Le Sacre du Printemps (sous-titré Tableaux de la Russie païenne) est un ballet composé par le compositeur russe Igor Stravinski pour la Compagnie des Ballets Russes de Diaghilev.
Cette œuvre, considérée comme une des œuvres majeures du XXe siècle, a inspiré de nombreux chorégraphes depuis sa création au théâtre des Champs-Élysées à Paris, le 29 mai 1913 où elle a provoqué un véritable scandale à cause de sa nouveauté, tant du point de vue musical que chorégraphique.
Le compositeur
Igor Stravinski naît en 1882. Son père est chanteur et la musique prend très vite une place essentielle dans sa vie. Il est remarqué à Paris par Serge de Diaghilev qui lui propose alors de réaliser un ballet, qui sera intitulé l’Oiseau de feu (1909-1910). Puis il compose entre autre Petrouchka (1911) et le ballet le Sacre du printemps (1913).
La guerre le contraint à rejoindre la Suisse, où ses compositions sont interrompues. Au lendemain du conflit, il s’installe en France et obtient la nationalité française. Il meurt en 1971.
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Présentation de l’œuvre
« … j’entrevis dans mon imagination le spectacle d’un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle et observant la danse à la mort d’une jeune fille, qu’ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps. Ce fut le thème du Sacre du Printemps. » I. Stravinsky
Le Sacre du Printemps est constitué de 2 parties : L’Adoration de la Terre et Le sacrifice.
L’extrait que nous avons écouté : Les Augures printaniers est le début de la première partie (L’Adoration de la terre).
Le sujet de cet extrait est le suivant :
Printemps. La terre est couverte de fleurs. La terre est couverte d’herbe. Une grande joie règne sur la terre. Les hommes se livrent à la danse et interrogent l’avenir selon les rites. L’Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l’amène pour l’unir à la terre abondante et superbe. Chacun piétine la terre avec extase.
Analyse de l’extrait écouté
Formation instrumentale : un orchestre symphonique exceptionnellement grand (120 musiciens)
Le morceau commence avec une pulsation comme une sorte de tic tac au tempo vif et à l’intensité douce. Battement
Puis un accord dissonant joué avec force par l’orchestre sur le même tempo avec des accentuations irrégulières, très dynamiques. Cela correspond au “piétinement” “évoqué dans l’argument et représenté dans la chorégraphie. Accents
Explication : accentuer un note, c’est la jouer plus fort que les autres pour la mettre en relief.
Ci-dessous, un graphique représentant les battements (losanges blancs) et ceux qui sont accentués (en noir).
Une autre représentation de ces accents (la musique jouée par le logiciel Audacity) :
Cette répétition renforce le caractère primitif de l’œuvre.
En alternance avec ces accords, une musique à l’allure de course. Course
Un accord dissonant en forme de chute abrupte termine provisoirement ce début. Chute
Explications
Accord dissonant :
accord : ensemble de notes (3 au moins) jouées ensembles
dissonant : produisant un son désagréable à l’oreille. (Contraire : accord consonant).
C’est Vaslav Nijinsky (1891 – 1950) - une légende de la danse – qui a chorégraphié le Sacre du Printemps.
Ceux qui l’ont vu danser étaient impressionnés par sa virtuosité, et en particulier, par sa grande maîtrise technique des sauts. Doué d’une grâce et d’un talent d’acteur hors du commun, Vaslav Nijinski fit la gloire et la renommée des Ballets russes de Diaghilev.
Dans le Sacre du Printemps, la chorégraphie de Nijinsky était très nouvelle Comme la musique de Stravinski.
En effet, la danse classique est basée sur “l’en-dehors” : les pieds et les jambes sont tournés vers l’extérieur, les bras aussi ; les jambes doivent être tendues, le corps droit.
Dans la chorégraphie de Nijinsky, en complète opposition avec la tradition classique, les danseurs ont les jambes et les pieds en-dedans, les poings serrés, pas de buste droit mais la tête baissée et les épaules voûtées ; pas de jambes tendues mais une démarche avec les genoux légèrement ployés. Pas de disposition symétrique ni de figures répétées pour le corps de ballet.
C’est ainsi que Nijinsky a voulu représenter le côté primitif.
A la suite de Nijinsky, de nombreux chorégraphes se sont intéressés au Sacre.
Voici la plus célèbre chorégraphie après celle de Nijinsky : celle de Maurice Béjart (1927 – 2007)
Pour voir la partie correspondant à l’extrait que nous avons écouté, positionner le curseur de lecture sur 3:05.
Une curiosité : un extrait du magnifique spectacle Triptyk de Bartabas (cavalier, responsable du théâtre équestre Zingaro).
Pour voir la partie correspondant à l’extrait que nous avons écouté, positionner le curseur de lecture sur 3:30.
Les Ballets Russes
Les Ballets russes sont une célèbre compagnie de ballet créée en 1907 par Serge de Diaghilev, avec les meilleurs danseurs du théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.
Diaghilev est un organisateur de spectacles, critique d’art, protecteur des artistes, impresario de ballet. En fondant les Ballets russes d’où seront issus maints danseurs et chorégraphes qui ont fait l’art de la danse du XXe siècle, il fait entrer la danse dans l’ère moderne.
Dès 1909, la compagnie entame une tournée internationale puis devient une troupe privée, indépendante, qui se fixe à Monte-Carlo, Paris et Londres, sans s’attacher à aucun théâtre en particulier.
Diaghilev pour sa compagnie, va favoriser l’essor de talent originaux et la création de nouvelle chorégraphies dont plusieurs marquèrent l’histoire de la danse moderne.
Autour de jeunes chorégraphes russes comme Leonid Massine, Bronislava Nijinska et George Balanchine, Diaghilev rassemble les plus grands talents :
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Jean Cocteau (poète)
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Claude Debussy, Francis Poulenc, Erik Satie, Henri Sauguet, Igor Stravinski (compositeurs)
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Pablo Picasso, Georges Braque, André Derain, Henri Matisse, Giorgio De Chirico, (peintres)
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Coco Chanel, (créatrice de mode)
recréent un univers aux couleurs éclatantes qui influencera la mode et les arts décoratifs.
http://leschaussonsverts.eklablog.com/des-ballets-en-costumes-chanel-et-decors-picasso-a1501141
Une curiosité : dans son film d’animation “Fantasia” (1940), Walt Disney utilise la musique de Stravinski pour représenter la terre à ses débuts :
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Mots-clefs :ballet, Diaghilev, Nijinsky, Sacre du printemps, Stravinski
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