L’argent ne fait pas toujours le bonheur…
I. L’argent rend-il vraiment heureux ?
- Qu’est-ce que le bonheur ?
- Le bonheur est ce qui nous comble, un état de satisfaction. Or, chacun de nous n’est pas satisfait par les mêmes choses. Pour certains, comme Sénèque, le bonheur sera avant tout de rester libre et maître de ses opinions, de ses pensées. Alors que pour Epicure, le plaisir est le moteur du bonheur. Les désirs doivent être satisfaits. La notion de bonheur est propre à chacun.
- Pour une coach experte sur le bonheur, le bonheur est présent dans toutes les petites choses du quotidien. Le bonheur, pour elle, est synonyme de légèreté. « Je profite, simplement, du moment présent. Je suis. » (Tatham, mars 2011)
2. L’argent ne fait pas toujours le bonheur…
- Karl Rabeder, millionnaire autrichien de 47 ans, a décidé de renoncer à toute sa fortune, à savoir 3,4 millions d’euros. La raison est simple: être riche le rend malheureux. L’homme d’affaire, originaire de la ville de Telfs, a décidé de mettre ses biens de valeurs en vente : sa luxueuse villa avec lac, sauna et superbe vue sur les Alpes, sa ferme en Provence, son mobilier et accessoires de bureau. Ses six avions-planeurs et son Audi A8 ont déjà trouvé preneurs.
Le produit des ventes sera intégralement reversé à des œuvres de charité qu’il a lui-même mis en place en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Selon lui, «l’argent est contreproductif, il empêche d’être heureux». Son projet est d’aller vivre dans sa petite cabane de bois dans les montagnes ou, pourquoi pas, dans une simple chambre meublée dans la ville d’Innsbruck. (R-sistons, 10/02/2010)
- De plus, les pays avec le plus fort taux de PIB ne sont pas forcément les foyers d’habitation les plus heureux. On découvre avec surprise beaucoup de « foyers de bonheur » dans des endroits inattendus comme :
- le Groenland, où les gens vivent toute l’année dans un froid glacial (- 20 °C) et des conditions spartiates
- le Kenya, chez des éleveurs déshérités qui dorment dans des huttes sans chauffage, ni eau, ni électricité. (Ben Yahmed, 26/09/2004)
- Les habitants les plus heureux seraient en effet ceux du Costa Rica, la France n’étant qu’en 35ème position avec, devant elle, des pays latino-américains, beaucoup moins riches qu’elle. Une vie beaucoup plus confortable ou plus luxueuse, ne procurent pas toujours et pas forcément du bonheur. (Moatti, Septembre 2009)
3. L’argent influence nos réactions
- Une étude a examinée l’association entre la richesse et la capacité à savourer le petits plaisir de la vie. « Plus on possède de l’argent, plus on prend pour acquis les petits plaisirs de la vie. ». On ne savoure plus. (Quoidbach, 18/01/2010)
- La création de richesse entraine la rivalité entre individus. « La rivalité, autrement dit la comparaison de notre revenu et de notre niveau de vie à ceux de nos voisins. Nous voulons être plus riche que les autres. » (Layard, 1er trimestre 2004)
II. La dictature du PIB
- Le Produit Intérieur Brut et ses limites :
- Le Produit intérieur brut est composé de deux parties : la valeur marchande de tous les biens et services qui se vendent dans un pays pendant une année + le coût de production des services non marchands des administrations publiques. (Méda, 03/03/2000)
- Le PIB ne prend pas en compte la notion de bien-être. Tout ce qui peut se vendre et qui a une valeur ajoutée va gonfler le PIB, indépendamment du fait que cela ajoute ou non du bien-être individuel ou collectif. (Moatti, Septembre 2009, Avril 2010) ; (Pouch, Avril 2010)
- Parallèlement à cela, de nombreuses activités qui contribuent au bien-être ne sont pas prises en compte dans le calcul du PIB parce qu’elles ne sont pas marchandes ou qu’elles n’ont pas de coût de production monétaire direct. Ex : activités bénévoles, travail domestique, temps libre… (Echavidre, 28-04-2009) ; (Ratcliffe, 18/08/2008)
Le PIB ne mesure que les outputs (quantité produites) et pas du tout les outcomes (satisfaction et bien-être après la consommation de ces biens et services).
La mesure du PIB est indifférente à la répartition des richesses comptabilisées, aux inégalités, à la pauvreté, à la sécurité économique… .
Pour les économistes, on ne devrait pas prendre en compte les activités réparatrices ou défensives (qui n’améliorent pas le bien-être des gens). Ils relèvent également qu’on ne déduit pas du PIB les dégâts et destructions qui diminuent le bien-être actuel ou celui des générations futures (destruction des forêts…) (Méda, 03/03/2000)
2. La bataille des indicateurs
La première réflexion sur de nouveaux indicateurs s’est faite en 1970 et c’est accentué avec la création de la notion de développement durable en 80. La déclaration d’Istanbul reconnaît « le besoin d’élaborer une mesure du progrès social dans chaque pays qui aille au-delà des mesures économiques conventionnelles comme le PIB par habitant ». La question est : que veut-on mesurer ?
- Indice de Développement Humain (IDH) : calculé depuis 1990 au Etats-Unis. Il se base sur le PIB par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’instruction d’un pays.
- Bonheur National Brut (BNB) : créé en 1972 au Bhoutan. Prend en compte la croissance et le développement, la conservation et la promotion de la culture, la sauvegarde de l’environnement et l’utilisation durable des ressources. C’est en quelque sorte le PIB et l’IDH. (Aizicovici, Baudet, Clavreul, 29/01/2008) ; (Gadrey, Jany-Catrice, 21/06/2007) ; (Zarachowicz, 17/06/2009)
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