La dimension économique de l’exclusion
Intégration et solidarité“La dimension économique de l’exclusion” correspond au chapitre Intégration et solidarité du programme de Terminale ES. Alexandre Vincent, économiste Risque-Pays de l’Asie, explique ici cette notion. Vous pouvez reprendre librement cette vidéo sur votre blog.
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En France, on parle d’exclusion depuis à peu près les années 1960, mais le terme s’est imposé dans le débat public surtout depuis 1974 avec la parution du livre de René Lenoir intitulé précisément Les Exclus. Depuis lors, le phénomène a gagné en importance avec la montée du chômage, mais parallèlement notre compréhension du phénomène de l’exclusion a elle-même progressé.
Aujourd’hui, la compréhension que l’on a de l’exclusion tient beaucoup à ce qu’en dit Robert Castel, qui comprend l’exclusion non comme un état mais comme un processus. D’ailleurs, il parle plus volontiers de désaffiliation et caractérise l’exclusion comme l’intersection de deux dimensions. L’exclu c’est, d’une part, celui qui n’a pas de travail mais, d’autre part, c’est aussi celui qui souffre d’un isolement social et familial. Donc on a bien vraiment ces deux dimensions qui rentrent en résonance l’une avec l’autre pour caractériser ce qu’est l’exclusion.
On le comprend, la dimension proprement économique n’est qu’une partie du mécanisme mais elle est extrêmement importante, et c’est l’analyse du marché du travail et de ses dysfonctionnements qui nous permet de pleinement comprendre comment certaines personnes arrivent dans cette situation de ruptures consécutives d’appartenance. J’ai dit l’analyse du marché du travail, mais on ferait mieux de parler des marchés du travail parce que justement le noeud de l’argumentation, c’est de comprendre que le marché du travail est dual. Il y a un dualisme et, notamment, l’article de Piore et Doeringer en 1971 nous permet de comprendre que coexistent pour chaque entreprise un marché interne et un marché externe.
Dans le marché interne, on trouve les salariés qui bénéficient d’une relation stable avec l’entreprise. Le marché externe, lui, regroupe des travailleurs qui vont être voués à des formes d’emplois plus atypiques, plus précaires, souvent à durée déterminée et qui vont se trouver progressivement dans la situation des travailleurs pauvres. Le phénomène est bien connu aux Etats-Unis (on parle de “Working poors”), où le marché du travail est extrêmement flexible et où le phénomène est donc assez fréquent. Mais il l’est également en France et, notamment, les travaux de Pierre Concialdi, chercheur à l’IRES, nous apprennent qu’en 2005 on comptait en France 1,2 à 3,5 millions de travailleurs pauvres, selon la définition retenue dans le détail, parmi lesquels environ 20 % d’indépendants (souvent dans le secteur agricole) et 80 % de salariés, souvent des salariés précaires ou faisant des allers-retours entre chômage, emploi et inactivité.
Les ressources
La part des travailleurs pauvres dans l’U.E.
Tags : dualisme, flexible, isolement social et familial, Les Exclus, Marché du travail, marché externe, marché interne, montée du chômage, Piore et Doeringer, processus, René Lenoir, Robert Castel, ruptures d'appartenance, travailleurs pauvres