Economie monétaire et bancaire

Le point en première année

Ayant pris en cours de route l’EMB ainsi que quelques cours d’économie générale et d’entreprise en première année, il est temps de faire un « check point » sur ce que nous avons vu ensemble afin de prendre un peu de recul et surtout de bien cerner quelques fondamentaux dans l’esprit de l’EMB.

Je rappelle que l’épreuve d’économie monétaire et bancaire est insérée dans l’épreuve commune droit/EMB. Cette épreuve marque la prépondérance (en volume) du droit par rapport à l’EMB et qu’il est rationnel d’accorder un poids relatif à chacune des disciplines en question: soit 3/4 et 1/4 voire 2/3 et 1/3, en termes de temps consacré à la préparation ou lors de l’examen. Cependant, l’EMB s’inscrit aussi dans un double objectif plus large. Premièrement, il s’agit d’un approfondissement du programme d’économie générale sur le thème du financement de l’économie (monnaie, création monétaire, système monétaire et financier). Ainsi, la préparation en EMB doit être en perpétuelle interaction avec l’économie générale voire l’économie d’entreprise (financement des entreprises par exemple). Cette interaction doit être mise en oeuvre à « double profit »: l’économie générale doit servir l’EMB dans sa dimension macroéconomique (la croissance, l’inflation, la régulation, etc.) et l’EMB permet d’éclairer certains points d’éco géné par des focus  microéconomiques ou même (un peu)  »techniques » Deuxièmement, il serait encore plus profitable d’appréhender cette discipline comme une nourriture indispensable à la culture économique d’un futur « banquier ».

Que faut-il retenir de cette première partie d’année en EMB?

- La place des activités bancaires dans l’économie: il s’agit de planter le décor et les personnages. Imaginez d’abord que vous êtes au balcon de cette pièce de théâtre qu’est l’EMB. Le décor est clairement délimité, pour l’instant, à l’union européenne. Identifiez les agents à capacité de financement, les agents à besoin de financement, ce sont parfois les mêmes et au milieu les établissements de crédit et entreprises d’investissement. Nous pouvons simplifier cette typologie en parlant de « banques » au sens large en gardant à l’esprit ce pluriel en fonction de la clientèle (particuliers, entreprises, investisseurs…) et des opérations (détail, épargne, marchés…).

- la logique de la construction de l’union économique et monétaire: l’économie monétaire et bancaire suit, parfois précède, l’évolution de l’UEM. La libre prestation de service, le libre établissement, la circulation des capitaux, la mise en place de l’euro, la BCE…sont quelques éléments parmi d’autres appuyant cette logique simple: une zone géographique, une économie, un marché, un système monétaire et financier. Mais les problématiques sont nombreuses et peuvent se résumer, comme dans d’autres domaines économico-juridiques (fiscalité, concurrence, droit social…), en une nécessité d’harmonisation et de régulation – réglementation plus adéquate et unifiée.

- Marché du dépôt, du crédit et création monétaire: il s’agit de bien comprendre les notions d’emplois et ressources, le rôle encore fondamental (même s’il évolue) de l’intermédiation bancaire et d’approfondir ce fameux « miracle » de la création monétaire (les crédits font les dépôts). Ce dernier point est essentiel. Vu en économie générale, son approfondissement en EMB permet ensuite de mieux comprendre le rôle des banques centrales et, plus généralement, le rôle essentiel de la monnaie dans l’économie « réelle ». Il n’est pas interdit à ce sujet de dépasser la dimension homo oeconomicus pour évoquer d’autres dimensions de la monnaie: confiance, lien social, pouvoirs des Etats, etc.

Pour finir je conseille vivement le livre de Laurence Scialom Economie bancaire (collection repères, La découverte) réédité cette année. Il pose quelques problématiques très actuelles, exemples: faut-il laisser les banques faire faillite? Que reste t-il de la spécificité des banques? etc. Certes, il dépasse assez largement le programme du BTS, présente quelques passages un peu ardus mais vous pouvez le lire à petites doses, à portée de main sur la table de nuit (après tout, pour certains, si cela peut faire office de somnifère, les comptes de la sécurité sociale vous en seront reconnaissants).


Publié par Joël Calatayud le 19 décembre 2007 dans Economie monétaire et bancaire
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