Tuvalu condamné par les eaux.
Bonjour,
Quelques poussières d'atolls perdus dans l'immensité du Pacifique Sud, entre Mélanésie et Polynésie, au nord des îles Fifji. Des palmiers, des coraux, des poissons, une déclinaison de bleus turquoise et outremer, des gosses qui se jettent dans le lagon en faisant des plongeons arrière, tout promettait de si belles vacances…A terme, le réchauffement climatique condamne ce micro – paradis.
Un paradis isolé dans le Pacifique Sud.
C’est un petit chapelet d’atolls qui s’étire sur 600 kilomètres dans le Sud Pacifique, à l’Est des îles Salomon, au Nord de Fidji, et au Nord Ouest de l’archipel des Somoa, d’où sont venus les premiers occupants de Tuvalu, des polynésiens arrivés au XIV° siècle. Tuvalu signifie « huit, ensemble », en référence aux huit îles habitées d’un archipel qui en compte neuf. Avec 25 km² de surface émergée, un confetti, c’est l’un des plus petits Etats du monde, membre du Commonwealth. Un Gouverneur général dirige ce petit pays, dont le chef d’Etat est la reine d’Angleterre. A Tuvalu, pas besoin de fast – food, on y mange des tonnes de poissons frais pêchés dans les lagons. Des tortues vertes viennent pondre à Fongafale, le principal atoll de l’archipel. On y croise encore des dauphins, des raies manta, et une multitude d’oiseaux marins. Les 11600 habitants de Tuvalu, fiers de leur pays, profitent tranquillement d’un paradis isolé, bordé de lagons cristallins. Ils accueillent à bras ouverts les quelques touristes qui débarquent à l’aéroport de Funafuti, la capitale, quand la piste d’atterrissage n’est pas submergée par de grosses marées. Tuvalu est aussi l’un des Etats les moins élevés du monde.
Tuvalu, un chapelet d'atolls étirés sur 600 kms.
Un état menacé par la mer.
Tuvalu pourrait être l’un des premiers Etats à disparaître dans le cas d’une élévation du niveau de la mer, conséquence d’un réchauffement climatique. En effet, l’attitude moyenne du pays se situe à deux mètres au dessus de la mer. Et le point culminant de l’archipel ne dépasse pas cinq mètres. En janvier et février 2006, Tuvalu a connu les plus hautes marées jamais enregistrées, environ 1, 50 mètre au dessus du niveau de la mer. Ce phénomène, né de convergences météorologiques naturelles, pourrait avoir été boosté par les effets du réchauffement climatique. (Samir S Patel, Nature, avril 2006) A l’extrémité de la piste d‘atterrissage de Funafuti, on peut voir des cratères laissés par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils se sont transformés en lagons artificiels, dans une zone surpeuplée. Entre novembre et mars, lors de grandes marées dont l’amplitude peut atteindre trois mètres, les habitants ont de l’eau jusqu’aux genoux. Et quand la marée s’emballe, toute la population, hommes, femmes, enfants, et animaux domestiques, déménagent vers les rares hauteurs de l’archipel. A la suite de fortes marées et de cyclones, autre conséquence d’une planète plus chaude, la plupart des îles de Tuvalu ont perdu leurs belles plages de sable fin. Pour l’Australian Institute, Tuvalu serait l’un des quatre « pays bas » menacé d’être submergé, si les tendances climatiques se confirment. (A. Bamain, The Age, in Courrier International, 27 avril 2006) Une élévation de la mer, inférieure à un mètre, suffirait à engloutir Tuvalu.
Les hommes, acteurs de l’érosion.
Mais le réchauffement climatique n’explique pas tout. Les nuisances environnementales, héritées de la Seconde Guerre mondiale ou provoquées par les habitants, contribuent à la vulnérabilité de l’archipel. Pendant la guerre, on a creusé le corail pour construire des pistes d’atterrissage pour les Américains. Ce corail n’est plus là pour freiner l’érosion côtière, et adoucir l’effet des tempêtes et des typhons. Des digues et d’autres aménagements, datant de cette guerre, ont accentué l’érosion côtière, et provoqué de profond cratères, aujourd’hui comblés d’eau croupie et d’ordures. (CI, Avril 2006). En dépit des interdits, les plages de Tuvalu ont été pillées pour fabriquer les petites maisons en béton des habitants. Cette exploitation anarchique de la côte ouvre encore la voie aux submersions marines. (Nature, avril 2006)
Dans l’espoir de trouver un autre paradis.
Et si Tuvalu disparaît, il faudra bien aller quelque part. Les Autorités de Tuvalu ont entamé des discussions avec l’Australie et la Nouvelle Zélande pour demander l’accueil des populations. Certains prétendent que c’est un prétexte pour s’installer à l’étranger. L’un des habitants de Tuvalu qui souhaiterait s’établir en Nouvelle Zélande résume : « Parce qu’on aime la mer, on a besoin d’un endroit situé près de la mer. Et ces endroits sont chers ». (Nature, avril 2006) Mais cette « migration climatique » n’est pas qu’un problème logistique, ou économique. Elle pose aussi un problème culturel. Un scientifique australien, originaire de Tuvalu, plaide pour un déplacement de la population à Kioa, une autre île du Pacifique située dans l’archipel de Fidji. L’île de Kioa, offerte dans les années 50 aux « réfugiés du nucléaire », ceux qui voulaient échapper à leurs retombées, accueille déjà des habitants de Tuvalu. Cette solution permettrait de réunir les habitants de Tuvalu sur une même île, où ils pourraient continuer à faire vivre leur langue et leur culture. Mais le Gouvernement de Fidji, qui étudie cette possibilité, prétend que l’évacuation de Tuvalu n’est pas une urgence. (CI, Avril 2006)
En attendant l’Atlantide.
En attendant que Tuvalu se transforme en Atlantide, les jeunes gens jouent au cricket, au volley, au rugby, au foot, ou au te ano (voir ci dessous) sur la piste de l’aéroport de Funafuti, reconvertie en immense terrain de jeu quand aucun avion n’est à l’horizon, et que la piste n’est pas submergée par les marées. D’ailleurs, de nombreux habitants ont du mal à imaginer Tuvalu sous la mer. C’est qu’ils sont très religieux. D’après la Bible, la terre a connu une grande montée des eaux, mais elle sera épargnée par une nouvelle inondation capable de la détruire, alors ils font confiance à Dieu. Mais certains insulaires commencent à s'inquiéter de cette menace, annoncée par les scientifiques. Même si Tuvalu n'est pas englouti, une élévation de la mer de 20 à 40 cms au cours du prochain siècle augmenterait la fréquence et l’ampleur des inondations, et accélèrerait l’érosion côtière. La destruction des habitations, les difficultés d’accès à la nourriture, et les pollutions diverses transformeraient ce paradis en enfer. La multiplication des cyclone ajoute un autre inconnue. L'échéance ? Certains parlent d'une cinquantaine d'années. D'autres, plus optimistes, la repoussent. (Nature, Avril 2006) Reste une quasi - certitude, à terme, Tuvalu est condamné par les eaux.
Et pour retrouver la magie de ces atolls du Pacifique, il y a un film, "Retour au Paradis", avec Gary Cooper, vahinés et lagons colorisés garantis, un petit bijou kitch.
M.J
Le te ano se joue avec deux balle très dures, modelées dans des feuilles. Ce jeu est un mélange violent de volley ball et de murderball, un autre jeu violent importé d’Ecosse, où tous les coups sont permis pour récupérer une balle.
Tuvalu est encore connue pour sa production de timbres, exportée dans le monde entier. Les poissons du lagon de Funafuti, les fleurs de Waitupu, ou les fruits de Nanumea, voyagent ainsi à travers le monde. Ils font le bonheur des collectionneurs qui ne verront sans doute jamais Tuvalu. Mais le petit état diversifie sa production en offrant, par exemple, des modèles de voiture ancienne.
Publié par marlene le 4 octobre 2006 dans Comprendre
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26 octobre 2006
[...] Tuvalu, c’est le nom d’un petit chapelet d’îles dans le Pacifique Sud. Ce bout de paradis, voisin des Salomon, des Fidji, et des Somoa, pourrait être l’un des premiers Etats à disparaître dans le cas d’une élévation du niveau de la mer, conséquence d’un réchauffement climatique. Tuvalu est donc devenue le symbole d’un dérèglement climatique, responsabilité de tous. [...]