Climat: chaud et nuageux (2)
La déforestation: une forte contribution aux émissions de CO²
Photo: Alberto César – Greenpeace.
Bonjour,
Si l’on ne fait rien contre le réchauffement climatique, le monde connaîtra des tempêtes, des inondations, et des vagues de chaleur sans précédent, assorties d’un cyclone économique. « Mais, Il n’est pas trop tard pour sauver la planète », nous dit le rapport Stern sur le réchauffement climatique, publié le 30 octobre dernier. Objectif, réduire les émissions actuelle de gaz à effet de serre de 60 à 80%, d’ici à 2050. C’est-à-dire maintenir en dessous des 2°C la hausse globale des températures, par rapport à leur niveau d’avant la Révolution industrielle.(Le Monde, 31 octobre 2006)
Des mesures concrètes.
Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le rapport Stern propose de s’attaquer au système de transports, en privilégiant une façon de se déplacer « écologiquement correcte ». Le secteur de l’énergie devrait être « décarbonisé » d’au moins 60% d’ici 2050. Il serait nécessaire d’envisager la capture et le stockage de CO², car les énergies fossiles devraient encore représenter plus de la moitié de l’approvisionnement énergétique, dans les années 2050. Enfin, il conviendrait de réduire les émissions « non énergétiques », provoquées, par exemple, par la déforestation et l’agriculture.
Pays riches et pays pauvres associés.
Fini les actions isolées et les bonnes intentions sans lendemain. Pour contenir le réchauffement climatique, il faut que pays riches et pays pauvres travaillent ensemble. Que vaudrait l’effort des pays développés réduisant de 60% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, quand la Chine, jusqu’alors exemptée de « Kyoto » pour cause de « pays en voie de développement », second pollueur après les Etats – Unis, ne participerait pas à l’effort international ? Le rapport Stern propose donc un cadre international, où pays riches et pays pauvres seront associés contre le réchauffement climatique. Les premiers devant aider les seconds.
Quatre domaines d’action.
Le rapport Stern privilégie quatre orientations :
-Permis d’émissions : favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre en développant les bourses qui les récompensent. Etendre et relier entre eux les systèmes existants, en y associant les pays en voie de développement.
-Coopération technique : doubler les fonds pour la recherche et le développement des énergies à faible émissions de CO². Multiplier par cinq les fonds destiné aux technologies « propres ».
-Lutte contre la déforestation : la disparition des forêts primitives dans le monde contribue fortement l’augmentation de CO² dans l’atmosphère. Des programmes internationaux de grande ampleur devraient contribuer à enrayer cette déforestation, qui n’est pas une fatalité.
-Adaptation: les politiques d’aide au développement devront prendre en compte la vulnérabilité climatique des pays concernés par ces aides. La communauté internationale devra engager des campagnes de sensibilisation sur les conséquences de la crise climatique. La recherche agronomique devra s’orienter vers des cultures, capables de s’adapter aux variations du climat.
Réchauffement climatique et développement économique.
Selon le rapport Stern, il ne s’agit pas de choisir entre le développement économique, et la lutte contre le réchauffement climatique. Les deux sont compatibles. D’ailleurs à terme, la lutte contre le réchauffement, qui suppose innovation et technologie, pourrait constituer un secteur d’emploi et un pôle de croissance économique. C’est aussi l’un des messages du documentaire d’Al Gore « Une vérité qui dérange ».
« Agir maintenant pour limiter les dégâts »
« C’est le rapport le plus important sur le futur que j’ai jamais reçu depuis que je suis devenu Premier ministre. Le rapport Stern devrait être considéré à travers le globe comme le dernier mot sur la raison pour laquelle le monde doit agir maintenant pour limiter les dégâts que nous causons à notre planète. », commente Tony Blair, à l’origine du rapport Stern. (Libération, 31 octobre 2006) La Grande Bretagne est d’ailleur en train de devenir le champion européen de la lutte contre le réchauffement climatique. Elle devrait notamment demander à ses partenaires européens de réduire leurs émissions de CO² de 30% d’ici 2020, et de 60% d’ici 2050. (Le Monde, 31 octobre 2006) Suite à ce rapport, Tony Blair souhaite d’ailleurs qu’un nouvel accord international, plus rapide et plus efficace que Kyoto, soit rapidement trouvé (Eric Lecluyse, L’express, 31 octobre 2006)
Rendez vous à Nairobi, où se déroule la Conférence internationale des Nations Unies sur le climat. Ce sera l’occasion de faire le point sur le Protocole de Kyoto, et sur la mobilisation internationale. S’il reste encore du chemin à parcourir pour contrarier le réchauffement climatique, une évidence s’impose. Longtemps considéré comme une hypothèse scientifique, il est en train de conquérir le statut de préoccupation mondiale.
M.J.
Publié par marlene le 8 novembre 2006 dans Climat
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