Claude Debussy (1862-1918)               

Né dans une famille modeste, c’est grâce à sa tante que Claude Debussy découvre la musique et entre au conservatoire à l’âge de 10 ans. En 1884, il reçoit le prix de Rome et part comme pensionnaire de l’Académie des beaux-arts à la villa Médicis.  De retour à Paris, c’est avec ‘Le Prélude à l’après-midi d’un faune‘ qu’il obtient son premier vrai succès. 

Cependant, ce triomphe ne lui apporte ni notoriété ni aisance et Claude Debussy doit enchaîner leçons de piano et écriture de critiques musicales pour des journaux. 

 Marqué par la musique de Wagner et de Chopin, il compose des œuvres vocales,  des pièces pour orchestre et pour piano. Beaucoup de ces pièces ont pour thème la mer. 

                                   

Les deux livres de Préludes pour piano de Claude Debussy furent composés entre décembre de 1909 et avril 1913.  

  

Prélude :  

À l’origine (période baroque 1600-1750) un Prélude est, une musique servant à introduire un autre morceau (ex. « Préludes et fugues » de BACH).  A partir du XIXème s. un prélude devient une pièce indépendante. 

M.C. Escher : La cathédrale engloutie – Gravure sur bois 1924

La cathédrale engloutie fait référence à la ville légendaire d’Ys, censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez (Bretagne) puis engloutie par l’océan. 

 Ce prélude évoque l’apparition de l’église, au moment où la marée descend. Les cloches se font entendre puis le monument est à nouveau englouti.   

  Pour en savoir plus sur cette légende :  

http://www.keris-studio.fr/ys/kerys/intro.htm 

http://www.enezsun.com/Legendes/Ischretien.htm 

  

 

 

 COMMENTAIRE 

Accords graves (profondeur de la mer) donnant une impression de mystère ; 

 

 des accords qui montent vers l’aigu (le clocher qui apparaît peu à peu) ; le tempo est très lent, l’intensité est très douce (impression de lointain).  Extrait  

  

 

 On commence à entendre des sons de cloches qui tintent dans l’aigu.  Extrait 2 

  

  

  

 Le rythme accélère légèrement ; 

 Des accords montent vers l’aigu : on commence à distinguer les formes du clocher qui « sort de la brume ». Le rythme accélère, l’intensité augmente (crescendo) : le clocher apparaît.  Extrait 3 

  

 

  Peu à peu, la majestueuse cathédrale sort des eaux, les cloches sonnent magistralement. 

 Des accords puissants et solennels donnent l’impression qu’un chœur chante ou que l’orgue joue. 

 Debussy a créé une mélodie qui a un aspect ancien, médiéval. Extrait 4 

 

Après un moment de musique,  

 

  des accords qui résonnent dans le grave (la cathédrale s’enfonce dans les eaux en laissant entendre de lointains échos des cloches.), tandis que la main gauche suggère les flots par des arpèges « flottants et sourds ».  

  Extrait 5 

 

  

La fin reprend les accords du début . La cathédrale est maintenant tout à fait engloutie.  Extrait 6 

  

 Ecouter l’oeuvre en entier

 

 

 L’IMPRESSIONNISME 

L’impressionnisme est un mouvement pictural qui rompt avec les codes établis jusqu’alors dans le domaine de la peinture. Mouvement révolutionnaire annonçant l’art moderne, il tente d’imposer une nouvelle vision des choses en utilisant de nouvelles techniques (travail sur la couleur, l’ombre et la lumière, visibilité des touches de pinceau donnant une sorte flou) afin de traduire des impressions, des émotions.  

Il  trouve des échos en littérature et en musique. 

   L’Impressionnisme tire son nom de ce tableau de Claude Monet intitulé Impression, soleil levant, 1873. 

  On parle d’Impressionnisme musical parce ce style rappelle celui des peintres impressionnistes. 

 Les œuvres musicales impressionnistes ont souvent des titres liés au monde visuel : 

« Reflets dans l’eau », « La mer » de Debussy ou « Jeux d’eau », « Une barque sur l’océan » de Ravel… 

 

Dans la musique impressionniste, le compositeur crée des effets en se servant des timbres des instruments, des sonorités graves ou aigües. 

Dans « La cathédrale engloutie », Debussy utilise la résonance du piano, une large palette de nuances (du très doux au très fort), des sons graves et aigus. 

  

 En littérature aussi !

Voici un extrait de texte écrit par Marcel PROUST (1871 – 1922), avec une description très « impressionniste » : 

« (…) on voyait, selon l’exposition, la lumière venir se jouer sur les espaliers comme sur les eaux printanières et faire déferler çà et là, étincelant parmi le treillage à claire-voie rempli d’azur des branches, l’écume blanchissante d’une fleur ensoleillée et mousseuse. »  

  

Pour télécharger la fiche d’écoute, cliquer sur : Debussy – Cathédrale 

  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

  

 
 
 
 
 
 
 

   

  

  

 
 
 
 
 
 
 
 
 

  

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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