Le financement des retraites en France
Intégration et solidarité“Le financement des retraites” fait partie du chapitre Intégration et solidarité au programme de Terminale ES. Alexandre Vincent, économiste Risque-Pays de l’Asie, explique ici cette notion. Vous pouvez reprendre librement cette vidéo sur votre blog.
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La France, en 1945, a fait le choix d’un financement par répartition. Mais on voit bien qu’il est intrinsèquement lié à la pyramide des âges et au devenir démographique du pays. Or, aujourd’hui, la France connaît un moment de vieillissement de sa population de par les gains d’espérance de vie. Aujourd’hui, on compte quatre personnes de plus de soixante ans pour dix personnes de vingt à soixante ans, en 2040 on en comptera sept. Donc, on voit un ratio qui se dégrade et qui pose le problème du financement des retraites.
Si on regarde simplement le déficit de la CNAV, puisque déficit il y a depuis 2005, il était, en 2005, de 1,8 milliard d’euros ; en 2006, il a continué à se creuser à 2,4 milliards d’euros ; en 2007, nous dit-on, il pourrait être de 4,7 milliards d’euros. Donc se pose un réel problème de financement des retraites qu’on a pu commencer à voir venir en vertu des projections démographiques dans les années 1980, qui a été assez rigoureusement évoqué par Michel Rocard dans son livre blanc de 1991, et qui a débouché sur une première réforme des retraites en 1993 impulsée par Balladur. Quels sont les principaux axes de la réforme Balladur ?
Cette réforme, disons-le d’emblée, concerne essentiellement le régime général, donc les salariés du privé, pour qui elle se traduit par un passage de 37 ans et demi à 40 ans avant de pouvoir bénéficier d’une retraite au taux plein et pour qui le calcul de la retraite, alors qu’avant il dépendait des dix meilleures années, dépend progressivement des vingt-cinq meilleures années. Donc on prend davantage d’années en compte, ce qui se traduit par des retraites d’un montant moindre. Puis, enfin, les retraites sont indexées non plus sur les salaires mais sur le coût de la vie, donc connaissent une croissance plus lente.
Malgré tout, la réforme Balladur de 1993 n’a pas suffi à assurer l’équilibre du régime général et surtout des pensions comprises dans leur totalité. Dès 2003, on assiste à une nouvelle réforme, dite réforme Fillon, qui elle se focalise davantage sur la fonction publique, qui va rejoindre progressivement le privé.
En 2008, les fonctionnaires devront travailler quarante ans comme les salariés du privé avant de bénéficier d’une retraite au taux plein. Et puis, la réforme Fillon inscrit aussi dans la loi le principe d’une évolution de cette durée requise, à mesure que la population connaîtra des gains d’espérance de vie, de manière à stabiliser le rapport entre le nombre d’années passées en retraite et le nombre d’années en activité. C’est ainsi que progressivement, peut-être en 2020, la durée requise pourrait être de 42 ans, si l’on en croît les projections démographiques. En compensation, la réforme Fillon introduisait d’ailleurs un nouveau dispositif plus avantageux pour les salariés, qui leur permet de partir dès 56 ans pour ceux qui ont vraiment commencé à travailler jeunes, à quatorze ans, et qui ont connu des carrières très pleines. C’est d’ailleurs, sans doute, ce dispositif qui, dans les dernières années, à contribuer à alourdir le déficit de la CNAV.
Aujourd’hui, rentrée 2007, de nouveau le dossier des retraites est sur la table, après le régime général en 1993, après la fonction publique en 2003, le gouvernement pose la question du devenir des régimes spéciaux qui pourrait s’harmoniser avec celui de la fonction publique.
Tags : Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, coût, déficit, financement, Financement par répartition, fonction publique, gain d'espérance de vie, Michel Rocard, problèmes de financement, pyramide des âges, régime général, régimes spéciaux, retraite, stabiliser le rapport, vieillissement