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Les changements climatiques, les sécheresses, et la disparition des zones humides, ces réservoirs d'eau naturels, se combinent pour créer une crise de l'eau planétaire. Des aménagements hydrauliques inadaptés, et une mauvaise gestion de la ressource – lire aussi un gapillage – contribuent largement à cette pénurie d'eau. Ce manque d'eau, que l'on coyait réservé aux pays pauvres, touche de plus en plus de pays riches. Zoom sur l'Australie. Ce continent aride au réseau hydrographique modeste et paresseux, où l'eau a toujours été consommée avec gourmandise, est en train de s'assécher. Le beau désert rouge qui colle à l'image du continent australien semble un bien mauvais présage.
Un continent aride.
L'Australie cumule les records. L'Australie est le plus ancien des continents, le plus isolé, le plus plat, le plus massif, et le plus sec. L'Australie, bordée à l'Ouest et au Sud – Ouest par l'Océan Indien, au Sud par la Mer de Tasman, au Nord par les mers de Timor et d'Arafura, à l'Est par la Mer de Corail et s'ouvre sur l'Océan Pacifique, est une immense île désertique. Située de part et d'autre du tropique du Capricorne, dans une position symétrique à celle du Sahara dans l'hémisphère Nord, l'Australie est un continent aride. Les déserts représentent 70% de la superficie du territoire. C'est à dire un espace où l'évaporation des pluies est supérieure aux précipitations. Dans certaines régions, il peut se passer une année sans qu'il tombe une goutte d'eau. La Tasmanie, la petite île située au Sud du continent, régulièrement arrosée, ou le territoire Nord, soumis à un régime de moussons et fréquemment douché par de violents orages, échappent à cette sécheresse. Pendant ce temps la plupart des vingt millions d'habitants que compte le pays, installée sur les côte Sud -Est, regrette les années de pluie.
Des eaux paresseuses et gaspillées.
Le réseau hydrographique, qui se développe dans les plaines du Centre et de l'Est, n'est pas à l'échelle du continent. De plus, il est paresseux et pollué. La Murray River, et son principal affluent, la Darling River, coulent dans les plaines du Centre-Est. Mais les pentes n'y sont pas assez généreuses pour faciliter l'écoulement de ces fleuves, dans les vastes vallées encombrées d'alluvions. Ajoutons à cela un petit problème de pollution. Les activités humaines dans les bassins versants ont altéré la qualité de l'eau. (Ball et autres, 2001) Les sédiments, les nutriments, les produits chimiques toxiques, et la croissance excessive d'herbes aquatiques ont dégradé nombre d'écosystèmes aquatiques.(Environment Australia, 2001)
Il ne reste plus grand chose de l'immense réserve d'eau souterraine du Grand Bassin artésien, situé au Centre – Est du continent – au Nord Ouest de la Murray et du Darling – qui approvisionnait de vastes territoires environnants. On estime que 2% de ce lac souterrain a été réellement exploité par les Australiens. Le reste a été gaspillé. Depuis longtemps, les Australiens ont multiplié les puits, les barrages, et les canalisations pour capturer cette eau, si rare sur le continent. Ils l'ont aussi dilapidée.(Florence Decamp, Libération, 23 août 2004.)

Des sécheresses qui menacent la production agricole.
Depuis 1998, il pleut moins sur le continent autralien. En 2005, l'Australie a connu l'une des pires sécheresses de son histoire. L'Etat de sécheresse, proclamé dans les métropoles et les zones agricoles, s'est accompagné de restrictions de consommation d'eau. La production agricole du pays est menacée. Le manque de pluies et la sur-exploitation des nappes phréatiques, ont notamment provoqué une salinisation des eaux, néfaste à l'agriculture. L'Ouest de l'Australie – l'Etat de Perth – manque cruellement d'eau, de nombreux agriculteurs sont au bord de la faillite. Près de 46% des exploitations du New South Wales – l'Etat de Sydney -, soit près de la moitié, sont encore touchées par la sécheresse.(OMM, 2006) Parmi les programmes développés par les Autorités, la gestion des eaux de tempête. Elles sont de plus en plus perçues comme une ressource naturelle à capitaliser. (Environment Australia, 2001)
Quand l'Australie redevient une île.
La sécheresse que l'on croyait réservée aux déserts menace les villes, pourtant situées à proximité des côtes, et plus exposées au pluies. Dans les grandes métropoles australiennes, l'eau, devenue rare, est consommée avec parcimonie. (F. Descamp, Libération, 11 septembre 2006) En 2005, le barrage de Warragamba, le plus grand réservoir de la ville de Sydney, ne s'est même pas à moitié rempli. Sydney, "l'une des villes les plus assoiffée de la planète" (WWF, 2006), où la consommation d'eau dépasse le renouvellement de la ressource, est rationnée. Brisbane, Canberra, la capitale, Melbourne, Adalaïde, ou Perth, connaissent les mêmes pénuries. Mais, c'est à Perth, isolée sur la côte Ouest, coincée entre mer et désert, et désséchée depuis les années 70, que la situation est la plus alarmante. Alors Perth s'est rappelée que l'Australie est une île, entourée d'eau. La ville construit une usine qui convertit l'eau de mer en eau douce – une seconde est programée -, au prix de quelques milliers de tonnes de dioxyde de carbone.(F. Decamp, Libération, 23 août 2004; 11 septembre 2006)
Pendant que John Howard…
Et pendant que John Howard, le Premier Ministre australien, explique au monde que " tant que les principaux pollueurs du monde dont les Etats Unis et la Chine ne font pas partie du régime de Kyoto, il est quasiment inutile et en réalité dangereux pour un pays comme l'Australie de signer." (AP, 16 février 2006), je pense à ma copine Hélène. Hélène, qui habite Sydney, imagine de petites solutions pour apprendre à vivre avec une pénurie d'eau qui risque de s'installer. Par exemple, pour laver son raisin, elle le plonge dans une poche contenant un peu d'eau, elle secoue, et hop, c'est propre. Elle place encore un récipient sous la douche en attendant que l'eau chaude arrive, et utilise cette eau froide pour évacuer les toilettes. Quelques gouttes d'eau dans un immense désert rouge…
Pour prolonger ce voyage, je vous propose de lire "Mort d'un lac", d'Arthur Upfield, paru chez 10-18.
Dans l'exploitation du Lac Otway, dans l'outback australien, les hommes tirent parti d'un environnement ingrat. Pendant qu'une mystérieuse disparition continue de hanter cette petite communauté, le lac Otway menace de s'assécher. L'Inspecteur Napoléon Bonaparte, engagé comme éleveur de chevaux pour rendre plus discrète son enquête, va tenter de résoudre cette énigme.
Ceux qui souhaitent découvrir, et sentir, l'Australie peuvent suivre l'Inspecteur Bonaparte, alias Bony, au fil de ses enquêtes. Bony, mi blanc, mi aborigène, lit le langage du désert, don hérité de ses ancêtres maternels. Grâce à ce don, il élucide crimes et disparitions. Entre géographie et ethnologie, Arthur Upfield nous fait voyager au quatre coins de l'Australie. L'impression d'y être!
M.J.
Publié le 18 septembre 2006 par marlene dans
Comprendre