Je n’ai pas encore eu le sujet officiel sous les yeux, néanmoins j’ai pu me procurer les documents et les questions, alors voici quelques éléments de réponses (non officiels, je précise) sur l’épreuve d’économie monétaire et bancaire.
Document 1: “Le rationnement du crédit menace t-il l’économie?” (Le Monde du 22/07/08)
Document 2: “Taux d’intérêts: la hausse des taux directeurs de la BCE poussera les taux de crédit vers le haut!” (www.mon-epargne.com)
Commentaire sur les documents proposés:
Shame on me, j’aurais dû (pu) vous faire travailler l’article du Monde en cours. Il est à la fois accessible et très intéressant dans le contexte été 2008, juste avant le cataclysme Lehman Brothers. Dommage. Le petit article suivant sur les taux d’intérêts est clairement de niveau mat sup (maternelle supérieure)…
Question 1: Citez et expliquez les risques auxquels s’expose une banque lorsqu’elle accorde des crédits à ses clients.
Facile non? Mais une certaine ambiguïté réside dans le pluriel “risques”. En effet, UN risque majeur se dégage: celui de non-remboursement ou de défaut de l’emprunteur, soit LE risque de crédit traditionnel. La question ne dit pas comment limiter ce risque. Quels autres risques alors? Je vois deux axes de réflexion:
- accorder un crédit nécessite, pour la banque, de se procurer les ressources passives. Il peut bien avoir création monétaire ex-nihilo sauf que l’on connaît les limites réglementaires et “naturelles” du processus. Accorder des crédits (créances à l’actif du bilan) nécessite donc une “course” aux ressources (au passif du bilan): dépôts, autres dettes ou capitaux propres (+ exigence ratio Mc Donough);
- le second axe, résiderait dans un risque de taux en accordant par exemple des crédits à taux fixes bas pour se retrouver par la suite dans un contexte de hausse des taux. Nous avons vu l’asymétrie actif/passif et la possible lecture de la marge d’intermédiation au bilan. Mais les banques peuvent très bien gérer cela avec l’outil des swaps.
Question 2 et 3: Exliquez la notion de rationnement du crédit…et les raisons qui incitent les banques à rationner le crédit.
Ou credit crunch. Encore une question pas très difficile. Ce rationnement est à placer dans une double approche. Macro d’abord: la crise bancaire détériore les bilans des banques et malgré les liquidités injectées, celles-ci sont d’abord destinées à renflouer les caisses. De plus, divers mécanismes pro-cycliques (normes comptables + Bâle II + Marchés en baisse + méfiance…) créent un contexte dépressif peu propice à la distribution de crédits. Micro ensuite dans la relation banque-client. Et ici, on rejoint la première question puisque la crise va accroître la perception du risque d’insolvabilité (du client), surtout en matière de financement des PME par exemple.
Question 4: Les autorités de tutelle bancaire.
Je suppose qu’il s’agit de se limiter au secteur bancaire français. Les autorités bancaires stricto sensus sont le CCLRF (Comité consultatif de la législation et de la réglementation bancaire, ex-CRBF), le CECEI (Comité des étalissement de crédit et des entreprises d’investissement) et la Commission Bancaire. Il ne serait pas idiot d’évoquer, tout en haut, la Banque de France. Evoquer l’AMF serait une erreur, même si celle-ci a un rôle réglementaire et disciplinaire. Il ne serait pas stupide non plus d’évoquer tout simplement l’Etat! Il ne s’agit plus du lien tel qu’il pouvait exister dans le contexte administré des années pre-80′s mais de l’actuelle situation de l’Etat “papa sauveur” (le “guichet” de l’Etat)…et que dire encore des stratégies décidées en haut lieu (caisses d’épargne/banque pop)…
Question 5: Relation taux d’intérêts et euro fort.
Sans entrer dans la technicité, je pense qu’il suffisait de se limiter au taux directeur BCE dans le contexte (toujours) de l’été 2008. A l’époque, il y a encore phobie de l’inflation et l’objectif sempiternel de la BCE est réaffirmé. Hausse du taux à 4.25 (à comparer avec le taux actuel!). Parler d’euro fort n’a de sens que par rapport aux autres monnaies, plus particulièrement au dollar. D’où la mise en évidence du différentiel de taux entre BCE et FED. Entre en jeu l’épargne (à court terme tout au moins). Au niveau macro, celle-ci aura forcément tendance à se “localiser” dans la zone où les taux seront les plus hauts (zone euro donc). La demande de monnaie € s’accroît par rapport au $ accentuant ainsi la force de l’euro et/ou la faiblesse du dollar. Avec un peu plus de temps, il serait intéressant d’évoquer les différences BCE/FED en matière de politiques monétaires et des marges de manoeuvres bien plus grandes dont bénéficient les USA en la matière.
Publié le 14 mai 2009 par Joël Calatayud dans
Economie monétaire et bancaire