L’économie c’est (parfois) rock n’roll

Il semble qu’il y ait un buzz naissant autour du livre d’Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia, Sex, drogue…et économie. Il est le prolongement de leur blog (econoclaste) qui sévit depuis quelques années déjà sur le net. Leurs commentaires et analyses quasi quotidiens sont, la plupart du temps, un régal pour qui s’intéresse à la science économique non seulement en tant que « science lugubre » mais surtout pour son insertion (son encastrement dirait Polanyi) dans la société. On peut ne pas les suivre sur ce terrain mais, justement, le livre invite plus à la réflexion qu’à la mise au-devant du fait accompli. Pour résumer, aucun sujet ou presque ne peut échapper à l’analyse économique. Au-delà des sujets traditionnels (croissance, dette, emploi, logement, etc.) tout peut être economics: pornographie, polygamie, le crime, le bonheur… Certes, la provocation un peu potache est délibérée mais surtout destinée à rendre compte de ce qu’est essentiellement l’économie, à savoir beaucoup de questions et très peu de réponses. Mieux, mais cela est bien plus présent sur le blog que dans le livre, leur discours réussit le tour de force de vulgariser* la discipline sans l’auto-flagellation habituelle de l’économiste à qui on ne la fait plus et prêt à tous les raccourcis simplificateurs et démagogiques. Je me trompe peut-être mais il y a là un effort de vulgarisation microéconomique comparable à celui de Daniel Cohen (en moins rock n’roll mais tout aussi passionnant) en macroéconomie.
* Vulgariser: rendre accessible au grand public, faire connaître, propager…(Larousse). Même si l’effort de vulgarisaton est réel, la lecture du livre et, plus encore, du blog econoclaste nécessite une appétance relativement forte pour la chose économique ainsi que certaines bases fondamentales.
Publié par Joël Calatayud le 12 novembre 2008 dans Economie générale
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