Nouvelles technologies et gains de productivité
Travail et emploiLa notion de “Nouvelles technologies et gains de productivité” correspond au chapitre Travail et emploi du programme de Terminale ES. Eric Vergnaud, responsable Economies OCDE, l’explique dans cette vidéo que vous pouvez reprendre librement sur votre blog.
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Le programme officiel de Terminale ES
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Commençons par définir ce que sont les gains de productivité.
La productivité, dans sa définition la plus fréquemment retenue, relative au travail, rapporte la quantité de produits à celle du travail utilisé durant le processus de production. Mais, même à ce niveau de définition relativement simple, les difficultés de mesure ne manquent pas : productivité du travail par tête, productivité du travail horaire. Et ces différences ne sont pas neutres dès lors que l’on veut comparer les performances en matière de productivité des Etats-Unis et de l’Europe. En outre, on peut étendre la notion de productivité à d’autres facteurs de production que le travail, au capital, ou aux matières premières par exemple. Au total, ce qui va compter, c’est la quantité de richesse produite par par unité, et donc également la productivité de la combinaison du travail avec celle du capital dans un processus de production donné.
L’augmentation de la productivité est un bon proxy de la réduction des coûts de production et, en ce sens, constitue une bonne mesure du progrès technique. En effet, celui-ci est souvent considéré comme permettant de une réduction des coûts de production par une meilleure allocation des ressources, soit d’une baisse du prix réel des facteur, par exemple.
Voilà qui nous amène aux avantages procurés par les gains de productivité. A moyen terme, il est généralement admis que la hausse des gains de productivité est une condition nécessaire, si ce n’est suffisante de l’augmentation des revenus par tête, de la croissance et, plus généralement, du bien-être collectif et individuel. Ainsi, durant la deuxième moitié des années 1990, les Etats-Unis ont connu une progression du PIB par tête beaucoup plus importante qu’au Japon et en Europe, et plus généralement que dans le reste de l’OCDE. De nombreux travaux attribuent cette forte progression du PIB par tête aux Etats-Unis à un bond des gains de productivité. Ceux-ci ont renoué à cette époque avec le rythme de progression enregistré au cours des décennies dites « d’or », celles des années cinquante et soixante.
Il convient, maintenant, de s’interroger sur les sources des gains de productivité. On dénombre trois facteurs : l’augmentation de l’intensité capitalistique, celle de la qualité du travail et enfin la progression de la productivité totale des facteurs.
L’augmentation de l’intensité capitalistique (capital deepening) est l’augmentation du capital physique par heure travaillée, ou l’amélioration de la qualité de ce capital. Le second facteur décrit l’évolution de la compétence des employés. On pense, en particulier, à la formation. Enfin, on regroupe, derrière le terme un peu barbare de productivité totale des facteurs, le progrès technique non incorporé dans les facteurs de production, c’est-à-dire ce qui ne peut être expliqué leur seule augmentation. Je citerai les rendements d’échelle, une meilleure allocation des ressources, l’organisation du travail, l’effet de rattrapage…
Les effets favorables sur la production et la productivité du travail des techniques d’information et de la communication passent par trois canaux. L’accélération de la productivité chez les producteurs de TIC et l’augmentation de leur part dans la valeur ajoutée totale, ensuite la substitution du capital TIC au capital et au travail, ce qui provoque une augmentation de la productivité du travail et, enfin, les effets sur la productivité totale des facteurs de l’investissement dans les TIC.
La progression des gains de productivité est une condition nécessaire, comme nous l’avons vu, de l’augmentation de la croissance, de l’augmentation du bien-être, mais ce n’est pas une condition suffisante. J’en veux pour exemple la période qui nous amène jusqu’à à la moitié des années 1990 où la productivité du travail dans la zone euro, et dans l’Europe continentale en général, s’est rapprochée de celle des Etats-Unis sans que la progression du PIB par tête ne connaisse la même évolution. Il semble que les réglementations moins flexibles sur les marchés du travail et des produits soient à l’origine du manque de performance de l’Europe continentale durant cette période.
Les ressources
Gains de productivité : comparaison Etats-Unis, zone Euro
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