Première semaine de novembre
1 novembre 2010 Infos 0 commentaireEt pourquoi pas ?
Cela commence comme ça, sans prévenir. J’avais coupé quinze jours avec le blog, dans l’idée de me remettre avant la fin des vacances. Mais je n’avais aucune idée. Ce matin, lundi 1er novembre, jour de la fête des morts, voilà que j’entends Alain Decaux parlant de Alexandre Dumas. Jusque là, rien d’exceptionnel. Sauf que l’auteur interviewé disait au journaliste, qui le contredisait souvent, qu’il avait écrit une biographie de Dumas de plus de mille pages. De là est venu le déclic. Je ne vais pas m’emporter contre Alain Decaux et son talent, mais les difficultés à nous professeurs pour faire aimer le livre se concentre dans cette vantardise de Decaux. Tout est concentré là. J’ai l’habitude de penser que le livre est l’une des clés de l’âme, je reviendrai là-dessus.
Alain Decaux est un auteur à succès. Ce qu’il a écrit, il l’a bien fait, et cela est bien vendu. C’est un auteur complet, car je ne prends pas en compte uniquement le fait qu’il ait écrit des livres qui se vendent. Derrière le livre, se trouve une qualité littéraire que je ne vais pas discuter. Même si Decaux a (ou n’a pas) des nègres littéraires. Non, ce qui m’énerve, et sur ce quoi je me bats, c’est la vantardise de l’écrivain. Se pavaner ainsi en disant au journaliste qu’on a écrit plus de mille pages sur la vie de Dumas, et donc que l’on connaît bien le sujet, me semble être une erreur.
Pour moi, un auteur est une personne humble, quelqu’un qui a décidé de créer une œuvre. Il n’y a pas d’angélisme là-dessous, un livre est d’abord une création. Une idée qui devient vraie, rythmée par des pages, des chapitres, des thèmes. Je ne parle pas que de romans, mais de tous supports imprimés. Même si ne vous reprenez que des idées mal faites ou fausses, le fait de les transposer sur un support est une création.
Vous allez me dire que certaines créations valent mieux que d’autres. Cela est vrai, je ne vais pas comparer la revue « XXI au « Nouveau Détective », car la première est largement au-dessus de la seconde. Qu’est-ce qui me permet de juger ? Moi, le lecteur, avec mes connaissances, mes idées sur ce que peut être une revue intelligente et originale. C’est mon point de vue qui me donne la base de mon jugement selon la qualité, les sujets, l’esthétique, etc. Seulement, je ne vais pas nier le fait que le « Nouveau Détective » est très lu, et peut-être aussi apprécié. Que recherchent les personnes qui lisent ce type de revue ? La question n’est pas anodine.
Je reviens à Decaux. Cet auteur dit qu’il a écrit une longue biographie sur Dumas, en insinuant qu’il connaît bien le sujet, et qu’il est alors un spécialiste. Quelle est la différence avec le lecteur du Nouveau Détective ? Leurs positions justement. Decaux est un auteur. Il est normal qu’il soit satisfait de son travail. Mais qui donne la valeur, ou l’une des valeurs, du livre ou de l’écrit ? Le lecteur. C’est ce dernier qui apprécie le « Nouveau Détective » ou les tribulations de Miss Marple. Or pour connaître la valeur d’une œuvre, on n’a pas interrogé des lecteurs (confirmés ou non) mais son auteur. D’où sa vantardise malheureuse.
Pourquoi insinuer que son œuvre est bien faite est dégradant pour son auteur ?
Voici une idée bien occidentale, mais aussi bien française. Vous ne devez pas dire que ce que vous écrivez est bon, même si cela l’est. Ce sont les lecteurs qui s’approchent d’un auteur, et qui lui disent. C’est cela la récompense de l’auteur. Plus que tous les prix qu’ils peuvent recevoir. Vous croisez une personne avec un livre, c’est un lecteur, qui apprécie ce qu’il a devant les yeux. Nous avons tous été lecteurs dans notre enfance. C’est un exercice difficile, mais possible pour tous. Par contre bien écrire est un défi.
Lorsque Decaux annonce qu’il a écrit une très longue biographie, il n’insinue pas seulement que son œuvre est bonne, il annonce aussi (à mots couverts) qu’écrire cette œuvre n’est pas à la portée du premier venu. C’est la deuxième idée contre laquelle je me bats. Oui, nous n’écrivons pas tous pareils, nous ne sommes pas des Maupassant, et vraisemblablement, très très peu d’entre nous le deviendront. Cela doit nous empêcher d’essayer ? Avant de devenir de grands auteurs, Victor Hugo ou Voltaire ont connu la misère. Vous pouvez être persuadés que vous n’êtes pas fait pour écrire un roman, rien ne vous défend de bien écrire. Même si cela ne doit être qu’une phrase sur une copie double.
C’est l’exercice même de la composition. Dire les choses, les assembler comme des tableaux d’un musée, et de faire de vous un guide, transportant le lecteur à travers les galeries. Et si cela est bien écrit, on ne vous oubliera pas, faites moi confiance. Par contre, bien écrire n’est pas chose aisée. C’est absolument le contraire, mais cela ne veut pas dire impossible.
Voilà la dernière partie de mon texte un peu long, si l’on peut tous apprécier la lecture et l’écriture, comment fait-on pour choisir ?
Je m’arrêterai à l’idée suivante : une bonne lecture se trouve dans un bon livre. Cela veut dire par extenso, qu’un bon livre recèle une bonne histoire, celle qui vous fait oublier le monde autour de vous. Un livre vous plonge dans son univers, et pour cela vous devez allez le trouver. Cela veut dire que vous devez percevoir ce qu’il recèle.
Le mieux est de commencer avec les livres d’occasion. Un livre intéressant est comme un vin, ou un bouquet de fleurs. C’est sûrement parce que je suis en train de lire Les gouttes de Dieu que la comparaison entre le corps d’un château Lafite et « le Silmarillion » me semble approprié. Les livres d’occasion vous en trouverez dans les foires. Fouillez quand vous y allez, ne vous occupez pas des dires des autres, c’est vous le lecteur, c’est vous qui choisissez. Un livre intéressant doit pouvoir s’emporter partout, vous devez le prendre avec une main, tourner les pages avec l’autre. De cette manière, vous pourrez lire où vous le souhaitez même dans le bus en restant debout. Touchez le. Le livre ne doit pas être uniforme, surtout s’il est vieux. Un livre ancien est un livre dont les pages ne se ressemblent pas, elles doivent être irrégulières. Touchez le bord de ces pages, pliez les : vous devez sentir l’épaisseur et la souplesse du livre. Refermez le livre, et sentez le. S’il est d’occasion, un livre doit sentir. Quelles odeurs ? En premier le renfermé, mais pas l’humidité. Dans un second temps, si un livre date d’avant les années 40, il doit sentir un peu fort. Un livre qui n’a aucune odeur, et qui est raide est : soit un livre dont les feuillets n’ont pas été coupés, soit un livre très très bien conservé, et donc très rare.
Qu’en est-il du prix ? Si vous avez fait la première étape, vous n’avez pas encore ouvert le livre. Regardez son prix avant de lire la quatrième de couverture. Pour certains cela peut être un sacrilège, mais dans un pays plongé dans une crise économique, tout ce qui est consommable a un prix. Pour les livres cela a des conséquences fâcheuses. Ainsi certains éditeurs font des prix semblables pour des livres ayant des qualités différentes. Cela touche aussi bien les livres neufs que d’occasion. Si vous regardez certains éditeurs vous trouvez du Gallimard, Flammarion, Folio ou le livre de Poche. Si vous lorgnez du côté des BD, vous trouvez Dupuis, Dargaud, Glénat ou Casterman. Les livres sont a peu près les mêmes, cela ne peut vous donner beaucoup d’éléments pour les livres neufs. Regardons du côté des livres d’occasion :
- Un grand format (Flammarion, R. Lafont) se vend neuf de 18 à 21 € environ
- Les livres primés ne se vendent pas plus chers que les autres
- Certains éditeurs vendent des livres neufs et grands format moins chers comme Stock (entre 15 et 18 €)
- En-dessous de cette dernière fourchette, vous ne trouverez que les livres soit peu épais, soit des petits formats.
Si vous trouvez des livres ayant entre un à trois ans plus vieux et qui ne se vendent encore vers 18€ alors qu’ils se vendaient neufs à 21, passez votre chemin. Un livre d’occasion doit être une fourchette plus basse que celle de départ. Pour les livres petits format, ils doivent être vendus environ à moitié prix. Pour des livres d’occasion datés de plus de trois ans, ils doivent être vendus entre moitié prix et au tiers de leur prix neuf. Exemple pour un livre de 20€, un livre de plus de trois ans est vendu généralement entre 10 et 7 €. Il se peut que vous trouviez une critique au dos, cela peut vous aider.
En effet, si vous ne connaissez ni l’auteur, ou alors un peu, que vous connaissez un peu l’histoire, il vous reste deux opérations à faire. La première est de lire la quatrième de couverture. Retournez le livre, et lisez ce qui est écrit. Si cela vous aide tant mieux, mais comme le vin, un livre peut cacher sa vraie nature. Certaines histoires ne se révèlent que si l’on lit des passages de ce livre. Lisez le premier chapitre, ou une partie de celui-ci, tournez quelques pages, au-delà de la moitié et lisez quelques pages de plus. Quelles sont vos impressions ?
- Le livre est amer s’il ne vous donne pas envie de lire.
- Il est acide s’il semble intéressant mais lourd à lire.
- Salé s’il est culotté,
- Sucré s’il vous emporte quelque part et que vous avez envie de continuer.
Fiez vous à ce que vous avez ressenti précédemment, mais cela ne peut pas toujours suffire. Demandez à ceux qui s’y connaissent: les bibliothécaires, un documentaliste, un libraire. Ne dérangez pas un lecteur, même s’il lit une BD, sauf si vous connaissez la personne ou que vous sentez que vous pouvez déranger l’inconnu(e). C’est après qu’il n’y a pas vraiment de règle : certains lecteurs aiment bien les sentiers battus, d’autres aiment la nouveauté. Si certains livres sont trop prévisibles, et que vous n’aimez pas cela, ne prenez pas le livre, même si c’est un auteur très connu. Ne vous forcez pas à lire un livre, sauf si ce livre vous est imposé. La lecture est un acte contradictoire : c’est un effort de lire, mais ce dernier est atténué si vous lisez quelques chose qui vous plaît.
J’avais dit au début que les livres sont des clés de l’âme. Venez voir un de vos amis qui lit. Même si c’est des revues de moto. Regardez les différents livres ou revues. Regardez comme ils sont rangées, et s’ils sont usés. Des bibliothèques de particuliers révèlent souvent plus les intérêts des personnes que leurs habits. Alors pourquoi pas un livre pour Noël ?
- Valeur 0
C’est pas nous, c’est pas nous ! (même s’il y a des morts) ; les îles de la discorde ; du bruit pour peu de chose ? ; le marqueur du cancer ? ; la femme politique de Lula ; 5 ans d’attente pour la démocratie ; du rififi chez les miss ; un meilleur rebond pour les ménages surendettés ; des risques de l’AVC ; de la destruction saine ; ce n’est qu’un au-revoir ? ; de la trêve et de la discussion ; préparons nous ! ; les infiltrés sont de retour … ; faut pas rêver (quoique) ; entre rêve … ; et réalité ; faire, contre mauvaise fortune, bon cœur ; une aide médicale payante ; une franchise médicale pénalisante ; le mois du dépistage du diabète ; une première en France ;
- En extra :
De notre futur et des geeks ; des dangers des réseaux sociaux en musique ; de l’anticipation dans les années 60 ; un petit point sur la veille ; un deuxième petit point sur la veille ; pour utiliser ou découvrir PMB ;
Tags : critique, geeks, INA, littérature, livre, PMB, réseaux sociaux, veille




-
Compteur

