Commentaire dernier devoir
Contrôle du 20 Décembre 2007
Durée: 1 h
- Repésentez schématiquement le bilan d’une banque. Expliquez la logique de l’ordre des postes à l’actif et au passif. Pourquoi parle t-on de bilan inversé par rapport à un bilan d’entreprise non financière?
- Pourquoi dit-on qu’un bilan bancaire est « asymétrique »?
- Expliquez en quelques lignes l’évolution des bilans bancaires depuis 25 ans.
- Présentez la formation du résultat bancaire en soldes intermédiaires de gestion. Quelle est la signification du PNB? Pourquoi le résultat net n’est pas forcément un « bon » indicateur de résultat?
- En quoi les normes IFRS changent-elles l’information donnée par les bilans bancaire?Remarque: la question 4 est spécifique au groupe 2.3, la question 5 au groupe 2.4.
Eléments de correction
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Cette question, d’ordre un peu technique voire anecdotique pour l’épreuve d’EMB, est destinée à montrer la logique inversée d’un bilan bancaire. Vous serez sûrement amenés à consulter et analyser des bilans d’entreprises non financières qui présentent, eux, une logique différente. Ce point a été relativement bien compris. Pour l’actif un ordre de liquidité décroissante, pour le passif un ordre d’exigibilité décroissante. Précisions: si l’actif est bien « ce que l’on a », le passif n’est pas tout à fait « ce que l’on doit »! Si l’on s’en tient à la dimension juridique du bilan l’actif est composé de « droits » (propriété, créances), le passif est composé d’obligations. Vous avez assez bien compris cette notion de liquidité à l’actif. Plus on descend dans le bilan moins l’actif est liquide. Il suffit de raisonner comme si la banque était en situation de faillite: combien mettrait-elle de temps à « liquider » ses actifs? Pour le passif, attention: tout est dette sauf les fonds propres. Ceux-ci « appartiennent » aux actionnaires de la banque. Ils ont certes des droits (aux dividendes, vote, information…) mais ne peuvent exiger un quelconque remboursement. En cas de faillite, ils seraient les derniers servis (d’où la logique de classement).
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L’asymétrie du bilan bancaire est aussi une question technique mais montre deux points intéressants sur la spécificité bancaire. Première asymétrie au coeur du bilan en termes d’échéances. Elle montre le déséquilibre en termes d’échéance entre les dépôts au passif et les prêts à l’actif. Il s’agit de raisonner « en moyenne ». Les dépôts (au passif) ont une échéance d’exigibilité courte alors que les prêts (à l’actif) ont une échéance de liquidité plus longue. L’exemple classique de ce décalage réside dans l’octroi de crédit ex-nihilo: quand la banque accorde un prêt à un client, il y a bien un dépôt à vue que le client peut retirer à vue alors que la banque sera remboursée sur un échéancier à plus ou moins long terme. La seconde asymétrie va permettre à la banque de compenser la première (désavantageuse) à l’aide des taux. Au passif, les taux sur les dépôts seront en moyenne plus bas que les taux à l’actif. On voit bien ici un élément majeur de la marge d’intermédiation. Pour simplifier, par exemple et toujours en moyenne, la banque aura des dépôts rémunérés à 4% (notez que les dépôts en comptes courants sont à 0% et constituent donc des ressources gratuites!) et des prêts à 5%, soit une marge de 1% dans ce « coeur » de bilan.
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Cette question faisait appel à l’analyse, vue en cours, donnée par Laurence Scialom sur l’évolution de la structure des bilans bancaires depuis 1982. Elle montre une chose essentielle: la mobilérisation du bilan des banques qui traduit bien les changements profonds de l’activité d’intermédiation. Deux choses à retenir: la baisse de la part des prêts et dépôts (interbancaires et clientèles) et l’augmentation de la part des titres à l’actif et au passif. Précision: baisse ou augmentation des parts dans une structure ne signifie pas baisse ou augmentation en valeur absolue! Autre point: attention, mieux vaut parler de mobiliérisation que de titrisation qui est une technique bien spécifique (et très en vue dans l’actualité récente). Pour conclure, cette évolution montre bien la prise de pouvoir des marchés financiers depuis leur libéralisation dans les années 80 (en France) mais surtout que l’intermédiation bancaire n’a pas disparu (contrairement à ce qu’on dit souvent) – elle a simplement changé pour devenir, de plus en plus, une intermédiation de marché.
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Même si dans votre activité quotidienne de banquier, PNB = chiffre d’affaire, c’est une erreur! Le PNB correspond plutôt à une valeur ajoutée (voir cours pour le calcul). Son évolution montre également la montée en puissance des opérations de marché dans l’activité des banques. Notez que en 1975 la marge d’intermédiation repésentait 81% du PNB et ne représentait plus que 47% en 2001; dans le même temps les produits divers (revenus de marché, commissions) sont passés de 19% à 53%! (source: Laurence Scialom).
Quant au résultat net, bien sûr il n’est certainement pas un bon indicateur de performance, pas plus qu’il ne l’est pour une entreprise non financière. Il mesure simplement le profit final qui sera distribué aux actionnaires et/ou mis en réserves. Il peut être « pollué » par des produits ou pertes exceptionnelles ainsi que par des écritures purement comptables (provisions par exemple) et n’a aucune signification, économique en tous cas. Le PNB, bien sûr est plus significatif, puis le RBE (après charges générales).
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Enfin les IFRS. Inutile d’aller très loin mais une choses essentielle. Le principe de fair value (juste valeur) et les conséquences induites à divers niveaux. Pour simplifier, le principe de juste valeur exige une évaluation de certains actifs à leur valeur de marché. L’importance prise par la marchéisation des bilans bancaires montre clairement l’impact des IFRS dans l’information diffusée (voir documents distribués). Pour approfondir la question voir ce document (source: les échos) qui, de plus, couple cette problématique avec Bâle II.
Publié par Joël Calatayud le 31 décembre 2007 dans Economie monétaire et bancaire
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