Pour l’écrit (3)

17 05 2009

Vous ne trouverez pas ici de conseils pour le 3ème sujet qu’est l’écriture d’invention. Vous savez ce que j’en pense.Smiley D_ANGR%7E1.GIF

Revenons un peu sur la dissertation car tous les sujets ne se présentent pas sous la forme d’une citation (voir Pour l’écrit (2)).

Souvent, on vous pose une question.

Prenons un exemple :

Le sujet suivant correspond à l’objet d’étude « la poésie ».

sujet : Pensez-vous que le poète doive s’engager dans son temps et mener les hommes au combat ? Vous exposerez votre conception du rôle du poète et vous appuierez votre développement sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles. (Le corpus comportait 6 poèmes engagés.)

1) Je repère les mots essentiels dans le sujet :

Pensez-vous que le poète doive s’engager dans son temps et mener les hommes au combat ? Vous exposerez votre conception du rôle du poète et vous appuierez votre développement sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles.

2) J’en déduis les problèmes posés par le sujet => On me demande si le rôle du poète est de s’engager dans son époque et s’il ne peut avoir d’autres rôles.

Généralement, quand un sujet se présente sous la forme d’une question, on va d’abord dans le sens de la question (Vous dites au correcteur : « vous avez raison, c’est ça ». Donc ici, oui le poète doit s’engager). Puis, on nuance, on montre que l’on réfléchit par soi-même (ici, le poète peut aussi avoir d’autres fonctions). J’ai bien dit nuancer et non pas dire le contraire (on ne fait pas un axe I « oui » et un axe II « non »).

3) Je cherche des arguments.

Un poète doit s’engager : pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, dénoncer, lutter

Un poète doit aussi créer par le langage, les thèmes, faire rêver, jouer avec le langage.

4) Je fais la liste des textes (ici des poèmes) que je vais pouvoir utiliser. Je commence par indiquer ceux du corpus. Je pense ensuite à ma séquence sur la poésie (il y avait 6 poèmes dont un engagé, celui d’Aragon). Je me rappelle que nous avons travaillé un corpus sur la poésie des objets ( cela peut me servir pour l’axe II). Dans la séquence consacrée aux sirènes, il y a 3 poèmes. J’ai rédigé une anthologie de poésie, j’ai peut-être retenu quelques poèmes.

5) Je bâtis mon plan détaillé au brouillon :

I – Le poète doit s’engager.

A) Donner la parole à ceux qui ne l’ont pas.

  • Hugo, dans « Melancholia« , donne la parole aux enfants exploités.
  • Aragon dans le poème étudié en classe, se fait la voix des résistants.

B) Exprimer une révolte, une lutte.

  • Rimbaud, dans le poème « Le Mal » (voir Pour l’écrit (1)), dénonce la guerre et la religion.
  • La Fontaine

Mais (permet de nuancer le propos)

II – Le poète ne doit pas oublier sa mission artistique.

A) Renouveler des thèmes, des structures.

  • L’ensemble des poètes de la séquence sur les sirènes qui reprennent les personnages d’Homère mais leur ajoute quelque chose, les modifie…
  • Les mêmes thèmes reviennent souvent (amour, mort…) mais les poètes ont des approches différentes, personnelles (pensez à votre anthologie : comparez 2 ou 3 poèmes).

B) Bousculer le quotidien.

  • Francis Ponge qui nous invite à voir ce qui se cache derrière les objets et crée un monde.
  • Les textes que nous avions vus sur la poésie des objets (« Le Buffet » de Rimbaud, « Le Flacon » de Baudelaire, les calligrammes…)
  1. Il faut 2 exemples par sous-partie (pas plus, sinon, vous n’aurez pas le temps de finir !).
  2. Les exemples doivent être détaillés. Racontez brièvement ce qui se passe et expliquez en quoi ils se rattachent à votre argument (= votre idée), S’ils viennent du corpus, vous pouvez faire des citations. Cela correspond aux 3 colonnes du commentaire (outil/citation/analyse). Ici, il n’y a pas d’outil mais, je donne l’exemple/je le détaille/je le rattache à mon idée.
  3. Le plan fonctionne comme pour le commentaire (voir Pour l’écrit (1)), c’est-à-dire que vous pouvez dire je veux montrer que I car A et car B. Ici, cela donne : je veux montrer que le poète doit s’engager car il doit donner la parole à ceux qui ne l’ont pas (A) et car il doit exprimer les luttes de son temps (B).
  4. Servez-vous des textes du corpus !
  5. La dissertation se présente exactement de la même façon que le commentaire. Soignez la présentation (alinéas, ligne, annonce plan…).
  6. Essayez de retravailler les sujets étudiés cette année (un par séquence) et relisez la fiche méthode.

Bon courage !!! Tout ira bien.Smiley a_plain.gif




Pour l’écrit (2)

15 05 2009

La dissertation est le sujet qui est le moins choisi à l’écrit. Vous faites souvent cette tête en le voyant, Smiley crie tombe 4829.gif, et pourtant, c’est un travail qui reste largement à votre portée si vous avez travaillé toute l’année.

Comment travailler le sujet au brouillon?

Prenons cet exemple sur l’objet d’étude « L’argumentation : convaincre, persuader, délibérer ».

Si vous souhaitez consulter le corpus, il est téléchargeable à cette adresse :
www.ac-toulouse.fr/lettres/francais/eaf/Nouvelle%20Cal%E9donie%20S-ES%2006.pdf

sujet : Dans « Taor, Prince de Mangalore », de Tournier, Rizza dit : « La bouche servait de temple vivant [...] à la parole qui se nourrit et à la nourriture qui enseigne, à la vérité qui se mange et se boit, et aux fruits qui fondent en idées, préceptes et évidences…

Dans quelle mesure cette métaphore propose-t-elle une définition de l’apologue et de ses effets ? Vous répondrez dans un développement argumenté qui s’appuiera sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés et sur vos lectures personnelles.

1°) Analyse du sujet : je souligne les mots-clés :

Dans « Taor, Prince de Mangalore », de Tournier, Rizza dit : « La bouche servait de temple vivant [...] à la parole qui se nourrit et à la nourriture qui enseigne, à la vérité qui se mange et se boit, et aux fruits qui fondent en idées, préceptes et évidences

Dans quelle mesure cette métaphore propose-t-elle une définition de l’apologue et de ses effets ? Vous répondrez dans un développement argumenté qui s’appuiera sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés et sur vos lectures personnelles.

En rouge les mots liés au plaisir ; en vert, ceux qui ont trait à l’esprit, à la raison ; en bleu ce que l’on me demande clairement de trouver (1=> une définition , 2 => les effets de l’apologue)

Donc, je dois montrer que la définition de l’apologue comprend la notion de plaisir et celle d’apprentissage, de leçon (« précepte »).

Je me rappelle que l’apologue est un bref récit ayant une portée morale.

2°) Reformulation de la problématique : Quels sont les effets de l’apologue ? plaire ou instruire ?

3°) je fais la liste des apologues que je connais ( pour avoir des exemples):
Candide, « Memnon », ceux du corpus, Matin brun, toutes les fables de La Fontaine, les contes de fées … Le texte de l’annexe me sera utile !

4°) Proposition de plan :

I – L’apologue a pour vocation de plaire

A ) un univers souvent différent
- Candide => L’Eldorado : un lieu extraordinaire
- Combat de nègre et de chiens : « Il y a très longtemps » => formule proche du conte

B) des personnages étonnants
- « Memnon » => un génie apparaît
- Anouilh ou La Fontaine => des inanimés deviennent animés.
- Les contes de fées (exemples multiples)

C) des intrigues avec des rebondissements
- Fables de La Fontaine (prendre un exemple précis).
- Le personnage de La Vieille dans Candide (résumer ses aventures).

II – Mais, ce plaisir instruit.

A) visée morale
- explicite comme dans Les Fables (« la raison du plus fort est toujours la meilleure dans « le loup et l’agneau »).
- implicite chez Koltès où le lecteur doit se montrer plus malin que Horn.

B) une critique du monde environnant
- Candide (critique de l’esclavage avec l’épisode du Nègre de Surinam, critique de l’intolérance religieuse avec le texte étudié en classe).
- Rhinocéros de Ionesco (critique des totalitarismes avec la transformation des hommes en rhinocéros).
- + proche de nous Matin brun (à situer dans le contexte).

C) un regard critique porté sur l’homme :
- Anouilh qui critique ceux qui s’abaissent devant l’ennemi et renient leurs convictions.
- Marivaux dans L’île des esclaves qui propose de construire de nouveaux rapports humains fondés sur plus d’égalité.

  1. J’ai fait 3 sous-parties par axe pour vous donner des idées mais, contentez-vous de deux sous-parties.
  2. Il faut 2 exemples par sous-partie (j’en ai parfois mis 3 pour vous aider).
  3. Les exemples doivent être détaillés. S’ils sont extraits d’une oeuvre, racontez brièvement ce qui se passe et expliquez en quoi ils se rattachent à votre argument (= votre idée). Cela correspond aux 3 colonnes du commentaire (outil/citation/analyse). Ici, il n’y a pas d’outil mais, je donne l’exemple/je le détaille/je le rattache à mon idée.
  4. Le plan fonctionne comme pour le commentaire (voir Pour l’écrit (1)), c’est-à-dire que vous pouvez dire je veux montrer que I car A et car B. Ici, cela donne : je veux montrer que l’apologue a pour vocation de plaire car il propose un univers différent (A) et car il y a des personnages étonnants (B).
  5. Servez-vous des textes du corpus !
  6. Vous trouverez ici des exemples d’apologues très courts. Cela vous demandera un très court temps de lecture mais, vous pourrez ainsi enrichir votre descriptif pour la séquence sur les Lumières et, on ne sait jamais, faire une excellente dissertation !
  7. La dissertation se présente exactement de la même façon que le commentaire. Soignez la présentation (alinéas, ligne, annonce plan…).
  8. Essayez de retravailler les sujets étudiés cette année (un par séquence) et relisez la fiche méthode.

Bon courage ! Smiley number one 45.gif




Corps et âme

14 05 2009

On ne peut pas dire que ce roman débute comme un conte de fées. Nous sommes à New York, en 1940. Claude, un petit garçon de 6 ans vit dans le sous-sol d’un immeuble avec sa mère qui est un peu particulière et, assez peu maternelle. Il est seul pendant des journées entières et passe de longs moments à regarder les jambes des passants par les minuscules fenêtres de l’appartement.

L’ennui et la solitude vont le conduire à s’intéresser à la musique. Au début, c’est juste dans le but de s’occuper et de peupler le silence de ses journées, le vide de sa vie. Mais, voilà, Claude est doué et il trouve dans la musique l’harmonie et l’ordre qui lui manquent au quotidien.

La rencontre de Wesfeld, le propriétaire d’un magasin de musique, va bouleverser son existence.

C’est alors un vrai roman d’apprentissage qui commence. Claude quittera son sous-sol au sens propre et au sens figuré.

Un très beau roman qu’on a dû mal à lâcher ! Si vous aimez la musique, n’hésitez pas.




Pour l’écrit (1)

12 05 2009

Voici quelques conseils pour vous aider à réussir votre commentaire littéraire.

Avant de vous précipiter sur le texte avec vos fluosSmiley fache non non 248932.gif, posez-vous les questions essentielles (toujours les mêmes, quel que soit le texte) :

- Qui parle ?

- De quoi ?

- Qu’en dit-il ?

- Comment ?

Vous poser ces questions vous permettra :

1) de dégager les thèmes importants et donc vos axes de lecture,

2) de ne pas vous éparpiller et de gagner du temps au moment du repérage des figures de style et des CL sur le texte.

Prenons un exemple. Voici un poème de Rimbaud intitulé « Le Mal » :

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…

- Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Qui parle ? Le poète, Rimbaud.

De quoi ?  1) de la guerre / 2) de Dieu

Qu’en dit-il ? 1) elle est terrible, meurtrière, inhumaine, violente / 2) il aime l’argent, il est insensible

Comment ? Là, il vous faut faire vos repérages en fonction de ce que vous avez dégagé à la question précédente. Ainsi, vous allez chercher tout ce qui montre que la guerre est meurtrière (CL, allitérations…) puis, tout ce qui prouve qu’elle est violente, etc… Il restera beaucoup d’éléments dans le texte mais, tant pis ! Vous n’avez que trois heures, il faut donc être efficace.

Une fois que vous avez fait ce travail de repérage sur le texte, essayez de trouvez vos axes. Pour ça, deux choses peuvent vous aider :

1) la question sur le corpus.Elle peut vous donner une orientation pour votre commentaire ou un des axes. Ici, le poème de Rimbaud faisait partie d’un corpus pour lequel on vous demandait quele était l’objectif de chaque auteur. On pouvait répondre en ce qui concerne « Le Mal » que c’était un poème engagé et que l’auteur dénonçait (la guerre et la religion).

2) Vous ne regardez plus votre texte à commenter. Tournez votre feuille. Demandez-vous ce que vous garderiez de ce texte si vous deviez le présenter à un élève de 6ème ou de 5ème. Vous avez le droit de ne garder que 2 ou 3 éléments importants, vous ne pouvez lui parler ni de figure de style ni de champs lexicaux. Exemple : « Ce poème parle : de la guerre et de Dieu ». Soyez le plus clair et le plus précis possible sinon, cet élève ne vous comprendra pas !

Vous avez donc un plan qui se dégage :

I – Un poème qui dénonce la guerre

II – Un poème qui dénonce la religion.

Ne vous contentez pas de titre comme « la guerre » car cela vous bloquerait pour trouver vos sous-parties.

Une fois que vous avez vos axes, tracez vos tableaux à 3 colonnes (outil/citation/analyse). Pour vous aider à dégager des sous-parties, dites :

Je veux montrer que « c’est un poème qui dénonce la guerre » (I)

car A)

car B)

Vous ferez la même chose pour II.

Ici, on pourrait avoir :

I -Un poème qui dénonce la guerre

A) un spectacle violent

B) une guerre inhumaine

J’espère que ces petits conseils vous aideront.

N’oubliez pas de donner les n° de ligne ou de vers de vos citations, de souligner le titre de l’oeuvre quand vous l’évoquer, de mettre le titre du poème entre guillemets. Si vous avez un poème ou un texte de théâtre en vers, pensez à utiliser les outils spécifiques de versification (enjambements, rythmes, rejets…). Le cours sur la versification est donc à relire avant l’écrit.

Soignez la présentation de votre devoir selon la méthode que je vous ai fournie et, tout ira bien !Smiley 20sur20.gif




La part de l’autre

8 05 2009

En 1908, Adolf Hitler est refusé pour la deuxième fois à l’Ecole des beaux-arts de Vienne. Il lui est impossible de se présenter une troisième fois : sa carrière d’artiste s’achève. Commence alors pour lui, l’errance, la quête de soi et d’un destin, la guerre puis la vie politique qu’on lui connaît.

Mais, que se serait-il passé s’il avait été admis ? Que serait-il devenu ? Quels auraient été sa vie, son parcours ?

C’est en partant de cette idée, qu’Eric-Emmanuel Schmitt a écrit ce roman. Il y a donc alternance entre les chapitres : l’un est consacré à Adolf Hitler, le suivant à Adolf H.

A la fin de l’oeuvre, on trouve le journal de l’auteur. Il y retrace ses difficultés, ses émotions, les réactions de son entourage face à l’écriture de ce roman. Il écrit :

« L’erreur que l’on commet avec Hitler vient de ce qu’on le prend pour un individu exceptionnel, un monstre hors norme, un barbare sans équivalent. Or, c’est un être banal. Banal comme le mal. Banal comme toi et moi. Qui sait d’ailleurs si, demain, ce ne sera pas toi ou moi ? Qui peut se croire définitivement à l’abri ? A l’abri d’un raisonnement faux, du simplisme, de l’entêtement ou du mal infligé au nom de ce que l’on croit le bien ? »

La part de l’autre est donc un roman sur la frontière. Frontière entre le bien et le mal, la lucidité et la folie, l’amour et la haine.

On y apprend (ou revoit) de nombreux événements historiques. Le manuscrit a d’ailleurs été revu par des historiens pour éviter toute erreur. On comprend surtout qu’il ne faut pas limiter l’homme à un seul de ses aspects. Eric-Emmanuel Schmitt note : « Réduire Hitler à sa scélératesse, c’est réduire un homme à l’une de ses dimensions. C’est lui faire le procès qu’il fit lui-même aux Juifs. » (p.500). D’ailleurs, c’est parfois l’humanité d’Adolf Hitler qui a dérangé les lecteurs.

Les personnages féminins de l’oeuvre sont très beaux, lumineux. On y trouve Onze-heures-trente, soeur Lucie, Sarah qui, toutes, apportent de la lumière dans ces pages parfois si noires.

Quant à Adolf H., le peintre, il permet de se plonger dans le Paris du Surréalisme et de croiser Max Jacob, André Breton…

Pour l’anecdote, le 26 avril 2009, deux aquarelles d’Adolf Hitler ont été vendues aux enchères. Au journal télévisé, ce jour-là, le journaliste se prenait à rêver : que serait devenu le monde s’il avait été peintre ?