“Inflation, désinflation et déflation” sont des notions clefs du programme de Terminale ES. Caroline Newhouse-Cohen, économiste du Japon, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, définit ici ces trois notions. Vous pouvez publier librement cette vidéo sur votre blog.
Les liens recommandés
Le programme officiel de Terminale ES
Tableau des indices des prix à la consommation dans le monde sur Melchior.fr
Le téléchargement
Le transcript
L’inflation est un phénomène très particulier. C’est une hausse continue et autoentretenue du niveau général des prix, que ce soit le prix des marchandises, le prix des actifs financiers. Au Japon, par exemple, on a une grande phase d’inflation qui s’est déroulée à partir du premier choc pétrolier en 1973. On avait un taux annuel de progression des prix à la consommation de l’ordre de 5% en 1973, après en 1974 on est passé à 11%, et puis, en 1975, 20% de croissance des prix à la consommation d’une année sur l’autre.
Alors quels sont les phénomènes à l’origine de cette hausse continue des prix ? Il y a un choc externe comme le cas du choc pétrolier, donc hausse du prix du brut, après on a une politique monétaire qui alimente en liquidités toute l’économie, donc qui facilite la progression des prix de l’ensemble des marchandises ; on a aussi des comportements des agents économiques qui favorisent cette progression autoentretenue des prix, c’est-à-dire que les ménages, comme ils voient leur pouvoir d’achat diminuer, parce que les prix augmentent, demandent des hausses de salaires, et les entreprises, pour conserver leur marge bénéficiaire, augmentent leur prix de vente.
Alors la désinflation, on assiste en fait à un ralentissement de l’inflation, c’est-à-dire que les prix continuent à augmenter, mais cela ralentit d’année en année. Au Japon, on a deux périodes comme cela. Après le grand choc pétrolier, la hausse des prix à la consommation très rapide à partir de 1980 jusqu’en 1986, on voit une baisse des prix à la consommation, c’est-à-dire, en glissement annuel, au début des années 1980, on est dans une croissance de l’ordre de 8% ; en 1986, on arrive à une stabilité des prix ; puis il y a une autre période qui va ouvrir après un phénomène dont on parlera tout à l’heure qui est bien plus grave qui s’appelle la déflation. Cette période est entre 1991 et 1994 où les prix passent de 4% en glissement annuel à la stabilité des prix.
Alors qu’est-ce qui fait que tout à coup on a un ralentissement important en fait de la hausse des prix à la consommation ? Et bien, cela vient d’un phénomène de politique économique, c’est-à-dire que l’on a un policy mix, c’est-à-dire un mélange de politique budgétaire et de politique monétaire restrictif. D’une part, on a une politique budgétaire restrictive avec une hausse des impôts qui touche à la fois les ménages et les entreprises, donc qui grève le pouvoir d’achat des ménages et qui grève les profits des entreprises, et puis on a une politique monétaire restrictive qui draine les liquidités qui avaient été injectées en période d’inflation.
Après on peut entrer, si le processus se poursuit, dans quelque chose de beaucoup plus pervers qui s’appelle la déflation. Et c’est ce qui s’est passé au Japon. C’est-à-dire que, à ce moment là, on a un système autoentretenu de baisse des prix. En glissement annuel, les prix deviennent négatifs, et c’est l’ensemble des prix qui est touché, c’est-à-dire les prix des marchandises et le prix des actifs financiers. A partir de la fin des années 1990, on voit que les prix à la consommation au Japon baissent de 1% en glissement annuel chaque année en moyenne, le prix des terrains baisse de l’ordre de 5% en moyenne chaque année et le prix des actions baisse de l’ordre de 6% en moyenne chaque année. C’est une réduction de la richesse nationale, c’est une contraction du produit intérieur brut. On a une récession, et pendant cette époque là il y a deux phases où le PIB va se contracter, on va avoir la récession, la contraction entre la fin des années 1980 et le début 1990 et puis en 1998-99.
Et qu’est-ce qui est à l’origine de ce processus de baisse des prix ? On a une demande qui devient inférieure à l’offre de produits. On a donc une politique monétaire qui est restrictive et trop longtemps restrictive et qui a modifié, en fait, les anticipations des agents économiques, c’est-à-dire que les agents économiques maintenant préfèrent reporter leur consommation dans l’avenir, les entreprises préfèrent reporter leur décision d’investissements dans l’avenir, parce que sur le moment les prix vont baisser et il n’est pas souhaitable de consommer maintenant des produits qui seront moins chers, il n’est pas souhaitable d’investir maintenant parce que les rendements ne remontent pas, ne seront pas intéressants.
Les ressources
Evolution de l’indice des prix au Japon
\\ tags: anticipation des agents, baisse des prix, choc externe, choc pétrolier, décisions d'investissement, déflation, désinflation, demande inférieure, drainage des liquidités, inflation, marges bénéficaires, Niveau général des prix, phase d'inflation, PIB, politique monétaire, progression auto-entretenue, ralentissement, rendement, stabilité
