Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Biocarburant: dernière.

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Bonjour,

Le Mondial de l'Automobile ouvre ses portes à Paris. La télé, la radio, les journaux, tout le monde parle du biocarburant. C'est l'occasion de faire un dernier point sur le carburant biologique.

Mondial de l'Automobile: une vedette "écolo" 

L'une des vedettes du salon s'appelle la "Prius" de Toyota, modèle hybride. C'est pas forcemment de la pub, juste une voiture adaptée à son époque, une voiture propre. Les ventes des modèles hybride de la "Prius" se sont envolés, notamment aux Etats Unis. A l'horizon, 2009, Toyota devrait d'ailleurs y installer une usine. Production prévue: 200.000 voitures hybrides par an. (Libération, 28 septembre 2006) Et pour contrebancer "l'effet pub", c'est  Volkswagen qui a lancé le premier modèle bicarburant (ethanol – essence ) sur le marché brésilien. Mais dans ce contexte de réchauffement climatique et de flambée des cours du pétrole, le biocarburant  tient aussi la vedette du Mondial de l'Automobile.

Le modèle brésilien.  

Pendant ce temps, le Brésil sourit. Trente ans de recherche sur les biocarburants, culture de la canne à sucre, amélioration des rendements, réduction des coûts de production, récente conversion du parc automobile, ont fait du Brésil un leader en matière de biocarburant. Grâce à l'éthanol, le Brésil est en passe de réaliser son rêve "d'autosuffisance énergétique". Même si la prospection pétrolière n'y est pas tout à fait étrangère. Autre sujet de contentement, les exportations. En 2006, les exportations d'énergie devraient égaler les importations, encore merci à l'éthanol.  Et grâce à cette politique énergétique, le Brésil est en train de devenir un "modèle" pour les Etats Unis.  D'ailleurs, George Bush commence à s'intéresser à l'éthanol, substitut potentiel du pétrole. Mais, selon une étude récente, les producteurs de céréales américains ne pourraient satisfaire que 12% de la demande d'essence. Alors, les Etats Unis commencent à regarder vers le Brésil, producteur d'éthanol.(Washington Post, Courrier International, 27 septembre 2006)

L'envers du succès.

Cette année, le Brésil a manqué de canne à sucre pour approvisionner son marché de bioethanol. Et dans un pays où les voitures fonctionnent avec les deux types de carburant – bio et issu du pétrole -, le gouvernement a dû réduire de 5% la part d'éthanol versée dans les réservoirs, en complément du carburant classique. Elle est passée de 25% à 20%. Autre signe de cette "crise", la canne à sucre à dû être ramassée en mars au lieu d'avril, soit un mois avant maturité. Face à cette pénurie, une cinquantaine de nouveaux sites de production de canne à sucre devraient s'ajouter aux 340 existants. (The washington Post, d'après Courrier International, 27 septembre 2006) L'équation est simple: cette "pénurie", qui signale les limites de la ressouce, annonce aussi la conquête de nouvelles terres, et des déboisements.

Cultures assoiffées, dégradation des sols, pollution des eaux, conversion de terres agricoles, déboisement, tout le monde s'accorde à dire que le biocarburant pèse sur l'environnement. L'examen environnemental n'est pas facile. Manque de recul, intérêts économiques? Les constructeurs automobile l'ont  bien compris, le biocarburant, c'est un aussi marché. 

M.J 


Publié le 28 septembre 2006 par marlene dans Comprendre

Biocarburant: quelques nuages à l’horizon.

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Bonjour,

L'horizon ouvert par les biocarburants était vert et prometteur. Si les biocarburants, également qualifiés "d'or vert", ouvrent de formidables perspectives écologiques, leur filière reste à améliorer. Quelques nuages se dessinent dans l'horizon offert par le carburant vert. Certains s'accrochent à la rubrique "écologie". 

Le biocarburant vu par des spécialistes. 

D'abord une précision sur les carburants verts. Le biodiesel est destiné aux moteurs diesel. Il est produit grâce à des oléagineux: colza, tournesol, soja, palme. Le bioethanol, le carburant des moteurs à essence, est obtenu grâce à la fermentation du sucre (betterave et canne à sucre ), ou provient de l'amidon des céréales (blé, maïs). L'IFP ( l'Institut  Français pour le pétrole) vous propose un petit développement accessible sur le sujet. L'IFP évoque notamment les perspectives liées au développement du biocarburant. Il fait encore le point sur l'état actuel des recherches. 

L'équation "côuts – bénéfices": l'exemple français. 

Côté rentabilité, la réponse hésite :"Oui, mais", "non", "peut – être.." Globalement, le bilan énergétique des biocarburants est positif. En effet, les biocarburants fournissent plus "d'équivalent pétrole" qu'il n'en utilisent tout au long de la chaine de fabrication, nous dit l'INRA. En allant sur le site, l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) vous le dira lui même. L'INRA qui ajoute, "produire des biocarburants côute cher". Et qu'ils ne sont rentables que si le pétrole est cher, c'est à dire entre 70 et 80 US $ le baril. Avec un baril à 60 ou 65 us$, ça ne marche pas car la production du biocarburant comprend le coût de la culture, le coût des collectes, et le coût de la transformation. Les recettes générées par les sous- produits, comme les tourteaux de colza, n'y changent pas grand chose. En conclusion, l'équation "côut – benefices" de la filière, équation complexe qui prend en compte les dépenses de l'Etat, ou les revenus des agriculteurs, révèle qu'avec un baril de pétrole à 65 us $, le résultat est proche de zéro. Si l'on tient compte des économies de CO², qui se monnaient 20 Euro la tonne sur le marché, l'équation redevient légèrement favorable aux biocarburants. Je vous invite à aller calculer tout ça avec l'INRA. Mais attention, eux parlent de la filière ( de la production agricole à la production de biocarburant), et raisonnent dans un contexte français.

Brésil: un bilan plutôt positif.  

Pour nuancer, l'exemple du Brésil montre que la canne à sucre est de loin la matière première la plus rentable. La transformation de canne à sucre en éthanol produit 8,3 fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme. En comparaison, la conversion du maïs ne permet de produire  qu'1,3 fois l'équivalent de sa consommation d'énergie. Au Brésil, cette équation favorable à la canne à sucre s'explique par des rendements élevés, et par l'absence de combustible fossile pour la convertir en bioethanol. Ce qui n'est pas le cas du maïs. Au Brésil, la perspective de canne à sucre biologiquement modifiée, résistante aux pesticides, aux parasites, et à la sécheresse, pourrait encore améliorer les rendements.(Larry Rohter, The New York Times, pour Courrier International, 27 avril 2006)

Le biocarburant, concurrent de l'agriculture.  

Autre problème lié aux biocarburants, la concurence potentielle avec l'agriculture. Retour au Brésil, en 1989, alors que les prix du sucre se mettent à flamber. Les industriels de la filière bioethanol, attirés par les devises, préfèrent alors offfir leur production à la filière "sucre". Les automobilistes et les constructeurs orientés vers la voiture "bio", sont laissés sur le carreau, ou presque. Il  faut attendre 2003, et le moteur hybride, celui qui accepte les deux types de carburant, pour que la confiance revienne dans le pays. (TNYT, Courrier International, 27 avril 2006) Mais l'INRA, qui envisage le contexte français, dit qu'il serait plus rentable pour les agriculteurs français d'utiliser les jachères pour faire des cultures énergétiques, blé ou colza, plutôt que de convertir des terres agricoles. L'aide publique aux cultures énergétiques ne compenserait pas les pertes de revenus liées à cette conversion. Reste un problème mondial, les producteurs de produits voués au biocarburant ne manqueront pas de convoiter des espaces réservés à la production agricole.

Quand une solution écologique menace l'écologie.  

Ces productions qui convoitent l'espace agricole, empiètent déjà sur les forêts. En Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est, l'extension de surfaces dédiées à la production de biocarburants pourrait contribuer à la déforestation. Le WWF ( le Fonds Mondial pour la Nature) révèle qu'à Bornéo, en Indonésie, une plantation de palmiers à huile risquait de s'étendre dans la forêt tropicale. Au Brésil, la canne à sucre grignote déjà la forêt amazonienne. Conséquence, ces forêts qui participent à la réduction de l'effet de serre sont menacées. D'ailleurs d'autres écosystèmes sont menacés par ces cultures, pas toujours très respectueuses de la biodiversité. (Gaëlle Dupont, Le Monde, 10 décembre 2005) Au Brésil, la culture de la canne à sucre s'est déjà installée sur des superficies réservées aux pâturages, ce qui pourrait inciter les éleveurs à faire paître leur bétail dans la forêt amazonienne. La perspective d'une déforestation se précise. (THYT, Courrier International, 27 avril 2006)

Et en plus,au Brésil, on nous dit que l'essor de la canne à sucre a aggravé les conditions de travail des coupeurs de canne…

 
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Bornéo: quelques hectares de forêt tropicale pour le biocarburant… 

Tableau nuancé, la fillière du carburant bio, qui colle au contexte de chaque pays, est encore en formulation. La rentabilité du carburant écologique reste liée au cours du pétrole, et à ses intérêts. Par exemple, les Etats Unis taxent le bioethanol importé du Brésil. La question de l'environnement, qui met en relation le gain écologique du biocarburant avec son coût  environnemental, donne un autre sens à l'équation "coût – bénéfices". 

M.J. 


Publié le 26 septembre 2006 par marlene dans Non classé

Biocarburant: « Géant vert » au secours de « Terminator ».

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Hello,

Arnold Schwarzenegger me semble une bonne tête d'affiche pour commencer la semaine. Schwarzy devenu "super -héros" de l'écologie. Depuis quelques semaines, Governator, qui jure de réduire les gaz à effet de serre dans l'Etat de Californie, fait la une de l'actualité écolo. D'ailleurs, la Californie attaque l'industrie automobile, pour cause de pollution atmosphérique, et de réchauffement climatique. Pendant ce temps, toujours aux Etats – Unis, un chercheur rêve de mettre au point un biocarburant moins gourmand en surface agricole.  

La Californie attaque l'industrie automobile.  

Le 31 aôut dernier, Arnold Schwarzenegger, gouverneur républicain de Californie propose une loi visant à réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre dans l'Etat, à l'horizon 2020. Le Sénat et le Parlement californien approuvent.  Trois semaines plus tard, l'Etat de Californie annonce qu'il va poursuivre six constructeurs automobile – General Motors, Chrysler, Ford, Toyota, Honda et Nissan – devant la justice de Californie. Leur crime:  avoir vendu des millions de voitures qui ont contribué à charger l'atmosphère en gaz à effet de serre, et donc à modifier le climat californien.  Selon les plaignants, le réchauffement de la Californie aurait notamment réduit la quantité de neige, importante source d'eau douce pour les habitans de l'état, élevé le niveau de l'Océan Pacifique dans l'espace côtier, augmenté la pollution urbaine à l'ozone, et favorisé les feux de forêt. (Le Monde, 24 septembre 2006) L'opinion californienne, particulièrement sensible aux questions environnementales, applaudit cette initiative. D'ici 2020, la Californie, qui a déjà imposé le pot catalytique et l'essence sans plomb, entend bien ramener sa production de gaz à effet de serre au niveau de 1990. Un niveau proche des objectifs de Kyoto. Cette plainte contre l'industrie aumobile accrédite aussi la thèse d'une relation entre la voiture et le réchauffement climatique, dans un pays qui tarde à ratifier le protocole de Kyoto.

Carburant vert, le Brésil fait école.  

Plus au Sud du Continent américain, le Brésil, espace minier et agricole. Producteur de biocarburant depuis 30 ans, le Brésil parie sur la canne à sucre, produit de base du bioethanol, ou carburant vert. Aujourd'hui, plus d'un million et demi d'agriculteurs brésiliens récoltent de la de canne à sucre, à la base de ce carburant bio. Canne à sucre, mais aussi soja, huile de palme, betteraves, graines de colza, ou maïs, le biocarburant peut être issu d'une grande variété de cultures. Le Brésil, principal producteur mondial de carburant vert, est en train de fabriquer une voiture "écologiquement correcte." Actuellement, un million de voitures brésiliennes roulent au biocarburant, issu de la canne à sucre. La plupart des nouveaux modèles qui circulent dans le pays depuis trois ans sont équipés de moteurs "flex – fuel". Ces moteurs acceptent aussi bien le pétrole que le bioéthanol, même mélangés. D''ici deux ans, le gouvernement brésilien veut ajouter 2% de biocarburant au gazole, adjuvant obligatoire. Et dans un monde où le pétrole devient très cher, le Brésil fait école.  

Une alternative à un pétrole cher et polluant.  

Le bioethanol, alternative à un pétrole cher et polluant, représente encore un débouché intéressant pour l'agriculture. La Malaisie vient de construire sa première usine pour fabriquer du bio-diesel à base d'huile de palme. La Malaisie, qui avec l'Indonésie, produit 80% d'huile de palme brute à l'échelle planétaire, pressant un marché d'importance dans un monde de plus en plus gourmand en biocarburant. (Libération, 15 aoùt 2006) Plus récemment, le Brésil propose d'accompagner l'Inde et l'Afrique du Sud dans l'élaboration d'éthanol à base de canne à sucre, alternative à un pétrole importé, de plus en plus cher. (Libération, 14 septembre 2006) L'Europe, où le prix de revient du carburant vert est deux fois plus élevé qu'au Brésil, reste loin derrière le géant sud américain. Mais, l'Union Européenne souhaiterait porter à 8% la part du biocarburant  dans le transport, d'ici 2015. D'ailleurs, si les prix du pétrole restent élevés, l'Union européenne pourrait rapidement remplacer 13% des carburants dérivés du pétrole par du bio. De fait, le moteur diesel peut fonctionner avec un carburant issu de n'importe quel oléagineux.Le premier moteur diesel fonctionnait bien avec de l'huile d'arachide. (FAO, septembre 2006) Au début  du XX° siècle, le constructeur américain Henri Ford avait imaginé utiliser de l'éthanol comme carburant pour sa fameuse "Ford T". Une idée qui, si elle s'était répandue, aurait probablement profité à la qualité de l'atmosphère.

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Une américain qui planche sur un maïs OGM. 

La production de bioethanol suppose d'importantes surfaces agricoles. Par exemple, un hectare de canne à sucre, qui permet de produire 25 tonnes de sucre, permet de convertir 50 à 60 tonnes de biomasse en bioethanol. Traduction, le marché potentiel du biocarburant pourrait être très exigeant en terres cultivables. Beaucoup de pays n'ont pas le luxe de cette diversification agricole, qui les priverait d'une partie de leur production alimentaire. Pendant ce temps, Michael Raab, un chimiste américain, planche sur un maïs OGM. Ce nouveau maïs permettrait d'augmenter de 50% la production de biocarburant à l'hectare, et de réduire les côuts de tranformation. La magie transgenique permettrait d'utiliser la totalité du plant de maïs, alors que l'épis classique n'offre que ses grains. Le "Green genes", qui devrait offrir plus de carburant à l'hectare, est actuellement  testé en serre, avant d'être expérimenté en champ. Parmi les obstacles à sa comercialisation, le risque de contamination des cultures environnantes. (Michel Albergandi, Le Monde, 23 septembre 2006)

En attendant que "Super Géant Vert" vienne secourir le sosie écolo de "Terminator",  la FAO ( le fonds  mondial pour l'agriculture) rêve d'un monde où les biocarburants arriveraient à combler le quart des besoins énergétiques de la planète dans les deux décennies à venir. L'abandon progressif du pétrole crédibilise ce scénario

M.J. 


 


Publié le 25 septembre 2006 par marlene dans Comprendre,Non classé

Biodiversité: Paris and co.

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Hello,

Aujourd'hui un petit point actu. La Conférence de Paris sur la Biodiversité – 19 au 21 septembre – vient de s'achever. C'est l'occasion de faire un petit panorama sur la biodiversité, grande copine de l'environnement. Cette conférence, autrement nommée "Biodiversité et coopération européenne au développement", pluri -annuelle, est organisée par la France et l'IUCN. L'IUCN, c'est l'Union Mondiale pour la Nature, UICN en français. On en reparle tout de suite. 

La biodiversité menacée.  

La biodiversité menacée, c'est une liste à la "Prévert", en plus long. Depuis que l'homme est apparu sur terre, il a agit sur les paysages, et ses habitants. Il a aussi bousculé la biodiversité. Depuis deux siècles environ, ce processus s'est emballé. L'augmentation de la population mondiale, la surexploitation des ressources naturelles, la dégradation de l'environnement ont accéléré le déclin de la biodiversité. Le nombre d'espèces diminue. Certaines disparaissent. Certains écosystèmes, altérés, suivent le même chemin.  Par exemple, on estime que 80% de la forêt originelle qui couvrait le le paysage terrestre il y a 8000 ans, a été fragmenté, endommagé, ou a disparu. En Europe, une étude menée sur une cinquantaine d'espèces d'oiseaux – oiseaux des champs et oiseaux des bois – a montré que plus de 70% de leur population avait disparu entre 1980 et 2002. Enfin, selon certains experts, le rythme de disparition de certaines espèces excède d'environ mille fois le rythme naturel. (Europa, 2006)

C'est la sixième grande vague d'extinction de l'histoire de la terre. Et la première depuis l'apparition de l'homme. ( IUCN, 2006)

La biodiversité pour quoi faire?  

La biodiversité, c'est un peu la mère nourricière. Justement, elle permet de nous nourrir, nous procure des médicaments, et nous rend tout un tas de services quotidiens, dont certains sont fondamentaux. Les forêts, par exemple. Elles fournissent du bois, oxygènent l'air, purifient l'eau, s'opposent à l'érosion et aux inondations, tempèrent le climat, transforment les déchets en nutriments, ou en matières premières, pétrole et gaz. Ce qui nous met presque hors sujet, le pétrole et le gaz sont également source de cO², acteur du réchauffement climatique, et ennemi de la biodiversité. 

La biodiversité, c'est aussi un patrimoine, historique et culturel, qui accompagne l'histoire de l'humanité.

La biodiversité définie.  

Définition de la biodiversité, par l'IUCN. On ne va pas y échapper.

"La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l'intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d'espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu'ils influencent ou dont ils sont acteurs (dite diversité écosystémique)". (XVIII° AG de l'UICN, the "World Conservation Union", Costa Rica, 1988)


La liste rouge de l'IUCN.

La liste rouge de l'IUCN dresse un état des lieux des espèces végétales et animales vulnérables. En 2006, 16 119 espèces sont menacées de disparition, parmi lesquelles l'ours blanc, l'hippopotame, ou la gazelle du désert… 

La France, Madagascar, et la Nouvelle Calédonie. 

Un petit point sur la situation, en trois exemples.

D'abord la France, qui dispose d'un patrimoine remarquable, caractérisé par une grande diversité biogéographique dans l'espace européen, et outre- mer. En Europe, la diversité française se décline par des paysages atlantiques, continentaux, alpins, et méditerranéens. Au delà des océans, cette biodiversité balaie les Caraïbes, l'Océan Indien, la Nouvelle Calédonie, et la Polynésie. La Guyane offre même à la France une portion d'Amazonie. 

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Direction Madagascar, petite île – continent au Sud Ouest de l'Océan Indien, et aux confins Sud – Est du continent Africain. Madagascar figure parmi les dix joyaux de la biodiversité mondiale. Une grande diversité topographique, biogéographique, et climatique expliquent la variété des espèces animales et végétales.

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A Madagascar, la déforestation apparaît comme l'une des plus alarmantes du monde tropical. Dans le Sud Ouest de l'ïle,

ce processus, signalé par une régression de la biodiversité végétale, semble irréversible.

Enfin, une escapade en Nouvelle Calédonie. vaste archipel qui prolonge le territoire français dans le Pacifique, non loin de la côte orientale de l'Australie. La Nouvelle Calédonie est l'un des "points sensibles" de la planète, en matière de biodiversité. Un récif corallien de 1600 kms encercle entièrement la Grande Terre calédonienne, délimitant le plus grand lagon du monde. La plupart de la faune et de la flore terrestre est endémique. Elle n'existe nulle part ailleurs. Parmi les agresseurs de ces magnifiques paysages, les feux de brousse. Chaque année, le feu appauvrit le diversité biologique de la Nouvelle Calédonie. 

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Cette conférence sur la biodiversité a certainement été riche en projets, en recommandations, en résolutions, en engagements, diverse en indignations, en protestations, et en projections. Dans ce paysage de Nouvelle Calédonie, même l'écho des "pauses – café" est arrivé assourdi. J'ai quand même entendu un petit filet de voix :"Il y a aujourd'hui une prise de conscience que nos vies dépendent de la biodiversité. Nous attendons des pays développés des conseils actifs. Pour moi, les efforts doivent porter essentiellement sur l'éducation. Il faut distiller de la biodiversité partout…" (S. Briet, Libération, 22 septembre 2006). C'était un prof d'écologie à l'université du Botswana, membre de l'IUCN. 

M.J. 


Publié le 22 septembre 2006 par marlene dans Non classé

L’eau, « un droit pour tous ».

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Bonjour,  

Aujourd'hui, encore un petit topo sur l'eau, sur le thème, "l'eau, un droit pour tous". Une utopie? En tout cas, un droit fondamental contrarié par les sécheresses, la pollution, et le gaspillage. Pendant ce temps, la communauté internationale examine le rôle de l'eau dans l'histoire et la culture des civilisations, pour s'inspirer d'une gestion "raisonnable" de la ressource. Et impliquer ces communautés.

L'eau, qu'est ce que c'est?  

Je vous propose d'abord une petite approche scientifique sur l'eau, sa composition, ses fonctions, ses particularités physiques, et sa répartition. 70% de la surface de la terre est recouverte d'eau. C'est court, c'est simple:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Eau

L'eau: un droit pour tous les citoyens.

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Plus de 1,1 milliard d'urbains et de ruraux n'ont toujours pas accès à "une eau de boisson provenant d'une source améliorée". tandis que 2,6 milliards de personnes ne sont pas raccordées à des systèmes d'assainissement. Les conséquences en sont particulièrement dramatiques pour les enfants. Selon l'OMS, 1,6 millions d'enfants de moins de cinq ans – 4500 par jour, à l'échelle planétaire – sont morts, faute d'accès à l'eau potable, et par manque d'hygiène. (OMS, 2006) 

Le Droit à l'eau a été adopté en novembre 2002 par le Pacte relatif aux droits économiques et culturels.( CESCR) Pour la première fois, l'eau est reconnue comme l'un des Droit de l'homme fondamentaux. 145 pays ont ratifié ce texte. 

"Le droit à l'eau vise à assurer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement de la même manière que le droit à la nourriture vise à assurer l'accès à la nourriture, et le droit à la santé à assurer l'accès aux soins de santé. L'eau potable comme la nourriture et les soins de santé sont indispensables pour satisfaire le "droit à un niveau de vie suffisant" reconnu par tous les Etats dans la déclaration universelle des droits de l'homme (1948)"

L'usage de l'eau douce n'est pas le même pour tous. En Asie orientale, en Amérique latine, en Afrique, ou dans d'autres régions, on utilise trois fois moins d'eau douce que dans les pays de l'OCDE (pays développés). Et aux Etats – Unis, on consomme dix fois plus d'eau potable qu'au Danemark, ou au Royaume Uni. (OCDE, 2003)

La Conférence de Mexico.

En 2006, la Conférence Internationale sur l'eau s'est tenue à Mexico.  

Ce quatrième Forum Mondial sur l'eau a permis à la communauté internationale d'examiner certains aspects de la crise de l'eau.

-Le Manque d'eau salubre et d'assainissement, et leurs conséquences sur la santé.

-La raréfaction des ressources en eau avec ses répercussions sur l'agriculture et l'environnement. 

Il a notamment été question de la dégradation des zones humides. 

Droit à l'eau: le contre – exemple chinois. 

En Chine, 700 millions de personnes boivent de l'eau souillée par les déchets humains, ou d'origine animale. Dans ce pays, près de 100 millions de ruraux n'ont pas un accès quotidien à l'eau potable. Plus de 350 grandes villes chinoises connaissent des pénuries d'eau, dont certaines s'installent. La plupart des nappes phréatiques, des lacs, et des rivières sont pollués. Tandis qu'une vingtaine de lacs naturels disparaissent chaque année. En Chine, une grande partie des 1,3 milliard d'habitants, attend toujours un "droit à l'eau".  En Chine, la guerre de l'eau aura bien lieu", prédit Frédéric Koller.

Eau et culture.  

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Femme indienne priant au bord du lac Pushkar en Inde.  

Eau et Culture, c'est la relation introduite par l'UNESCO, lors de la journée mondiale de l'eau, en 2006. En Clair, il s'agit de s'intéresser à l'histoire et à la culture des communautés vivant à proximité des zones humides (Fleuves, Deltas, rivières, Lacs…) – et de toutes les ressources en eau – afin de mieux comprendre leur relation matérielle, culturelle, et spirituelle avec l'eau. Il s'agit encore d'utiliser cette histoire pour optimiser la gestion de l'eau. Cette gestion va, par exemple, s'inspirer du partage communautaire traditionnel de l'eau, ou va revaloriser d'anciennes techniques d'irrgation.

Il y a l'idée de rétablir la place de l'eau dans la formulation des grandes civilisations. Il y a l'idée de collecter et de valoriser cette histoire. Enfin, et surtout, il y a l'idée de s'inspirer d'une gestion ancestrale pour utiliser raisonnablement la ressource.
(Puis, cliquez sur "Journée mondiale de l'eau) 

Le message est clair, le "droit à l'eau" est désormais un "droit fondamental". Il concerne "l'ensemble des citoyens de la planète". A eux d'investir et de capitaliser ce "droit",  tirer parti et économiser cette ressource. La communauté internationale, les gouvernements, les autorités locales, ou les ONG, devraient impulser, et accompagner, ce "droit à l'eau". Aux citoyens de prendre le relais. 

L'écriture de ce blog m'avait entrainée dans le Delta Intérieur du Niger, ilôt de verdure dans un paysage Sahélien, et dans les Deltas du Fleuve Rouge et du Mekong, au Vietnam. Je n'y suis pas restée, mais j'ai bien envie d'y retourner.  L'idée est la même: souligner une relation, nécessaire et intime, entre l'eau et les hommes.

M.J. 


Publié le 20 septembre 2006 par marlene dans Non classé

L’Australie se déssèche.

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Hello,

 

Les changements climatiques, les sécheresses, et la disparition des zones humides, ces réservoirs d'eau naturels, se combinent pour créer une crise de l'eau planétaire. Des aménagements hydrauliques inadaptés, et une mauvaise gestion de la ressource – lire aussi un gapillage – contribuent largement à cette pénurie d'eau. Ce manque d'eau, que l'on coyait réservé aux pays pauvres, touche de plus en plus de pays riches. Zoom sur l'Australie. Ce continent aride au réseau hydrographique modeste et paresseux, où l'eau a toujours été consommée avec gourmandise, est en train de s'assécher. Le beau désert rouge qui colle à l'image du continent australien semble un bien mauvais présage. 

 

Un continent aride.  

L'Australie cumule les records. L'Australie est le plus ancien des continents, le plus isolé, le plus plat, le plus massif, et le plus sec. L'Australie, bordée à l'Ouest et au Sud – Ouest par l'Océan Indien, au Sud par la Mer de Tasman, au Nord par les mers de Timor et d'Arafura, à l'Est par la Mer de Corail et s'ouvre sur l'Océan Pacifique, est une immense île désertique. Située de part et d'autre du tropique du Capricorne, dans une position symétrique à celle du Sahara dans l'hémisphère Nord, l'Australie est un continent aride. Les déserts représentent 70% de la superficie du territoire. C'est à dire un espace où l'évaporation des pluies est supérieure aux précipitations. Dans certaines régions, il peut se passer une année sans qu'il tombe une goutte d'eau. La Tasmanie, la petite île située au Sud du continent, régulièrement arrosée, ou le territoire Nord, soumis à un régime de moussons et fréquemment douché par de violents orages, échappent à cette sécheresse. Pendant ce temps la plupart des vingt millions d'habitants que compte le pays, installée sur les côte Sud -Est, regrette les années de pluie.

Des eaux paresseuses et gaspillées.  

Le réseau hydrographique, qui se développe dans les plaines du Centre et de l'Est, n'est pas à l'échelle du continent. De plus, il est paresseux et pollué. La Murray River, et son principal affluent, la Darling River, coulent dans les plaines du Centre-Est. Mais les pentes n'y sont pas assez généreuses pour faciliter l'écoulement de ces fleuves, dans les vastes vallées encombrées d'alluvions. Ajoutons à cela un petit problème de pollution. Les activités humaines dans les bassins versants ont altéré la qualité de l'eau. (Ball et autres, 2001) Les sédiments, les nutriments, les produits chimiques toxiques, et la croissance excessive d'herbes aquatiques ont dégradé nombre d'écosystèmes aquatiques.(Environment Australia, 2001) 

Il ne reste plus grand chose de l'immense réserve d'eau souterraine du Grand Bassin artésien, situé au Centre – Est du continent – au Nord Ouest de la Murray et du Darling – qui approvisionnait de vastes territoires environnants. On estime que 2% de ce lac souterrain a été réellement exploité par les Australiens. Le reste a été gaspillé. Depuis longtemps, les Australiens ont multiplié les puits, les barrages, et les canalisations pour capturer cette eau, si rare sur le continent. Ils l'ont aussi dilapidée.(Florence Decamp, Libération, 23 août 2004.)

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Des sécheresses qui menacent la production agricole.  

Depuis 1998, il pleut moins sur le continent autralien. En 2005, l'Australie a connu l'une des pires sécheresses de son histoire. L'Etat de sécheresse, proclamé dans les métropoles et les zones agricoles, s'est accompagné de restrictions de consommation d'eau. La production agricole du pays est menacée. Le manque de pluies et la sur-exploitation des nappes phréatiques, ont notamment provoqué une salinisation des eaux, néfaste à l'agriculture. L'Ouest de l'Australie – l'Etat de Perth – manque cruellement d'eau, de nombreux agriculteurs sont au bord de la faillite. Près de 46% des exploitations du New South Wales – l'Etat de Sydney -, soit près de la moitié, sont encore touchées par la sécheresse.(OMM, 2006) Parmi les programmes développés par les Autorités, la gestion des eaux de tempête. Elles sont de plus en plus perçues comme une ressource naturelle à capitaliser. (Environment Australia, 2001)  

 Quand l'Australie redevient une île.  

La sécheresse que l'on croyait réservée aux déserts menace les villes, pourtant situées à proximité des côtes, et plus exposées au pluies. Dans les grandes métropoles australiennes, l'eau, devenue rare, est consommée avec parcimonie. (F. Descamp, Libération, 11 septembre 2006) En 2005, le barrage de Warragamba, le plus grand réservoir de la ville de Sydney, ne s'est même pas à moitié rempli. Sydney, "l'une des villes les plus assoiffée de la planète" (WWF, 2006), où la consommation d'eau dépasse le renouvellement de la ressource, est rationnée. Brisbane, Canberra, la capitale, Melbourne, Adalaïde, ou Perth, connaissent les mêmes pénuries. Mais, c'est à Perth, isolée sur la côte Ouest, coincée entre mer et désert, et désséchée depuis les années 70, que la situation est la plus alarmante. Alors Perth s'est rappelée que l'Australie est une île, entourée d'eau. La ville construit une usine qui convertit l'eau de mer en eau douce – une seconde est programée -, au prix de quelques milliers de tonnes de dioxyde de carbone.(F. Decamp, Libération, 23 août 2004; 11 septembre 2006)

Pendant que John Howard… 

Et pendant que John Howard, le Premier Ministre australien, explique au monde que " tant que les principaux pollueurs du monde dont les Etats Unis et la Chine ne font pas partie du régime de Kyoto, il est quasiment inutile et en réalité dangereux pour un pays comme l'Australie de signer." (AP, 16 février 2006), je pense à ma copine Hélène. Hélène, qui habite Sydney, imagine de petites solutions pour apprendre à vivre avec une pénurie d'eau qui risque de s'installer. Par exemple, pour laver son raisin, elle le plonge dans une poche contenant un peu d'eau, elle secoue, et hop, c'est propre. Elle place encore un récipient sous la douche en attendant que l'eau chaude arrive, et utilise cette eau froide pour évacuer les toilettes. Quelques gouttes d'eau dans un immense désert rouge…

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Pour prolonger ce voyage, je vous propose de lire "Mort d'un lac", d'Arthur Upfield, paru chez 10-18.
Dans l'exploitation du Lac Otway, dans l'outback australien, les hommes tirent parti d'un environnement ingrat. Pendant qu'une mystérieuse disparition continue de hanter cette petite communauté, le lac Otway menace de s'assécher. L'Inspecteur Napoléon Bonaparte, engagé comme éleveur de chevaux pour rendre plus discrète son enquête, va tenter de résoudre cette énigme.

Ceux qui souhaitent découvrir, et sentir, l'Australie peuvent suivre l'Inspecteur Bonaparte, alias Bony, au fil de ses enquêtes. Bony, mi blanc, mi aborigène, lit le langage du désert, don hérité de ses ancêtres maternels. Grâce à ce don, il élucide crimes et disparitions. Entre géographie et ethnologie, Arthur Upfield nous fait voyager au quatre coins de l'Australie. L'impression d'y être!

M.J. 


Publié le 18 septembre 2006 par marlene dans Comprendre

Un nouveau Sahara au Pakistan?

Bonjour, 

Premier blog de "géo -environnement", sujet les "changements climatiques". Le sujet est d'importance. Il conditionne l'avenir de la planète, et esquisse de nouveaux paysages géographiques, économiques, et humains. 

Le scénario de ce petit article, qui pointe la pénurie d'eau planétaire et annonce de nouveaux Saharas, vous semble improbable? Pas si sûr. Une remarque, l'article date de 2004, et aujourd'hui les media relaient largement cette pénurie d'eau qui s'affirme sur presque tous les continents. Le manque d'eau est même devenu une "affaire d'Etat" en Australie, le continent le plus aride de la planète, et qui continue désespérément de s'assécher. 

De nouveaux Saharas en perspective.  

 « Le plus grand danger pour la planète est pratiquement ignoré par nos medias. Non seulement, il n’est pas très à la mode, mais il se situe trop loin dans le temps. Il s’agit de la pénurie croissante d’eau dans le monde entier – due à la surpopulation et à une utilisation et une gestion de l’eau effroyablement inefficaces -, et des conséquences du réchauffement de la planète sur le glacier de l’Himalaya. Si les tendances actuelles se poursuivent, il est pratiquement certain que, dans cinquante ans, la plus grande partie du Pakistan connaîtra un état de sécheresse comparable au Sahara. Et ce nouveau Sahara comptera une population de centaines de millions de personnes. La situation sera la même en Inde du Nord. »

Anatole Lieven, « Preserver and destroyer », London Review of book, vol 25, N°2, 23 janvier 2003. in Le Monde Diplomatique, octobre 2004.

L'Avenir de la vie sur terre ?  

Un ouvrage pour faire le point sur l'Etat de la Planète:

"..Au fil d'un dialogue serré et très documenté, il détaille les maux dont souffre notre précieuse planète et les remèdes qui pourraient sauver les plus vunérables de ses composantes: les être humains qui l'habitent. Vulnérables, et responsables des désordres qui menacent leur propre survie. du réchauffement climatique à l'extinction accélérée des espèces, du gaspillage énergétique des uns à la malnutrition des autres, le diagnostic est sombre.."

Facile d'accès, pointu, trois scénarii catastrophe en prime! Cet ouvrage souligne les bouleversements  planétaires en cours, et montre du doigt son principal responsable, l'homme. Mais le ton n'est pas qu'à la catastrophe, Hubert Reeves propose des solutions pour adoucir l'avenir de la planète. Bonne lecture.

M.J. 

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 Mal de terre, Hubert Reeves, Frédéric Lenoir, Coll. points sciences, ed. du seuil, 2005 


Publié le 11 septembre 2006 par marlene dans Comprendre

Des populations bousculées par le changement de climat.

Bonjour,

Les changement climatiques risquent de bousculer une partie de l'humanité. Ce mouvement migratoire, déjà amorcé, emporte les "réfugiés climatiques" dans son sillage. Chassés de leur cadre d'existence par des accidents météorologiques, ou des catastrophes écologiques, ils ne peuvent plus nourrir leur famille, ou offrir un avenir décent à leurs enfants. Dans le contexte d'un changement climatique, ce type de réfugiés est appelé à s'accroître. Les chiffres font peur. 

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"Les déserts précèdent les hommes, et les déserts les suivent.."

Les modifications environnementales en cours expulsent déjà des populations de leur cadre d'existence traditionnel. Le changement de climat annonce une intensification et une multiplication de ces facteurs expulsifs: désertification,  déforestation, fréquence des sécheresses, des inondations, des cyclônes, ou des tempêtes. Ces bouleversements environnementaux vont priver des populations de leur habitat, dérégler leurs systèmes agro – écologiques, ou limiter l'accès à l’eau et aux terres cultivables, et donc à la nourriture. Le scénario d'une élévation sensible du niveau des mers réduirait la surface habitable dans les villes et les espaces côtiers, accentuant la concurrence pour l'eau et la nourriture, et multipliant les pollutions. Les changements climatiques risquent de déraciner une partie de l’humanité, principalement assise sur des territoires exposés aux bouleversements environnementaux et météorologiques. Conséquence, ces mouvements qui vont entraîner des populations vers d'autres espaces, déjà peuplés et exploités, pourraient  perturber l'équilibre social, économique, et écologique de ces nouveaux espaces d'accueil. C'est à dire, repousser le problème un peu plus loin. 

60 millions d'Africains en route vers le Maghreb et l'Europe.  

Quelques chiffres. La submersion de la frange côtière indienne, pourrait déraciner entre 20 et 60 millions de personnes. Cette montée de la mer, qui priverait le Bangladesh de 17 % de son territoire, chasserait 15 millions de personnes. L'Egypte, qui pourrait aussi perdre de 12 à 15 % de ses terres arables, ne serait pas épargnée par cette « migration climatique". En 2003, le PNUD estime qu’entre 1997 et 2020, quelque 60 millions de personnes quitteront les zones désertifiées de l’Afrique sub-saharienne, pour le Maghreb et l’Europe. Les famines induites par les changements climatiques pourraient mettre en mouvement 50 millions de personnes, à l’échelle de la planète (Le Monde, 6 février 2005)

Eriger des barrières contre les réfugiés climatiques? 

D’autres estimations chiffrent à 150 millions le nombre de réfugiés chassés par les famines, les sécheresses, ou les inondations. Ces mouvements de populations, qui restent difficiles à chiffrer, pourraient bien se heurter aux forteresses que sont en train d’édifier les Etats-Unis, l’Union Européenne, ou l’Australie. Ces pays, qui disposent des ressources et des réserves pour assurer leur autosuffisance, ne seront –ils pas tentés de fermer leurs frontières se protéger de cet afflux de réfugiés climatiques?

M.J. 

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 Une petite expo sur les "Réfugiés climatiques"? Cliquez. 


Publié le 2 septembre 2006 par marlene dans Comprendre

Augmenter la productivité de l’eau

Rentabiliser chaque goutte d'eau.-http://www1.fao.org/media_user/_home.html

Photo: M. Marzot, Cape Verde, 1992. (FAO) 
L'irrigation d'un champ de pommes de terres au Cap Vert.

Bonjour, 

Augmenter la productivité de l'eau, c'est optimiser la production agricole.

L’accès à l’eau et à la terre conditionne la sécurité alimentaire dans le monde. L'eau est majoritairement employée pour la production agricole. Mais cette eau est sur – exploitée et gaspillée. L’accroissement des surfaces irriguées entraîne la baisse des nappes phréatiques – dont le renouvellement nécessite des milliers d’années – et l’assèchement des rivières. Les techniques d’irrigation, mal maîtrisées dans les pays en voie de développement, provoquent un gaspillage de l’eau. D’ailleurs, les pays en voie de développement utilisent deux fois plus d’eau par hectare irrigué que les pays développés. L’irrigation, qui augmente la salinité de la terre, contribue encore à la dégradation des sols. L’érosion des sols touche aujourd’hui deux milliards d’hectares de terres cultivables, soit une superficie équivalente au Etats – Unis et au Mexique. L’irrigation, les pénuries d’eau, l’érosion, et la pollution contribuent à réduire la superficie des terres disponibles pour la production agricole. C'est-à-dire, à compromettre un peu plus la sécurité alimentaire dans le monde. La solution ? Augmenter la productivité de l’eau. Récemment, un expert international résume : « Nous devons désormais exploiter chaque goutte de manière à en tirer plus de denrées agricoles, plus de viande, de lait et de poisson. »
(M. Normier, Libération, 21 août 2006 ; Le Dessous des Cartes, Arte Editions 2006, p 206.)

M.J. 

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Photo: G. Bizzardi, Pakistan, 1993. (FAO) 

Pakistan: Un puits artésien pour irriguer.


Publié le 2 septembre 2006 par marlene dans Comprendre

Une planète plus affamée

FAO - Food in Africa

Photo: E. Linusson, Mauritania. 
Famine en Mauritanie : des rations d'urgence pour les enfants.

Bonjour,

Conséquence majeure d'un réchauffement climatique en cours, une planète plus affamée. Ce problème, qui s'accroche à l'histoire de l'humanité malgré une nette progression des disponibilités alimentaires depuis les années 60, risque d'accentuer les disparités Nord – Sud. Encore un zoom sur l'Afrique, et sur sa frange subsaharienne.

Réduire les précipitations, raccourcir les cycles de croissance.

Dans le monde, un être humain sur dix est déjà sous – alimenté. (FAO, 2002) Un réchauffement climatique devrait accentuer la dépendance de la production alimentaire à l’eau, et aux terres arables. Dans l’espace tropical et semi – tropical, certaines cultures sont déjà proches de leur seuil de tolérance à la chaleur. Le réchauffement global pourrait encore réduire les précipitations et raccourcir les saisons de croissance en deçà d’un seuil critique. A terme, les systèmes agro – écologiques tropicaux et semi – tropicaux pourraient connaître une réduction considérable de leurs rendements, jusqu’à disparaître de la cartographie agricole. A l’horizon 2100, c’est presque tout le secteur agricole qui disparaîtrait au Tchad, au Niger, et en Zambie. (Mendelssohn et al. ;2000) L’Afrique, très dépendante de l’agriculture, reste très vulnérable aux changements climatiques.

L'Afrique subsaharienne menacée.  

L’Afrique subsaharienne est particulièrement menacée. Dans l’espace subsaharien, l’agriculture emploie entre 70 et 90% de la population active. Elle fournit jusqu’à la moitié des besoins alimentaires des ménages, et assure la moitié de leurs revenus. Si les communautés africaines se sont adaptées aux nombreuses variations climatiques passées, ces stratégies sont aujourd’hui contrariées par un manque de flexibilité des techniques agricoles, et surtout par une trop grande pauvreté. L’élevage et la pêche, également très soumis aux aléas climatiques, ne permettront pas d’adoucir la perspective d’une malnutrition croissante, voire de famines. La pression démographique, qui multiplie le nombre de bouches à nourrir, assombrit encore le tableau.

La faim n'est pas une particularité africaine.  

Mais la faim n’est pas une particularité africaine, elle touche l’Amérique latine, l’Inde, la Chine, ou de nombreuses régions d’Asie du Sud et d’Asie du Sud Est. Mais les effets d’un changement climatique à l’horizon 2080 ne seraient pas les mêmes pour tout le monde. L'Inde pourrait perdre 125 millions de tonnes, soit l'équivalent de 18 % de sa production céréale sous irrigation pluviale, tandis que la Chine verrait sa production céréalière sous irrigation pluviale, estimée à 360 millions de tonnes, augmenter de 15 %. (FAO, 2005). Autre exemple, dans le cas d’un changement climatique sévère – voisin des 4°C -, la production de riz du Bengladesh pourrait diminuer d’environ un tiers, celle du blé de 50%, et celle de la pomme de terre de près des deux tiers. (Karim, 1996)

Changements climatiques ou climat politique? 

A l’horizon 2080, les changements climatiques exposeront entre 80 et 125 millions de personnes supplémentaires à la famine, dont environ les trois quarts en Afrique. (Parry et al ;.1999.) Mais faut – il tout attribuer aux changements climatiques ? Sur le continent africain, dans les années 90, une étude a montré que certaines régions touchées par des pénuries alimentaires, consécutives aux sécheresses et aux inondations, étaient aussi le théâtre de conflits. L’Angola, le Mozambique, et la Somalie, étaient en guerre. Au Liberia, en Ethiopie, et au Darfour, les dirigeants travaillaient à affaiblir ou éliminer certaines minorités. En Afrique, la famine reste une arme politique, servie par les aléas climatiques. (Le dessous des Cartes, Arte Editions, 2006, p205)

M.J. 

 food Africa

Photo: G.Diana, Rwanda, 1994. 
Nord Est du Rwanda, 1994: des coupons de nourriture après la guerre civile. En attendant de produire à nouveau des légumes.


Publié le 2 septembre 2006 par marlene dans Comprendre