Economie monétaire et bancaire

Histoire des accords de Bâle

Un article récent du Monde retrace de façon synthétique l’histoire des fameux (et très inefficaces) accords de Bâle. A partir de là, de multiples liens vers d’autres articles vous dirigent vers, en vrac : un lexique de la finance, les dark pools, le trading algorithmique, la vente à découvert, les agences de notation, etc.


Publié le 25 octobre 2011 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

Dans le secret de ma banque et moi

Je n’ai pas pu, ou plutôt voulu, voir le documentaire de France 2 (jeudi 10 mars 2011) Dans le secret de ma banque et moi. Télérama n’a pas aimé, c’est bon signe, ça doit pas être si mauvais. D’après ce que j’ai pu en voir rapidement dans les vidéos ci-dessous (merci Dailymotion) cela montre assez bien le travail quotidien de la banque au ras des pâquerettes, loin des bonus des traders. Un simple éclairage instructif plus qu’une ambitieuse analyse socio-économique fouillée ou, pire, qu’un bruyant et pénible reportage de M6-Capital, c’est déjà ça.

http://www.dailymotion.com/video/xhj2dz http://www.dailymotion.com/video/xhj1qr http://www.dailymotion.com/video/xhjwn3 http://www.dailymotion.com/video/xhj1if

Publié le 13 mars 2011 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

Gilles Dostaler, un grand auteur.

Comment ai-je pu, un jour, m’intéresser à cette « science lugubre » qu’est l’économie? Croyez-vous que ce soit par les modèles stochastiques de la courbe des taux? Par le monde imaginaire des fonctions d’utilité? Ne comptez pas sur moi pour mépriser le chiffre, dénigrer les maths, diaboliser le calcul, pourtant c’est bien le texte qui m’a rendu tout cela moins « lugubre ». Le texte, la pensée et les auteurs.

Gilles Dostaler faisait partie de ces économistes littéraires capables d’éclairer la compréhension des grands auteurs de la pensée économique. Sa lecture, chaque mois dans Alternatives économiques, était (est) un régal d’intelligence et d’honnêteté intellectuelle. Dostaler, c’est clair, était de gauche. Personne n’est parfait et cela ne l’empêchait nullement d’éviter la vulgate anti-libérale. Il ne se contentait pas d’être probablement l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de Keynes mais savait tout aussi bien « décaricaturer » la pensée de Hayek. En ce sens, son travail était (est) semblable à celui d’un Daniel Villey qui, tout en affirmant son idéologie libérale, pouvait écrire des textes lumineux sur Proudhon, Marx, Saint-Simon ou Sismondi.

Gilles Dostaler vient de mourir, un peu trop jeune d’ailleurs.


Publié le 4 mars 2011 par Joël Calatayud dans Economie générale

Jean-Paul Pollin et la sortie de crise en fanfare des banques

C’est pas tous les jours qu’un membre éminent du Cercle des économistes se fâche tout rouge. Grand spécialiste d’économie bancaire, Jean-Paul Pollin n’a pas franchement l’habitude de s’énerver contre le comportement des banques. Certes, c’est un régulationniste comme peut l’être Michel Aglietta mais bon c’est pas Lordon quand même. Alors justement, s’il dit que les banques sont reparties  comme en 40 (comme avant 2007 en fait) dans la prise de risques, « le sentiment d’impunité » et « sortent de la crise en fanfare », on peut raisonnablement le croire. A lire ici dans Le Monde d’aujourd’hui.


Publié le 17 février 2011 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

Bien pire que le mediator et le tabac?

Bien pire que le mediator et le tabac ? Jacques Attali.


Publié le 9 février 2011 par Joël Calatayud dans Non classé

Les haïkus de l’AFP

La lecture des dépêches de l’AFP peut s’avérer plus intéressante et éclairante que celle d’un long discours sur la situation dramatique de la dette de l’Etat français. Je rappelle à cette occasion que c’est l’Etat qui est endetté, pas la France, ni les français. Je rappelle également qu’il n’est pas question de dire que la dette n’est pas un problème (de toutes façons, en économie tout est problème) mais simplement de dépasser non seulement les commentaires café du commerce mais aussi ceux abondamment répandus dans les médias.

Donc, deux dépêches AFP, aussi épurées qu’un haïku : la première, montre que l’Etat français n’a aucun problème pour « lever » de la dette. Que non seulement elle en lève mais qu’en plus elle se permet le luxe d’éconduire des investisseurs trop gourmands. Mieux, alors que les agences de notation menacent de dégrader sa note en considérant, à leur opinion, que la France est aussi risquée que la République Tchèque ou le Chili, on emprunte à des taux plus bas que les semaines précédentes! Ainsi, à 0.51% (pour 3 mois et 3.5 milliards) ce lundi 20 décembre, à 0.538% la semaine précédente. La deuxième montre, par contraste, la situation effectivement plus délicate du Portugal qui, pour lever 500 millions, se voit proposer un taux à 3 mois de 3.4% (contre 1.8% le mois dernier).

Conclusion, le problème se situe plus dans l’hétérogénéité  des pays de la zone euro et dans le fait que l’Euro ne correspond pas à une zone monétaire optimale. A ce sujet, voir deux chroniques récentes de chez Natixis (je sais, ils sont peut-être mal placés pour donner leur avis, mais bon…).


Publié le 22 décembre 2010 par Joël Calatayud dans Non classé

Revue de presse

Qui a dit que les banques ne sont pas capables de s’auto-réguler? De mettre en place de sérieux codes d’éthique? De moraliser leurs pratiques?

La banque suisse UBS montre la voie à suivre dans la nécessaire moralisation du système bancaire et financier.

Tout cela pour vous dire que le site-blog suisse B3B vous propose une excellente revue de presse hebdomadaire du monde bancaire et financier. Cette semaine, notamment, des délits d’initiés, des faillites bancaires, Bâle III, etc.


Publié le 20 décembre 2010 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

Site « La finance pour tous »

La finance pour tous est un site institutionnel (de l’Institut pour l’Education Financière du Public, IEFP) destiné à développer l’éducation financière auprès d’un public le plus large possible. C’est très bien fait, didactique et complété récemment par un dossier sur la banque. Synthétique,  clair, avec de jolis dessins et schémas, ainsi qu’un petit quizz (1) pour lequel il est difficile d’avoir moins de 10/10.

(1) En fait, il y a plein d’autres quizz de différents thèmes et niveaux.


Publié le 3 mars 2010 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

Keynes vs Hayek

Un  rap bien fait et assez drôle sur la confrontation (sommaire) des pensées de Keynes et Hayek, ça vous dit? Les paroles ne sont pas de Snoop Dogg rassurez-vous mais de Russ Roberts, spécialiste de Hayek. D’une pierre deux coups, profitez-en pour travailler votre anglais.

http://www.dailymotion.com/video/xc5c82

We’ve been going back and forth for a century
[Keynes] I want to steer markets,
[Hayek] I want them set free
There’s a boom and bust cycle and good reason to fear it
[Hayek] Blame low interest rates.
[Keynes] No… it’s the animal spirits

[Keynes Sings:]

John Maynard Keynes, wrote the book on modern macro
The man you need when the economy’s off track, [whoa]
Depression, recession now your question’s in session
Have a seat and I’ll school you in one simple lesson

BOOM, 1929 the big crash
We didn’t bounce back—economy’s in the trash
Persistent unemployment, the result of sticky wages
Waiting for recovery? Seriously? That’s outrageous!

I had a real plan any fool can understand
The advice, real simple—boost aggregate demand!
C, I, G, all together gets to Y
Make sure the total’s growing, watch the economy fly

We’ve been going back and forth for a century
[Keynes] I want to steer markets,
[Hayek] I want them set free
There’s a boom and bust cycle and good reason to fear it
[Hayek] Blame low interest rates.
[Keynes] No… it’s the animal spirits

You see it’s all about spending, hear the register cha-ching
Circular flow, the dough is everything
So if that flow is getting low, doesn’t matter the reason
We need more government spending, now it’s stimulus season

So forget about saving, get it straight out of your head
Like I said, in the long run—we’re all dead
Savings is destruction, that’s the paradox of thrift
Don’t keep money in your pocket, or that growth will never lift…

because…

Business is driven by the animal spirits
The bull and the bear, and there’s reason to fear its
Effects on capital investment, income and growth
That’s why the state should fill the gap with stimulus both…

The monetary and the fiscal, they’re equally correct
Public works, digging ditches, war has the same effect
Even a broken window helps the glass man have some wealth
The multiplier driving higher the economy’s health

And if the Central Bank’s interest rate policy tanks
A liquidity trap, that new money’s stuck in the banks!
Deficits could be the cure, you been looking for
Let the spending soar, now that you know the score

My General Theory’s made quite an impression
[a revolution] I transformed the econ profession
You know me, modesty, still I’m taking a bow
Say it loud, say it proud, we’re all Keynesians now

We’ve been goin’ back n forth for a century
[Keynes] I want to steer markets,
[Hayek] I want them set free
There’s a boom and bust cycle and good reason to fear it
[Keynes] I made my case, Freddie H
Listen up , Can you hear it?

Hayek sings:

I’ll begin in broad strokes, just like my friend Keynes
His theory conceals the mechanics of change,
That simple equation, too much aggregation
Ignores human action and motivation

And yet it continues as a justification
For bailouts and payoffs by pols with machinations
You provide them with cover to sell us a free lunch
Then all that we’re left with is debt, and a bunch

If you’re living high on that cheap credit hog
Don’t look for cure from the hair of the dog
Real savings come first if you want to invest
The market coordinates time with interest

Your focus on spending is pushing on thread
In the long run, my friend, it’s your theory that’s dead
So sorry there, buddy, if that sounds like invective
Prepare to get schooled in my Austrian perspective

We’ve been going back and forth for a century
[Keynes] I want to steer markets,
[Hayek] I want them set free
There’s a boom and bust cycle and good reason to fear it
[Hayek] Blame low interest rates.
[Keynes] No… it’s the animal spirits

The place you should study isn’t the bust
It’s the boom that should make you feel leery, that’s the thrust
Of my theory, the capital structure is key.
Malinvestments wreck the economy

The boom gets started with an expansion of credit
The Fed sets rates low, are you starting to get it?
That new money is confused for real loanable funds
But it’s just inflation that’s driving the ones

Who invest in new projects like housing construction
The boom plants the seeds for its future destruction
The savings aren’t real, consumption’s up too
And the grasping for resources reveals there’s too few

So the boom turns to bust as the interest rates rise
With the costs of production, price signals were lies
The boom was a binge that’s a matter of fact
Now its devalued capital that makes up the slack.

Whether it’s the late twenties or two thousand and five
Booming bad investments, seems like they’d thrive
You must save to invest, don’t use the printing press
Or a bust will surely follow, an economy depressed

Your so-called “stimulus” will make things even worse
It’s just more of the same, more incentives perversed
And that credit crunch ain’t a liquidity trap
Just a broke banking system, I’m done, that’s a wrap.

We’ve been goin’ back n forth for a century
[Keynes] I want to steer markets,
[Hayek] I want them set free
There’s a boom and bust cycle and good reason to fear it
[Hayek] Blame low interest rates.
[Keynes] No it’s the animal spirits

 

“The ideas of economists and political philosophers, both when they are right and when they are wrong, are more powerful than is commonly understood. Indeed the world is ruled by little else. Practical men, who believe themselves to be quite exempt from any intellectual influence, are usually the slaves of some defunct economist.”

John Maynard Keynes
The General Theory of Employment, Interest and Money

 

“The curious task of economics is to demonstrate to men how little they really know about what they imagine they can design.”

F A Hayek
The Fatal Conceit

John Papola & Russ Roberts

Copyright 2010 EconStories.tv


Publié le 23 février 2010 par Joël Calatayud dans Economie générale
Tags :: , ,

L’extraordinaire renouvellement de la pensée monétaire par Paul Jorion

Tel un bûcheron qui aurait prévu la déforestation avant les écologistes, Paul Jorion a prédit la crise financière 2007/2008 avant les économistes (qui l’ont prévue après). En vérité, mon pote Jean-Robert avait été encore plus clairvoyant en me disant, dès les années 80 : « tu sais mon gars, avec la finance, on va droit dans le mur… ». Pas con le JR, la seule différence avec PJ c’est qu’il n’a jamais travaillé dans la finance, ni ailleurs à vrai dire. J’étais donc plus enclin à écouter un type que les médias ont abondamment invité à témoigner et à débattre, en tant qu’acteur-prophète in situ de la crise des subprimes. J’ai même apprécié certains endroits de son blog avec lesquels je peux être d’accord comme, par exemple, l’extravagante nocivité du marché des CDS qu’il faudrait éradiquer. Malgré tout, il y a là comme une désagréable ambiance  illuminated guru à la Raël qui refroidit assez vite l’exploration. J’ai quand même acheté son livre, Argent mode d’emploi, et je suis en train (d’essayer) de le lire. Puisqu’il s’agit d’argent, on devine dès les premières pages qu’on vient de perdre bêtement 20 € dans cette affaire. Je fais un calcul marchand rapide : 20 € c’est quand même cinq bonnes bières au Café des sports, un joli bouquet de fleurs pour madame ou le dernier album des Tindersticks que j’ai reposé, un peu las, dans le bac chez Gibert.

J’aurais aimé entrer dans quelques détails d’économie monétaire et bancaire qui m’intéressent particulièrement (pages 129 à 227), il faudra que je trouve le courage de le faire. C’est pas gagné. Sachez que PJ se propose, ni plus ni moins, de reconstruire l’analyse économique servant de boite à outils aux économistes depuis deux siècles et demi! J’aurais pas dû faire ça mais j’ai feuilleté d’abord les dernières pages du livre dans lesquelles il déclare, sans avoir l’air de blaguer : « …ce que je vais tenter d’accomplir pour la monnaie est du même ordre que ce que Freud a réalisé pour la psychologie. » Ok, je ne suis pas très qualifié pour évaluer ce que Freud a fait pour la psychologie mais, comme ça à première vue, c’est un peu comme si on me disait « ce que je vais tenter d’accomplir pour la monnaie est du même ordre que ce que Michel Platini a réalisé sur un milieu de terrain entre 1980 et 1986″. Pourquoi pas, on s’est bien moqué de Gabriel Tarde lorsque celui-ci, avec sa psychologie économique (1902), se proposait d’inverser toute l’économie politique de Smith à Marx. Faudra t-il attendre un siècle dans le cas de PJ? La question ne se pose même pas tant il enfonce des portes ouvertes à grands coups de Mephistos tout en croyant renouveller la compréhension de ce mystère monétaire qu’il nomme l’Argent. Il explique d’ailleurs très vite pourquoi argent et pas monnaie. Là encore, rien de nouveau. La monnaie serait un concept inventé par les économistes, les banquiers, les financiers, les comptables pour semer le trouble, entretenir le mystère de sa création alors que l’argent serait cette chose bien réelle, encastrée dans la société, dans les poches de braves gens et que seuls les anthropologues (dont PJ), les sociologues, les philosophes sont capables d’analyser. C’est pas tout faux sauf que des économistes tels que Michel Aglietta, André Orléan se sont largement occupés de la chose depuis 30 ans et qu’apparemment PJ l’ignore. Plus surprenant encore, il ignore, volontairement ou non, les références à Simmel ou à Simiand. Je me suis arrêté page 262 dans laquelle il rêve, tel un adolescent qui repique pour la troisième fois sa Terminale littéraire(1), à…un monde sans argent. J’en peux plus, j’ai peur de continuer et de lire qu’il faut remettre l’homme au centre de l’économie, mieux, peut-être « qu’il faut abolir la propriété privée » (là je triche, on peut lire ça page 271)…abolir le prêt à intérêt? Bingo! Page 272 qu’il le dit! STOP!

C’est bon, on a compris, en fait de renouvellement de la pensée monétaire, il ne s’agit que de vulgate marxiste mâtinée de proudhonisme baba-cool, voire religieux. Je n’ai rien contre une bonne analyse marxiste de derrière les fagots pour expliquer la crise (Lordon fait ça très brillamment) mais là, non merci. Les analyses d’Arlette Laguiller me semblaient plus concrètes. Lire  que « le salut viendra d’une autre science économique, dont aura été éjecté l’homo oeconomicus, une caricature de l’être humain sous la forme du sociopathe, comme je le rappelais l’autre jour » (2), c’est beau comme du Jacques Attali en plus à gauche.

(1) Je n’ai, bien entendu, rien contre les Terminales L, mais quand même repiquer 3 fois…à ce stade c’est sûr, « le monde sans argent » devient une triste réalité.

(2) Il parle et écrit partout PJ, à BFM (!!!), dans le Monde, et ici dans Marianne. Soit dit en passant, ça doit faire un sacré petit dépôt à vue sur le compte de PJ.


Publié le 22 février 2010 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire
Tags :: , , ,