Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Obama promet 300 millions de dollars pour nettoyer les Grands Lacs.

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Bonjour,

Barack Obama promet une enveloppe de 300 millions de dollars pour restaurer le bassin des Grands Lacs. C’est beaucoup moins qu’attendu, crise financière explique. Mais c’est beaucoup mieux que l’effort consenti par ses prédécesseurs, selon l’avis des activistes environnementalistes. (1) Les Grands Lacs, quatrième littoral des Etats-Unis, sont une plaie environnementale. Un gros souci écologique partagé par le Canada.

Les Grands Lacs, un axe de colonisation.

Les Grands Lacs, étalés sur 1200 kilomètres d’Ouest en Est, partagés par huit Etats américains et deux provinces canadiennes, constituent l’une des plus grandes réserves d’eau douce de surface, 18% des ressources mondiales. Le lac Supérieur, le plus vaste, le lac Michigan, le seul assis en territoire américain, le lac Huron et le lac Erié, moins étendus, forment un réseau de mers intérieures reliées entre elles par des voies d’eau. Tous se jettent dans le fleuve Saint Laurent. Ce complexe hydrographique a porté le peuplement, et le développement des deux pays. (2) Les premiers explorateurs et colonisateurs européens ont utilisé ces voies navigables pour pénétrer à l’intérieur du continent. Dès le XIX°, des aménagements facilitent la navigation. Peu à peu, la région s’industrialise, des villes se constituent, l’agriculture se développe, et les forêts originales commencent à disparaître. Aujourd’hui, le dixième de la population des Etats-Unis et le quart de la population canadienne, tous dépendants des lacs pour leur eau potable, habitent  cet espace. Chicago, Detroit, ou Toronto signalent cette concentration humaine. Les industries, métallurgie, papeteries, chimie, automobile, l’ont colonisé. L’agriculture s’y est intensifiée, 7% de la production agricole des Etats-Unis, et 25% de celle du Canada. Si les pionniers, des trappeurs,  n’ont guère malmené cet écosystème, les vagues successives d’immigrants y ont laissé une empreinte durable. (2)(3)

L’ère des rejets.

Dans les années 60, on commence à établir un lien entre la dégradation du système des grands lacs et la colonisation. L’aménagement des terres, l’exploitation des forêts, l’urbanisation ont provoqué l’envasement des cours d’eau et des marais. Les zones portuaires sont des dépotoirs. Les villes et les industries souillent le réseau hydrographique. La prise de conscience des années 60 conduit à une amélioration dans les années 70. La pollution fait une petite pause, quelques espèces d’oiseaux et de poissons réapparaissent. Les Etats-Unis et le Canada s’accordent pour améliorer la qualité de l’eau. Malgré des règlementations plus strictes, le réseau  des Grands Lacs continue d’accumuler les résidus. (3)Après plusieurs décennies de maltraitance, l’écosystème a gardé la mémoire des produits chimiques toxiques, et celle des métaux lourds. D’autres nuisances s’y ajoutent. Les sels de déglaçage, qui servent à déneiger les routes, finissent à l’eau. Les eaux usées de l’agriculture et des villes continuent de s’y déverser. Les lacs offrent encore leurs vastes étendues aux pluies dénaturées par la pollution atmosphérique, principale ennemie du Lac Supérieur. L’invasion d’espèces malvenues, la moule zébrée, ou la carpe asiatique, menace gravement cet écosystème, et ses habitants. Autre source de pollution, une toxine issue d’OGM, très présents dans la région, s’accumulerait dans les sédiments du Saint Laurent.(4)

Accumulations.

Eaux souillées, espèces exotiques, sédiments chargés de toxines, habitats dégradés, algues invasives, les urgences s’accumulent. La carpe asiatique, qui menace d’envahir le Lac Michigan par les voies navigables, avec des conséquences désastreuses pour la chaîne alimentaire et les espèces locales, est l’une des priorités de l’Agence de Protection de l’Environnement ( EPA). La Commission des Grands Lacs, une agence qui représente huit Etats américains riverains et collabore avec les Canadiens, cherche des crédits pour réhabiliter le système des eaux usées, cause majeure de pollution dans les métropoles, Detroit, Cleveland, ou Chicago. L’EPA a déjà reçu plus d’un millier de requêtes, en provenance d’Etats, de communautés indiennes, de villes, d’universités, et d’autres lobbies, qui veulent de l’argent pour développer des projets de restauration. Les dossiers s’accumulent aussi.

M.J.

http://www.youtube.com/watch?v=6LbZz8vyMqw


(1) « Obama seeks $300 million for Great Lakes cleanup”, John Flescher, Seattlepi, 1-02-2010. http://www.seattlepi.com/business/1310ap_mi_budget_great_lakes.html

(2) Carte/ source : « Les grands lacs -Atlas écologique et manuel des ressources ». Rédigé conjointement par :Gouvernement du Canada Toronto (Ontario) et United States Environmental Protection Agency Great Lakes National Program Office -Chicago (Illinois) -3° edition

(3) Grand Lacs, Encyclopédie de l’Agora. http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Grands_Lacs

(4) Wikipedia, d’après un chercheur français, le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada, et l’Institut de recherche en biotechnologie de Montréal.


Publié le 5 février 2010 par marlene dans Non classé

RAMSAR fête ses zones humides.

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Bonjour,

Le 2 février est la Journée mondiale des zones humides. Thème de l’année, « Les zones humides, la biodiversité et les changements climatiques». Ce jour commémore la signature de la Convention RAMSAR, signée en 1971 dans la ville iranienne du même nom, située au bord de la Mer Caspienne. Et chaque année, organismes gouvernementaux, ONG, ou associations de citoyens, en profitent pour rappeler l’importance des zones humides. Une zone humide est une région où l’eau détermine un milieu naturel, faune et flore associées. La Convention de RAMSAR, qui veille à l’équilibre et à l’utilisation rationnelle de ces écosystèmes, en dresse un catalogue plus imagé: « marais et marécages, lacs et cours d’eau, prairies humides et tourbières, oasis, estuaires, deltas et étendues à marée, zones marines proches du rivage, mangroves et récifs coralliens, sans oublier les sites artificiels tels que les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants. ».  Au total, de la toundra aux tropiques, les zones humides couvriraient environ 6% de la surface de la terre. Ces étendues d’eau  rendent de sacrés services aux populations qui vivent à proximité. Elles constituent une source d’eau fraîche. Elles déterminent une vie économique qui mêle pêche, agriculture, production de bois, ou tourisme. Elles portent une mémoire collective, née de la gestion commune d’écosystèmes, aux paysages et aux animaux très particuliers. Beaucoup de zones humides, aménagées et exploitées, ne sont plus des espaces naturels. Et beaucoup de zones humides, colonisées par la ville, l’industrie, les routes, les marinas, dénaturées par la pollution, commencent à ne plus ressembler à grand-chose. La Convention RAMSAR a  établi une liste impressionnante de sites d’intérêt international à préserver, pas moins de 1886, un tour du monde qui part d’Albanie, ordre alphabétique oblige, pour finir en Zambie. Une liste où pays riches, USA, Canada, Japon, Royaume-Uni, France, cotoient les pays pauvres, Ghana, Kenya, Madagascar, Thaïlande, ou Vietnam. A chaque modèle de développement, son processus de dégradation. La Convention, qui visait un réseau international de 2500 zones humides en 2010, devra encore collecter quelques signatures….

M.J

http://www.youtube.com/watch?v=BvEkGj9jrjk


Publié le 2 février 2010 par marlene dans Actualité, Biodiversité, Développement durable, eau
Tags :: journée des zones humides., RAMSAR

Je hais les crapauds.

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Bonjour,

Il est gros, pataud, le dos couvert de pustules, avec les yeux qui lui sortent de la tête, franchement repoussant, néfaste, inutile, il a aussi tendance à s’incruster. Les Australiens, qui tentent de s’en débarrasser depuis des années, ont peut-être trouvé une solution. La Chine.

Crapauds contre hannetons.

En 1935, les hannetons menacent de détruire la canne à sucre, dans le Nord du Queensland. Pour protéger la récolte, le gouvernement australien décide d’importer d’Hawaï une colonie de crapauds buffle, le Bufo marinus. Cane Toad, en Anglais. Ces travailleurs immigrés, employés dans les champs de canne, doivent dévorer les hannetons. Très vite, il apparaît que les amphibiens ne sont pas aptes à remplir leur mission. Ils craignent la lumière. Et surtout, ils ont du mal à décoller du sol pour attraper les insectes, qui eux, volent. Depuis, le crapaud buffle a prospéré sous les tropiques australiens. Il fait aujourd’hui carrière dans la destruction de la faune locale. Il est redoutable. Il dévore tout ce qu’il peut avaler, abeilles, oisillons, grenouilles. Il empoisonne  ceux qui le convoitent, crocodiles, dingos, ou goannas,  leur promettant une mort lente. A la moindre agression, il projette son venin contre son ennemi. S’il atterrit dans les yeux, il peut rendre temporairement aveugle. Dans les territoires du nord de l’Australie, une population estimée à 200 millions de crapauds buffles terrorise son voisinage. (1)

Battes de cricket et clubs de golf.

Pour faire chuter les effectifs, l’association Frog Watch traque le vilain gros crapaud sur ses terres d’accueil. Depuis deux ans, les volontaires de l’organisation auraient réglé leur compte à 40.000 individus. Et quand la prise fait poids, elle devient trophée. Exemple, ce mâle de plus de 20 cm de long, approchant le kilo, attrapé près de Darwin, dans le Territoire Nord, où l’espèce menace des reptiles rares.  En 2005, ABC News rapporte que David Tollner, un représentant du Territoire Nord, a fouillé ses souvenirs d’enfant pour trouver une solution: « Nous les frappions avec des battes de cricket, des clubs de golf, et ainsi de suite. » (2) Les défenseurs des animaux n’ont pas apprécié cet appel à la guerre, qui pouvait dégénérer. Autre solution, en faire des animaux de compagnie, sur le thème: « Puisque vous ne pouvez pas vous en débarrasser, aimez-les ». Un débouché qui a surtout inspiré les réalisateurs de documentaires. (3)

Le marché chinois.

Selon la BBC News, John Burey, industriel dans le Queensland, doit prendre l’avion le mois prochain pour Beijing. Il doit négocier l’exportation de crapauds buffles vers le géant asiatique, et tenter d’ouvrir le marché. En Chine, les produits dérivés de l’amphibien entrent dans la composition de quelques médicaments traditionnels. Les toxines, qui agissent comme stimulant cardiaque et diurétique, permettent aussi de combattre les sinusites et les maux de dents. La peau et Les organes sont encore connus pour leurs grandes qualités thérapeutiques. La viande de crapaud, source de protéines, pourraient intéresser les Chinois, les Australiens bossent le dossier.(1) Et si l’affaire est conclue, il ne restera plus qu’à les attraper. Beurk, je hais les crapauds.

M.J

http://www.youtube.com/watch?v=AInKn68wMDE

(1) “China market sought for cane toad” , Phil Mercer
BBC News, Sydney, http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8480041.stm

(2) “Cane toad clubbing sparks controversy”

ABC News online, 11-0’- 2005. http://www.abc.net.au/news/newsitems/200504/s1342444.htm

(3)”Les crapauds de la canne à sucre” – Cane Toads – Mark Lewis, Film Australia Limited, Arte France – Thema : « Australie : avenir tête en bas. »

http://www.artepro.com/programmes/3414/presentation.htm


Publié le 29 janvier 2010 par marlene dans Australie, Biodiversité
Tags :: Australie, Crapaud Buffle

Ces Européens, descendants d’agriculteurs néolithiques.

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Bonjour,

La plupart des Européens de sexe masculin seraient les descendants d’agriculteurs, venus du Croissant fertile, une région qui va de la côte Est de la Méditerranée au Golfe persique, en passant par les vallées du Tigre et de l”Euphrate. C’est le résultat d’une étude récente produite par l’Université de Leicester, au Royaume-Uni. (1) Cette recherche, qui rappelle l’importance du développement de l’agriculture dans l’histoire humaine, répond à une question qui a longtemps fait débat dans le monde scientifique. Comment l’agriculture, qui commence à se développer il y a environ 10.000 ans, est-elle arrivée en Europe? A-t-elle été apportée par ces pionniers de l’époque néolithique, venus du Proche-Orient ? Ou s’est-elle diffusée en Europe grâce aux échanges d’idées et de techniques ?

Pour obtenir une réponse, les chercheurs britanniques ont tracé le chromosome Y, qui se transmet de père en fils, et plus particulièrement l’haglogroupe R1b1b2, porté par  110 millions de citoyens européens. L’équipe a analysé les chromosomes de 2574 personnes de sexe masculin, établis dans la même région depuis au moins deux générations. La distribution de cet haglogroupe sur le continent révèle une progression Sud-Est / Nord-Ouest. Identifié chez 12% des hommes de Turquie orientale, ce marqueur génétique grimpe à plus de 85% chez les Irlandais. Au total, plus de 80% des chromosomes Y identifiés chez les Européens proviendrait de ces premiers agriculteurs. L’existence de sites néolithiques connus, croisés avec cette « route génétique », cautionnerait l’hypothèse d’une migration en provenance du Proche-Orient, via la Turquie. Les pratiques  agricoles, véhiculées par ce mouvement migratoire, auraient mis 4000 ans à traverser le continent avant d’atteindre les îles britanniques. Cette époque, que l’archéologue australien Gordon Childe appelle la « Révolution Néolithique » , souligne l’importance d’un glissement progressif de l’activité « chasse-cueillette » vers l’agriculture. Cette transition annonce aussi une sécurisation alimentaire des communautés, facteur de sédentarisation progressive. Concernant l’origine de cette migration, Childe évoque une forte croissance démographique dans ces régions du Proche-Orient,  ayant provoqué une crise économique et sociale. Les agriculteurs et leurs troupeaux, en quête de nouvelles terres, auraient commencé à migrer vers l’Ouest. Ces groupes de pionniers auraient progressivement transmis leur mode d’existence aux communautés de « chasseurs-cueilleurs », réparties sur le continent européen. (2) Angle intéressant de cette étude britannique, elle articule les mutations technologiques et culturelles avec l’expansion du chromosome Y.

Patricia Balaresque, l’un des auteurs du rapport, note que la plupart des lignages génétiques maternels semblent provenir des « chasseurs-cueilleurs ». «…Cela suggère que les agriculteurs de sexe masculin ont eu une reproduction plus active que celle des « chasseurs-cueilleurs » pendant cette période de transition… » Autre hypothèse de Patricia Balaresque, il était peut-être plus sexy d’être agriculteur que chasseur. (3)

M.J

(1) Balaresque P, Bowden GR, Adams SM, Leung H-Y, King TE, et al. 2010 A Predominantly Neolithic Origin for European Paternal Lineages. PLoS Biol 8(1): e1000285. doi:10.1371/journal.pbio.1000285 PLoS / article http://www.plosbiology.org/article/info:doi/10.1371/journal.pbio.1000285

(2)(2005) Go West, Early Man: Modeling the Origin and Spread of Early Agriculture. PLoS Biol 3(12): e436. doi:10.1371/journal.pbio.0030436 -November 29, 2005 http://www.plosbiology.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pbio.0030436

(3) “Most European males descend from farmers who migrated from the Near East 10,000 yrs ago.”Washington, Wed, 20 Jan 2010 ANI, New Tracks India. http://newstrackindia.com/newsdetails/144448


Publié le 26 janvier 2010 par marlene dans Actualité, Agriculture., Histoire., Migrations.
Tags :: Agriculture., Européens, génétique, neolithique.

Une déforestation surestimée ? L’exemple de l’Afrique de l’Ouest.

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Bonjour,

Le dernier blog évoquait la déforestation en Afrique. L’Ouest du continent serait particulièrement touché. Les populations, en quête de combustible pour la cuisine, accessible et bon marché, ou de terres agricoles pour se nourrir, n’épargneraient guère l’environnement forestier. Si les méthodes actuelles d’observation permettent de caractériser les formes et le rythme de la disparition des forêts dans la sous – région, deux chercheurs britanniques remettent en question les évaluations antérieures. Une relecture intéressante.

Dans un article qui synthétise une recherche plus documentée en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Libéria, au Ghana, au Togo et au Bénin, James Fairhead et Melissa Leach affirment : «  la thèse que nous soutenons est que les estimations récentes ont considérablement exagéré l’ampleur du déclin des forêts depuis 1900. La surface perdue au cours de cette période atteint vraisemblablement un tiers seulement des chiffres qui circulent actuellement dans les études scientifiques internationales. » Si les estimations de la dernière décennie, servies par de nombreuses  sources d’informations, dont la télédétection, sont fiables,  les évaluations antérieures le seraient moins. Selon James Fairhead et Melissa Leach, l’historique du couvert forestier n’aurait pas été assez fouillé. Nombre d’auteurs seraient partis de suppositions sur la nature et l’étendue de la forêt dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. L’analyse serait encore contrariée par un problème de définition de la forêt, qui peut faire varier l’étendue des surfaces altérées.  Elles peuvent être constituées par un «couvert végétal dominé par des arbres, sans sous- étage d’herbe ou de végétation adventice et n’ayant pas été cultivé récemment», où s’étendre au gré d’une nouvelle définition. Ce qui complique les comparaisons historiques, et fausse l’évolution de la déforestation. D’autre part, il serait probable que ces estimations soient parties de forêts très étendues dans les années 1900-1920, car moins soumises aux pressions des populations agricoles. Ce point de départ, faisant référence à un couvert forestier optimal et exceptionnel,  amplifierait encore l’ampleur du déboisement au cours du siècle. Les chercheurs britanniques, qui ont concentré leur étude sur l’Afrique de l’Ouest, s’inquiètent d’une surévaluation généralisée de la déforestation, estimée avec les mêmes méthodes. Cette lecture erronée de l’utilisation des forêts brouille l’histoire des fluctuations climatiques antérieures, et celle d’une mise en valeur des terres adaptée à ces changements : « En Afrique de l’Ouest en particulier, ceux qui ont soutenu la thèse du déboisement continu et irréversible ont totalement occulté l’expansion considérable de la zone sous forêt qui semble s’être vérifiée au cours des siècles récents. » Cette surestimation de la déforestation déforme les “modèles climatiques régionaux et mondiaux”. Elle interprète encore l’histoire compliquée de la répartition des terres, et celle d’une agriculture traditionnelle qui a valorisé son environnement. Enfin, et surtout, « l’exagération des taux de déboisement ont souvent injustement soutenu des politiques environnementales draconiennes qui appauvrissent encore plus les populations dans une région déjà défavorisée. »

Cet article intitulé « Réexamen de l’étendue de la déforestation en Afrique de l’Ouest au XXe siècle », par J. Fairhead et M. Leach, est paru dans la revue Unasylva, No: 192, 1998   W7126/F. Il est mis en ligne par la FAO http://www.fao.org/docrep/w7126f/w7126f06.htm

M.J


Publié le 21 janvier 2010 par marlene dans Afrique, déforestation
Tags :: Afrique de l'Ouest., déforestation

Déforestation: la FAO relève des percées dans les forêts d’Afrique.

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Bonjour,

La presse africaine titre sur la déforestation du continent. (1) Plus de quatre millions d’hectares de forêts auraient disparu chaque année entre 2000 et 2005, précise la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture qui vient de mettre en ligne son rapport annuel : « Situation des forêts du monde en 2009 ». Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, environ le tiers de la superficie du continent. Au centre, le massif du Bassin du Congo constitue le second poumon de la planète. Partout, la petite agriculture, la multiplication des cultures itinérantes qui grignotent plus souvent des fronts intacts, font  reculer la forêt. Le développement de cultures industrielles, qui a besoin d’espace, pourrait devenir le principal ennemi du couvert forestier. La demande en combustibles, bois et charbon de bois, nourrit encore la déforestation d’un continent en développement, où l’énergie est chère. Le rapport met en relation la forêt et les pressions conjuguées qui se développent sur le continent Africain. La population, en passe de dépasser le milliard. L’urbanisation, dans 10 ans près de la moitié des Africains vivra en ville. Et la pauvreté, aggravée par la démographie, mais soulagée par une agriculture qui gagne sur la forêt. Le rapport prédit qu’en Afrique du Nord, de meilleures conditions d’existence laisseront une chance aux arbres, et favoriseront peut-être le reboisement. En Afrique de l’Est et en Afrique Australe, les densités de populations devraient encore faire reculer la forêt. En Afrique de l’Ouest « la poussée croissante et rapide de la demande de bois de feu en milieu urbain et l’augmentation de la demande de terres agricoles tendront à se traduire par une perte continue du couvert forestier ». (2) Selon l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest, les forêts de la sous- région seraient particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la déforestation aurait avalé 1,2 millions d’hectares par an: « Cette diminution s’est traduite par une fragmentation du couvert, notamment dans la zone humide : passage d’une forêt fermée à une forêt ouverte puis à des espaces boisés. Selon les estimations de la FAO, plus de 10 % des forêts fermées ont été transformées en forêts ouvertes entre 1980 et 2000 et entre 3 et 7 % des forêts fragmentées sont devenues des espaces boisés au cours de cette même période. » (3). En matière de déforestation, s’il est question de superficie, il est aussi question de définition. Prochain blog.

M.J

(1) Afrique: « L’Afrique a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2005 (FAO) », Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) 6 -01-2010, http://fr.allafrica.com/stories/201001070239.html -« Congo-Brazzaville: Des forêts artificielles détruites non loin des villes. »Arsène Séverin, IPS, 8-01-2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001080530.html

(2)”Situation des forêts du monde 2009″-Accès rapport FAO – Format PDF http://www.fao.org/docrep/011/i0350f/i0350f00.HTM

(3) Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les évolutions du milieu : dynamiques foncières. http://www.atlas-ouestafrique.org/spip.php?article159


Publié le 19 janvier 2010 par marlene dans Afrique, déforestation
Tags :: Afrique, déforestation 2009, FAO

Japon: des barrages qui engloutissent l’argent du contribuable.

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Bonjour,

“Les barrages sans eau du Japon absorbent l’argent des impôts”, titrait le Yomiuri Shimbun, un quotidien japonais, dans son édition anglaise du 5 janvier dernier. Deux journalistes, Mikoto Hata and Hitoshi Yoshida commencent leur enquête dans l’île d’ Hokkaido,  à proximité d’une ville nommée Furuno, où s’érige le barrage de Togo, un ouvrage de 48 mètres de haut qui perd ses eaux.  La retenue de Togo, conçue en 1973 pour irriguer les champs et les cultures alentour, entre en service vingt ans plus tard. Elle peut stocker 4,3 millions de m3 d’eau, et  coûte près de 38 milliards de yens, environ 280 millions d’euros, argent du contribuable. (1) Très vite, il apparaît que le barrage fuit. L’eau semble s’échapper par le substrat volcanique qui supporte l’édifice. Les paysans, qui voient leurs impôts s’infiltrer dans la roche pendant que leurs cultures attendent une eau dont ils ont déjà payé l’accès, sont furieux. Pour réparer l’ouvrage, il faudrait 12 milliards de yens supplémentaires, environ 95 millions d’euros, sans compter les 300 millions de yens, un peu plus de deux millions d’euros, engloutis dans l’année pour l’entretien et la maintenance d’une infrastructure qui plombe le paysage. « Le barrage a l’allure d’un immense éléphant blanc qui frustre les riverains et leur vide les poches » rapportent les journalistes, avant de poursuivre une  enquête qui décline  les exemples.

Des barrages à profusion.

Dans les années 50, les barrages commencent à se multiplier sur le réseau hydrographique du Japon. Les ouvrages d’après-guerre, programmés pour protéger les métropoles des inondations, ont d’autres fonctions. D’où leur nom, « barrages à fins multiples ». Ils doivent réguler les fleuves, retenir l’eau destinée aux cultures, approvisionner les villes et les industries,  produire de l’électricité. (2) L’archipel compterait plus de 3000 barrages, dont certains encore en travaux. (3) A en croire le Lonely Planet, la Shimanto-gawa, sur l’île de Shikoku, serait le dernier cours d’eau du Japon à s’écouler librement.  Si l’aménagement des fleuves accompagne l’histoire japonaise, la profusion d’ouvrages hydrauliques, aux conséquences environnementales et humaines imprimées dans le paysage, vallées submergées, détournement des eaux, privatisation de la distribution, ou déstabilisation de l’organisation agraire, a fabriqué une solide opposition. Exemple à Yamba, un ouvrage programmé sur la rivière Agatsuma, au Nord-Est de la plaine du Kanto , l’une des réalisations les plus ambitieuses de ces dernières années.

Yamba, le mégaprojet.

Proposé dans les années  50, prévu pour 2015, le barrage de Yamba, à usage multiples, doit notamment approvisionner en eau potable la ville de Tokyo et six préfectures voisines. Le projet, qui doit noyer 316 hectares, déplacer plus de 400 foyers, perturber le quotidien d’un millier de japonais, engloutir la vieille cité thermale de Kawarayu Onsen, héritage historique et site touristique, provoque la colère des riverains.  On lui reproche encore une assise géologique douteuse, la proximité d’un volcan actif, et l’arrivée, via la rivière Agatsuma, d’éléments acides ennemis du béton, en provenance de sources chaudes situées en aval. On lui reproche surtout son coût, 322 milliards de yens, plus de 2 milliards d’euros. Beaucoup d’argent public pour alimenter en eau potable des citadins qui n’en manquent pas forcément. (4) Les législatives d’aoùt 2009, qui ont porté Yukio Hatoyama au poste de Premier Ministre, ont permis de ranger dans les cartons ce projet présenté comme « le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon ». (5)

L’eau à la source.

Dès l’automne dernier, le Parti démocrate – centre gauche – de Yukio Hatoyama promet d’en finir avec la politique de grands travaux emmenée par un Parti libéral-démocrate – conservateur -, accroché au pouvoir depuis 1955, et soucieux d’une partie de son électorat. Yukio Hatoyama, qui dénonce un gaspillage, annule la construction de dizaines de barrages. Il préfère financer des programmes sociaux. A une autre échelle, Shigeru Kobayashi, historien de la lutte anti-barrage qui a opposé les communautés rurales aux élus japonais, parle lui aussi d’économies: « Le coût de l’eau dépend avant tout du coût du barrage. A Ogawa on boit de l’eau d’ici… On a creusé un puit à côté de la rivière. C’est cette eau qui est bue. Pas besoin de barrage pour çà. Cette eau, de plus, est beaucoup moins chère... »

M.J

(1) Conversions approximatives, destinées à imager la facture du contribuable japonais.

(2) D’après « Atlas du Japon », « Une société face à la post-modernité », Philippe Pelletier, Editions Autrement, Collection Atlas/Monde, 2008, pp22-23
(3)Association of Concerned  Citizens of Yamba Dam Project. http://www.yamba-net.org/eng/

(4) « Japan Election Results: Yamba Dam Project Suspended »by greenz.jp, Tokyo, Japan, 09. 1.09 http://www.treehugger.com/files/2009/09/japan-election-results.php

(5) Yamba, le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon », Christian Pose, http://linked222.free.fr/cp/links/japan/yamba.html


Publié le 13 janvier 2010 par marlene dans Barrages, Japon
Tags :: argent public., Barrages, Japon

Le blogueur, le hacker, et le GIEC.

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Bonjour,

Avec  l’approbation de Vincent, le boss « duwebpedagogique », je me propose d’aller voir au Japon si j’y suis. Et si l’avion s’y pose, probabilité à peu près certaine, je devrais m’y retrouver du 10 décembre au 6 janvier.

Photographie.

Désolée pour Copenhague, l’évènement qui écrase l’actualité, sans vraiment promettre de meilleurs lendemains. J’ai tenté quelques éclairages, collection très incomplète d’une géographie tourmentée, sur fond de réchauffement climatique. Pas toujours facile d’articuler les deux. C’est un blog, c’est court, peu de temps pour fouiller, pour documenter, pour tout vérifier, pour boucler, c’est une course qui contient les limites de l’exercice. Une course pavée d’inconnues, et de probabilités. Il est probable que les effets de la crise climatique se conjuguent avec un contexte géographique et environnemental pré – existant pour modifier les paysages et malmener les gens qui y habitent. Il est  encore probable que le réchauffement accentue une sécheresse endémique en Afrique sahélienne. Ou  réveille celle qui sommeille  depuis toujours sur le continent  australien. Au Bengladesh, il est plus que probable que l’élévation annoncée du niveau de la mer profite d’une géographie côtière accessible pour noyer une grande partie du territoire. En Inde, les inondations sont probablement plus désastreuses si le lit des rivières, supposé réguler l’écoulement des eaux, est chargé de vase ou encombré de détritus. Mais il n’est pas non plus sûr que ces inondations soient absolument liées à un changement de climat. Les incertitudes, le rôle du soleil, le mouvement des océans, les dynamiques crées par El Nino ou La Nina, l’influence des cycles climatiques repérés depuis longtemps, ajoutent un peu plus de confusion à l’exercice. Les limites sont posées. Il reste une photographie, à un moment donné, d’une géographie, ingrate ou sur-exploitée,  offerte à un climat plus incertain. A l’inverse, il est toujours  possible de retenir des clichés positifs, raconter l’histoire de communautés qui composent avec un environnement épargné.

“Sans équivoque”

Il y a quelques jours, j’ai rencontré quelqu’un, profil «BAC + 10 », de la conversation, de la culture, de l’ouverture, et une certaine lecture du réchauffement, «Le CO² probablement, mais le reste c’est de la pollution atmosphérique», OK, d’ailleurs il avait documenté son sujet. En fouillant sur le net, il était tombé sur une histoire de mails interceptés, qui prouveraient que certains scientifiques auraient dissimulé que les températures chutent depuis dix ans. Le « réchauffement » se transformait en « refroidissement ». Notre « sceptique » concluait : « Le réchauffement : un délire de scientifiques pour affoler le monde.» Je n’ai pas bataillé, chacun son avis. Je suis quand même allée interroger le net. L’histoire: des pirates ont pénétré le système informatique de l’université britannique d’East Anglia, l’une des références de la recherche sur le climat. Ces hackers auraient instrumentalisé une longue série de mails échangés entre scientifiques, treize ans de correspondance, bricolé quelques courbes, pour contredire l’idée que les températures augmentent. Pas très élégant pour le GIEC, le groupe d’experts internationaux qui travaille sur le climat, des centaines de scientifiques à une tête, qui cherche, hésite, contredit, évalue, compile. Une tête qui produit sans doute des erreurs, mais pas de contre-vérité. Le GIEC évoque un réchauffement « sans équivoque », « sans précédent » depuis mille ans,  « d’origine humaine ». Si le climat reste une science rebelle, pas de précédent identique, pas d’expérience possible, et pas de perspectives absolues, il y a probablement du souci à se faire. Il y a bien eu d’autres réchauffements dans l’histoire du climat, mais jamais sur une terre peuplée en milliards d’individus, affamés ou en piste pour consommer. Par les temps qui courent, difficile d’éviter la phrase qui tue.

En attendant, je me propose d’aller vérifier dans un avion, ses sièges « éco » et sa contribution CO², si la terre est ronde. En vol, j’ai toujours l’impression que l’appareil  avance à l’horizontale. Mais, j’ai confiance dans le pilote. Lui, sait que la terre est ronde.

M.J


Publié le 8 décembre 2009 par marlene dans Actualité, Climat, Copenhague
Tags :: Copenhague, géographie., GIEC, réchauement

Des villes chinoises trop éloignées de Copenhague.

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Bonjour,

Après le Brésil et l’Inde, troisième « cliché » avant  Copenhague, la Chine, cet autre grand pays émergent, non soumis aux contraintes de réductions de gaz à effet de serre, édictées par le protocole de Kyoto. Tout est parti d’une phrase lue dans un article de Libération,  intitulé   « Chine, l’inflation des milliardaires »: «Récession ou pas, cet enrichissement n’est pas prêt de s’arrêter car le vaste mouvement d’urbanisation de la Chine ne fait que commencer, et c’est cela qui nourrit la croissance» (1). La démographie, la mobilité des populations, le vacarme des chantiers, l’irrationnel,  cette phrase m’a semblé effrayante. Les chiffres confirmaient. De 1980 à 2005, le nombre de citadins a pratiquent doublé en Chine, il pourrait atteindre le milliard d’ici à une vingtaine d’années. (2) Chaque année dix millions de ruraux se laissent porter vers des villes qui gonflent à vue d’oeil. Et chaque année, il faut convertir 20 milliards de m² supplémentaires en logements pour accueillir ces déracinés. (3) Si cette urbanisation est un indicateur de croissance, elle révèle aussi un cancer environnemental. La construction, qui avale quantité d’eau et de ciment, qui confisque des sols à l’agriculture, est une industrie gourmande en énergie. Selon la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), les villes consommeraient plus de 55% de l’énergie nationale, et produiraient une part à peu près équivalente de CO².(4) En Chine, c’est le charbon, grand ami du réchauffement climatique, qui alimente les chantiers et éclaire les logements. Pour la CSUS, qui vient de rendre un rapport sur la « stratégie de développement des éco-cités à faibles émissions », la Chine ne peut pas continuer sur cette voie-là. « Le modèle courant d’extension urbaine arrive à son seuil critique. Il ne répond plus aux nouvelles exigences de l’urbanisme », commente  Wu Yin, vice président du CSUS et universitaire  qui réfléchit à une reconversion du paysage urbain chinois. (4)

“Dessine – moi une cité-modèle.”

En 2005, une délégation chinoise visite Bedzed, une petite communauté urbaine au sud de Londres, engagée sur la voie du « zero energie » et du « no carbone. »Un échantillon remarquable d’ éco – cité. Les Chinois, soucieux de croissance économique mais attentifs au credo environnemental, décident de transposer le modèle. Dongtan, la première grande cité écologique au monde, sera érigée sur l’île de Chongming,  dans l’estuaire du Yangtze,  face à Shangaï, comme pour dissiper l’image d’une métropole clinquante et énergivore. La société britannique de conseil en ingénierie ARUP, qui signe un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la Shangaï Industrial Investment Corporation (SIIC) conduit le projet. La première phase doit coïncider avec l’Exposition universelle de Shangaï, en 2010. Cette cité – vitrine, dopée aux renouvelables, solaire et éolien, devrait atteindre l’autonomie énergétique. Les transports en commun, équipés de piles à hydrogène combustible,  et les véhicules particuliers, comptés et alimentés au biocarburant, devraient encore adoucir un environnement dominé par les espaces verts. Petite touche bio, les potagers aménagés en périphérie. Avant le milieu du siècle, ce nouvel ilôt de 86 km² devrait accueillir un demi-million de personnes. Mais ce projet, symbole d’une conversion à l’écologie urbaine, met du temps à démarrer. La crise financière de 2008, qui ne semble pourtant pas arrêter l’autre urbanisation, quelques histoires de corruption, et le choix d’asseoir Dongtan sur d’anciens marais, fondation incertaine, expliqueraient un  retard qui s’éternise. (4)

http://www.youtube.com/watch?v=wvaCOExhHhE

En attendant les cités – modèles planifiées, moins gourmandes en énergie,  moins agressives pour l’environnement, il y a urgence à loger ces millions de migrants qui fuient la pauvreté des campagnes pour soutenir l’essor économique du pays. Il est question de stabilité sociale. En annonçant  son intention de réduire son « intensité carbonique » de 40 à 45% d’ici à 2020, et par rapport à 2005, Pékin fait déjà un effort.

M.J

(1) « Chine, l’inflation des milliardaires », Philippe Grangereau, Libération, 26-10-2009. http://www.liberation.fr/economie/0101599263-chine-l-inflation-des-milliardaires

(2) “In China, overambition reins in eco-city plans” , Simon Montlake, The Christian Science Monitor, 23-12-2008, http://features.csmonitor.com/environment/2008/12/23/in-china-overambition-reins-in-eco-city-plans

(3) « La Chine dans le processus de Copenhague: la difficile inclusion d’un grand émergent », Blandine Barreau, Johanne Buba, Centre d’analyse stratégique, Département de la recherche, des Technologies, et du Développement  durable, Juin 2009, Complément 2C. http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/BarreauetBubarapportTirole.pdf

(4) « China maps out low carbon eco-city strategy », Ni Yuanjin , China.org.cn, 23-10-2009 -D’après une enquête de la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), octobre 2009.Enquête de 2006, menée sur 287 districts urbains, constitués autour de préfectures. . http://www.china.org.cn/environment/2009-10/23/content_18757609.htm


Publié le 4 décembre 2009 par marlene dans Actualité, Chine, Copenhague, Urbanisation
Tags :: Chine, Copenhague, Dongtan., Urbanisation

L’Inde qui doute, et l’Inde qui promet.

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Bonjour,

Sur le chemin de Copenhague, un petit détour par l’Inde, le pays tropical des extrêmes météos où s’abattent canicules, pluies diluviennes, cyclones, ou sécheresses. En septembre dernier, les régions du West Bengale ont connu inondations, tornades, et coulées de boue, un déluge qui a jeté des milliers de personnes dans la rue. Ces inondations, récurrentes en Inde depuis une vingtaine d’années, sont probablement favorisées par des rivières saturées en vase, improvisées en déchetteries, et par une mauvaise gestion du réseau hydrographique. (1)  En août dernier, une grande partie du pays, privée de 30% des précipitations annuelles, a été touchée par une sécheresse tenace. S’il reste difficile d’accrocher avec certitude ces accidents météorologiques au réchauffement climatique, certains chercheurs indiens poussent le doute un peu plus loin. Un article de la BBC-News donne la parole à ces sceptiques. Le Dr RR Kelkar, directeur général du département indien de météorologie, grand observateur des excès du sous-continent, ses moussons, ses cyclones, temporise: « N’est-il pas trop simpliste d’accuser le réchauffement climatique juste parce que des inondations et des sécheresses récentes ont été plus graves? ». (2) Aux scientifiques de s’attaquer à ces questions climatiques et de découvrir comment elles affecteront l’Inde. « Mais », ajoute-t-il, « un des problèmes est que ces évènements sont parfois convertis en histoires effrayantes. » (2) Le Professeur SK Sinha, spécialiste des technologies de l’eau, accuse l’Occident, et en particulier les Etats-Unis, d’instrumentaliser le débat sur le climat: « Ils font les règles. De fait, ils séduisent même les populations des pays en voie de développement pour justifier ou confirmer leurs projections, sans toujours les fonder avec des données et des arguments valables ». (2)

L’avis des fermiers indiens….

http://www.dailymotion.com/video/xb450u

Les glaciers de l’Himalaya.

En Inde, la fonte des glaciers de l’Himalaya, pourtant révélée par le GIEC – le groupe d’experts internationaux chargés d’étudier l’évolution du climat – fait aussi débat. Une enquête parue le 13 novembre dernier dans le journal Science rapporte la discorde. (3) Dans son rapport 2007, le GIEC note que les glaciers « reculent plus rapidement que partout ailleurs dans le monde et, si cette tendance persiste, beaucoup auront disparu d’ici à 2035, ou peut-être avant si la terre continue de se réchauffer à ce rythme.» Ce n’est pas du tout l’avis du glaciologue Vijay Kumar Raina, auteur d’un rapport, commande du Ministère de l’Environnement indien. Pour lui, les mesures effectuées sur une « poignée » de glaciers, quand l’Inde en compte 10.000 ou plus, ne prouvent pas que l’Himalaya serait en train de fondre sous l’action du réchauffement climatique. Au contraire. En compilant des données recueillies ces dernières années, il montre que beaucoup de glaciers de l’Himalaya sont stables, ou avancent, signe de refroidissement. Et ceux qui reculent, signe de réchauffement, ralentissent leur retraite. Rajinder Kumar Ganjoo, un autre glaciologue indien, vole au secours de son collègue : « Si l’élévation des températures était la vraie cause du retrait des glaciers, alors toute l’étendue glacée qui recouvre l’Himalaya disparaîtrait de manière uniforme. » Des chercheurs américains soutiennent la thèse indienne, un glaciologue canadien temporise : «La surprenante stabilité de certains glaciers peut être un phénomène temporaire. La fonte a pu être ralentie par un été inhabituel, avec un ciel plus nuageux, et la possibilité de neiges probablement plus abondantes. » Un chercheur indien, qui a cartographié plus de 1000 glaciers à l’aide d’images satellites, estime que 1/5° de la couverture glacée de  l’Himalaya indien a disparu depuis les années 60. Jairam Ramesh, le Ministre de l’environnement prône  l’observation: « Nous n’avons pas besoin d’écrire l’épitaphe des glaciers, mais nous avons besoin de concentrer les recherches sur les écosystèmes de l’Himalaya puisque la réalité est incroyablement complexe.» (3) En fouillant un peu la question, la disparition des glaciers de l’Himalaya, phénomène admis dans les milieux scientifiques, reste cependant à documenter.  Pas assez de mesures de terrain, trop de glaciers à étudier.

Concessions indiennes.

Entre la ville de New Delhi, menacée par la montée du niveau de la mer consécutive au réchauffement, et les glaciers de l’Himalaya qui ne fondent pas si vite que ça, l’Inde ne souhaite pas renoncer à une croissance économique, portée par le charbon. Pourtant, en vue de Copenhague, le Premier Ministre Manmohan Singh, vient de concéder des objectifs « ambitieux » – sans les chiffrer – de réduction de gaz à effet de serre. A condition que la contribution indienne s’accompagne d’une répartition équitable des efforts entre les pollueurs.(4) Dans un éditorial publié dans la revue « Nature », l’Indien Rajendra K. Pachauri, à la tête du GIEC, se fait l’écho de perspectives inquiétantes. Si on ne fait rien, l’Inde, emmenée par sa croisance économique, pourrait multiplier ses émissions de GES par trois ou quatre, d’ici à 2030. (5)

M.J

(1) « Les ressources en eau de l’Inde. Disponibilité, utilisation et problèmes »Binayak DAS, -06 / 2009 http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7826.html

(2) India’s global warming fears -« Was this caused by global warming?”, Jill McGivering, BBC, 24-11-2009 http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/1037114.stm

(3) “No Sign Yet of Himalayan Meltdown, Indian Report Finds”, Pallava Bagla , Science, 13-11-2009, Vol. 326. no. 5955, pp. 924 – 925 -DOI: 10.1126/science.326.5955.924, http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/326/5955/924?ijkey=j6WYTxd5PZ8.c&keytype=ref&siteid=sci – Accès payant.

(4) « India ready for emission cuts but with conditions: PM” , The Times Of India, 28-11-2009http://timesofindia.indiatimes.com/india/India-ready-for-emission-cuts-but-with-conditions-PM/articleshow/5278476.cms

(5) « India pushes for common responsibility”, Rajendra K. Pachauri, ? Nature, 461, 22-10-2009http://www.nature.com/nature/journal/v461/n7267/full/4611054a.html


Publié le 1 décembre 2009 par marlene dans Actualité, Climat, Copenhague, Inde
Tags :: Climat, Copenhague, Himalaya., Inde
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