Le héron de Guernica d’Antoine Choplin

14 02 2012

Basilio est un jeune homme plutôt pauvre. Il rend service dans des fermes, loge chez Maria, est amoureux de Célestina. Basilio a surtout une obsession : peindre les hérons qui gîtent dans le marais tout près de Guernica. C’est d’ailleurs là qu’il se trouve lorsque la ville est bombardée. Il vient tout juste de quitter le marché et il essaie de coller au plus près de la réalité dans son dessin : faire en sorte que le héron du papier et celui du marais ne fassent plus qu’un.

Mais comment peindre après ? Une fois que l’on a vu l’horreur, que l’on a perdu ce que l’on aimait, que l’on a touché la mort ?

Comment peindre quand on n’a rien vu ? Basilio ne comprend pas comment Picasso a pu retranscrire sur une toile des événements dont il n’a pas été le témoin direct, lui qui n’a touché l’horreur de Guernica qu’à travers les photos parues dans les journaux.

Ce roman est donc tout à la fois une réflexion sur l’art, sur la vie, sur l’amour. Un roman d’apprentissage également pour le jeune Basilio qui va grandir en quelques instants.

J’ai adoré ce roman qui donne à voir Guernica. Les passages concernant le bombardement font évidemment écho au tableau de Picasso et l’on voit les taureaux, les chevaux, les femmes et les enfants unis dans la même douleur, la même horreur.

J’ai été touchée par Basilio qui ne sait comment dire la perte de l’être aimé mais préfère évoquer une chemise.

Un roman à lire absolument.

Le roman est disponible au CDI.


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Une réponse à “Le héron de Guernica d’Antoine Choplin”

12 04 2012
Doc29 (21:24:20) :

Moi aussi, la lecture de ce livre m’a transportée, à Guernica, bien sûr, aux abords des marais ensanglantés lors des bombardements, mais aussi et surtout aux côtés de Basilio, ce jeune peintre amateur, témoin direct des atrocités guerrières dans la ville ravagée.
Une question m’est venue à l’esprit au vu du mélange de fascination et de perplexité exercées par le célèbre tableau de Picasso sur Basilio et de son extrême timidité par rapport au grand maître : la notoriété est-elle gage absolu de sincérité ? Pour ma part, la sensibilité de Basilio sous la plume de Choplin m’a touchée plus encore que l’œuvre du grand maître.

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