Voici quelques échantillons de plantes vasculaires communes herborisées

par les élèves de 2nde du lycée de Bazeilles le 8 décembre 2011.

Bien que nous soyons en période hivernale, nous constatons la présence de nombreux végétaux qui donnent un petit aperçu de la biodiversité végétale qui nous entoure au quotidien. La plupart des plantes ont perdu fleurs et fruits (à l’exception notable du lierre, ultime ressource des abeilles jusqu’en novembre), ce qui limite les possibilités de travailler la méthode d’identification botanique par les élèves. Toutefois, cela démontre aussi que l’hiver est loin de constituer une période morte. C’est tout au plus une diapause (voir définition en fin de texte) ; et encore, en décembre, de nombreuses angiospermes vasculaires annuelles sont encore visibles et attendront des gelées plus sévères pour disparaître. La biodiversité végétale y demeure donc largement observable contrairement à une idée fausse répandue.

Ce travail réalisé par nos élèves leur permet de mettre en évidence le caractère complexe de la notion de biodiversité (végétale ici), trop souvent limitée au seul nombre d’espèces.

 


Elle prend en compte aussi :

- La dominance d’espèces : un écosystème comprenant 100 espèces est considéré comme riche si toutes sont représentées dans des proportions similaires mais comme plus pauvre si une espèce domine (par exemple un sous-bois envahi de lierre où les autres espèces ont peu de place).

- L’hétérogénéité spatiale, qui induit des lisères. Elle ne sera pas considérée de la même manière selon l’échelle d’observation.

- Le polymorphisme intraspécifique : la diversité génétique au sein de chaque espèce contribue à la biodiversité. Elle peut s’appréhender à l’échelle interindividuelle comme à l’échelle interpopulationnelle. Ici, on observe par exemple plusieurs formes de pissenlits. Le lierre, lui, change la forme de ses feuilles en fonction de son exposition à la lumière, ce qui traduit la diversité des conditions dans un écosystème.

Par ailleurs, les échantillons présentés correspondent à des espèces vernaculaires mais le parc comporte aussi des espèces ornementales, le plus souvent issues des laurisylves japonaises, qui présentent l’avantage, pour le jardiner, de conserver leurs feuilles en hiver. L’intérêt écologique de ces espèces (comme le Prunus laurocerasus, cyanogène et stérilisant son environnement immédiat pour la microfaune du sol) a été discuté. Si, à l’échelle du bosquet nous assistons à un appauvrissement considérable, en est-il de même à l’échelle du parc ? Non seulement il y a apport d’une espèce supplémentaire mais aussi d’hétérogénéité spatiale. Si les biologistes sont quasi-unanimes à dénoncer ce type de buisson comme un appauvrissement, certains géographes spécialistes des espaces boisés, comme Jean-Jacques Dubois, Marc Galochet, Jean-Paul Amat (spécialiste local des forêts du front de la guerre 14-18) ou JP Husson, de l’Ecole de Nancy, sont beaucoup plus nuancés. Toutefois, introduire une hétérogénéité au sein de ces buissons ornementaux en cessant d’arracher les nombreux frênes ou ormes qui arrivent à en émerger pourrait être un projet d’amélioration de la biodiversité du parc.

diapause = Arrêt temporaire de l’activité ou du développement chez les insectes, en hiver, ou à la saison sèche, ou en cas de carence alimentaire. (Larousse)

 


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