Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Mongolie: des arbres pour ceinturer le désert.

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Bonjour, 

Pour les vacances, petite escapade en Mongolie, un grand bol d'air, mais beaucoup de poussières venues du désert.

Un désert qui ne tient plus en place.  

La Mongolie est un immense territoire qui s’étale sur 1 565 500 km², entre Russie et Chine. Le pays partage avec son voisin chinois le désert de Gobi, qui s’étend du Nord de la Chine au Sud de la Mongolie. C’est l’un des plus grands déserts du monde, qui comporte plus de pierres que de sables, avec en prime des paysages de prairies. Et comme son voisin chinois, la Mongolie subit les assauts de ce grand désert, qui ne tient plus en place. Des poussières, balayées par les tempêtes d’Asie Centrale, assombrissent le ciel de la Mongolie, et poursuivent leur course jusque dans le Nord de la Chine, et dans la péninsule coréenne. Ces nuages de poussières qui pénètrent les villes, interdisent les aéroports, ferment les écoles, et provoquent des maladies respiratoires, constituent un véritable fléau environnemental. 

A grand désert, solution démesurée.  

Pour contrer l'invasion du désert, la Mongolie est en train d’édifier une immense barrière verte, juxtaposition de pins, de saules, de genévriers, d’aubépines, de trembles, et de quelques autres espèces. Depuis deux ans,  le gouvernement mongol, assisté d’une armée de bénévoles, a déjà planté 360 000 arbres. Et pour ériger les 3000 kilomètres de cette ceinture verte installée dans le désert, il faudra encore une trentaine d’année. (Courrier International, 25 octobre, 2006) 

Une désertification en marche.

 En Mongolie, où les pluies sont moins abondantes et où les rivières s’assèchent, la désertification grignote encore le territoire. Si le réchauffement climatique pourrait, partiellement, expliquer cette progression du désert, l’élevage n’y est pas étranger. Les éleveurs mongols possèdent de plus en plus de chèvres qui dégradent les sols, broutant jusqu’à la racine des plantes. (Courrier International, 25 octobre, 2006) Faute de végétation, les couches supérieures du sol sont  transportées par le vent, vers les zones arables, ou vers les villes. Et cette désertification en marche contribue encore à multiplier les tempêtes de sables et de poussières. 

La voix de Mao Zedong. 

Depuis cinq ans, la Chine s’est engagée sur un projet similaire. Une ceinture verte courant de Beijing à la Mongolie Intérieure, soit plus de 4500 kilomètres, devrait permettre de lutter contre le « dragon jaune », ces tempêtes de sables les plus puissantes du monde. Le projet, amorcé il y a cinq ans, devrait également prendre plusieurs décennies. (Tunza, UNEP, 2006)  Et de chaque côté de cette frontière qui sépare la Chine et la Mongolie, la voix de Mao Zedong résonne encore : « Conquiert et change la nature afin d’atteindre la liberté. »

Pour continuer ce voyage en Mongolie: 2005_0803_155130AA.jpg

 

M.J 


Publié le 30 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

Prix Tuvalu: un vélo pour Barroso?

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José Manuel Barroso: grand discours, et gros rejet de CO². 

Bonjour,

Aujourd'hui, remise de prix.

La Palme du dérèglement climatique.  

Palme d’Or 2006, décernée à José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne. Cette Palme d’Or est celle du Prix Tuvalu, le prix qui récompense l’acteur le plus talentueux de lannée, en matière de « non respect de l’environnement ». Fin mai 2006, Monsieur Barroso lançait une campagne européenne de sensibilisation sur la responsabilité de chacun dans le réchauffement climatique, pendant que lui-même s’asseyait au volant d’un 4X4 Volkswagen Touareg. Ce véhicule est accusé d’émettre au moins 265 g de CO² par kilomètre parcouru, soit deux fois plus que l’objectif fixé par la Commission européenne, dans le cadre de l’accord ACEA. (Réseau Action Climat France, 2006)

Cet accord, non contraignant, lie l’Association des Constructeurs Européens d’Automobile (ACEA), et la Commission Européenne. Objectif à l’horizon 2008, les véhicules mis sur le marché ne devront rejeter que 140g de CO² par kilomètre parcouru. José Manuel Barroso a donc reçu sa Palme d’Or (voir l'objet ci – dessous ) le 29 mai 2006, au Siège de la Commission européenne à Bruxelles. (RAC, 2006)Heureusement, en mai à Bruxelles pas besoin de climatisation, ce qui dope les rejets de CO².

Les lauréats précédents.

Le Prix Tuvalu, initié par le Réseau Action Climat France et l’Association Agir pour l’Environnement, avait été décerné en 2005 au Constructeur automobile Volkswagen, pour son fameux 4X4 Touareg. Version diesel, le modèle V 10 rejette 346 g de CO² par kilomètre parcouru. L’année précédente, la récompense était allée au constructeur Mercedes –Benz pour son 4X4 G 500, et ses performances, 400g de CO² rejeté par kilomètre. (RAC, 2005)Donc, double récompense pour Volkswagen, 2005 et 2006.

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"Avec Volkswagen et son 4X4 Touareg, le désert avance", slogan 2005.  

Tuvalu, symbole du réchauffement.   

Tuvalu, c’est le nom d’un petit chapelet d’îles dans le Pacifique Sud. Ce bout de paradis, voisin des Salomon, des Fidji, et des Somoa, pourrait être l’un des premiers Etats à disparaître dans le cas d’une élévation du niveau de la mer, conséquence d’un réchauffement climatique. Tuvalu est donc devenue le symbole d’un dérèglement climatique, responsabilité de tous.

Un vélo pour Barroso? 

M.J. 


Publié le 26 octobre 2006 par marlene dans Non classé

Dakar, Dem Dick.(3)

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Babacar Niang, Embouteillages urbains, Installations, 2005.

Bonjour,

« Villes africaines et environnement », troisième, je vous propose une petite promenade dans Dakar, la capitale du Sénégal. La ville s’est développée sur une presqu’île, baignée par l’Océan atlantique. Au cœur de la presqu’île, le Plateau. Ce quartier, qui concentre administrations, banques, et commerces, est mal relié au reste d’une capitale, qui s’est considérablement étendue. Pendant les heures de pointe, les Dakarois passent environ quatre heures par jour dans les embouteillages.

Le Plateau, au cœur de Dakar.

Dakar, s’est développée sur la presqu’île du Cap Vert, le point le plus occidental d’Afrique de l’Ouest. La ville est entourée par la mer, le site est magnifique. Dakar – centre, c’est le Plateau, avec la Place de l’Indépendance, de gros immeubles modernes et quelques façades coloniales qui accueillent des banques, des sièges de grandes entreprises, des compagnies aériennes, et quelques ONG de renom. Séparés par une grande place agrémentée de pelouses et flanquée de drapeaux du Sénégal, avec en prime, quelques bancs et la compagnie amicale des  marchands ambulants qui traquent le touriste, d’autres immeubles font face. En haut de cette place à gauche, à côté du Novotel, il y avait  le cinéma « Le Paris », celui de la chanson d’Amadou et Mariam « Les beaux dimanches à Bamako». Dommage, ils viennent de le démolir. Un peu plus bas, au carrefour d’une rue, il y a « Le Rond Point », un café de renom, serveurs polis en livrées blanches, clientèle mélangée, aisée. La Place de l’Indépendance s’ouvre sur d’autres grandes artères du centre- ville, qui croisent un ensemble de petites rues, où s’alignent de belles boutiques, deux librairies, encore des ONG,  beaucoup de restaurants, et des petits commerces ambulants établis sur les trottoirs. La Présidence de la République et l’Assemblée Nationale sont à deux pas. En descendant vers la mer et le Port de Dakar, il y a la gare, un beau bâtiment de la fin du XIX° siècle, encore une empreinte de la colonisation, avec un vieux train qui va à Bamako deux fois par semaines, une nuit et une demi – journée de voyage, un  train  tellement lent que l’on peut courir derrière. C’est d’ailleurs un peu comme ça que l’on se déplace dans Dakar. Lentement. 

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Le mieux pour découvrir la Place de l'Indépendance , et Dakar, c'est de cliquer sur l'image. Ce sera plus rapide qu'en taxi…

Tous les chemins ne mènent pas au Plateau.

Avec plus de deux millions d’habitants, soit environ le quart de la population du Sénégal, Dakar s’est développée sur la presqu’île, et s’est étendue hors de cette géographie contraignante. Les aménagements urbains et les voies de communication n’ont pas suivi. Le Plateau, devenu minuscule à l’échelle de la capitale, est pourtant resté le cœur de Dakar, et celui du Sénégal. Beaucoup de Sénégalais y viennent au moins une fois par an, souvent  pour y accomplir une démarche administrative. Les Dakarois s’y rendent une ou deux fois par semaine, pour raison professionnelle, ou pour y faire des courses. Beaucoup y travaillent, dans les grandes administration, les Banques, ou les ONG.  Le plateau, centre administratif, financier, commerçant, et centre de divertissements, n’offre que peu de logements, et à des prix exorbitants. Chaque jour, les Dakarois sont quelques milliers à emprunter l’une des quatre routes qui mènent au Plateau. La première, une autoroute longue de 7 kilomètres,  part du quartier de l’aéroport, situé tout au Nord de la presqu’île, pour rejoindre le Centre Ville. La VDN, (Voie de Dégagement Nord ), construite pour décongestionner l’autoroute, est devenue plus engorgée que sa concurrente. La Route de Rufisque, la seule voie qui relie la capitale au reste du pays, rejoint l’autoroute qui va vers le centre ville, via la « Patte d’Oie », un immense rond point très fréquenté. A l’Ouest, la route de la Corniche, qui suit la côte par le quartier chic des Almadies pour rejoindre le Plateau, est encore saturée une bonne partie de la journée. A Dakar, les embouteillages ont la particularité de se créer, surtoout aux heures de pointe, et à tout moment de la journée.  

Dans les embouteillages.

Sur les rubans de goudron épuisés par les saisons des pluies, et malmenés par le défilé incessant des véhicules, l’embouteillage est un exercice imposé, écologiquement douteux, et souvent dangereux. Les vieux taxis, jaunes et noirs, taxis officiels, klaxonnent, s’inventent des priorités, pendant que leur pot d’échappement crache des fumées noires. D’autres taxis, les « clandos », les taxis clandestins sans licence, beaucoup moins chers, presque hors d’usage, font de la concurrence aux autres taxis en matière de rejets toxiques.  Mais la  Palme de la pollution revient sans doute aux « cars rapides », des Saviem SG2 mis en circulation 50 ans plus tôt, ou des Mercedes plus récents, à peine trente ans de service. Ces petits cars, jaunes ou bleus, décorés de peintures vives, avec le nom du transporteur, dégagent des nuages de fumée qui trahissent leur âge. C’est le transport le moins cher, tout le monde s’y entasse, certains courent pour le rattraper, et s’y engouffrent par l’arrière, et quand le car est bondé, ils restent sur le marche – pied, portière ouverte. En y réfléchissant mieux, la Palme de la pollution pourrait revenir aux gros camions « Berliet » jaunes, ceux qui transportent du sable, souvent sans freins. Les automobiles individuelles, la plupart déglinguées, mais qui sont déjà un luxe pour les Sénégalais, participent à cette manifestation de fumées et de bruits. Sans oublier les gros 4X4, et leur lot d’émissions de CO², des automobilistes nantis. Depuis peu, la Ville de Dakar a mis en circulation les DDD (Dakar Dem Dick, ou Dakar « aller – retour » en Wolof, la langue la plus parlée au Sénégal.), de gros bus bleus fabriqués au Sénégal sous licence Tata, un gros constructeur indien, tout neufs, et surtout moins polluants. La Banque Mondiale finance d’ailleurs le remplacement des cars rapides par des minibus modernes, encore fabriqués sous licence Tata. En attendant, les Dakarois subissent plusieurs heures par jour une atmosphère polluée, et stressante.  

En attendant la fin des travaux.

Les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du Sénégal n’ont vraisemblablement pas pris la mesure du développement de la ville, faisant l’impasse sur les infrastructures de transport adaptées. L’actuel gouvernement a décidé d’intervenir pour mettre fin au calvaire des Dakarois. Il a d’abord interdit l’importation de véhicules de plus de cinq ans, pour diminuer le Parc automobile, et limiter la circulation. Mais surtout, Dakar est aujourd’hui le théâtre de tous les chantiers pour cause de modernisation, ce qui contrarie encore la circulation. Côté infrastructures routières, l’autoroute va être aménagée avec des échangeurs supposés rendre la circulation plus fluide. Même projet pour la VDN, appelée à devenir plus pratiquable. Des aménagements sont encore prévus pour améliorer la circulation sur la route côtière, celle qui relie le quartier chic des Almadies au Centre Ville. Enfin, une autoroute à péage reliant Dakar à Thiès, la seconde ville du pays située à 70 kilomètres au Nord, destinée à doubler la Route de Rufisque, et à désenclaver la presqu’île, est en construction. A quelques mois des Présidentielles, les chantiers se multiplient. D'ailleurs, trois des principales routes qui mènent au Plateau sont en réfection, une seule est praticable. En attendant la fin des travaux, il faut deux à trois heures en période d'affluence pour se rendre au Centre – Ville. Et  même chose pour rentrer à la maison. En ce moment, Dakar – Dem Dick, c'est au moins quatre heures de galère. 

Concernant les voitures particulières, j'ai envie de nuancer. Au Sénégal, les voitures sont très chères, rapporté au pouvoir d'achat de la majorité des gens. La loi interdisant l'importation de véhicules de plus de cinq ans a encore réduit l'offre. Dans ce contexte, un véhicule de 10 ans reste encore inaccessible à une grande partie des classes moyennes. Alors une vieille voiture, tant qu'elle roule…C'est tellement important pour un Sénégalais de posséder un véhicule particulier. Plus besoin de marcher, d'attendre, avant de s'entasser dans un car rapide. C'est aussi un moyen de gagner un peu d'argent, en faisant le taxi clandestin, ou en emmenant ses collègues au travail contre quelques Francs CFA. Que cette voiture tant désirée pollue…C'est déjà un problème hors sujet…  

M.J. 

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Babacar Niang, Embouteillages urbains, 2005. 

Babacar Niang est né en 1969 à Djourbel. Il  vit et travaille à Dakar. Après des études de Physique à l’Université de Dakar, Babacar Niang se consacre à la peinture. Il est préoccupé par la pollution de l’atmosphère et  la préservation de l'environnement. Depuis quelques années, ces thèmes orientent son travail  Son oeuvre « Embouteillage urbain » interroge les différents types d’embouteillages, et les autres encombrements, qui nuisent à notre cadre de vie. Aveccet assemblage d’antennes de télévisions, mal posées, mal agencées, Niang évoque plusieurs maux de la société sénégalaise : promiscuité, immobilité urbaine, désordre urbain… Ces antennes évoquent encore le besoin d'actualité, malgré la pauvreté.
 
                               Nouakchott: un cas de géographie environnementale.(2)


Publié le 24 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

300 millions d’Americains qui abusent de la planète.

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Bonjour,  

Une pause "actu" avec la démographie américaine, devenue la troisième plus importante de la planète. Et ce qui semble une bonne nouvelle pour l'économie américaine ne l'est pas forcemment pour l'écologie.

300 millions d'Américains.  

Mi octobre, les Etats-Unis sont devenus la troisième puissance démographique mondiale. Avec 300 millions d’habitants, loin derrière la Chine et l’Inde, les deux pays les plus peuplés, les Etats Unis comptent  désormais 5% de la population mondiale. La nouvelle a été diversement accueillie. Le New York Times se réjouit de la vitalité démographique de la Nation américaine, face aux populations vieillissantes d'une Europe, confrontée au problème des retraites. A Londres, The Independant rappelle que l’économie américaine est portée par une population croissante. (Courrier International, 11 octobre 2006). D’autres s’inquiètent de cette démographie, écologistes en tête.  

Une nouvel Américain toutes les 11 secondes.  

Ce n’est pas forcément ce trois cent millionième citoyen américain qui va faire grimper la consommation inégalée de ressources naturelles, ni aggraver la pollution de la première économie mondiale, mais sans doute  tous ceux qui suivront. Aux Etats –Unis, un bébé naît toutes les 7 secondes,  tandis qu’un immigré débarque sur le sol américain toutes les 31 secondes. Total, toutes les onze secondes, il y a un nouveau citoyen américain dans un pays qui compte déjà 80% de citadins, et un parc automobile de 237 millions de voitures. Et c’est précisément ce qui inquiète les écologistes.  

Une population qui "surconsomme" et qui pollue.  

Les Américains consomment déjà plus d’un quart des ressources naturelles mondiales. Ils produisent près d’un quart des émissions planétaires de CO² et autres gaz à effets de serre. Un Américain emet en moyenne cinq fois plus de dioxyde de carbone qu'un Mexicain, et 20 fois plus qu'un Indien. Leurs maisons, plus grandes, sont devenues plus gourmandes en matériaux de construction, et donc en matières premières. Il faut plus énergie pour les chauffer ou les rafraîchir. Chaque Américain consomme encore trois fois plus d’eau que n’importe quel habitant du monde. Et jette plus de 2 kilos d’ordures par jour, soit  5 fois plus que n'importe quel habitant d’un pays en voie de développement. (AFP, Libération, 16 octobre 2006) Au niveau national, la mégalopole qui s’étire sur la côte Est de Boston à Washington, avec New York et Philadelphie, est la principale zone productrice de CO² du pays. De l’autre côté, sur la côte Ouest, la Californie, l’Etat le plus riche et le plus peuplé, arrive  en tête du palmarès de la pollution atmosphérique par Etat, avec 10% des émissions de CO² du pays. (Guillaume Serina, Le Monde, 12 octobre 2006)  

"Plus de sagesse"… 

Un éditorialiste du Los Angeles Times commente encore l’évènement : « La croissance de la population va nous apporter plus de tout : plus de gens, plus d’expansion, plus de créativité, plus de circulation, plus d’amour, plus de bruit, plus de diversité, plus de consommation d’énergie, plus de joie, plus de solitude, plus de fast –foods, plus d’art, plus de connaissance, et peut – être plus de sagesse. »(Courrier International, 11 octobre 2006) Et c’est peut – être cette « sagesse » qui va faire la différence. Face à George Bush, qui refute toujours la relation entre l'homme et le réchauffement climatique, 300 maires et gouverneurs américains se sont engagés à appliquer les recommandations de Kyoto dans leurs villes et les Etats. A la fin de l’été dernier, Arnold Schwarzenegger , le gouverneur de Californie, avait déjà défrayé la chronique en instaurant une loi sur la réduction des émissions de gaz carbonique, et en convoquant les grands constructeurs automobile devant les tribunaux. Greg Nickels, le Maire de Seattle, à l’origine de la fronde des élus américains contre George Bush, attend un changement à l’occasion des prochaines présidentielles américaines :« Tous les candidats aux élections primaires, dans les deux partis, devront annoncer un programme précis sur le réchauffement climatique. L’opinion publique attend cela. »,  rapporte Le Monde. (Guillaume Serina, Le Monde, 12 octobre 2006) Une opinion publique qui pourrait suivre l’évolution de la courbe démographique.

M.J. 

Voir aussi: "Al Gore met le réchauffement climatique à la Une" 


Publié le 20 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

Nouakchott: un cas de géographie environnementale. (2)

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Bonjour,  

Second volet de la série "Villes africaines et Environnement", direction Nouakchott. Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, cumule pas mal de problèmes environnementaux. Pour mieux les comprendre, peut – être faut il commencer par poser la ville dans sa géographie, et raconter son histoire. Une histoire finalement très brève, cinquante années d’une urbanisation maîtrisée, puis anarchique. Coincée entre l’Atlantique et le désert, la ville n'échappe pas à sa géographie.  

                                                                                                                                                                               

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1958: la première pierre est posée.  

 

Une géographie inconfortable. 

Nouakchott est une ville imaginée autour d’un petit village, le Ksar, accolé à un ancien fort militaire français, cinq cents habitants en 1950. En 1958, une pierre est posée à l’emplacement de la Présidence, les bâtiments publics et les administrations sont édifiés en vitesse pour accueillir l’indépendance de la Mauritanie, jusqu’alors gouvernée depuis Saint –Louis du Sénégal. La ville se développe dans une intermédiarité brûlante, entre l’Océan Atlantique et le Sahara. A l’ouest, un cordon littoral ourle l’Aftout Es Saheli, une sebkha de quelques kilomètres de large, située au dessous du niveau de la mer, et qui fuit vers le sud, et le fleuve Sénégal. De l’autre côté, un ensemble de dunes vives rappelle que le désert est là. L’harmattan, qui noie la ville dans un brouillard de sables ou de poussières rouges, rappelle cette proximité. A la fin des années 50, Nouakchott commence à s’asseoir dans une géographie très inconfortable.  

 

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Nouakchott en 1960.


Un site stratégique, un lieu de rencontre.  

Le choix du site de la capitale de la Mauritanie indépendante est stratégique. Nouakchott s’installe loin du Maroc, qui considère la Mauritanie comme le prolongement de son territoire. Au Sud, le Sénégal inquiète encore le nouvel Etat mauritanien. Nouakchott doit prendre ses distances avec Saint Louis du Sénégal, capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF), et ancienne capitale de la Mauritanie. Mais Nouakchott, décidée au carrefour des deux Mauritanie, la « Blanche » et la « Noire », est aussi un lieu de rencontre. C’est dans cette ville qui se construit que les Arabo- berbères, les représentants des groupes guerriers et des chefs religieux venus du désert, vont se mélanger aux Haal Pularen, aux Soninké,  et aux Wolofs , les populations noires du Sud de la Mauritanie, de la région du fleuve Sénégal. C’est à Nouakchott que commence à se façonner une société mauritanienne qui, très vite, change d’équilibre politique. Les Négro – africains , des gens lettrés, bien installés dans la fonction publique, s’effacent au profit des Arabo – berbères, sans doute plus ambitieux. Au début, la ville attire surtout les Noirs, issus des catégories serviles Maures, venus la construire. 

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Nouakchott en 1966.

 Une urbanisation qui s’emballe.  

La ville, imaginée par des urbanistes français, est prévue pour 400.000 habitants. Mais très vite, Nouakchott se développe hors des  schémas directeurs. Dans les années 70, les populations, chassées du désert par les sécheresses, plantent leurs cabanes de chiffons, de planches, et de tôles dans des périphéries insalubres qui continuent de gonfler, les Kebbe. L’Etat  aménage des lotissements dans ces périphéries précaires, mais faute d’argent pour construire en dur,  les pauvres revendent leurs parcelles aux spéculateurs. Et le processus, « kébé – lotissement – rachat des terrains par les spéculateurs », qui repose aussi sur le droit islamique traditionnel de donner la terre à celui qui l’occupe et l’exploite, ne cesse de repousser les limites de la ville, notamment la plus pauvre. Entre 1972, et 1975, la ville passe de 40.000 habitants à 145.000. Au milieu des années 80, la population de Nouakchott avoisine le demi – million. Aujourd’hui Nouakchott compte probablement un million d’habitants. Et la ville continue de s'étendre. Les grosses villas des nantis progressent vers le nord et vers la mer, dans la sebkha, le long de la nouvelle route qui mène au Maroc. Au Sud, les pauvres cabanes de planches, installées dans la sebkhra, s’étirent jusqu’au wharf, l’ancien port de Nouakchott, et progressent vers le sud – est en direction du désert. Les immenses quartiers Est, autrefois aux portes du désert, commencent à s’y installer.  

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Nouakchott aujourd'hui. 

 Un cas de géographie environnementale. 

 A force de s’étaler entre mer et désert, Nouakchott est devenue un cas de géographie environnementale. Côté Ouest, une partie de la ville, notamment la plus pauvre, s’est improvisée dans l’Aftout E Saheli, la sebkhra, une zone inondable. Phénomène aggravant, le cordon littoral qui protégeait Nouakchott de la mer a été pillé pendant des décennies pour contruire la ville. Il y a aujourd’hui quelques belles brèches dans lesquelles la mer pourrait s'engouffrer, et continuer sans problème dans la sebkhra, argileuse, et imperméable. Une élévation du niveau de la mer, due au réchauffement climatique, rend cette menace très sérieuse. D’autre part, la construction du Port de Nouakchott et de ses infrastructures dans les années 80, cadeau des Chinois, a considérablement modifié la ligne littorale, ce qui pourrait accentuer le phénomène. La côte située au Sud du port, privée d’un apport de sable retenu au nord de la zone portuaire, a reculé d’environ 400 mètres. Côté Est, c’est le désert qui menace. Nouakchott est lézardée par un ensemble de dunes vives,  qui progressent dans la cité. Quand l’harmattan se met à souffler, le sable dissimule les minarets, et écrase les maisons, et envahit les routes. Ces jours là, Nouakchott ressemble à une ville de science fiction. Le projet «  ceinture verte », amorcé en 1975, a permis d’ériger des barrières d’arbres pour retarder l’avancée du sable. Un ensemble de dunes a été fixé par de la végétation et des pièges à sables pour limiter la progression du désert. Si ce projet a réduit l’agressivité du désert, il n’a pas arrêté son avancée. Et ce n’est pas cette partie de la ville, installée sur les dunes, qui fera reculer le désert. 

 Une ville en sucre.  

Pour le moment, c’est plutôt la mer qui fait peur. Les Mauritaniens imaginent déjà leur cité engloutie par les eaux d’un Océan Atlantique, plus élevé. A moins qu’une partie de la ville ne disparaisse avant, rongée par le sel. Dans certains quartiers installés dans la sebkha, aux couleurs ocre et aux affleurements de sel, près du port des pêcheurs, les fers à béton rouillent et gonflent, avant de faire exploser les murs des maisons, mélange de sables de mer, de coquillages salés, et d’un peu de ciment. Pendant ce temps, les remontées d’eau salées font fondre les parpaings comme des morceaux de sucre. Ce qui n’empêche pas de nouveaux lotissements d’offrir leurs murs tout neufs au sel. 

Problèmes d’accès à l’eau, d’ordures ménagères, insalubrité des quartiers pauvres, Nouakchott décline les sujets d’environnement. Heureusement qu’il y a des fleurs. Des branches des bougainvillées tombent des murs qui entourent les maisons des quartiers riches, pendant que des sacs de plastique multicolore fleurissent les arbustes lépreux de la sebkha.

M.J.  

La République Islamique de Mauritanie.

La République Islamique de Mauritanie est un état forgé par la France, état -tampon entre l'Afrique Blanche et l'Afrique Noire. Bordée à l'Ouest par l'Océan Atlantique, elle voisine au Nord – Est avec l'ex – Sahara espagnol qui ouvre le pays sur le Maroc, au Nord Est avec l'Algérie, à l'Est avec le Mali, et au Sud avec le Sénégal. Le fleuve Sénégal délimite les deux états. D'une superficie supérieure à un millon de km², la Mauritanie représente environ deux fois la France. Les trois quarts du pays sont désertiques. 

Sur le même thème: Villes africaines et environnement (1) 


Publié le 18 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

Villes africaines et environnement.(1)

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Un marché local à Ibadan (Nigeria). Photo: ONU – habitat Programme.  

Bonjour,   
 

Les villes africaines, et l’environnement, pourquoi pas ? Thème d’une petite série qui a le double avantage de coller au programme, et d’alimenter quelques blogs. Il convient d’abord de survoler un paysage urbain, surpeuplé et anarchique, qui échappe depuis longtemps aux règles de l’urbanisme, et au dictionnaire de l'environnement.

Des villes toujours en mouvement.

Les villes africaines sont toujours en mouvement. Dans les quartiers résidentiels, villas démesurées, gardiens armés, et voitures de luxe, le mouvement est plus lent, ralenti par le prix des terrains. Les vieux quartiers du centre, surpeuplés, dégradés, paupérisés, sont toujours en effervescence, mais ils n’ont guère d’espace pour s’étendre. Alors, ils gonflent. Mais c'’est dans les banlieues environnantes que la ville se transforme le plus. Ces zones périphériques, composées d’habitations disparates, s’improvisent, inventent un bâti anarchique, éphémère, mais souvent destiné à durer. Les villes africaines sont toujours en train de se fabriquer, et de grignoter l’espace alentour. Surpeuplées, elles produisent des taudis qui s'étalent sur le territoire environnant. 

Un continent rural, une urbanisation rapide et inégale.

L’Afrique s’urbanise rapidement. Cette urbanisation, voisine de 5% par an, est l’une des plus importantes au monde. (Ernest Harsch, 2001) A l’échelle du continent, cette urbanisation  est inégale. Plus affirmée au Sud et au Nord, et dans les pays de l’axe Atlantique, elle reste faible dans les pays du Sahel. L’Afrique subsaharienne, l’une des régions la moins peuplée du monde, est aussi la moins urbanisée. (Christine Auclair, Nations Unies, 2005)  Même si l’Afrique reste le continent le moins urbanisé (38 % contre 80% pour les pays d’Europe occidentale et les Etats-Unis), il devrait connaître un afflux vers les villes sans précédent dans les 25 prochaines années. Et dans trente ans, il est probable que la moitié des Africains seront des citadins. (E Harsch, 2001, R. Pourtier, 1999). 

Une urbanisation qui puise dans les campagnes.

Cette urbanisation puise dans les campagnes. Beaucoup de paysans africains, chassés par les sécheresses, les problèmes environnementaux, et la pauvreté, viennent gonfler les bidonvilles urbains avec l'illusion d'y trouver un travail. Le développement de Dakar, qui concentre deux millions d’habitants, soit environ 25% de la population du Sénégal, résulte, en grande partie, de l’exode des exploitants agricoles, et notamment ceux du bassin arachidier (régions de Kaolack, Fatick, Djourbel ), qui se sont paupérisés dans les années 80. (Abdou Salam Fall, Sénégal, 2002) Au Burkina Fasso, qui compte un peu plus de 12 millions d’habitants, plus d’un million habite Ouagadougou. Entre 1975 et 1996, Ouagadougou a multiplié sa population par 4, et Bobo Dioulasso, la seconde ville du pays, par 3. L’exode rural, que l’on prétend en baisse, explique cette évolution. Mais Ouagadougou  pourrait compter plus de 2 millions à l’horizon 2010 (Ouaga Focas, N°31, mars 2005 ; Service de Coopération et d’Action culturelle, 1999). Plusieurs décennies de ce schéma migratoire ont d’ailleurs produit des villes « macrocéphales », avec une tête bien trop grosse pour le pays. Une tête trop pleine pour bien fonctionner.  

Bidonvilles et quartiers surpeuplés.

A force de grandir, les villes africaines ont multiplié les bidonvilles. Ces improvisations urbaines, qui conjuguent une forte natalité et une affluence migratoire, absorbent les trois quarts de la croissance des villes. En 2001, près des 3/4 des citadins africains vivent dans des quartiers qualifiés de « bidonville ». En chiffres, cela se traduit par environ 166 millions d’habitants. (ONU habitat, 2005, C. Auclair). Les densités urbaines attestent encore du malaise urbain. Dakar présente des densités moyennes d’environ 3000 habitants au km², avec des inégalités entre quartiers riches et quartiers pauvres. (Sources officielles, Sénégal) A Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, les densités de certains quartiers frôlent les 400 habitants à l’hectare. (Urbaplan, 2003. ) Dans le quartier du Boulbinet, à Conakry en Guinée, les densités moyennes de 400 à 500 habitants à l’hectare, culminent à 600 à 700 habitants à l’hectare. (Source : http://africartmodern.com/site19.06.02/conakry.htm ) Mais attention, ces densités invraisemblables ne concernent que de petites surfaces urbaines. Bidonvilles, zones surpeuplées, taudis… Il  y a aussi des habitats précaires et insalubres, dans les quartiers chics, à faibles densités. Reste un constat, les villes africaines comptent 40% de citadins vivant dans les taudis de plus qu’aucune ville au monde. Et ils sont encore 36% au dessous de la moyenne mondiale en matière d’accès à l’assainissement dans les villes. (ONU Habitat, 2005) 

Des quartiers où il ne fait pas bon vivre.

Pour Nelson Mandela, l'ancien Président de l'Afrique du Sud, "l'Afrique subsaharienne est la seule région du monde où l'urbanisation est liée à une croissance économique négative. Ceci exacerbe les problèmes déjà énormes de l'urbanisation. » (Ernest Harsch, 2001) C'est vrai ailleurs, beaucoup de villes africaines se sont développées sans opportunité économique, et sans emploi. Surpopulation, chômage, problèmes d’accès à l’eau, manque d’équipements sanitaires, pas d’évacuation des eaux usées, amoncellement des déchets domestiques, égouts à ciel ouvert, chemins de terre inondés pendant la saison des pluies, accès aléatoire à l’électricité, problèmes de transports, pollutions, et épidémies, il ne fait pas bon vivre dans les quartiers pauvres. Ces quartiers sont aussi plus vulnérables. En septembre 2005, Dakar a connu des inondations dues à une forte saison des pluies, qui ont sinistré nombre de quartiers, notamment les plus pauvres. Dans ces quartiers défavorisés, les habitants y mènent une vie de cauchemar: ils dorment peu en raison du nombre de personnes par pièce, de la chaleur ambiante, ils se lèvent à des heures inouïes pour attraper un car rapide qui va les conduire au travail, quand ils en ont un, marchent beaucoup, se débrouillent au quotidien pour nourrir les enfants, l’école est déjà un luxe, stockent l’eau qu’ils achètent dans des récipients en plastique ou des bassines, jettent les eaux usées dans la rue, et les ordures où ils peuvent. Les épidémies sont fréquentes. Encore Dakar, le choléra revient régulièrement, parfois plusieurs fois par an, dans certains quartiers surpeuplés. Dans ces bidonvilles urbains, l’insalubrité colle à environnement.  

 Des villes polluées.

A l’échelle de la ville, la voiture, les ordures, et les pollutions générées par certaines activités industrielles, défient encore les règles écologiques, et sanitaires. Une législation permissive et le manque de moyens portent ces aberrations environnementales. Les cars rapides qui fument comme des cheminées, et un parc automobile vétuste, contribuent à une forte pollution atmosphérique. Il suffit de passer une heure dans un embouteillage à Dakar pour s’en rendre compte. A Conakry, les poussières de bauxite qui s’accumulent sur les tôles ondulées des habitats, situés en contrebas de la route en construction qui mène à l’aéroport, donne une idée de ce que peuvent absorber les habitants. Enfin, les tas d’ordures, pollution visuelle et olfactive, gâchent le paysage urbain. Avec des inégalités. Yaoundé, au Cameroun, serait "hérissée de nombreuses collines artificielles"… de déchets. (Jean Nke Ndii, Le Monde Diplomatique, décembre 2002) Dakar semble mieux gérer son problème d’ordures ménagères que Nouakchott.  En matière d'environnement, Nouakchott, qui stocke ses déchets à ciel ouvert sur quelques kilomètres carrés, à côté de la mer, déchets ménagers et industriels, huile de vidange qui pénètre la nappe phréatique, carcasses de voitures et d’animaux morts, quand ces ordures ne s’entassent pas dans la ville, est un cas intéressant. Alors, de temps en temps, des bulldozers enterrent les ordures dans le désert, créant des strates géologiques qui ne manqueront pas d’intriguer les géologues du futur.

Surpopulation, pollution, et insalubrité urbaines, ne sont pas des spécificités africaines. Mais, zoom sur l'Afrique. Je vous donne rendez – vous à Nouakchott, une cité imaginée par les urbanistes français, il y a à peine cinquante ans.

M.J.


Publié le 16 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

Al Gore met le réchauffement climatique à la « Une ».

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"Une vérité qui dérange". 

 
Bonjour,

Le réchauffement climatique à la "Une" de l'actualité française. Un prétexte, la sortie en France du documentaire américain "Une vérité qui dérange".  Al Gore, ex- vice Président des Etats – Unis, dénonce le réchauffement de la planète, et ses conséquences tragiques pour l'avenir de l'humanité.

Le point de vue de Claude allègre.  

Hier, la journée commence sur France Inter avec Claude Allègre, Professeur des Sciences de la Terre à l'Institut universitaire de France, ancien ministre de l'éducation nationale,  invité du "7- 9H30". Claude Allègre, qui consacre sa rubrique hebdomadaire dans l'Express au changement climatique, fait l'ojet d'une polémique mediatico- scientifique, depuis le 21 septembre dernier. Ce jour là, il nuance les conclusions du gotha scientifique sur le réchauffement climatique: "Les changements climatiques résultent plus d'une grande variabilité des phénomènes que d'un réchauffement global". (Le Monde, 4 octobre 2006). Il doute aussi de la responsabilité humaine dans les changements climatiques. Il s'interroge encore sur le "rôle du CO²". Quelques jours plus tard, Claude Allègre confirme ses positions: "Nous ne nions nullement le changement climatique, mais nous considérons que le réchauffement global n'est pas le phénomène essentiel (…)Si la température augmente de 1°c ou de 2°c par siècle et que le niveau de la mer augmente de 25 centimètres, cela ne nous paraît pas catastrophique".( Stéphane Foucart, Le Monde, 10 octobre 2006) Face à Dominique Raynaud, membre du GIEC (Groupe Intergouvernemental des Experts sur le Climat), Claude Allègre a encore défendu son point de vue sur les ondes de France Inter.

Al Gore au coeur de l'actualité environnemerntale.  

Hier, Libération consacre encore son dossier "évènement" à l'environnement: "Climat: front sur le CO²". Deux pages sur le réchauffement climatique, à l'occasion de la sortie sur les écrans français de "Une Vérité qui dérange". Ce documentaire, signé Davis Guggenheim, présente Al Gore, ex-candidat à la Maison Blache, dans sa croisade contre le réchauffement climatique. Al Gore, qui avait incité son pays à ratifier le Procole de Kyoto, est un ardent défenseur de la cause environnementale. Le Monde daté du 10 octobre, consacre encore un papier à la sortie de ce film, projeté en privé aux parlementaires français. Concernant l'intérêt des élus français, le constat est amer: "Malgré la gravité des conséquences prévisibles du réchauffement, malgré l'ampleur des changements nécessaires pour infléchir la tendance, le niveau d'information et d'intérêt des Parlementaires est "dramatique" "(Gaëlle Dupont, Le Monde, 10 octobre 2006) . Le commentaire "dramatique" est du député UMP de Haute Loire, Laurent Wauquiez. Il ajoute: "Ils ont du mal à prendre en compte les enjeux globaux(..) Nous raisonnons sur un laps de temps de 3 à 5 ans, insuffisant pour traiter ce genre de problématique." Quelques jours plus tôt, Libération constate: "Sur fond de crise pétrolière et de réchauffement climatique, les politiques pourraient faire de l'environnement" (Laure Noualhat, Libération, 6 octobre 2006). Cet article évoque les positions des politiques face aux enjeux environnementaux. Même son de cloche que précédemment, l'engagement est timide. Mesures trop lourdes à mettre en oeuvre, ou manque de courage politique?

Le point de vue de James Hansen.  

Fin septembre, un bilan établi par le climatologue James Hansen, du Goddard Institut For Space Sudies (GISS), rassemblant toutes les données climatiques de la planète,  secoue le milieu scientifique et médiatique. Pendant les trois dernières décennies, la température a augmenté de 0, 6°C, alors que l'augmentation pour le siècle a été de 0,8°C. Ce qui signifie que le processus s'accélère. L'année 2005 a été la plus chaude jamais enregistrée. D'après le climatologue, il manque moins de 1°C pour que la terre atteigne le pic de température qu'elle a connu il y a un million d'années. Si ce réchauffement atteint les 2°C ou 3°C, la géographie de la planète en serait bouleversée. James Hansen travaille depuis longtemps sur le sujet, mais ses travaux ont été censurés par l'administration Bush, qui nie son caractère scientifique.(Le Monde, 29 septembre 2006) Ce qui donne un nouvel éclairage au documentaire de Gore.

En retenir quoi? Le réchauffement climatique est annoncé comme le principal danger pour l'avenir de la planète. Des signes météorologiques (réchauffement de la température, fonte des glaciers, sécheresses, fréquence des cyclones..) accompagnent cette prédiction. La grande majorité des scientifiques s'affolent. D'autres, à tort ou à raison, tempèrent. Certains, comme les politiques français, s'engagent  timidement pour la cause environnementale. D'autres, comme Georges Bush, semblent ignorer les avertissements des scientifiques, par intérêt bien compris. J'aurais plutôt tendance à rejoindre le clan des "inquiets", mais je ne suis pas spécialiste. Pendant ce temps, des climatologues sinterrogent sur la façon de refroidir artificiellement la planète. Parmi les solutions, envoyer un immense miroir entre la Terre et le Soleil, au delà de l'orbite lunaire, pour dissimuler une partie du soleil, et diminuer l'éclairement de la terre. (Le Monde, 30 septembre 2006) 

M.J. 

Pour retrouver l'émission de France Inter, aller sur le site de France Inter. Clic à gauche sur le "7- 9h30", et clic à droite pour (ré) écouter l'émision  en archive (mercredi 11 octobre – Invité Claude Allègre). L'émission est accessible avec le lecteur "Real Player".

 Pour les articles cités, pas toujours possible de faire un lien. Essayez de trouver la presse à la bibliothèque du lycée….

Enfin, une petite visite sur un site destiné à sauver le  protocole de Kyoto. 

Voir aussi: "300 millions d'Américains qui abusent de la planète" :la démographie américaine pèse sur l'écologie.


Publié le 12 octobre 2006 par marlene dans Comprendre,Non classé

Nauru, une banqueroute écologique.

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Nauru, une île fantôme.  

 
Hello,

Troisième halte dans l’univers océanien, l’île de Nauru. C’est l’histoire d’une tragédie écologique et humaine, décomposée en trois temps. Au début, une île perdue dans le Sud Pacifique. Découverte du phosphate, exploitation étrangère, puis nationale. L’argent coule à flots, excès et démesure, la ressource s’épuise. Troisième temps, faillite économique, écologique, et humaine, c’est le temps du « sous – développement durable ». Dans le contexte d'une exploitation anarchique des ressources de la planète, l'histoire de Nauru apparaît comme un avertissement.

Un gros caillou prometteur.

Comme beaucoup d’îles océaniennes, l’île de  Nauru  a surgi des entrailles du Pacifique à la faveur d’une éruption volcanique, il y a quelques millions d’années. Nauru est un bout de terre isolé au Sud de l’équateur, situé entre la Papouasie – Nouvelle Guinée à 2000 kilomètres à l’Ouest, et Kiribati, à 1500 kilomètres vers l’Est. Ce morceau de roche de 22 km², aperçu pour la première fois par les Européens en 1798, est alors appelé « L’île Plaisante », en référence à l’accueil de ses habitants. Pendant tout ce temps, la géologie a travaillé. Au fil des millénaires, des fientes d’oiseaux se accumulées sur les coraux pour produire du guano. Ce guano, mélangé à des dépôts marins, a formé du phosphate.  Cette ressource est révélée en 1900. On raconte qu'un géologue, qui avait décidé d’analyser le gros caillou qui bloquait sa porte, est à l'origine du filon. C'est la fin du premier temps de l’histoire de Nauru, un temps long de formation géologique et de maturation des écosystèmes.

Signes de « nouveaux riches ».

En 1907, la Pacific Phosphate Company, aux mains du colonisateur allemand, commence à exploiter le phosphate. Après la Première Guerre Mondiale, l’Australie, la Nouvelle Zélande, et la Grande Bretagne tirent parti du Phosphate, dont les engrais enrichissent les sols agricoles de ces grands voisins du Pacifique. En 1968, Nauru devient indépendante, et prend le contrôle de la ressource. Quelques envolées du cours du phosphate sur le marché suivent l’indépendance. La fortune de Nauru est assurée. Les dirigeants placent de l’argent à l’étranger, investissent dans l’immobilier, à Melbourne, à Sydney, à Hawaï, ou à Londres, des Boeings d’Air Nauru desservent l’Australie et le Japon, presque vides, chaque habitant touche son chèque à la fin du mois, l’éducation et la santé sont gratuites, et on importe des tonnes de nourriture industrielle de l’étranger, des grosses voitures, du matériel vidéo, tout est permis, tout est facile,l’argent coule à flots. Nauru est devenu l’un des Etats les plus riches de la planète. Après trente années d’exploitation du phosphate, fin de ce second temps de l’histoire de Nauru. Temps court. 

Ruine et corruption.  

Au  début des années 2000, la faillite de Nauru se révèle. L'Etat est en banqueroute, les dettes s’accumulent, les investissements immobiliers s'évanouissent au gré des mauvaises gestions, les réserves de phosphate s’épuisent, il devient de plus en plus difficile à extraire, et l’argent récupéré des Australiens et des Néo zélandais au milieu de années 90, en dédommagement de l’exploitation coloniale, a été englouti. Le blanchiment d’argent,  le trafic de passeports destiné à des ressortissants Taïwanais et Chinois en situation délicate, ou l’appui au  terrorisme international, affinent le tableau d’un micro – état, ruiné et corrompu. Et contre quelques avantages financiers, Nauru accueille encore quelques centaines de demandeurs d’asile, indésirables en Australie. Mais cette faillite économique est, aussi et surtout une faillite écologique, et humaine. 

Une faillite écologique et humaine.

Le plateau central de Nauru ressemble aujourd’hui à un paysage lunaire, épuisé, hérissé de pitons de corail mort, défiguré par l’exploitation du phosphate, et vomissant ses vestiges. Au total, 85% de l'île est dévastée. L'exploitation du phosphate a notamment porté un phénomène de déforestation, provoquant la disparition des oiseaux. Rien ne pousse sur le corail, sauf le lichen. Et les projets qui visent à redonner vie à ce désert lui ressemblent, sans avenir. Même la barrière de corail n'a pas été épargnée. Seul, un fragment d’île, le lagon de Buada, quelques kilomètres carrés oubliés des excavatrices, rappelle un paysage d’Océanie. 

Les habitants de Nauru, les Nauruans, environ 13 000 personnes, portent les mêmes stigmates que leur territoire, défigurés et improductifs. A force de bouffe importée, ils sont devenus obèses, briguant même le record mondial de diabète, n’étant actuellement qu’au second rang. L’argent facile en a fait des super-consommateurs, vidéos, quatre – quatre, et gros frigos, qui ne savent plus pêcher un poisson, faire pousser un papayer, ou un bananier. Fini le coca, ils sont aujourd'hui réduits à boire de l'eau de pluie. En attendant un hypothétique visa pour l’Australie ou la Nouvelle Zélande, une culture est entrain de s’éteindre.
 

Il y a eu plein d’articles sur le sujet en 2003, 2004 et 2005 (écrits notamment par Florence Decamps pour Libération le 7 aôut 2004, ou par Jean Michel Demetz pour l’Express, le 3 mars 2005), et dans la presse australienne (Exemple, Courrier International, 6 décembre 2001). Nauru a encore fait l’objet d’un reportage sur Arte, rediffusé le 20 septembre dernier.  L'itinéraire de Nauru, qui fascine et effraie, campe la triste métaphore du devenir planétaire. En trente ans, temps court dans l’histoire d’une île surgie il y a quelques millions d’années, les Nauruans ont épuisé leurs phosphates et leurs écosystèmes, deux ressources non renouvelables. Une incitation à faire gaffe.

M.J. 

 

En Prime, le carnet de route illustré d'un Canadien qui découvre le gachis…  

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Publié le 10 octobre 2006 par marlene dans Comprendre,Non classé

Santo: un catalogue de la biodiversité.

img_santo2166.miniature.jpg Bonjour, 

Aujoud'hui, une petite pause pour oublier les catastrophes environnementales,  cap sur Santo. Santo, c'est l'île principale de l'archipel des Vanuatu, situé au coeur du Pacifique Sud. Depuis aoùt dernier, des scientifiques explorent cette île isolée pour y faire l'inventaire de la biodiversité. Cette expédition, qui s'appelle "Santo 2006", devrait s'achever en décembre prochain. C'est le catalogue le plus ambitieux de la biodiversité jamais entrepris. 

                                 

Santo, riche de son isolement. 

L'archipel de Vanuatu, une douzaine d'îles, quatre vingts ilôts, et quelques opportunités d'îles désertes, s'étire sur 800 kilomètres dans le Pacifique Sud, et l'espace mélanésien. Nous sommes à 500 kilomètres au Nord – Est de la Nouvelle Calédonie, et au Nord – Ouest des îles Fidji, distantes d'un millier de kilomètres. Le nom de Vanuatu, qui signifie  "l'île qui s'élève au dessus de la mer", esquisse la géograhie de Santo . Santo est une île de 4000 km², au relief montagneux, de type volcanique et corallien. Cette île isolée, difficile d'accès dans sa partie occidentale, montagneuse et inhospitalière, a conservé son formidable patrimoine écologique. Santo présente les écosystèmes les plus riches, les plus méconnus, et les plus menacés da la planète. Les forêts tropicales et les récifs corralliens y présentent donc un intérêt particulier. 

 

4oct_2_gen.miniature.jpgL'inventaire du vivant.   

L'expédition "Santo 2006" vise à faire l'inventaire du vivant. Elle est organisée par le Museum d'Histoire Naturelle, l'IRD (Institut de Recherche pour le  Dévelopement), et par l'ONG Pro-natura international. Pendant cinq mois, 160 scientifiques, originaires de 25 pays, vont sillonner Santo et son littoral, pour interroger cette biodiversité insulaire. Ils vont passer en revue les fond marins, les récifs, les grottes, les zones d'eau douce, les montagnes, et la canopée forestière, pour y découvrir leurs habitants. Une méthodologie pointue devrait révéler les composantes de cette biodiversité. Elle devrait notamment permettre d'approfondir la connaissance des petits animaux marins et terrestres, qui constituent l'essentiel du vivant sur la planète. Mais les scientifiques s'interesseront encore aux habitants de Santo, mémoire de cette biodiversité, et source de savoir. Santo représente un capital humain et culturel de 400.000 habitants, qui parlent 40 langues. Autant de connaissances traditionnelles destinées à enrichir ce tableau du vivant.

 

2oct_1_genS.jpgQuelques échantillons du catalogue.  

Le site de "Santo 2006" vous invite à faire un petit voyage sur cette île du Pacifique, à la recherche des curiosités de cette biodiversité. Ce site présente l'expédition, ses acteurs et ses moyens, et détaille ses objectifs. Mais surtout, ce site ouvre trois espaces:

-Un espace "scientifique" lié à un blog montre des "échantillons" de petits mollusques et crustacés, déjà collectés.

-Un espace "expédition" qui vous permet de visiter l'île de Santo. Il  propose encore sous la rubrique, "envoyé spécial", un carnet de route illustré de l'expédition (image, audio, vidéo…).

-Un espace "contact" , qui ouvre les portes du Palais de la Découverte de Paris. 

Quiros, un navigateur espagnol, rêve de découvrir la Terra Australis Incognita, cette terre australe qui habite l'imaginaire des grands navigateurs. En 1606, Quiros débarque sur une terre qu'il prend pour la côte Nord du continent austral. Il l'appelle "Australia del Espiritu Santo". Quiros vante tellement les richesses de cette île, que pendant plus d'un siècle, tous les voyageurs scrutent les amas de nuages pour y lire la proximité de Santo. 

M.J. 

La canopée forestière, c'est l'étage situé au sommet de la forêt tropicale humide. C'est ici que vivent la majorité des espèces.  


Publié le 6 octobre 2006 par marlene dans Comprendre

Tuvalu condamné par les eaux.

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Bonjour,

Quelques poussières d'atolls perdus dans l'immensité du Pacifique Sud, entre Mélanésie et Polynésie, au nord des îles Fifji. Des palmiers, des coraux, des poissons, une déclinaison de bleus turquoise et outremer, des gosses qui se jettent dans le lagon en faisant des plongeons arrière, tout promettait de si belles vacancesA terme, le réchauffement climatique condamne ce micro – paradis.

Un paradis isolé dans le Pacifique Sud.  

C’est un petit chapelet d’atolls qui s’étire sur 600 kilomètres dans le Sud Pacifique, à l’Est des îles Salomon, au Nord de Fidji, et au Nord Ouest de l’archipel des Somoa, d’où sont venus les premiers occupants de Tuvalu, des polynésiens arrivés au XIV° siècle. Tuvalu signifie « huit, ensemble », en référence aux huit îles habitées d’un archipel qui en compte neuf. Avec 25 km² de surface émergée, un confetti, c’est l’un des plus petits Etats du monde, membre du Commonwealth. Un Gouverneur général dirige ce petit pays, dont le chef d’Etat est la reine d’Angleterre. A Tuvalu, pas besoin de fast – food, on y mange des tonnes de poissons frais pêchés dans les lagons. Des tortues vertes viennent pondre à Fongafale, le principal atoll de l’archipel. On y croise encore des dauphins, des raies manta, et une multitude d’oiseaux marins. Les 11600 habitants de Tuvalu, fiers de leur pays, profitent tranquillement d’un paradis isolé, bordé de lagons cristallins. Ils accueillent à bras ouverts les quelques touristes qui débarquent à l’aéroport de Funafuti, la capitale, quand la piste d’atterrissage n’est pas submergée par de grosses marées. Tuvalu est aussi l’un des Etats les moins élevés du monde. 

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Tuvalu, un chapelet d'atolls étirés sur 600 kms.

Un état menacé par la mer.  

Tuvalu pourrait être l’un des premiers Etats à disparaître dans le cas d’une élévation du niveau de la mer, conséquence d’un réchauffement climatique. En effet, l’attitude moyenne du pays se situe à deux mètres au dessus de la mer. Et le point culminant de l’archipel ne dépasse pas cinq mètres. En janvier et février 2006, Tuvalu a connu les plus hautes marées jamais enregistrées, environ 1, 50 mètre au dessus du niveau de la mer. Ce phénomène, né de convergences météorologiques naturelles, pourrait avoir été boosté par les effets du réchauffement climatique. (Samir S Patel, Nature, avril 2006)  A l’extrémité de la piste d‘atterrissage de Funafuti, on peut voir des cratères laissés par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils se sont transformés en lagons artificiels, dans une zone surpeuplée. Entre novembre et mars, lors de grandes marées dont l’amplitude peut atteindre trois mètres, les habitants ont de l’eau jusqu’aux genoux. Et quand la marée s’emballe, toute la population,  hommes, femmes, enfants, et animaux domestiques, déménagent vers les rares hauteurs de l’archipel. A la suite de fortes marées et de cyclones, autre conséquence d’une planète plus chaude, la plupart des îles de Tuvalu ont perdu leurs belles plages de sable fin. Pour l’Australian Institute, Tuvalu serait l’un des quatre « pays bas » menacé d’être submergé, si les tendances climatiques se confirment. (A. Bamain, The Age, in Courrier International, 27 avril 2006) Une élévation de la mer, inférieure à un mètre, suffirait à engloutir Tuvalu.  

 Les hommes, acteurs de l’érosion.  

Mais le réchauffement climatique n’explique pas tout. Les nuisances environnementales, héritées de la Seconde Guerre mondiale ou provoquées par les habitants, contribuent à la vulnérabilité de l’archipel. Pendant la guerre, on a creusé le corail pour construire des pistes d’atterrissage pour les Américains. Ce corail n’est plus là pour freiner l’érosion côtière, et adoucir l’effet des tempêtes et des typhons. Des digues et d’autres aménagements, datant de cette guerre, ont accentué l’érosion côtière, et provoqué de profond cratères, aujourd’hui comblés d’eau croupie et d’ordures. (CI, Avril 2006). En dépit des interdits, les plages de Tuvalu ont été pillées pour fabriquer les petites maisons en béton des habitants. Cette exploitation anarchique de la côte ouvre encore la voie aux submersions marines. (Nature, avril 2006)  

Dans l’espoir de trouver un autre paradis.  

Et si Tuvalu disparaît, il faudra bien aller quelque part. Les Autorités de Tuvalu ont entamé des discussions avec l’Australie et la Nouvelle Zélande pour demander l’accueil des populations.  Certains prétendent que c’est un prétexte pour s’installer à l’étranger. L’un des habitants de Tuvalu qui souhaiterait s’établir en Nouvelle Zélande résume : « Parce qu’on aime la mer, on a besoin d’un endroit situé près de la mer. Et ces endroits sont chers ». (Nature, avril 2006) Mais cette « migration climatique » n’est pas qu’un problème logistique, ou économique. Elle pose aussi un problème culturel. Un scientifique australien, originaire de Tuvalu, plaide pour un déplacement de la population à Kioa, une autre île du Pacifique située dans l’archipel de Fidji. L’île de Kioa, offerte dans les années 50 aux « réfugiés du nucléaire », ceux qui voulaient échapper à leurs retombées, accueille déjà des habitants de Tuvalu. Cette solution permettrait de réunir les habitants de Tuvalu sur une même île, où ils pourraient continuer à faire vivre leur langue et leur culture. Mais le Gouvernement de Fidji, qui étudie cette possibilité, prétend que l’évacuation de Tuvalu n’est pas une urgence. (CI, Avril 2006)  

En attendant l’Atlantide.  

En attendant que Tuvalu se transforme en Atlantide, les jeunes gens jouent au cricket, au volley, au rugby, au foot, ou au te ano (voir ci dessous) sur la piste de l’aéroport de Funafuti, reconvertie en immense terrain de jeu quand aucun avion n’est à l’horizon, et que la piste n’est pas submergée par les marées. D’ailleurs, de nombreux habitants ont du mal à imaginer Tuvalu sous la mer. C’est qu’ils sont très religieux. D’après la Bible, la terre a connu une grande montée des eaux, mais elle sera épargnée par une nouvelle inondation capable de la détruire, alors ils font confiance à Dieu. Mais certains insulaires commencent à s'inquiéter de cette menace, annoncée par les scientifiques. Même si Tuvalu n'est pas englouti, une élévation de la mer de 20 à 40 cms au cours du prochain siècle augmenterait la fréquence et l’ampleur des inondations, et accélèrerait l’érosion côtière. La destruction des habitations, les difficultés d’accès à la nourriture, et les pollutions diverses transformeraient ce paradis en enfer. La multiplication des cyclone ajoute un autre inconnue. L'échéance ? Certains parlent d'une cinquantaine d'années. D'autres, plus optimistes, la repoussent. (Nature, Avril 2006) Reste une quasi - certitude, à terme, Tuvalu est condamné par les eaux.

Et pour retrouver la magie de ces atolls du Pacifique, il y a un film,  "Retour au Paradis", avec Gary Cooper, vahinés et lagons colorisés garantis, un petit bijou kitch.

M.J  

Le te ano se joue avec deux balle très dures, modelées dans des feuilles. Ce jeu est un mélange violent de volley ball et de murderball, un autre jeu violent importé d’Ecosse, où tous les coups sont permis pour récupérer une balle. 

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Tuvalu est encore connue pour sa production de timbres, exportée dans le monde entier. Les poissons du lagon de Funafuti, les fleurs de Waitupu, ou les fruits de Nanumea, voyagent ainsi à travers le monde. Ils font le bonheur des collectionneurs qui ne verront sans doute jamais Tuvalu. Mais le petit état diversifie sa production en offrant, par exemple, des modèles de voiture ancienne.


Publié le 4 octobre 2006 par marlene dans Comprendre