Métier de c..
Je souhaitais évoquer un article de François Meunier paru en juillet 2007 dans la Revue Française d’Economie. Juste avant l’apparition de la première vague subprime crisis et bien avant que l’on gesticule sur les rémunérations hallucinantes dans les banques d’investissement. Inutile de le commenter ou de l’analyser, il suffit de le lire, il est éloquent. Surtout qu’une saillie récente de Gérard Depardieu résume assez bien le fond de ma pensée depuis quelques mois. Elle est sans humour, sèche, laconique comme du Bernard Blier dans les Tontons Flingueurs: “Si je cherchais juste à faire du fric, à m’amuser, je serais trader: un métier de con…”. Le plus drôle est que Depardieu est cité dans l’article de Meunier comme l’acteur le mieux payé de France (en 2006) mais trois fois moins que 5 salariés de grandes banques françaises (toujours en 2006) qui ont gagné, comme Thierry Henry, l’équivalent de 428 années de salaire brut annuel moyen (2 500 €). Sachant que pour les meilleurs traders c’est 36 années, le Gérard gagne donc 4 fois plus qu’eux! Conclusion, Depardieu a bien fait de faire l’immense acteur qu’il est, il était de toutes façons nul en maths. Les très bons en maths, eux, font Polytechnique, grande école financée à grand frais par la République et dopés aux quants par Nicole El Karoui. La plupart deviennent de grands (gros?) dirigeants ou parfois même de brillants économistes (Aglietta, Lordon…). Certains, en revanche, ont (avaient?) juste l’ambition d’exercer le fameux métier de con, à Londres de préférence. Ils sont aujourd’hui au chômage. Propositions: qu’ils y restent (au chômage ET à Londres) et, surtout, qu’ils remboursent leurs années d’études.
Publié le 18 février 2009 par Joël Calatayud dans Economie monétaire et bancaire

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