La crise de l’Etat providence
Intégration et solidarité“La crise de l’Etat providence” correspond au chapitre Intégration et solidarité du programme de Terminale ES. Alexandre Vincent, économiste Risque-Pays de l’Asie, explique ici cette notion. Vous pouvez reprendre librement cette vidéo sur votre blog.
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L’Etat providence rencontre aujourd’hui une crise. Le diagnostic en est posé, notamment, par Pierre Rosanvallon dans son ouvrage de 1981 où il pointe une triple crise, en réalité, de l’Etat providence, en disant qu’elle est à la fois financière mais, en même temps, crise d’efficacité et crise de légitimité. La crise financière tient à la fin de cette période qualifiée par Jean Fourastié de “trente glorieuses”.
Avec le ralentissement de la croissance, la montée du chômage, l’Etat providence se trouve financièrement bousculé, puisque le financement est assis sur le facteur travail à travers les cotisations. Parallèlement, on assiste à un phénomène démographique de vieillissement de la population qui induit mécaniquement des dépenses supérieures pour le risque vieillesse, pour la couverture de la maladie, et tous ces éléments viennent déséquilibrer les finances de l’Etat providence.
En parallèle, Rosanvallon nous parle d’une crise d’efficacité dont le constat réside dans la montée du chômage, la persistance des inégalités et en même temps tout un ensemble de transformations sociales auxquelles l’Etat providence, tel qu’il avait été conçu en 1945, n’est pas forcément à même d’apporter les meilleures réponses. Et puis la crise de légitimité identifiée par Rosanvallon, un peu plus conceptuelle, un peu plus philosophique, mais bien réelle selon lui, tient à l’effritement des cadres collectifs de cohésion devant la montée d’un certain individualisme, dans un moment où les trajectoires d’emploi, notamment, sont moins homogènes, sont plus personnalisées et où donc le risque semble plus diffus et moins susceptible d’être pris en charge socialement. Face à ces différents éléments de crise, les politiques réfléchissent à des pistes de réformes naturellement mais, en particulier, en termes de financement de la protection sociale.
Dès 1991, la contribution sociale généralisée a voulu asseoir ce financement sur une assiette différente des simples revenus du travail. La logique en est poursuivie avec la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), introduite en 1996. Et puis, en cette rentrée 2007, on voit de nouveau depuis l’été des réflexions impulsées par le nouveau président de la République qui a voulu réfléchir à une TVA sociale.
Il semble que l’on n’en prenne pas le chemin. Mais le chantier du financement de la protection sociale est de nouveau, semble-t-il, aujourd’hui ouvert. Et donc on voit bien que l’Etat providence est pris dans des réformes en perpétuel devenir pour lesquelles, notamment, il est important de prendre en compte la montée aussi de nouveaux risques, le risque d’exclusion qui n’était pas ouvertement couvert par le plan français de 1945, le risque aussi de dépendance.
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