en échange de quoi il est interdit de faire des enfants (à moins d’accepter de mourir : une vie = une vie). Anna n’a pas de chance, c’est un « surplus », c’est à dire un enfant né de parents irresponsables et égoïstes, qui doit passer sa vie enfermée dans un centre pour surplus. Elle doit toujours se souvenir de « Où-est-sa-place », c’est à dire qu’elle est inférieure aux légaux. Sa vie est très dure, et ce qui est plus dur encore, on l’apprend à la fin avec une telle surprise (!!!) c’est que ses parents avaient refusé de signer La Déclaration (renoncement à avoir des enfants en échange de l’éternité) et que donc c’est une légale (quelle injustice !).
Bref, le lien avec Le combat d’hiver ? Des enfants enfermés qui vont se révolter. Et ça s’arrête là. A aucun moment je n’ai retrouvé la force de l’engagement et de l’écriture de Mourlevat, cette violence qui prend au ventre, cette prise de conscience de l’importance de la lutte politique dans un régime totalitaire. Dans La Déclaration, tout est trop simple, pré-maché, ce que je n’aime pas dans la littérature de jeunesse.
Bref, à choisir, relisez Mourlevat ! (cf billet de septembre…)
déc 20

J’ai laissé passé pas mal de temps avant de me décider à ouvrir ce roman… Je ne lisais que d’excellentes critiques mais cette idée d’un « roman écologique » ne m’attirait pas plus que ça… J’avais peur d’un livre facile, prêt-à-plaire à tous, ados et adultes. Formaté. Et puis… pressée par copines, je me suis laissée convaincre… Et j’ai plongé !
Je me suis laissée complètement guidée par ce petit bonhomme d’à peine un millimètre, je l’ai suivi dans sa course à travers l’arbre, j’ai vu son univers changer au cours des saisons, j’ai admiré les paysages, vécu les histoires d’amour, et ri ! Car c’est un livre rempli d’humour, de jeux sur la langue française, on y trouve des tas d’explications saugrenues sur l’histoire d’expressions courantes. Et en cela ce roman sort bien du lot des romans d’héroïc fantasy, formatés à l’américaine avec un humour, certes plaisant, mais que l’on retrouve partout. Ici, on s’éloigne un peu des codes habituels et cela fait l’effet d’un bol d’air frais. J’avais ressenti la même chose à la lecture de Le dernier elfe de Silvana de Mari : on sentait en toile de fond l’influence d’une littérature autre, la littérature italienne, avec un humour aussi très original et même plus direct et franc que celui de Timothée de Fombelle.
Bref, Tobie m’a donné du baume au cœur, m’a fait rêvé en ces temps de fatigue et de lassitude hivernale. Finalement, on peut voyager sans aller bien loin… Et qui peut lire Tobie et résister à la tentation de s’approcher des arbres d’un peu plus près, pour voir, au cas où ?…
nov 24
Bonjour, très belle idée ce blog d’échange de lectures !
Découvrez également la rubrique « Bloguons les livres » de mon blog le webpedagogique/maisnonje blogue : la rubrique est alimentée par des critiques d’enfants, il y a déjà de bonnes plumes :
voir http://lewebpedagogique.com/maisnonjeblogue/category/bloguons-les-livres
Suggestion : créer sur votre blog une catégorie Romans CM1-5e qui pourrait notamment contenir ce billet !
Merci !
Astrid
oct 29

Encore un roman pour voyager ! Lune indienne raconte l’histoire d’un jeune Allemand dont la mère épouse un indien d’une réserve américaine. Il doit quitter ses habitudes, ses amis, et surtout son grand amour, Nina. Il se retrouve projeté sous un soleil torride, dans une région presque désertique, au milieu de gens dont il ne comprend pas les valeurs et le fonctionnement. Il troque une vie aisée, facile contre une vie de lutte et d’union contre l’adversité.
Dans ce roman, j’ai aimé le dépaysement, les paysages grandioses, les réunions familiales, les danses du powwow, le rire utilisé comme arme, la cohésion d’un peuple en lutte pour que survive sa culture. Je regrette que la trame de fond ne soit pas plus fouillée, et que le héros ait un fonctionnement psychologique si attendu, si pauvre finalement.
C’est dommage, il manque un petit quelque chose, ça sent un peu trop la littérature de jeunesse formatée… Mais je ne regrette pas de l’avoir lu, ne serait-ce que pour les images que j’ai eues sous les yeux !
oct 21

Je me demandais ce que valait cette nouvelle collection de BD de chez Delcourt qui reprend les textes originaux… Et j’ai été vraiment séduite par Tom Sawyer. J’y ai trouvé une fraîcheur très agréable, des couleurs et des dessins qui reprennent peut être un peu trop ceux du dessin animé mais pour moi je crois que cela a fait partie de la séduction (à savoir comment ça parlera aux élèves…). Par contre, reprenant l’histoire originale, le scénario s’éloigne du dessin animé par sa crudité, sa cruauté même. Jo l’indien fait vraiment peur, Huck et Tom jouent avec le cadavre d’un chat mort, on assite à un meurtre. Bref, une BD qui bouscule un peu, ce qui a mon avis n’est pas mal…
J’attends le tome 2 !
oct 13

Pour moi, le deuxième des quatre romans sélectionnés pour le prix Tam tam 2007.
Je sens moins d’engouement collectif sur internet que pour La fille Corneille. Les deux romans n’ont rien à voir, sont même complètement opposés par leur esprit. Dans La fille Corneille, on était en quête de vérité, de relations franches. Ici, nous entrons dans le monde de l’artificiel et du superficiel. « Le Too much » est le nom d’un resto super branché de New York (moi tout au long du roman j’ai vu en cadre de fond le restau de Beverly Hills la série qui occupa tant de mes samedis soirs…). Le lien est évident à faire : au Too much, on ne côtoie que des gens in, des « personnes importantes », belles, riches, ou en tous cas sous les feux des projecteurs. Dans ce cadre est posée une petite fille de onze ans, Clara Frankofile. Fille des restaurateurs, elle passe ses soirées à regarder la salle et à déterminer si parmi les personnes présentes il n’y aurait pas quelqu’un à dégrader au rang de « personne sans importance », ce qui la ferait immédiatement virer de restau.
J’ai bien accroché avec le personnage de Clara, qui fait la pluie et le beau temps dans le monde des célébrités new yorkaises. Sortant aussi juste de la lecture de Brooklin Follies de Paul Auster (dont je reparlerai certainement plus tard), j’ai aimé retrouver un roman purement américain. Enfin, je me suis délectée sur certaines inventions d’Ellen Potter, en particulier lors de la descritption de l’appartement de Clara et des ces pièces à jouer qui la transport chacune dans un monde à l’image du vrai (auquel elle n’a pas le droit de participer) : campagne, bord de mer, aube sur la ville, etc.
Pour le reste de l’intrigue par contre, je n’ai pas été emballée. Je trouve que ça part dans tous les sens, je n’ai réussi à m’attacher à aucun autre personnage, les péripéties sans queue ni tête m’ont agacée.
En fait, j’ai aimé le cadre, l’ambiance. Mais la trame… je la cherche encore !
oct 08

Puisque vous êtes unanimement « pour les contre » (du moins pour ceux qui ont donné leur opinion), voici de quoi, peut-être, alimenter un débat. La Fille Corneille fait partie de la sélection du prix Tam tam 2007 (prix du salon du livre de Montreuil). Je l’ai lu dans ce cadre, voulant faire participer mon club lecture au vote. Par ailleurs, cela faisait quelques mois que je lisais des critiques élogieuses sur le début de cette trilogie. J’avoue que le thème aussi me plaisait : une jeune orpheline quitte la maison de son enfance et part, à pieds, dans un Danemark non daté mais peut être des XVIIIè XIXè siècles. Elle longe la côte, rencontre des fjords, bref de quoi faire rêver !
En fait j’ai détesté. Et encore ce soir, avant de rédiger cette critique, je suis allée lire des avis sur internet : je n’en ai pas trouvé un seul négatif !
Pourtant je trouve ce livre totalement creux. Il y a les paysages, d’accord, la jolie nature, mais je n’ai rien trouvé d’autre. Le récit initiatique n’est d’aucune originalité. La seule chose que l’on apprend c’est qu’il faut être gentil, ouvert et généreux. Cela permet de se faire des amis et de ne plus être seul. Quant aux méchants, ils sont bien punis ! Bref, pour moi ce livre dégouline de bons sentiments, qui je l’avoue m’auraient beaucoup plu à l’âge où je dévorais la Comtesse de Ségur et La petite maison dans la prairie : qu’il est bon de manger quand on a très faim ! De dormir sous un vrai toit, près d’un bon feu, quand on a froid !
Un avantage : c’est vite lu.
Je le proposerai aux élèves avec les trois autres du prix, sans leur donner mon avis. On verra bien !
sept 30
Ce roman m’a emballée cet été par son originalité et sa fraicheur. Une jeune américaine reçoit en héritage de sa tante décédée 13 enveloppes bleues qui constituent un jeu de piste à travers l’Europe. Quête initiatique, recherche des traces de cette tante disparue quelques années plus tôt, découverte du patrimoine artistique européen, ce livre sans prétention est tout cela à la fois. De chapitre en chapitre, on change de capitale on est projeté dans une nouvelle fourmilière. Cette capacité à l’ouverture sans jugement m’a épatée, je l’avoue, venant d’une jeune auteure américaine à succès. Et je suis restée chaque fois sous le charme des villes traversées.

Bref, pas un chef d’œuvre de littérature, mais un vrai bol d’air frais !