Portrait du Dr. Johannes Cuspinian

23 02 2009

Gwladys a écrit sa nouvelle à partir du tableau de Lucas Cranach intitulé Portrait du Dr. Johannes Cuspinian.

Vous pouvez lire le texte puis découvrir le tableau après l’avoir imaginé ou, au contraire, observer le tableau (en cliquant sur son titre) et voir ce qu’il devient dans la nouvelle.

Un livre présage de mort

Il était arrivé au château au mois de Novembre de l’an de grâce 1412. Il faisait froid cette année-là, je m’en souviens. Les terres étaient gelées et les paysans se plaignaient sans cesse du manque de nourriture. J’étais un jeune commis à l’époque, au service d’un des plus puissants princes de l’Allemangne, Frédéric 1er Le Belliqueux, 1er duc de Saxe de la maison Wettin. Ma famille vivait dans la misère. J’étais donc allé demander une place au chateau. On m’y avait engagé pour aider aux cuisines.

Cela faisait déjà trois semaines que j’y travaillais quand il est arrivé, demandant l’hospitalité à notre bon duc. Des cheveux blonds, frisés et bien coiffés, des yeux bleus, petits et scrutateurs, un air bienveillant et chaleureux. Voilà à quoi ressemblait Johannes Cuspinian, docteur de son état, un personnage affable, souriant, au regard intelligent. C’est du moins ce qui me vint à l’esprit la première fois que je le vis. Le duc l’avait accueilli dans son château et l’avait invité à se joindre à lui et son épouse, Catherine de Brunswick, pour le souper. Je m’étais caché derrière les grandes portes attenantes à la salle à manger, ainsi que d’autres commis, tout comme moi, curieux d’en savoir plus sur cet étranger. Il était en effet assez rare d’avoir de la visite en cette période de l’année. Quand j’y repense je me dis que ce qui attisa le plus ma curiosité chez cet étrange individu fut ce livre à la couverture rouge, usée par le temps, qu’il tenait dans la main. Plus tard il me montra son contenu durant un après-midi ensoleillé.

Cela faisait déjà deux semaines que le docteur Cuspinian s’était installé parmi nous. On le voyait souvent déambuler dans le château ou encore partir en direction de la forêt au petit matin et revenir en début de soirée les poches remplies de diverses variétés de champignons et fleurs des bois. Je disais donc que cet après-midi là il m’avait montré son fameux livre. La curiosité avait été trop forte, je n’avais pu m’empêcher d’aller le trouver pour lui poser quelques questions. Il se tenait assis dos à un arbre aux abords de la forêt derrière le château. Il avait le regard dans le vague comme perdu dans une lointaine songerie. Je m’étais approché lentement et lui avais demandé de me parler de son livre. Il sembla surpris de ma requête mais finalement me tendit le livre. Je l’ouvris d’une main hésitante et découvris qu’il contenait des centaines de formuules mathématiques en tout genre et dont je ne compris absolument pas le sens. Je le regardai troublé, mais il me fit simplement un sourire et se leva pour ensuite partir en direction du château.

Deux jours plus tard une nouvelle se répandit. La duchesse était tombée malade durant la nuit. Tout de suite on pensa que c’était à cause du froid mais, bizarrement, beaucoup de monde avait pris froid ces derniers temps. A tel point que les trois quarts d’entre eux étaient morts la semaine précédente, alors que le quart restant était cloué au lit, agité de convulsions incontrôlables et pâle comme la mort. Je suis ironique bien sûr, il allait de soi que toutes ces personnes n’étaient pas mortes de froid mais avaient bien été empoisonnées comme le disait la rumeur qui circulait dans le château. Aussi, quand son épouse fut frappée du même fléau, le duc se décida à faire appel au docteur Cuspinian. Celui-ci déclara simplement qu’il ferait de son mieux pour sauver la duchesse. Ainsi, trois jours durant, les soigneurs se succédèrent au chevet de Catherine de Brunwick, sous les ordres du docteur. Quand on le rencontrait dans le couloir menant à la chambre de la duchesse, on pouvait souvent l’entendre psalmodier des paroles incompréhensibles. Il en devenait vraiment inquiétant.

Un matin, sans prévenir, il quitta le château. Le duc n’eut pas le temps de le retenir. Il lança des troupes de soldats à sa recherche, en vain, on ne le revit jamais.

Pour en revenir à la duchesse, vous aimeriez sans doute savoir ce qu’il advint d’elle. Je peux vous dire qu’elle survécut. Environ deux semaines plus tard, elle fut à nouveau apte à parler et ce qu’elle nous confia nous glaça d’effroi : « Il m’avait donné une tisane contre mes insomnies. Après l’avoir avalée je me suis sentie partir et alors que les ténèbres m’entouraient je le vis devant moi, un sourire cruel, et un livre à la main, un livre rouge. »




La plume

18 02 2009

Un tableau de Pietro Antonio Rotari (j’ignore son titre) a inspiré Marie D.

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Une rencontre

Le soir tombe en cette froide de Décembre. La lune est pleine, le ciel dégagé. Louise sort de la maison furtivement, sans faire plus de bruit qu’une souris. Elle est impatiente. Elle va retrouver son ami, Jean. C’est leur premier rendez-vous. Grand, le cheveu noir, l’œil vif noir également, le teint mat, d’origine italienne, il a fait fondre Louise la première fois où ils se sont vus.

Tout en refermant la porte du 30, rue de Tilsit, son logis de Paris, où elle vit avec ses parents et ses deux sœurs, Hortense et Charlotte. Louise laisse son esprit vagabonder librement , elle repense à sa rencontre avec Jean. Elle s’en souvient si bien…

Tout le jour, elle travaillait à la chapellerie, comme d’habitude, au 2, rue Notre Dame de Nazareth. Tous Les clients étaient partis, et elle s’était installée sur une chaise avec son livre préféré, pour lire tranquillement. Mais à peine eut-elle posé les yeux sur la première phrase, qu’elle s’endormit. Soudain, elle sentit que quelque chose lui chatouillait la joue. Elle ouvrit les yeux brusquement et découvrit un ravissant jeune homme qui se tenait devant elle. Elle comprit aussitôt que c’était lui qui la chatouillait avec une plume. Son livre était tombé. Il se pencha pour le lui donner. Elle le remercia, mais lui demanda pourquoi il l’avait chatouillée. Il lui répondit qu’il n’avait pas trouvé d’autre moyen pour lier connaissance. Elle sourit. Il lui dit qu’il s’appelait Jean et lui donna un rendez-vous pour le soir-même, devant l’église Notre Dame. Louise était aux anges, c’était la première fois qu’un homme s’intéressait à elle. Pourtant, elle n’était pas laide. Grande, fine, blonde, les yeux bleus, elle pensait que c’était sa timidité qui « arrêtait » les gens. Mais il était beau garçon et paraissait vif d’esprit. Malheureusement, tout se compliqua. Elle rentra chez elle tranquillement, toute joyeuse. Cela n’échappa évidemment pas à sa mère. Celle –ci lui demanda ce qui la rendait si guillerette. Louise, qui avait toujours eu de bonnes relations avec elle, lui narra son aventure. Mais sa mère changea subitement d’expression. Elle grimaça, et soudain, hurla : « il est hors de question que tu voies ce garçon ! Les Italiens sont tous des voleurs ! Nous te l’avons répété, combien de fois, combien de fois, bon Dieu ? » Louise était interloquée, stupéfaite, déçue. Elle monta dans sa chambre, sur ordre de sa mère. Mais en regardant les rideaux crasseux, sur la fenêtre au carreau cassé, et rebouché au carton, elle réfléchit à un plan.

Et nous revoilà ! Louise avait bravé l’interdiction de sa mère, et marchait d’un bon pas en directions de l’église Notre Dame. En arrivant, elle n’aperçut d’abord rien du tout, car la nuit était assombrie par l’ombre de l’église Puis elle entrevit une ombre près d’un réverbère. Elle s’approcha… c’était lui. Ils se saluèrent mutuellement, et Jean lui proposa d’aller se promener le long de la Seine. Elle accepta. Ils parlèrent de leurs passions, elle lui parla de celle qu’elle avait pour la lecture et, il la partageait ; il lui parla de ses goûts pour la peinture. Elle n’avait jamais peint, mais il lui promit qu’elle essayerait. Ils parlèrent des dernières nouvelles, par exemple l’ascension de Mont Blanc, qui venait d’être réalisée en cet an 1786. Ils étaient tout à leurs projets, et à leur discussion quand soudain, ils se regardèrent. Ils se penchèrent largement l’un vers l’autre…quand d’un coup, Jean cria. Il se jeta sur le côté et hurla à Louise de faire de même mais, trop tard. Un cheval s’était emballé un peu plus loin et était parti au grand galop, traînant sa voiture derrière lui. Elle percuta Louise de plain fouet, et on entendit son cri aigu et déchirant se répercuter dans la nuit. Peu après, on entendit le cri de Jean : elle était morte sur le coup.




Jeune fille à la lecture

16 02 2009

Jeune fille à la lecture est un tableau de Fragonard. Voici ce qu’en a fait Lucie.

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Un amour à trois

L’histoire se passe en Camargue, en l’année 1757, dans une jolie petite maison située au bord de l’étang du Charnier. Cette demeure était habitée par Frédéric et Marie-Anne de Chombrodone ainsi que leur fille Amélie. Cette famille avait des revenus meilleurs que la moyenne grâce au métier du mari. Il était banquier. Sa femme quant à elle aimait la couture et confectionnait des costumes pour son mari et de magnifiques robes pour elle et sa fille. Amélie adorait porter les vêtements faits par sa mère.
Au premier jour du printemps la famille de Chombrodone prévoyait tous le temps une sortie à la plage Pièmanson mais, cette fois-ci ce ne fut pas le cas. La jeune fille et ses parents étaient invités à déjeuner en compagnie des Stalowflors. Cette famille était fort riche et fort réputée dans leur grande Camargue. Elle était composée du comte et de la comtesse, Jean-François et Cyrielle, et de leurs fils, l’un se nommait Vincent et devait avoir à peine 20 ans et l’autre Henry en avait 18. Pour l’occasion, Marie-Anne avait conçu pour sa fille une robe de couleur cyan et bleu marine, elle était composée d’un bustier où étaient brodées des roses et d’une jupe simple brodée en bas pour rappeler le haut.
Lors du repas, la jeune fille avait été placée entre les fils Stalawflors. Amélie s’était rapprochée de Vincent, l’aîné, trouvant le cadet inintéressant. Vincent lui parla de ses voyages en Amérique ou encore à Paris, Amélie rêvait d’aller à Paris depuis toujours.
Le lendemain, la jeune fille s’était tranquillement assise dans son fauteuil où elle se mit à lire un livre que son père avait commandé pour elle à l’occasion de son anniversaire, le mois dernier. Le livre était écrit par un économiste britannique, Adam Smith, et parlait de la nature et les causes de la richesse dans le monde. Elle fut interrompue par des bruits de voix qu’elle entendait dehors. Elle avait laissé sa fenêtre ouverte pour sentir la brise fraîche du printemps caresser son visage. Elle s’approcha de la fenêtre et vit Henry et Vincent parler avec son père, elle essaya d’entendre ce qu’ils se disaient mais elle était trop loin et ne percevait que des chuchotements. D’un coup son père regarda dans sa direction et lui demanda de venir les rejoindre. Elle fit une révérence en l’honneur de ses invités et leur sourit de son plus beau sourire. Les deux jeunes hommes l’invitèrent à une balade en calèche dans la forêt qui se trouvait autour du château de Montcalm. A la fin de la journée elle s’était rendue compte qu’elle était tombée amoureuse de Vincent.
Deux jours plus tard, Henry vint la voir seul, en lui expliquant que son frère était parti en voyage d’affaires à Paris et qu’il devait revenir dans deux semaines au plus tard. Pendant ce laps de temps, Henry lui rendit visite tous les jours. Il se baladèrent à pied ou à cheval et parfois en calèche, mais souvent ils se parlèrent et lurent ensemble.
Si on ne faisait pas attention, on aurait pu croire que c’était un joli petit couple, seulement ce n’était pas le cas. Amélie pensait à longueur de temps à Vincent et Henry s’en était rendu compte et essayait du mieux qu’il pouvait de la séduire. En vain ! Tout ce qu’il tenta se termina par un échec, le jeune fille ne voyait en lui qu’un ami. Si son conte de fée se terminait comme elle le souhaitait, il deviendrait son beau-frère. Deux semaines passèrent comme cela.
Au retour de Vincent, Henry lui annonça qu’il avait échoué et qu’elle ne voyait qu’en lui le frère de l’homme qu’elle aimait. Vincent se sentit coupable de ne pas avoir dit à Amélie avant qu’elle ne s’intéresse à lui qu’il était destiné depuis sa naissance à épouser une fille d’une famille noble qui vivait à Paris et que c’était pour cela qu’il s’y rendait souvent.

Le moment clé arriva, il lui expliqua toute l’histoire. Il vit qu’il lui avait brisé le cœur. Puis elle se leva et se dirigea vers sa maison, son corps semblait sans vie. Il lui demanda pardon mille et une fois, mais elle ne lui répondit pas. Il la suivit lorsqu’elle entra dans la cuisine, prit un couteau et se l’enfonça dans le cœur. Ce coeur qui, cinq minutes auparavant, avait été brisé en trop de morceaux pour pouvoir les compter ! Puis, elle tomba aux pieds de l’homme qu’elle aimait.




La lecture

13 02 2009

Ce tableau Pieter Janssens Elinga, intitulé La lecture, a donné des idées à Justine.

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Merveilleuse nuit

C’était il y a treize ans maintenant, jour pour jour, c’était un soir d’été, le 6 août 1603. Ca s’était passé dans l’étroite ruelle Richelieu, dans leur propre rue, leur maison était à quelques mètres seulement !
Ce soir-là, elle et son mari étaient allés dîner au restaurant le plus chic de l’arrondissement ; il se trouvait dans une rue voisine. Elle, avait mis sa plus jolie robe, lui, un costume bien élégant.
Ils avaient deux enfants mais, ce 6 août, ils avaient demandé à une amie de les garder. Elle et son mari avaient passé une agréable soirée. Ils rentraient à pied, un peu alcoolisés par le bon champagne qui avait été servi au restaurant. Ils ne marchaient pas bien droit mais, qu’importe ! Ils étaient heureux et amoureux. Lui, aimait la faire rire aux éclats, alors à ses côtés elle riait, ne se souciait de rien, ça se sentait. Mais les deux malheureux ne se doutaient pas qu’ils étaient suivis par un homme étrange, un homme cagoulé, vêtu de noir. Nous, on le savait, on voyait TOUT de là où nous étions placées. Si on avait pu parler, on les aurait prévenus. On le jure, on les aurait avertis.
Alors il arriva ce qu’il devait arriver. Un coup de feu, un seul avait suffi, en plein coeur de monsieur, l’homme cagoulé s’enfuyait déjà dans l’obscurité de la nuit. Son mari s’écroula à terre, baignant dans son sang. Elle avait compris que c’était fini, il était parti… Le pire était d’annoncer aux enfants qu’ils ne reverraient plus jamais leur père.
Ce soir-là, elle n’avait jamais pu l’oublier. Les enfants étaient grands et indépendants maintenant. Depuis ce jour, elle vivait seule et ne sortait plus. Elle n’avait plus eu d’hommes dans sa vie et n’avait pas déménagé depuis la mort de son mari. Elle lisait à longueur de journée, elle s’asseyait sur sa chaise habituellement à la lueur des vitraux de sa chambre.
Nous le savions ça aussi, car pendant toutes ces années, nous étions à ses pieds.




Les quatre philosophes

13 02 2009

Les quatre philosophes est un tableau de Rubens. Il a été le point de départ du texte de Victor qui a oublié de donner un titre à sa nouvelle.

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La famille T.Blacksmith était très riche et très respectée. Monsieur T.Blacksmith était un vieil homme qui n’avait déjà plus ses cheveux et il était en fin de vie. Il habitait dans une grande maison qui se trouvait dans la rue du Temple à Paris. Il était originaire de Londres mais était venu habiter à Paris avec ses quatre fils parce que l’école pour devenir un vrai philosophe y était meilleure. Maintenant, M.T.Blacksmith vivait tout seul, ses quatres fils étaient tous devenus philosophes mais seuls trois étaient riches. Paul, le dernier de la famille n’avait pas réussi dans la vie et il attendait que son père meure pour qu’il puisse toucher une partie de l’héritage. L’aîné, Albert était marié mais n’avait pas d’enfant, il vivait bien et ne manquait de rien, surtout pas d’argent. Les jumeaux, Alfred et Robert vivaient ensemble et avaient une belle maison. Paul enviait ses frères.
Un jour, Monsieur T.Blacksmith mourut, il avait reçu quatre coups de couteau dans le dos. Bien sûr, tout le monde était persuadé que c’était Paul l’assassin pour qu’il puisse récupérer un peu d’argent mais, Paul avait réussi à prouver que ce n’était pas lui. Une enquête fut ouverte pour savoir qui avait assassiné M.T.BLacksmith,mais il n’y avait aucun indice, il n’y avait pas d’arme, aucun élément suspect et il n’y avait pas de témoin.
L’enquête fut ensuite abandonnée et les quatres frères Blacksmith se retrouvèrent pour partager l’héritage de leur père. Ils étaient dans la pièce de travail de leur défunt père, il y avait son propre buste et une grande table au centre. Albert avait la moitié de l’argent de son père, Alfred avait l’autre moitié, Robert avait sa maison et Paul avait juste son chien. Paul sur un coup de colère fit tomber le buste de son père sur la tête de Robert qui s’évanouit. Paul ne savait plus quoi faire, alors qu’Albert allait dessus, il se fit attaquer au couteau et mourut. Il ne restait plus qu’Alfred qui voulut s’enfuir, mais Paul n’ayant pas d’autre choix que de le tuer lança son couteau dessus, ce qui acheva Alfred sur le coup. La pièce était remplie de sang et de trois corps baignant dedans. Paul mit du sang sur la gueule du chien pour que l’on pense que c’était le chien qui avait déchiqueté les trois frères, il planqua ensuite le couteau et partit chercher de l’aide. Paul prit un air affolé et montra les corps. Les enquêteurs cherchèrent des indices éventuels qui permettraient de pouvoir accuser Paul mais ils ne trouvèrent rien. Ils crurent donc que c’était le chien qui avait fait ça et ils le tuèrent pour qu’il ne recommence pas.

Paul pensait vivre tranquille jusqu’à la fin de ses jours avec la fortune de son père mais il avait oublié un tout petit détail, son frère Robert n’avait pas été achevé et se réveilla à l’hôpital trois semaines plus tard. Au début, il avait perdu la mémoire mais, petit à petit, il la retrouvait. Robert finit par se souvenir de tout et dénonça son frère Paul qui fut pendu pour le meurtre de trois personnes.
Au final, c’est Robert qui eut l’héritage complet de son père et qui vécut tranquille jusqu’à la fin de ses jours.




La sieste

13 02 2009

Le tableau qui a inspiré Marie C. s’intitule La sieste. Il a été peint par Josef Franz Danhauser.

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Instinct animal


- Ouaf ! ça c’est moi, Neskwic, heureux de partir en promenade. Comme vous avez pu le constater, je suis un chien. Pour dire vrai, je n’ai plus toute la vivacité d’un jeune chiot ; mais j’apprécie toujours autant les longues ballades durant lesquelles je peux me dégourdir les pattes. Mes maîtres ne sont plus de toute jeunesse eux non plus. Ils s’appellent Ludwig et Anastasia et ont toujours été bons et gentils avec moi. Cela fait maintenant deux ans que nous avons déménagé. Mes maîtres étant à l’âge de la retraite, ils ont préféré la convivialité du village de Biberwier à l’agitation de Vienne. Nous coulons des jours tranquilles dans ce petit coin de paradis.

Un jour, en faisant notre marche quotidienne, nous avons croisé le postier. C’etait un gentil monsieur, qui ne manquait jamais de me donner une petite caresse amicale. C’était un homme massif, un bon vivant, une des personnalités qui donnaient vie au village. Il salua Anastasia, puis Ludwig et leur raconta les nouvelles du jour : « A ce qu’on m’a raconté, il paraît qu’il y a un jeune gars de la ville qui débarque pour passer un séjour dans notre cambrousse ! Et le pire, c’est qu’il sort de prison ! Il a pas l’air de bonne frequentation, si vous voyez ce que je veux dire… » Il nous salua encore une fois, puis repartit. Anastasia, perplexe, demanda a Ludwig de bien fermer la porte à clé le soir venu. Il s’exécuta avec un haussement d’épaule et la rassura en lui disant qu’avec un chien pareil (il parlait de moi!), ils étaient en sécurité.

Le lendemain, alors qu’ Anastasia ouvrait les volets, Ludwig aperçut un jeune inconnu. Naïf et bon de nature, il sortit à sa rencontre. J’en profitai pour l’accompagner et m’éclipsai discrètement de la maison. Je restai contre ses genoux, n’aimant pas cet intru. Il arborait un air mesquin qu’il déguisait en courtoisie. Ludwig, le trouvant sympathique, l’invita à venir partager notre dîner ce soir-là.

La nuit commençait à tomber lorsqu’il frappa à la porte. Une fois à table, on apprit qu’il se nommait Adolph. Il était étudiant en médecine, voulait devenir pharmacien et venait se ressourcer à la campagne avant de passer ses examens. Il avait un ton suffisant, et jetait des coups d’oeil au moindre recoin de la piece. Je n’arrivais pas a me détendre. Je montrais les crocs et grondais malgré moi, si bien qu’Anastasia fut obligée de m’enfermer dans le cellier. Les jours suivants, Adolph vint très souvent dans notre demeure, inventant toujours une excuse : prendre le thé, demander conseil sur les endroits à visiter dans la région. Ludwig, voyant que ces visites incessantes fatiguaient Anastasia, pria Adolph de ne plus venir. Celui-ci, vexé, partit.

Un jour où le soleil était haut, nous nous affairions tous les trois dans notre jardin. Toutes les fenêtres étaient ouvertes depuis l’aube pour aérer la maison. Quand nous rentrâmes dans la cuisine, nous étions fatigués et avions besoin de nous désaltérer. Anastasia me servit un bol d’eau provenant du pichet posé sur la table, puis versa également de l’eau pour elle et Ludwig. On ne disait mot (cela m’était d’ailleurs difficile ! ), exténués par notre effort. Anastasia vint rejoindre Ludwig à table et lut un livre de recette de cuisine, en quête d’inspiration pour le dîner. Mais l’attitude de mes chers maîtres était étrange. Leurs gestes étaient plus lents, leurs yeux à demi-clos. Puis, je les vis s’endormir. Je me sentais moi aussi comme happé dans un noir obscur, mon esprit était plongé dans le brouillard. Quand je me réveillai le lendemain, ma tête me faisait mal et ma vision était trouble. Je vis que Ludwig et Anastasia étaient toujours endormis. L’air était très froid. Je remarquai que les fenêtres étaient toujours ouvertes. Tout de suite, je me rendis compte de quelque chose de bien plus grave : les tableaux, l’argenterie dans la commode, la petite horloge en argent, tout avait disparu ! Je m’empressai de réveiller mes maîtres à grands coups de langue. Quand ils s’apercurent que tout ce qui avait de la valeur n’était plus là, ils furent effondrés. Ludwig s’en prit à la pauvre Anastasia, lui reprochant d’avoir laissé les fenêtres ouvertes alors qu’elle lui avait rappelé de fermer la porte à clé. On apprit qu’Adolph était reparti précipitamment, en ne prévenant personne. Nous en déduisîmes que l’eau de la carafe était droguée. Comme les fenêtres étaient ouvertes, Adolph en avait profité pour prendre le pichet et faire son mélange, ce qui lui laissait davantage de temps pour voler ce qu’il avait repéré. Cette attitude choqua l’opinion publique, et tout le village se mobilisa pour apporter le minimum vital à Ludwig et Anastasia. On n’entendit plus jamais parler d’Adolph.




La liseuse à la fenêtre

12 02 2009

Paul a écrit cette nouvelle à partir du tableau de Vermeer, La liseuse à la fenêtre (1er tableau de la page).

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Un mariage arrangé

Chère Sophie,

Tu liras cette lettre devant la fenêtre ouverte de ta chambre, profitant des premiers rayons du soleil. J’imagine que, comme tous les matins, le rideau en velours rouge sera posé sur le ventail de la fenêtre, et la vitre reflètera ton doux et sage visage. Un léger sourire egayera les traits de ton visage auréolé de cheveux blonds vaporeux, tirés en un chignon serré. Comme toujours, sur un épais tapis de laine rouge, négligemment posé sur la table, tu auras accumulé les belles pommes ramassées dans le merveilleux jardin de ton père. Je rêve d’en croquer une à tes côtés.

Malheureusement, ce beau rêve ne pourra jamais se réaliser. Mes parents refusent notre mariage. Ils trouvent ta condition trop modeste. Ils souhaitent que j’épouse une princesse de sang. La date du mariage est déjà fixée à l’été prochain. Tu imagines ma peine quand j’ai appris cette triste nouvelle. Je dois me résoudre à l’épouser même si mon coeur est à toi pour toujours. Je ne sais comment je vivrai sans ta présence à mes côtés. La pièce où tu te tiens maintenant devient pour moi toute grise et le lourd rideau beige qui sépare ta chambre se tire, te cachant à mes yeux. Un immense voile de tristesse obscurcit ma vie quand je pense que je dois te dire adieu et que je ne te reverrai jamais .
Je ne t’oublierai jamais .
Ton fiancé Albert

A ce moment-là un jeune homme blond entra dans la chambre avec vivacité. Il se précipita sur le modèle , l’embrassa et l’enleva . La séance de pose était finie, la lumière avait changé. Le peintre nettoya ses pinceaux, enleva sa blouse. Chevalet , toiles et palette disparurent rapidement . C’était la fin de cette magnifique peinture.




La femme de l’artiste

12 02 2009

D’après le tableau d’August Macke intitulé Femme de l’artiste, voici la nouvelle de Vincent.

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Quelle peur !

Paul était en croisière dans le Pacifique sur un paquebot. Au cours d’une soirée, le navire fit naufrage et Paul se retrouva sur une île.

Cela fait déjà plusieurs jours que je suis arrivé sur ce paradis inconnu des hommes jusqu’à maintenant. Ma vie s’est organisée peu à peu. Je me suis construit un vrai petit campement. J’ai bâti une petite cabane, suffisante pour m’abriter lorsqu’il pleut. Elle est faite de bois ramassé sur le sol, à part le toit qui lui est en feuilles de palmier. Ces feuilles, quand elles sont entassées astucieusement, ne laissent pas passer la pluie et protègent des rayons du soleil. Dès le premier jour, j’ai aperçu des cocotiers et des bananiers. Les fruits provenant des ces arbres m’ont permis de me nourrir. Il y a également une rivière qui me fournit en eau douce.

Aujourd’hui, cela fait cinq jours que je suis sur cette île et la solitude commence à se faire sentir. Pourquoi me suis-je embarqué dans cette galère ? Je n’ai rien fait de la journée, je me sentais trop faible.

Le soir venu, je suis sorti un peu et j’ai entendu un bruit étrange qui provenait de la forêt. Intrigué, je me suis approché, je sentais que le bruit n’était pas loin. Je n’ai pourtant rien vu, il me semblait que j’étais seul. Je dois halluciner à cause du manque de nourriture, de sommeil et surtout de vie sociale. Le bruit se rapprochait de plus en plus et laissait place à des cris. A ce moment-là je ne peux expliquer pourquoi je me suis mis à courir sans savoir où j’allais. Je ne pouvais pas me retourner. Je ne pensais qu’à une seule chose : retrouver ma femme. J’ai alors trébuché sur un rocher et j’ai dû perdre connaissance. Je me suis réveillé dans un lit douillet, mon lit douillet avec mon odeur et celle de ma femme. Lorsque j’ai ouvert les yeux, je l’ai vue. Elle était assise à la table en train de lire un de ses livres comme à son habitude. Elle avait cette air sérieux, l’air qui m’avait séduit auparavant. Elle portait sa veste bleue qui lui allait si bien. Je l’ai embrassé tendrement, rassuré, je me suis assis auprès d’elle et j’ai recommencé à vivre en oubliant ce mauvais rêve.




Portrait de Julia Makovskaya

12 02 2009

Le tableau de Konstantin Makovsky, portrait de Julia Makovskaya, la femme de l’artiste, a permis à Gabriela d’inventer ce récit.

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Le Redoutable

Laissez-moi vous raconter mon histoire, où plutôt son histoire. L’histoire de cette jeune femme malade qui décida alors de mettre fin à ses jours en m’utilisant comme assassin. Hé oui, je suis bien un poignard, plus précisément un stylet mais les gens ne savent pas toujours très bien ce que je suis réellement. Mon but est de produire des blessures très profondes et donc difficiles à guérir grâce à ma lame triangulaire très fine. Dans le château de Chambord, là où j’ai toujours vécu, en compagnie de la grande famille de Ségur, on m’a toujours surnommé  » le redoutable « , car j’ai déjà tué. Mais cette fois-ci, il s’agissait de Marie-Antoinette, celle envers qui j’avais énormément d’estime, celle que j’admirais le plus par sa beauté et sa gentillesse.
Un beau jour de printemps, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les bourgeons éclataient, mais une mauvaise nouvelle allait se propager dans le château. On frappa à la porte. C’était le docteur de famille, Jules Bordet. Posé sur mon socle dans le salon, je réussis à déchiffrer quelques mots à travers ses lèvres quand il s’adressa à la femme dans la cuisine. Il lui annonça le triste résultat des examens. Mr Bordet repartit inquiet pour cette femme car il n’y avait plus aucun espoir pour elle. Marie-Antoinette pleura pendant des heures. J’aurais voulu la réconforter, mais arrêtons de rêver, je tiens à vous rappeler que je ne suis qu’un poignard. Sérieusement, vous la voyez me prendre dans ses bras ? Nous étions seuls à cette heure-là au château, c’est pour cela qu’elle se permit de pleurer toute les larmes de son corps. Elle regagna sa chambre, sûrement pour y écrire cette tragique nouvelle dans son journal intime. Pendant des heures elle y resta cloîtrée.
Il était dix-neuf heures quand son mari rentra enfin de sa partie de chasse. La femme avait les yeux rouges, sa respiration était saccadée. La comte remarqua rapidement qu’elle n’arrivait pas à cacher sa tristesse. Madame de Ségur lui annonça alors la terrible nouvelle. La voix tremblante, elle lui dit qu’elle était atteinte de la tuberculose et que ses jours étaient comptés. Effondré, le comte ne sut que dire et ne sut comment la réconforter. J’étais alors aux premières loges. Elle rajouta qu’elle ne supporterait pas que la maladie l’emporte et qu’elle mettrait fin à ses jours dès le lendemain. Son mari accepta sa décision après avoir tenté de la convaincre de se laisser mourir et de vivre ses derniers mois en sa compagnie. Les domestiques furent mis au courant durant le dîner. L’ambiance dans le château s’était alors refroidie.
Six heures du matin. La femme s’était fait belle pour sa dernière apparition dans le château. Robe de haute couture appartenant à son arrière-grand-mère, décor soigné, assise sur un fauteuil, son journal intime sur les genoux et moi dans sa main gauche prêt à lui transpercer le coeur. Elle n’attendait plus que son mari, partit chercher son vieux matériel de peinture.
 » – Es-tu sûr de ton choix ?
- Finissons-en ! « 
Il commença à la peindre, la mit en valeur puis après de longues heures, la femme lui demanda s’il avait terminé. Il hocha de la tête.

Me voilà planté dans sa poitrine, son pouls ralentit, puis s’arrêta net.




Le pauvre poète

10 02 2009

Carl Spitzweg a imaginé le lieu de vie du Pauvre poète. Nolwenn a inventé son existence.

Vous pouvez lire le texte puis découvrir le tableau après l’avoir imaginé ou, au contraire, observer le tableau (en cliquant sur son titre) et voir ce qu’il devient dans la nouvelle.

TERRIBLES FEUILLES

Quelques jours auparavant, je me trouvais à l’instant même dans la librairie Le Verbe être, celle de M. Vollard. N’ayant plus de papier pour écrire, je m’étais rendu dans son magasin pour m’en procurer. Il devina la raison de ma visite : je suis son plus fidèle client depuis de nombreuses années. Sa boutique se trouve dans le quartier latin à Paris, dans la rue voisine de mon petit appartement. Elle est immense, de nombreux livres ornent la totalité des murs faisant penser à une bibliothèque. Pour atteindre certains d’entre eux, il est nécessaire d’utiliser une échelle de deux mètres environ. Je vis M. Vollard revenir de la réserve avec une certaine déception. Il ne tenait pas la grosse pile de feuilles habituelles. Peut-être n’en avait-il plus ? Comme je venais de le comprendre, ils étaient en rupture de stock et ne recevraient qu’en fin de semaine ma commande, c’est-à-dire dans cinq jours environ. Pour ne pas me décevoir, il me proposa d’autres feuilles de meilleure qualité mais, elles étaient plus chères. Voyant ma déception, il m’offrit une petite remise. Je sortis donc de cette librairie avec un bloc de feuilles de qualité supérieure.
Il était midi, les cloches de Notre-dame de Paris sonnaient. Passant devant la boucherie du quartier latin à l’angle de la rue Thouin et la rue Descartes, je songeai à mon repas simplet. Je me rappelai qu’il y avait toujours des restes de la veille, je n’avais donc pas besoin de passer dans l’épicerie qui bordait la rue des écoles et le quartier ce qui m’arrangeait bien car je n’étais pas très argenté. Enfin arrivé au bas de mon immeuble, dans la même rue que celle de l’épicerie, je me dépêchai de gravir les cinq étages qui me séparaient du rez-de-chaussée à mon domicile, situé au dernier étage. C’était interminablement long. J’étais tout de même heureux d’arriver dans ce petit logement mansardé dont la seule luminosité provenait d’une petite fenêtre située au Nord, qui donnait dans une cour déserte de la rue voisine au quartier latin : la rue Descartes. Je m’empressai d’ouvrir avec grande difficulté ma porte dont la serrure était en mauvais état. L’absence de garde-manger me fit sentir l’odeur de nourriture et me rappela qu’il était temps que je mange. J’allumai le poêle pour réchauffer mon très modeste repas. J’avais de la chance de pouvoir me chauffer avec ce poêle imposant adossé au mur. En attendant, je m’installai sur mon petit matelas posé au sol et préparai une petite table avec le peu de livres posés à mes cotés. Il y en avait une dizaine, tous aussi anciens les uns que les autres. Ils appartenaient à mon père. A ses heures perdues, il avait la même passion que moi : l’écriture. Le repas était enfin prêt. Je mangeai très rapidement afin de me mettre au travail, en début d’après-midi. Quelques minutes plus tard, je fus immédiatement inspiré. J’utilisai les feuilles fraîchement achetées. Mon premier poème de la journée s’écrivit aisément, avec une facilité à couper le souffle, j’en étais surpris. Je la déposai donc sur la pile de poèmes écrits pour mon futur recueil. J’eus la sensation de tenir deux feuilles. Je vis avec stupeur que ce n’était pas une deuxième feuille que je tenais dans la main mais… un billet de 50 francs! Un billet où un portrait de Racine figurait. Je ne comprenais pas, j’observai avec attention le bloc et ne vis rien d’étonnant. Je poursuivis l’écriture de mes œuvres. Une heure plus tard, mon poème était enfin terminé et avec la même hébétude, je découvris un autre billet. Je constatai que je possédais à présent deux billets. Pendant toute l’après-midi, j’écrivis de nombreux poèmes et je commençai à devenir riche : chaque poésie écrite me rapportait un billet de 50 francs. J’eus alors une idée : il fallait absolument me procurer d’autres feuilles identiques. C’était la seule solution pour m’enrichir ! J’enfilai en vitesse ma veste étendue sur le fil à linge, où séchait aussi une petite serviette de bain. J’attrapai mon chapeau melon noir, grisâtre depuis quelques années et sortis par la petite porte d’entrée. Je marchai durant une vingtaine de minutes sans voir le temps s’écouler. Je rentrai avec une petite hésitation dans la librairie de M. Vollard. Il se demanda cette fois-ci la raison de ma visite, cela se lisait sur son visage ridé. Lorsque je lui expliquai que je souhaitais passer une importante commande de feuilles de bonne qualité, il me dévisagea. Je ne lui expliquai rien, et préférai lui reverser la somme directement. Ma livraison arriverait sans doute après-demain m’annonça-t-il.
Enfin de retour dans mon stupide logis, je savourai pour la première fois depuis de nombreuses années un succulent repas. J’étais passé chez le traiteur du quartier pour fêter cette richesse tombée du ciel. Le soir même, je m’endormais sans regretter un seul moment de cette journée. Heureux, j’attendais la prochaine avec impatience.
Je me levai très tôt ce matin-là et ne pris aucun déjeuner ne pouvant avaler quoi que ce soit. Je décidai de me plonger dans l’écriture le plus vite possible. Trois ou quatre heures plus tard, une vingtaine de poèmes, tous sans aucun intérêt par rapport à mon talent venaient d’être composés. J’étais tout de même motivé par l’argent que je gagnais. En début d’après-midi, je dépensai l’ensemble de ma fortune. Tous les commerçants me dévisageaient ; certains osèrent même me demander d’où provenait cette richesse si soudaine. Je restai évasif, préférant ne pas dévoiler mon secret. Je m’achetai de nouveaux vêtements et tout le nécessaire pour vivre convenablement.
Le lendemain, je vécus la même journée, à l’exception d’une seule chose. J’écrivis encore plus de poèmes. Cela m’envahissait la tête, la pensée, l’esprit ; je commençais à être possédé…
Pendant trois ou quatre jours, ma vie se passa convenablement. Plus les jours passaient, plus le tas de billets grandissait. Je ne pensais plus qu’à ma richesse ! Ma tête ne pensait plus qu’à écrire, écrire, écrire…mon esprit venait d’être possédé par un démon. Je ne savais comment m’en libérer. Soudain, une idée me vint à l’esprit : je devais me séparer de tous les biens acquis avec cet argent gagné de façon malsaine ! Je ne voulais tout de même pas quitter le peu de confort obtenu grâce à ces poésies. Malgré cette voix malfaisante en moi, qui me disait de ne pas changer cette nouvelle vie, je me munis, sur un coup de tête, de toutes les feuilles, de tous les billets, de tous autres objets achetés récemment. J’ouvris la porte du poêle verdâtre et jetai à contre cœur l’ensemble. Une petite flamme verte, rouge, jaune, bleue puis enfin noire en provint. Un léger remord me prit alors.
Depuis, je me demande toujours si j’ai fait le bon choix par rapport à la destruction de ces billets. Je vis toujours dans mon miséreux appartement, avec ce poêle qui m’évoque constamment ces souvenirs heureux puis si désastreux.




La lettre d’amour

9 02 2009

Le tableau de Fragonard, La lettre d’amour (2ème tableau de la page), a inspiré Léa St. et Mathias.

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Sans regrets

Jade est une jeune femme de dix-neuf ans. Ses parents sont duc et duchesse de Bourgogne. Leurs fonctions respectives ont volé l’enfance de Jade. Trop occupés, ils ont laissé leur domestique Marguerite élever leur fille. Mais, en fin d’adolescence, Jade se rebelle à tel point que la communication avec ses parents devient difficile. Elle s’ennuie. De plus, la France étant occupée par les Allemands, le couvre-feu l’empêche de sortir. Elle voudrait en finir avec cette vie morne mais quelque chose la retient: Jules. Jules est un jeune résistant appartenant au groupe Liberté. Tandis que ses parents collaborent en bons aristocrates, la jeune demoiselle résiste à sa manière. Elle transmet des denrées alimentaires aux fugitifs…
Afin d’atténuer cette relation conflictuelle qui s’installe entre Jade et ses parents, Louise-Marie et Antoine de Bourgogne décident d’organiser en l’honneur du vingtième anniversaire de Jade, un bal costumé.
Arrive le jour de ses vingt ans. Jade se voit obligée de porter une jupe en taffetas typique du XVII ème siècle, spécialement confectionnée pour la soirée. Ainsi, elle se retrouve en cette période de crise, dans une magnifique demeure de la rue Jean Bart, au milieu de toute l’aristocratie française vêtue de costumes anciens de 250 ans. C’en est trop! De plus Jade n’a pas envie de faire la fête : depuis quelques jours Jules est recherché par la police, il doit se cacher et, de ce fait, ils ne peuvent plus se voir.
Jade s’enfuit dans sa chambre. Elle court au milieu de ce champagne et ces petits-fours, et de toute cette dentelle et ces manches bouffantes. Mademoiselle de Bourgogne décide d’écrire à son bien-aimé. Elle sait pertinemment qu’elle prend des risques pour son avenir comme pour celui de Jules. Mais, elle ne résiste pas à la tentation. Alors elle prend une plume et écrit. Elle a dans ses mains le bouquet de fleurs que Jules lui a offert la dernière fois qu’ils ont pu se voir. Et, sous le regard attentif de sa chienne Sissy, elle déclare à travers une lettre son amour au jeune homme. Elle joint à sa missive quelques tickets de rationnement.
Cette lettre demeure hélas sans réponse. Trois jours plus tard, ce qu’elle craignait arrive. Elle voit la milice arriver chez elle. Antoine est furieux et ne souhaite pas que cette affaire entache sa réputation. Grâce à une grosse somme d’argent, il a la possibilité d’éviter toute poursuite à sa fille. Antoine et Louise-Marie de Bourgogne proposent donc à Jade deux choix. Le premier interdit à Jade de voir Jules mais lui évite la déportation. Quant au second, elle peut choisir d’attendre Jules mais à ce moment-là, ses parents la renieraient et ne l’aideraient point. Le choix paraît évident. Mais, contre toute attente, Jade choisit son bien-aimé. Sans hésiter, elle prépare un balluchon, s’enfuit en courant et rejoint Jules dans sa cavale. La police est à ses trousses.
Ils seront rapidement arrêtés: moins de dix jours plus tard ! Mais, Jade ne regrettera rien. Avant de mourir dans un camp de concentration, elle déclarera à ses parents par le biais d’une lettre, n’avoir aucun regret, avoir fait ce qui lui semblait juste et avoir passé les dix meilleurs jours de sa vie.

Amour anonyme

Nicolas Piroux est un petit noble boiteux de vingt-six ans, relativement riche. Lors d’un bal, organisé par le Grand Seigneur de la région rennaise, il aperçoit Guillemette. Il recherche tout ce qu’il y a à savoir sur elle et il apprend qu’elle attend toujours un mari. Les prétendants ne manquent pas. Elle habite le manoir du domaine de Paimpont, en pleine forêt. Moi, j’habite à Plélan-le-grand, à quelques kilomètres de là.

Nicolas et moi, nous sortons aujourd’hui. Il me balance plutôt violemment, il est très irrité, mais enfin, nous entrons dans une auberge. Il va s’asseoir directement près d’un jeune homme, et me pose par terre. Je me souviens, c’est le courtisan préféré de Guillemette. La conversation devient houleuse et ils doivent sortir. Les deux hommes commencent à se battre et Nicolas me frappe plusieurs fois sur la tête du jeune courtisan. Il perd beaucoup de sang. Nous nous en allons aussi vite que nous le pouvons. Nicolas est recherché pour meurtre.

Moi, sa canne, sa meilleure amie, je me souviens de comment il en est arrivé là. Il est tombé amoureux de Guillemette dès le premier regard : elle était assise à table, elle ne dansait pas et comme toujours elle était accompagnée de son petit chien. Mais, timide comme il est, il n’osa jamais rien lui avouer. Nicolas écrivit plusieurs lettres d’amour qu’il n’envoya pas. Il s’était déjà battu, trois fois, avec d’autres courtisans. Il n’acceptait pas qu’on s’approche de Guillemette alors que, lui, en était incapable. Il allait boire comme un sauvage dès qu’il y pensait…

Aujourd’hui, il a tué un homme, c’est impardonnable. Il rentre chez lui et envoie toutes ses lettres d’amour anonymes à Guillemette et nous nous enfuyons. Nicolas possède une autre maison à quelques heures d’ici. Un jour passe, puis deux… Il a peur, très peur. Mais comment pourrait-elle tomber amoureuse d’un meurtrier maintenant ? Le dixième jour, il ne peut plus supporter cette attente et s’en va au manoir de la famille de Guillemette. Il veut s’expliquer et faire amende honorable. Nicolas me frappe donc contre la porte. Personne, juste le chien qui aboie. Il ouvre la porte le petit animal de compagnie s’enfuit comme un lièvre ! L’amoureux, pensant bien faire, le poursuit. Après un certain temps de course effrénée, le couple homme-chien débarque dans un campement de fortune. Guillemette est là, attachée à un arbre et bâillonnée. Qui a bien pu l’enlever ? Soudain, Ferdinand revient, il était parti chercher du bois pour le feu, c’est l’homme censé avoir été tué par Nicolas ! Je ne sais qui du chien ou de moi-même le blesse en premier. Cette fois-ci, nous prenons garde qu’il ne puisse pas se relever et l’enterrons rapidement. Nous ramenons Guillemette chez elle. Nicolas demande sa main au père de la jeune fille, qui la lui accorde pour l’avoir sauvée. Nous sortons donc acheter un bouquet. Nicolas entre dans la chambre, lui offre le bouquet et est sur le point d’annoncer la bonne nouvelle, quand il s’aperçoit que Guillemette pleure devant un paquet de lettres posé sur ses genoux. C’est alors que Nicolas explique que ce sont les siennes.

A leur mariage, j’étais joliment décorée d’un magnifique pommeau d’argent.




Marie-Adélaïde

8 02 2009

Marie-Adélaïde est un tableau d’Etienne Liotard. C’est le point de départ des nouvelles de Gwenola et Pauline.

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La surprise
C’était un dimanche comme les autres, j’allais voir ma chère et tendre amie Marie-Adelaïde. Elle habitait la rue Bloomsbury, un petit quartier de Londres paisible , fortuné et très populaire. Ce matin-là, je m’habillai en vitesse, pressé de la voir et de savoir si elle avait aimé le livre de Jules Verne L’île mystérieuse que je lui avais prêté, elle qui n’aimait pas les romans à l’eau de rose et veut de l’aventure. Je sortis dans la rue, vers Oxford street d’un pas rapide.

Arrivé près de l’immense quartier de Bloomsbury , je vis de nouvelles constructions et de nouveaux arrivants. l’architecture des maisons était de plus en plu belle, je pensais à ma prochaine peinture avec peut-être en arrière-plan l’une de ces demeures pour représenter les richesses de Londres. Après quelques patés de maisons, j’arrivai. Le porte était ouverte alors j’entrai. Je l’aperçus dans le salon, à moitié allongée sur le canapé et elle lisait le livre que je lui avait prêté d’un air calme et reposé. Elle portait une élégante robe à fleurs et un chapeau avec différents bijoux et une belle plume rouge. Je me fis entendre avec quelques petits coups contre la porte. elle ne prit ni le temps ni la peine de se retourner, elle savait que c’était moi. Elle avait l’air tellement passionné que je n’osai pas la déranger. Elle me dit qu’elle aimait le livre et qu’elle l’avait presque fini.

Brusquement je lui arrachai le livre des mains, déchirai la couverture et le lui tendit. Son visage était choqué , elle eut presque peur en me voyant si déchaîné. Elle ne voulait plus reprendre le livre de mes mains, peut- être par frayeur . Quand elle tendit enfin ses mains, je vis qu’elle tremblait, elle me prit le livre rapidement et le serra contre elle un instant. Je lui fis signe de regarder le livre. Au moment où elle regarda le livre de nouveau, elle resta sans voix, j’avais posé une fausse couverture signée Jules Verne. Sur la vraie, apparaissait la signature Pierre-Louis Blons : c’était son père. Tous ses goûts et sa passion pour l’aventure venaient de lui, cet homme qu’elle avait idolâtré pendant toute ces années. A la fin du livre, il y avait une dédicace : « pour ma fille, pour la faire voyager afin qu’elle ne s’ennuie pas .. « 

Le meurtre dans l’ombre

En ce 17 octobre 1753, Marie-Adélaïde était dans son hôtel parisien, l’hôtel Saint-Louis Bastille dans le 5ème arrondissement. Elle lisait son journal intime à moitié allongée dans le sofa de sa chambre d’hôtel. L’ambiance était calme, on entendait une musique de fond venant de la chambre voisine. Tout à coup, Marie-Adélaïde entendit la porte s’ouvrir, elle avait oublié de s’enfermer à clé comme à son habitude. Elle pensait que ce n’était que le vent, la porte se trouvait dos à Marie-Adélaïde. Elle commença à s’inquiéter car on entendait des bruits bizarres dans le couloir. Elle décida alors de se lever pour aller voir ce qui se passait, mais à peine eut-elle le temps de se lever qu’un homme lui planta un couteau dans le dos. La personne s’enfuit avec le journal intime de Marie-Adélaïde, nul ne savait ce qu’il pouvait bien contenir, elle le laissait toujours dans son coffre-fort qu’elle fermait à double tour.

Deux heures plus tard, sa mère était sur le point d’entrer dans sa chambre, elle ouvrit la porte et découvrit sa fille dans une flaque de sang. Elle courut vers elle, pensant qu’il lui était juste arrivé un accident, mais c’était pire, sa fille venait d’être victime d’un meurtre. Elle s’empressa d’appeler la police qui arriva en urgence dix minutes plus tard. Ils se mirent alors à fouiller la chambre en quête d’un objet ou de quelque chose qui pourrait les aider. Ils trouvèrent la clé de son coffre-fort, ils l’ouvrirent mais il était vide. Sa mère, en pleurs, dit aux policiers qu’elle y rangeait toujours son journal intime. Mme Des Vasceleaux s’empressa d’appeler son mari, mais il ne répondit pas. Le jour suivant, le corps de Marie-Adélaïde fut transféré au cabinet du médecin légiste qui, deux jours plus tard, trouva une empreinte sur la nuque de Marie-Adélaïde, il n’en était pas sûr mais pensait qu’il s’agissait d’une personne de la famille Des Vasceleaux. Après quelques analyses plus approfondies, le médecin légiste découvrit qu’il s’agissait du frère de Marie-Adélaïde. Quel choc pour Mme Des Vasceleaux ! Les policiers allèrent donc arrêter Julien à son domicile, mais lorsqu’ils frappèrent à la porte personne ne vint ouvrir. Il fallait enfoncer la porte. Ils fouillèrent l’appartement de Julien de fond en comble et trouvèrent bien caché au fond d’un tiroir un couteau plein de sang. C’était sans doute l’arme du crime, le médecin légiste examina donc le couteau. Il s’agissait bien du sang de Marie-Adélaïde mais on ne put arrêter Julien : il était introuvable.

Trois jours plus tard, le père de Marie-Adélaïde fut convoqué par un officier de police pour un interrogatoire. Au bout de quelques heures de torture, Mr Des Vasceleaux avoua tant bien que mal qu’il avait aidé Julien à se cacher. Lorsque Mme Des Vasceleaux apprit cela, elle s’effondra, elle n’aurait jamais pensé que son mari était capable d’une telle cruauté. Enfin, Julien fut retrouvé et accusé du meurtre de sa sœur, il fut condamné à vingt ans de prison et quant à son père, cinq ans d’emprisonnement pour complicité.




L’absolue perfection du crime

7 02 2009

Marin sort de prison avec un plan en tête : voler les caisses du casino dans la nuit du 31 décembre. Pour cela, il rejoint la « famille ». Leurs liens ne sont pas ceux du sang mais ceux de l’honneur et du crime. Il retrouve donc l’oncle, Andrei et le narrateur. Commence alors le décompte jusqu’au jour J.

Le roman est composé de trois parties : les préparatifs, le vol et ses conséquences.

Tanguy Viel reprend tous les éléments d’un film policier : un crime, une famille mafieuse, un casse, une descente de police, une course-poursuite, la mort, la vengeance, un traître.

Il y a également des touches étonnantes et poétiques : une montgolfière, un feu d’artifice, un phare, une robe blanche, un rétroviseur gravé.

J’ai beaucoup aimé ce roman même si les premières pages m’ont un peu déroutée par la longueur des phrases et la psychologie des personnages qui semblent tous complètement désabusés. Néanmoins, on se demande s’ils iront au bout de leur projet, s’ils y parviendront, ce qu’ils deviendront. L’intérêt est aussi de se trouver dans la tête d’un des braqueurs donc, ne vous attendez pas à lire une enquête policière !

Au final, c’est un beau roman qui vous laissera des images inoubliables : on a parfois l’impression de regarder un film noir.




Compartment C Car 293

6 02 2009

Compartment C Car 293 est le titre d’un tableau d’Edward Hopper. Il a inspiré Léa Sc. et Marion.

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Une réalité difficile

Dans la gare d’Oxford, autour de moi, Emily Harper, s’élevait un incroyable « brouhaha ». Mon train en partance pour Londres se fit attendre 20 minutes de plus que prévu suite à des intempéries. Nous sommes début décembre, le premier pour être exacte, une tempête de neige s’est abattue sur la région.

Le train arriva enfin en gare, le stress monte. J’ai toujours eu la phobie des trains suite à l’accident survenu l’année de mes 10 ans, sur les rails entre Oxford et Londres. Lors de ce drame, ma vie s’est écroulée : mes parents y ont trouvé la mort.

Les portes s’ouvrirent mon rythme cardiaque s’accéléra. Quelques personnes descendirent, mon tour vint, je montai dans le wagon, les portes se refermèrent. Une banquette était libre je m’y assis. Je posai la magnifique veste noire, offerte par mes grands-parents lors de mon vingt-septième anniversaire, sur mes genoux. Je sortis de ma sacoche une lettre du « Times ». Dans cette missive, le chef de rédaction me demandait de traiter urgemment un sujet sur Londres et ses légendes. Un dossier était joint à cette lettre. Il comportait toute la documentation nécessaire à la rédaction d’un article. Mais pourquoi dans ce cas-là me demander d’enquêter sur un sujet déjà traité ? Cette question m’occupa l’esprit un certain temps. Mais le paysage qui défilait sous mes yeux eut raison de mes raisonnements… Mes paupières, subitement, se fermèrent et je glissai dans un profond sommeil. Après quelques heures de trajet, le haut-parleur annonça Londres et me tira de mon engourdissement. Un brouillard flottait autour de moi, quand je me rendis compte que mes affaires, éparpillées un peu partout dans le compartiment, gisaient, là, autour de moi. Je me précipitai pour les ramasser lorsque je me sentis observée. Discrètement, je me retournai et vis passer une silhouette tout de noir vêtue. L’inconnu s’étant volatilisé rapidement, je rassemblai mes effets personnels et m’emparai de ma sacoche. Dans un bond, je sautai sur le quai avant que les portes ne se referment. Je m’engouffrai dans la foule quand je réalisai mon oubli : ma veste… Je courus pour atteindre le wagon, mais ralentie par mes escarpins et la foule, je dus me résigner à rebrousser chemin. Le découragement m’envahit. L’épaisse couche de neige qui recouvrait le sol et la fraîcheur ambiante eurent raison de moi. Désespérée, je regagnai avec hâte le hall de gare. Un homme d’une trentaine d’années avec un regard bleu profond m’aborda :
« Excusez-moi, Mademoiselle, puis-je vous aider ?
- Oh, je vous remercie de cette délicatesse, mais ce ne sera pas la peine.
- En êtes-vous sûre ? Vous me paraissez perdue. »
Il avait quelque chose de mystérieux et sa gentillesse me toucha beaucoup. Je finis par accepter son aide.
« Rentrons, vous m’avez l’air gelée » dit-il.
Il m’invita à boire un café, ce qui me fit le plus grand bien. Tout en discutant avec lui, je découvris qu’il s’appelait Arnold, Arnold Johnson, qu’il était détective privé, connaissait Londres comme sa poche et adorait lire le journal sur les bancs de Time Square. Une question me vint à l’esprit – comment allais-je survivre sans manteau par ce froid ? – je la lui posai.
« Ah, très bonne question ! me répondit-il. Je connais une boutique qui devrait vous satisfaire. Nous n’avons qu’à y aller après avoir terminé notre café.
- Excellente idée ! m’exclamai-je. Mais n’avez-vous pas un train à prendre ?
- Oh non ! Ne vous inquiétez pas, j’accompagnais juste mon frère qui était venu me rendre visite pour mon anniversaire !
- Tout s’explique ! » lui répondis-je.
Suite à cette discussion, nous nous levâmes et partîmes faire nos achats.
Le lendemain, parée de ma nouvelle veste, je me dirigeai vers le métro lorsque cette impression d’être observée m’assaillit de nouveau. Ma réaction fut plus vive cette fois, et je me retrouvai nez à nez avec…….
« Arnold ! Oh mon Dieu ! Vous m’avez fait une peur bleue !
-Oh, excusez-moi ! Ce n’était pas dans mon intention.
- Ce n’est rien mais…que faite-vous là ?
- Je croyais vous avoir dit que je n’habitais pas loin de l’hôtel dans lequel vous résidez.
- Ah oui ! J’avais complètement oublié !
- Ce n’est rien. Mais je suis content de tomber sur vous, j’avais omis de vous donner mon adresse complète et mon numéro de téléphone, hier soir, avant de m’en aller. »
Il me tendit une carte de visite à son nom.
« Merci, lui dis-je.
- Je vous en prie. Rien ne me fait plus plaisir et il toujours utile d’avoir une connaissance dans une ville aussi grande. »
Je me sentis rougir. Je dois avouer que cet homme me plaisait de plus en plus.
« Mince, je vais être en retard ! dis-je en regardant ma montre. Au revoir ! »
Je m’éloignais lorsque sa main se posa sur mon épaule.
« Attendez ! Je peux vous emmenez si vous le souhaitez !
- Oh, merci ce serait avec plaisir ! » acceptai-je.
Nous marchâmes côte à côte une bonne dizaine de minutes avant d’atteindre son automobile. A l’intérieur il me demanda avec une pointe d’humour dans la voix : « Je vous conduis où Mademoiselle ?
- Au 1, Virginia Street, s’il vous plaît Monsieur » lui répondis-je sur le même ton.
- Vous ne m’aviez pas dit que vous travailliez pour le « London Times Magazine » !
- Non, je ne le pense pas, cela étant, oui je vous le confirme, que je suis journaliste et que mon rédacteur en chef m’a commandé un article qui a déjà été traité. Cette demande est pour le moins surprenante !
- Ne seriez-vous pas la remplaçante de ce journaliste disparu le mois dernier ? Cette affaire a fait un de ces bruits ! Je ne veux en aucun vous faire peur, mais j’ai été chargé de cette enquête par un de ses proches et il se trouve que le patron n’est pas très clair dans son jeu.
- Merci de m’en informer.
- Désolé de ne pouvoir vous en dire plus mais je suis tenu au secret professionnel. Si vous avez un quelconque problème, contactez-moi.
- Entendu. »
Un silence gêné s’installa entre nous. Il fut le premier à reprendre la parole :
« Nous arrivons, je vous dépose ici, c’est sur votre droite.
- Encore une fois, merci.
- Je vous en prie. Juste une chose avant que vous ne descendiez…ça vous dirait de dîner avec moi ce soir ?
- Oh, euh…oui…volontiers ! dis-je en rougissant
- Très bien, je passe vous prendre ici à 20 heures ?
- Parfait, à ce soir alors ! Bonne journée !
- Vous de même ! Au revoir ! »
Je descendis de la voiture le cœur léger et le sourire aux lèvres. Cette journée s’annonçait plutôt bien. Même mon appréhension avait disparu et je me dirigeai vers mon lieu de travail d’un pas rapide et aérien. Arrivée au premier étage, je frappai à la porte. Un homme d’une cinquantaine d’années, bedonnant, une pipe au coin des lèvres m’ouvrit et m’accueillit par un : « C’est pourquoi ? » d’un ton bourru. Légèrement intimidée, je lui répondis : « Je suis la nouvelle journaliste en charge du dossier Londres et ses légendes.
- Ah ! Bah…entrez ! Je suis vot’ patron, James Singleton. Suivez-moi, je vais vous montrer où est vot’ bureau.
- Je vous suis. »
Arrivés à l’endroit voulu, il me dit :
« Voilà, z’êtes chez vous !
- Merci.
- Une dernière chose, je veux vot’ papier ce soir sur mon bureau ! Sinon ça va pas aller bien pour vous ma p’tite dame ! »
Arnold avait raison, il n’avait pas l’air très net ce type. Bon allez, au boulot ! Je tiens tout de même à ma vie !
Après une longue et fatigante journée de travail sans interruption, je me levai de ma chaise pour aller vers le bureau de ce très cher monsieur. Je jetai un rapide coup d’œil à ma montre et m’aperçus qu’il était huit heures moins dix. Zut, il fallait se dépêcher ! Ce rendez-vous avait été ma seule et unique source de motivation de la journée, j’avais tout intérêt à ne pas le rater. J’accélérai le pas. En face de la porte, je m’apprêtais à frapper lorsqu’un « Entrez ! »retentit avant même que je ne touche la porte. Avait-il donc en plus de ce sale caractère, des dons divinatoires ? Cette pensée me fit sourire. J’avais à peine ouvert qu’une main se plaqua sur ma bouche. Je gémis de surprise. Une autre main m’attrapa fermement les poignets. Je gémis de douleur cette fois-ci et me débattis violemment mais rien n’y fit, j’étais prise au piège ! On me plaça de force sur une chaise et on m’y attacha solidement. Tout espoir de m’en sortir me quitta. Mr Singleton se mit à parler d’un ton malsain : « Ecoutez-moi bien ma p’tite dame ! »
Il continua sur un ton plein de sous-entendus : « Je ne vous veux aucun mal ! Juste les 60 000 livres que vot’père a perdu au jeux. Il me les doit depuis des années mais malheureusement pour lui, il a péri dans un terrible accident, alors c’est naturellement vers vous que je me tourne. Vous avez sûrement dû hériter de sa fortune ! » C’est alors que je compris. Une vague de colère me saisit et je mordis dans les doigts d’un de mes agresseurs, ce qui le fit hurler de douleur !
« Comment avez-vous osé tué mon père ? ! Et ma mère dans tout ça ? ! Elle n’y était pour rien ! Vous n’êtes qu’un lâche ! »
Des larmes roulèrent sur mes joues. Puis un grincement attira l’attention de mes maîtres chanteurs. L’un d’eux sortit. Quelques minutes passèrent, celui-ci ne revint pas. Mr Singleton commença à s’inquiéter et hurla : « Foster, reviens ici tout de suite ! » Pas de réponse. Alors celui-ci se risqua à l’extérieur de son bureau et un bruit sourd retentit. Il s’écrasa à terre et Arnold apparut. Je l’avais complètement oublié ! Il se précipita vers moi : « Vous allez bien ? me demanda-t-il.
- Oui, oui mais comment avez-vous su qu’il se passait quelque chose ici ?
- Ecoutez, j’étais en train de vous attendre dans la voiture et ne vous voyant pas venir, je me suis inquiété ! m’expliqua-t-il en me détachant.
- Attention derrière vous ! »
A peine ai-je eu le temps de prononcer ces mots que Mr Singleton s’abattit sur lui. Arnold s’écroula et le monde autour de moi aussi. Ses yeux inertes fixaient le plafond et le meurtrier, conscient de son erreur, prit ses jambes à son cou. Il n’eut pas le temps d’atteindre la porte d’entrée que des coups de feu fusèrent. Mon sauveur s’enfuit avant même que j’eusse le temps de voir son visage.

Le dernier livre

Un matin d’été , Madame le Perthuis décida d’aller rejoindre sa fille qui se trouvait à Londres.

Gilberte le Perthuis était une femme aisée, qui logeait dans une somptueuse résidence dans la ville de Bloomsbury qui se trouve non loin de Londres. Justement, c’était là qu’elle voulait se rendre ce jour-là. Elle se rendit à la gare pour prendre le train de 9h15, elle attendit son arrivée puis monta à l’intérieur. Quelques minutes passèrent et comme à son habitude Gilberte prit un livre qui se trouvait dans son sac. Dès qu’elle le pouvait elle lisait, c’était sa passion. Les livres et elle ne faisaient qu’un. Elle se plongea dans une lecture silencieuse et profonde. C’est alors que le train s’arrêta brusquement. Gilberte fut troublée dans sa lecture. Une rumeur courait qu’il y avait un terroriste dans le train, son nom serait « Sofiane Zéko », il était déjà connu pour de nombreux vols de livres, surtout des grands ouvrages qui étaient très précieux et qui pouvaient valoir une fortune. Avant, ce jeune homme vivait de ça, jusqu’à ce qu’il se fasse arrêter au bout de dix ans de « métier » dans une librairie connue de Londres. Il purgea une peine de cinq ans et fut finalement relâché avec l’accord du juge qui avait été trop compréhensif … Cette annonce perturba Gilberte car le livre qu’elle tenait entre ses mains était d’une valeur estimée, elle l’avait hérité de sa mère qui lui avait confié que cette œuvre valait beaucoup d’argent. Sa mère était libraire auparavant. Un jour, sa librairie avait pris feu et tous les livres avec, sauf un, celui que Gilberte avait entre ses mains. Cette histoire avait fait le tour de toutes les chaînes télévisés car la librairie Loucard se situait à Londres, en plein centre, et était connue par sa grandeur, son nombre d’exemplaires uniques. Madame Le Perthuis se demanda alors si ce fameux Sofiane Zeko ne voulait pas récupérer cet ouvrage. Ce n’était pas qu’un simple livre, il était vraiment précieux, plus aucun exemplaire n’était sur le marché aujourd’hui. Gilberte décida alors de se faufiler dans un autre compartiment que le sien et de s’enfermer à double tour. Les gens ne paraissaient pas affolés, ils restaient calmes comme si rien ne se passait. Après tout un voleur de livres, pour eux, ce n’était pas grave ou du moins, moins que si ça avait été une affaire de crime ou autre… Pour Gilberte, c’était le pire, car la lecture était toute sa vie. Des voix retentirent dans les trois hauts-parleurs du wagon, Gilberte sursauta, la voix de Monsieur Zéko sortit de l’un d’eux. C’est à cet instant que Gilberte Le Perthuis comprit que c’était à elle qu’il en voulait. Il lui semblait de plus en plus proche, la peur l’envahit, la crainte de perdre son plus bel ouvrage, sa vie en quelque sorte. Sofiane Zeko finit par se rendre dans le compartiment où elle se trouvait, il la menaça d’une arme à feu comme si, pour lui, ce livre lui était indispensable. C’est à ce moment-là que les gendarmes, qui étaient dans le train depuis qu’il s’était arrêté, rentrèrent dans le compartiment où se trouvaient les deux personnes. Ils le prirent sur le fait, et pour la deuxième fois de sa vie, Sofiane Zéko fut emprisonné….




Méthode pour l’oral (3)

5 02 2009

J’aurais peut-être dû commencer par là… Comment se passe la première 1/2 heure, c’est-à-dire votre temps de préparation ?

1) Vous entrez dans la salle et, après avoir dit bonjour, vous donnez votre descriptif ainsi que votre convocation et votre pièce d’identité à l’examinateur (cela veut dire que dans le couloir, quand vous attendez, vous les avez sortis de votre sac et vous les avez en main).

2) Celui-ci vous fera signer une première feuille (fiche de présence) puis une deuxième sur laquelle figurent le texte sur lequel vous êtes interrogé ainsi que la question qu’il vous pose.

3) Si vous ne comprenez pas un mot de la question, n’hésitez pas à le lui demander : il préfèrera cela à une réponse hors-sujet !

4) Il vous demandera ensuite de lui présenter le texte sur lequel vous êtes interrogé afin de vérifier qu’il ne porte aucune indication. Pour ne pas perdre votre temps, préparez un classeur avec une pochette plastique par séquence. Rangez dans chaque pochette les textes dans l’ordre chronologique. Le jour J, vous aurez vos textes en double pour les groupements de texte. Pour les oeuvres intégrales (W, Manon Lescaut, Phèdre), vous aurez les livres en double : il faudra vous arranger entre vous et vous travaillerez directement sur le livre. Vous aurez marqué les extraits par des post-it et numéroté les lignes.

5) Ensuite, vous vous installerez à une table. Interdiction de sortir d’autres feuilles : tout le brouillon que vous pouvez souhaiter vous sera fourni. Sortez vos crayons et vos magnifiques fluos (vous savez que j’ai des actions !) sans oublier votre montre.

6) Immédiatement, avant même de relire le texte, récitez le plan d’étude (Axes et sous-parties) sur une feuille de brouillon. Vérifiez que ce plan correspond à la question posée. Il vous faudra peut-être modifier l’ordre des axes, changer une sous-partie…

7) Ensuite, travaillez sur le texte, mettez de la couleur. Réalisez au brouillon vos tableaux à 3 colonnes : ne complétez que les 2ères, vous improviserez la colonne d’analyse. Dans la colonne citation, mettez des couleurs pour gagner du temps et vous repérez sur le texte quand vous passerez à l’oral. Si les lignes du texte ne sont pas numérotées, faites-le.

8 ) Utilisez une feuille par axe + une feuille pour l’intro et la conclusion. Au total, vous aurez devant vous 3 feuilles quand vous parlerez. N’écrivez que d’un côté et, au besoin, numérotez vos feuilles.

9) Ca y est, la 1/2 heure est déjà passée, l’examinateur vous appelle ! Soufflez un grand coup et venez vous installer devant lui.

A vous de jouer ! N’oubliez pas d’indiquer les lignes de vos citations pour qu’il se repère (et que vous teniez 10 mn), regardez-le de temps en temps.

Quand vous avez fini, inutile de dire « ça y est » ou « j’ai fini ». C’est très énervant et, surtout, si votre conclusion est bien faite, il l’aura compris.

Attention ! Votre téléphone portable sera éteint donc il ne peut vous servir de montre.

Evidemment, les éléments administratifs (convocation, pièce d’identité, signatures, textes en double, travail sur l’oeuvre intégrale) concernent l’oral de fin d’année et non les oraux blancs.




Study

4 02 2009

Alexia et Megan ont écrit ces nouvelles d’après le tableau de Frederic Leighton, Study.

Vous pouvez lire les textes puis découvrir le tableau après l’avoir imaginé ou, au contraire, observer le tableau (en cliquant sur son titre) et voir ce qu’il devient dans les nouvelles.

Le livre du sommeil


Je me rappelle de ce jour, un jour qui commençait comme les autres, tout était normal à commencer par la fraîcheur de la pièce dans laquelle je me trouvais. Je me tenais comme d’habitude au milieu de cette chambre sombre et lugubre de ce vieux château abandonné. Ma place ne bougeait pas. Mes journées étaient rébarbatives et sans intérêt, il ne s’y passait rien absolument. Rien sauf la poussière qui s’accumulait de jour en jour et de plus en plus. Je ne voyais personne de la journée, je n’avais d’ailleurs vu personne depuis des années. Aucune visite inopinée, pas même le bruit d’une mouche qui vole, ni même le bruit d’une voiture au loin. Je ressentais de temps en temps, en hiver, un petit souffle me chatouiller la nuque, un petit vent d’air frais qui passait sous la porte pour venir jusqu’à moi, qui me rafraîchissait. La journée se passait avec la même longueur, et la même lenteur que les précédentes. Aussi monotone, nue, vide et fade. Je ne m’en faisais aucun tracas, car tout cela était habituel. Les deux dernières semaines, elles, étaient un peu plus froides que celles d’avant : le vent s’était levé, la pluie et les feuilles s’étaient mises à tomber. Bref, des heures, des journées, des semaines, des mois, des années aussi monotones les unes que les autres.

Jusqu’à ce matin glacial début janvier. Je voyais à travers la grande fenêtre que le temps était mitigé entre le gris foncé et le blanc. Dehors, la neige tombait à gros flocon, et le vent soufflait fort. Je distinguai, un bruit de porte qui grinçait prés de moi. Je sentais ce froid qui emplissait le château, ce froid qui me glaçait. Puis, tout à coup, j’entendis un claquement de porte. Le son résonna pendant quelques fractions de secondes dans le château. Des bruits de pas s’approchèrent, ils devenaient de plus en plus bruyants mais assez méfiants tout de même. C’était une petite fille d’une dizaines d’années avec les cheveux longs, lisses et roux, elle était bien vêtue telles les filles de la bourgeoisie. Elle entra dans la piéce, puis se déplaça jusqu’a la bibliothèque murale composée d’anciens livres, elle en prit un et le déposa sur moi. Le livre ainsi reposait sur son pupitre, elle s’assit devant moi. puis elle se mit à le lire. Quelques instants plut tard, je vis sa respiration s’accélérer, elle devenait de plus en plus difficile et saccadée, la petite continuait la lecture de son vieux livre, celui-ci degageait une étrange fumée verte qui s’infiltrait par sa bouche et son nez et lui dévorait les poumons. La pièce était remplie de cette fumée toxique, et la chaleur, avait envahi la pièce. Avant que la fumée ne me brouille la vue, je vis la petite se lever. Comme pour essayer de mieux respirer. Mais ce nuage verdâtre m’empêchait de voir quoi que ce soit. Une vingtaines de minutes plus tard la fumée avait disparu de la chambre, la pièce reprit ce froid glacial, et retomba dans l’obscurité. Mais il faisait assez jour pour que je puisse voir cette forme étendue sur le sol, sans ancun mouvement et sans aucune respiration. Un corps sans vie… Celui de cette petite fille, cette enfant qui était maintenant morte. Une enfant qui voulait simplement lire et qui avait fini empoisonnée.

Blanche neige et rouge sang.

Nous sommes en 1904, en Russie. Le sol est recouvert d’un épais manteau de neige, blanc comme les plumes des anges. Il fait froid. Très froid. Heureusement que je suis assise au coin du feu. Mais je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Helena te j’ai douze ans. Et je m’ennuie terriblement en ce jeudi 24 janvier. Je ne peux pas sortir car il fait trop froid. De toute façon, je n’aime pas jouer dehors. C’est si… puéril ! Malgré mon jeune âge, j’ai déjà lu Platon, Tolstoï, Wilde, Voltaire ou encore Kleist. Je suis une littéraire voyez-vous. Et je jouis de l’immense bibliothèque que mon père, le Général Blavatsky, a constitué au fil de ses missions. Mon père, ce héros. Je l’admire. Il est bâti telle une armoire à glace, grand, fort et droit.

Mais je m’égare. Je suis donc en train de lire mon livre favori, un cadeau de mon père pour mes dix ans: un livre merveilleux sur les civilisations. Très instructif. Tandis que je relisais pour la énième fois cet ouvrage, un détail attira mon attention : on passait directement de la page 254 à la page 257. Deux pages étaient collées. Et dire que je n’avais rien remarqué ! Au mileu de mon chapitre préféré, celui sur les différentes ethnies africaines, en plus ! J’entrepris donc de les décoller, très délicatement. Lorsque je réussis, enfin, à les dessouder, je pus voir de quoi cela traitait : un rite mortuaire.

Je commençai à lire ce sujet qui était, ma foi, fort passionnant lorsque ma mère me dit de venir prendre le goûter dans l’aile Ouest du château. Que je vous explique: ma famille, les domestiques et moi-même vivons dans une château avec deux ailes, l’aile Est où se trouvent nos appartements ainsi que la salle de bal et les salons, et l’aile Ouest où se trouvent les cuisines, les écuries et les appartements des domestiques. Je dus donc abandonner mon ouvrage. Puis vinrent l’heure du bain, des leçons de danse -obligatoires pour une jeune bourgeoise- et le souper. Avant de me coucher, je retournai au salon où mon livre m’attendait sagement, posé sur son support de bois richement orné.

Je repris ma lecture lorsque, sournoisement, une voix me chuchota des mots attrayants dans le creux de l’oreille. « Ce serait intéressant, n’est-ce pas, de voir ça en vrai ? » murmurait-elle. Effectivement, pour mon esprit alerte et en quête de connaissances, cette offre était tentante. Lorsque ma mère me signifia l’heure du coucher, je suivis ma nourrice sans rechigner jusqu’à mon lit, où elle me borda. J’avais emmené mon livre avec moi. Puis je sombrai doucement dans les bras de Morphée.

Peu après minuit, la Voix me tira du sommeil. Elle était toujours aussi sifflante et sournoise, tel un serpent malveillant qui me susurrerait des mots à l’oreille. Elle me parlait de ces rites mortuaires africains, comme dans le livre. Je me souviens juste du sol froid de la cuisine sous mes pieds et de la lueur de la lune, qui filtrait au travers des rideaux, sur une lame d’argent.

Je me suis réveillée le lendemain de bonne humeur. La neige avait cessé de tomber durant la nuit. Lorsque je descendis au salon, vêtue d’une chemise de nuit en soie couleur bois de rose et son peignoir assorti brodé couleur vieux rose, et les cheveux ramassés, pour lire un peu, le silence était total. Il faut dire que je suis matinale, il ne devait pas être plus de huit heures. Je repris donc ma lecture là où je l’avais arrêtée la veille. La Voix ne parla pas. Comme personne ne semblait se lever, je décidai de me recoucher.

C’est sur les coups de dix heures que ma nourrice vint me lever. Mais, dans le château, un torrent tumultueux de bruits s’écoulait : des policiers et des enquêteurs, dont certains feuilletaient les livres du salon, notamment le mien. Ils parlaient d’un meurtre horrible, suivant les lignes d’un ancien rite africain, d’une tribu du Congo : les cheveux coupés et brûlés, des inscriptions et dessins tracés dans la chair des victimes et les yeux percés. Un rituel morbide. C’est alors qu’on gros monsieur vint m’expliquer que je ne reverrais plus mes parents. Plus jamais. Dans ma tête, la Voix non plus ne parlerait plus jamais.

Dehors, sur la neige blanche, un petit oiseau était tombé d’une branche, engourdi par le froid. Une auréole rouge encerclait sa tête, posée sur l’épais manteau blanc. Il avait l’auréole et les ailes. Il pouvait enfin devenir un ange.




Règle du « jeu »

4 02 2009

Chaque élève de Seconde III a tiré au sort un tableau mettant en scène un lecteur.

Il s’agissait ensuite d’écrire une nouvelle à partir de cette oeuvre. Il était possible de se mettre dans la peau du lecteur représenté, du peintre, d’un personnage invisible sur la toile, d’un objet…

Le texte produit devait répondre aux exigences de la nouvelle : peu de personnages, une seule action principale, peu de lieu, pas de portrait psychologique précis, une chute… Il pouvait s’agir d’une nouvelle réaliste, fantastique ou policière. Un passage représentatif du tableau devait être souligné dans le texte.

Après plusieurs heures de recherche et d’écriture, tous les élèves ont produit une nouvelle.

Vous pouvez lire les textes puis découvrir le tableau après l’avoir imaginé ou, au contraire, observer le tableau et voir ce qu’il devient dans les nouvelles.

Elèves de Seconde III, vous pouvez laisser vos impressions de lecture en découvrant les textes des autres.




Méthode pour l’oral (2)

3 02 2009

La 2ème partie de l’oral est un entretien c’est-à-dire un dialogue avec l’examinateur.

Elle est évaluée sur 10 pts comme l’explication de texte et dure elle aussi 10 mn.

L’examinateur peut commencer par vous poser une ou deux questions relatives à votre explication de texte s’il veut que vous lui expliquiez plus clairement un point ou si vous avez parlé, par exemple, d’une diérèse et qu’il veut que vous lui en donniez la définition.

Ensuite les questions qui vous seront posées peuvent porter sur :

- des connaissances de cours : en poésie, sur la versification ; pour l’autobiographie, sur sa définition, le pacte, son rôle, les difficultés ; pour les Lumières, sur le mouvement des Lumières, les genres argumentatifs, l’apologue ; pour le roman, sur ses origines, son évolution ; pour les réécritures, sur leur définition, des exemples…

- la problématique de la séquence : elle apparaît sur chaque feuille de votre descriptif sous la forme d’une question. Essayez d’y apporter une réponse en vous appuyant sur les textes étudiés.

- les textes étudiés : on peut vous demander de les comparer, de donner votre préféré…

- la littérature : à quoi sert la poésie ? La littérature est-elle une arme efficace pour défendre une cause ?…

- les travaux personnels (l’anthologie de poésie, le carnet de mise en scène, les fiches de lecture) : expliquez ce qu’il fallait faire, ce que vous avez fait. Qu’est-ce que cela vous a apporté ? les difficultés rencontrées ?

- pour le théâtre : la mise en scène de Chereau. Qu’en avez-vous pensé ? Les innovations ? Qu’apporte la mise en scène au texte lu ?…

- les lectures cursives : qu’en avez-vous pensé ? pouvez-vous résumer l’oeuvre ? (Pour l’instant, vous avez lu : une anthologie de poésie, une autobiographie, une BD autobiographique, Candide).

- Les lectures complémentaires: ce sont celles que vous notez sur les pointillés en bas de chaque feuille de votre descriptif. Qu’en avez-vous pensé ? Quel lien avec la séquence ?

- Les lectures personnelles : que lisez-vous habituellement ? Que faut-il pour qu’une oeuvre vous plaise ? Quel est votre roman préféré ? Conseillez une lecture.

Donc, pour préparer l’entretien, il vous faut :

1) Avoir revu non seulement les textes mais aussi les cours (sur la versification, les Lumières…).

2) Faire un bilan personnel : qu’est-ce que j’ai pensé de ce texte, de cette séquence ?

3) Etablir des comparaisons entre les différents textes étudiés en lecture analytique mais aussi les documents complémentaires. Cela veut dire relire les documents complémentaires dont les références apparaissent sur votre descriptif.

4) Faire réellement les lectures cursives et se préparer à en parler : résumé de l’histoire ? liens avec la séquence ? opinion ?

5) A la fin de l’année, s’interroger sur la séquence qu’on a préférée, qu’on a détestée ; pourquoi ? Savoir situer dans le temps les différents auteurs figurant sur le descriptif.

IMPORTANT : Justifier vos réponses. Ne dites pas « j’ai aimé L’Ecume des jours » mais, « j’ai aimé L’Ecume des jours parce que … » Plus vos réponses seront précises et justifiées moins l’examinateur aura le temps de vous poser des questions.

Cet entretien est là pour vous faire gagner des points (surtout si vous avez eu à expliquer un texte hors-liste !) donc donnez le meilleur de vous-même, soyez souriants (c’est un dialogue pas une exécution), développez vos réponses et faites attention au registre de langue que vous employez.




Méthode pour l’oral

2 02 2009

Vous avez 10 mn pour expliquer un texte (de votre liste ou hors-liste pour une oeuvre intégrale). Respectez ces étapes :

INTRODUCTION

1) Introduction générale : N’en profitez pas pour donner toutes les informations que vous avez récupérées sur Internet ou dans une encyclopédie car vous devez être capables de tout expliquer. Donc, ne dites que ce que vous comprenez et maîtrisez, sinon vous vous ferez piéger pendant l’entretien.

2) Situation du texte (quelle oeuvre ?, où dans l’oeuvre ?, que s’est-il passé avant ?).

3) Lecture du texte.

4) Reprise de la question qui vous a été posée.

5) Annonce des titres des axes.

AXE I

1) Petite intro rappelant le titre de l’axe et annonçant les sous-parties.

2) Reprise du titre de A puis, vous vous appuyez sur vos 3 ou 4 outils/citations/analyses. Vous pouvez varier l’ordre (analyse/outil/citation…)

3) Reprise du titre de B puis, vous vous appuyez sur vos 3 ou 4 outils/citations/analyses.

4) Bilan de I (très bref) puis annonce de II.

AXE II

Même chose que l’axe I

CONCLUSION

1) Bilan de I et II (inutile de rappeler les A et B). Vous pouvez une nouvelle fois rappeler la question qui vous a été posée pour montrer que votre plan y répond bien.

2) Elargissement : comparer à un autre texte du groupement, un autre extrait de l’oeuvre. Ne vous contentez pas de nommer ce texte mais, expliquez pourquoi vous pouvez établir des rapprochements ou, au contraire, les opposer.

Attention ! A l’oral, vous devez dire JE.