Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« 10 Canoës, 150 lances et 3 épouses »: un conte aborigène.

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Hello,

Aujourd’hui, je vous propose une scéance de cinéma. « 10 canoës, 150 lances et trois épouses » est un conte aborigène qui vous emmène au bout du bout du monde….

Première séquence.

« Il était une fois dans une contrée très lointaine…

Non, pas du tout. Je vous fait marcher.

Mais je vais vous raconter une histoire.

Ce n’est pas votre histoire.

C’est mon histoire.

Une histoire comme vous n’en avez jamais vu…. »

Un conte ancestral.
Cette histoire se passe en terre d’Arnhem, au Nord de l’Australie, bien avant l’arrivée des blancs, au temps des tribus. Dix hommes, emmenés par le Vieux Minygululu, partent en brousse chercher du bois destiné à construire des pirogues, avant de s’aventurer dans les marais. C’est la saison de la collecte des oeufs de gumang, une oie sauvage semi- palmée. Nous ne verrons pas la volaille. Au cours de l’escapade, Minygululu apprend que son jeune frère, Dayindi, convoite sa troisième épouse. Ce désir est contraire à la loi tribale. Pour ramener Dayindi à la raison, Minygululu l’embarque, et nous aussi, dans un conte ancestral. Et commence un long récit où se mêlent amour interdit, enlèvement, sorcellerie, et vengeance.

Entre anthropologie et fantaisie.

Ce film est un voyage anthroplogique. Rolf de Heer, le metteur en scène – parmi ses films, « Le Vieux qui lisait des romans d’amour » – nous invite dans une communauté aborigène. Les dialogues, en langue aborigène, confirment ce parti pris anthropologique. On y découvre les Aborigènes « in situ ». On sourit d’une relation au corps sans pudeur. Et on les regarde se marrer, s’aimer, chasser, ou s’entretuer. Suit une magnifique interprétation de la mort.

« Ten canoes » est un beau voyage dans ces paysages marécageux du Nord de l’Australie. C’est aussi une invitation à découvrir une société aborigène, beaucoup plus complexe, et rarement filmée. Mauvais point, le style narratif qui plombe le récit.

M.J.

Bande annonce.

Fiche technique.

10 canöes, 150 lances et trois épouses – (« Ten canoes ») : écrit et réalisé par Rolf de Heer (avec Peter Djigirr). australie 2006- 1H30 – VOSTF (Anglais et langues yolngues), avec Crusoe Kurrdal, Jame Gulpilil, Richard Birrinbirrin…Scénario écrit en collaboration avec le habitants de Ramingining.


Publié le 31 décembre 2006 par marlene dans Non classé

Andy Goldsworthy, créateur d’environnements (2)

Bonjour,

Encore quelques minutes avec Andy Goldsworthy, créateur d’environnements, et artisan de l’éphémère.

Capturer l’éphémère.

Et pour sauver ses créations éphémères, Andy Goldsworthy utilise la vidéo, et surtout la photographie. Ces photos restituent ses oeuvres, et leur processus de création. L’oeuvre se construit, existe, puis commence déjà à se dégrader. Tous ces moments sont photographiés. Goldsworthy pense que la photo capture l’intensité du moment où son travail atteint son apogée. Le moment où l’oeuvre est la plus vivante.
Une métaphore de la relation « homme – nature ».
Si Goldsworthy conserve la mémoire de son travail, son intention n’est pas de « marquer le paysage ». Il travaille avec lui. Ses installations expriment une harmonie avec le monde naturel. Peu importe que l’oeuvre soit éphémère. Ces créations contrarient d’ailleurs la prétention historique d’un « art permanent », exhibé dans les galeries, ou les musées. Le travail de Goldsworthy apparaît encore une métaphore de la relation « homme – nature ». Si les hommes ont une certaine habilité à maîtriser la nature. A la fin, c’est souvent elle qui contrôle notre existence.

Exposition.

Pour finir, je vous propose une exposition. Ou plutôt une galerie de photos des oeuvres de Goldsworthy. Vous pouvez tourner les pages (en bas)…

M.J.


Publié le 26 décembre 2006 par marlene dans Comprendre

Andy Goldsworthy, créateur d’environnements. (1)

Bonjour,
Andy Goldsworthy est un créateur de paysages, un artiste qui réorganise la nature, avant de lui abandonner son oeuvre.

Un bon génie de l’environnement.

Andy Goldsworthy est un bon génie de l’environnement, un artiste qui creuse les glaces et les neiges, construit des arches, taille des branches, compose avec des feuilles de chêne ou d’érable, ordonne des fleurs de pissenlit, ou assemble des galets. Il travaille avec le soleil, la pluie, ou la mer, et met à profit les saisons pour exprimer son art. Goldsworthy est un compositeur qui revisite la nature, au gré de ses fantaisies. Ses projets le mènent aux Etats – Unis, en Australie, au Japon, en France, ou au Pôle Nord. Mais son terrain préféré reste la lande écossaise, là où il vit depuis une vingtaine d’années.

Des formes simples et sobres.
Né en 1956, dans le Comté de Cheshire en Angleterre, Andy Goldsworthy grandit dans le Yorkshire. Dans les anées 70, il suit les cours du Bradford College Of Art, et fréquente l’Ecole Preston Polythechnic. Il commence alors à travailler dans la nature, et lui emprunte ses matériaux. Goldsworthy utilise le sable, l’argile, la pierre, la mousse, le bois, les feuilles de fougère, les fleurs, pour composer des formes simples et sobres. Il articule souvent ses créations autour d’un arbre, ou d’un rocher. Au fil des années, Andy Goldsworthy est devenu le chef de file du Land Art.

Le Land Art.

Le Land Art est un mouvement artistique apparu dans les paysages grandioses de l’Ouest américain. Nous sommes à la fin des années 60. Ces artistes ne reproduisent pas, seulement, la nature, mais l’utilisent. La nature devient leur palette. Elle est aussi leur atelier. Le Land Art se pratique dans des espaces naturels, souvent isolés. Les oeuvres sont parfois démesurées. Par exemple, en 1969, Michael Heizer – un autre nom du Land Art- extrait 240.000 tonnes grès dans un canyon du Nevada pour créer « Double negative ». Andy Golworthy exécute une série d’arches, à Montréal, et à Goodwood en Angleterre, ou plus récemment « The Grand Rapid Arch ». Mais l’oeuvre de Goldsworthy n’est pas toujours aussi gigantesque. Elle est rarement aussi permanente.

Un art éphémère.

Le Land Art est aussi un art éphémère. Goldsworthy a édifié nombre d’arches qui ont été balayées par le vent, ou avalées par la marée. Ses créations ne survivent parfois que quelques jours, ou quelques heures. Peu importe, Goldsworthy cherche à comprendre les mécanismes de la nature : « Je veux aller sous la surface. Quand je travaille avec une feuille, une pierre, un bout de bois, ce n’est pas le matériau en lui même qui m’intéresse, c’est une ouverture aux processus de la vie, à l’intérieur et autour. Quand j’ai terminé, ces processus continuent. »(A.G) A moins qu’un contre – temps n’interrompe le processus…


Dans le prochain blog, je vous propose de regarder Goldsworthy créer une construction, vite avalée par la nature. C’est aussi ce caractère éphémère qui donne du sens à l’oeuvre.

M.J.


Publié le 25 décembre 2006 par marlene dans Non classé

Climate challenge.

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Source: Defra climate short film.
Bonjour,

Au programme, une vidéo britannique sur le réchauffement climatique, et ses conséquences planétaires.

Le gouvernement britannique s’engage contre le réchauffement de la planète.

« La menace du réchauffement climatique est plus sérieuse pour l’avenir de la planète, que celle du terrorisme » avertit Sir David King, conseiller scientifique de Tony Blair. Nous sommes en janvier 2004. Le Premier Ministre britannique entend l’avertissement. Cette année là, TonyBlair prend la présidence du G8, le groupe des pays les plus industrialisés. Il fait du réchauffement climatique l’une des priorités de sa présidence. Sur le plan national, le Royaume Uni s’engage à respecter les accords internationaux sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Il entreprend l’examen de la crise climatique, et de ses conséquences. Cette réflexion fait l’objet d’un plan, appelé UK Climate Change Plan » (UKCCP), formulé en 2005. Il s’agit de constater les dégâts du réchauffement climatique au Royaume Uni, de proposer des solutions, et d’inviter les britanniques – acteurs de la vie économique et citoyens – à prendre conscience de ce processus. Il s’agit surtout de les impliquer dans cette lutte contre les excès du climat.

Le réchauffement climatique en images.

La vidéo proposée fait partie d’un plan de communication sur les changements climatiques. A l’origine de cette iniative, le gouvernement britannique, des organismes environnementaux, le secteur du charbon, celui des transport, et les industriels. Tout le monde s’accorde à faire du climat le plus grand défi du moment. En prendre conscience, c’est peut – être commencer à changer son mode de vie. Ce sera aussi une bonne façon de réviser son anglais…
Climate Change: un petit clic sur le bouton en bas, le plus à droite de l’écran, permet une vision plein écran.

Second document, un film d’animation. Allumer une lampe, ou rouler en voiture, participent, aussi, au réchauffement climatique…Climate change animation: clic indiqué.

Substitution et adaptation.

La solution prônée par le Royaume Uni s’articule autour de deux mots: substitution et adaptation. La subsitution est une stratégie à long terme qui vise à réduire les gaz à effet de serre, afin de diminuer leur action sur le climat. L’adaptation vise à réagir aux conséquences du changement de climat, notamment pour sauver les écosystèmes et la biodiversité. Subsitution et adaptation fonctionnent ensemble. Plus le climat va se détériorer, et plus il sera difficile de s’adapter…

M.J


Publié le 20 décembre 2006 par marlene dans Climat

L’Afrique promise aux sécheresses.

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Source: morguefile. 2006.


Bonjour,

L’Afrique est le continent le plus affecté par le réchauffement climatique. C’est l’un des messages de la Conférence de Nairobi sur le climat, qui s’est achevée le 17 novembre dernier. L’Afrique est aussi l’espace le plus exposé à des accidents météorologiques, annoncés plus fréquents et plus graves. Si le réchauffement climatique est un handicap de plus pour le continent africain, il n’explique pas tout…

Un continent promis aux sécheresses.

Réchauffement, baisse des précipitations, et progression de la désertification, le diagnostic climatique de l’Afrique n’est pas nouveau. Depuis 30 à 40 ans, les données climatiques montrent que le climat se dégrade sur le continent. Si L’Afrique du Nord, l’Afrique Orientale, et l’Afrique Australe restent arrosées, l’ensemble du continent – et notamment l’Afrique subsaharienne – devrait connaître un stress hydrique dans les années à venir. (A. Nyong, 2006) Selon un rapport présenté à Nairobi, 480 millions d’Africains vivant dans des zones sensibles, pourraient manquer d’eau à l’horizon 2025. (H. Kempf, Le Monde, 17-11-2006) Selon d’autres experts, l’Afrique Australe et les pays du Sahel, promis à un régime de sécheresses, devraient encore être affectés par des pluies irrégulières et dévastatrices. (A. Nyong, 2006)

Terres cultivables et sécurité alimentaire.

Conséquence majeure, la progression de la désertification, notamment au Sud du Sahara. Si la réduction des terres cultivables handicape le continent africain depuis quelques décennies, ce processus devrait s’intensifier avec le réchauffement. Avant la fin du siècle, près de la moitié des pays du Sahel pourrait perdre l’essentiel de sa production agricole. L’agriculture du Tchad et du Niger pourrait complètement disparaître. (A. Nyong, 2006) Cette régression de l’espace cultivable pose la question de la sécurité alimentaire. Le nombre de personnes exposées à la faim devrait augmenter d’environ 100 millions de personnes d’ici 2080.( Pery et al., 1999) Et sur un continent où l’agriculture occupe 70% de la population, cette dégradation du secteur agricole se pose aussi en terme socio -économique. Quelle alternative à l’agriculture ? En Afrique subsaharienne, l’agriculture représente encore 70% des revenus d’exportation. (A. Nyong, 2006)

Santé et migrations.

Les conséquences du réchauffement climatique se posent aussi en terme de santé. On craint notamment une expansion du choléra, et du paludisme, maladies déjà très actives sur le continent. Autre conséquence, vers 2080, l’élévation du niveau de la mer pourrait déraciner 70 millions d’Africains, habitants des zones côtières. (H. Kempf, Le Monde, 17-11-2006) Si l’environnement est déjà un facteur expulsif en Afrique – émigration due aux sécheresses, à la dégradation de l’espace cultivable et des ressources… -, il pourrait devenir l’une des causes principales des mouvements migratoires à venir.

Adaptation.

Et que propose Nairobi ? Quelques idées. Celle d’un fonds d’adaptation pour aider les pays en développement, notamment les pays africains, à développer des énergies propres…Sur un continent peu industrialisé. Pas de grandes propositions, ni d’enveloppes conséquentes, pour parer aux inondations, aux déforestations, ou aux sécheresses attendues. Manque de moyens, mais aussi manque de sensibilisation des gouvernants africains sur les problèmes climatiques. Sous entendu, il y a des problèmes plus urgents à régler sur le continent. (Stéphanie Braquehais, Libération, 16 -11 -2006) D’ailleurs sur le terrain, on imagine mal un chef de village se soucier du réchauffement climatique, quand nourrir les familles est déjà un défi quotidien. En Afrique, « demain » est déjà un luxe. On a beaucoup parlé « d’adaptation » des pays en voie de développement aux changements climatiques, et à ses conséquences. Or, la quasi-totalité des pays africains, faiblement industrialisés, n’a pratiquement pas contribué aux émissions de CO², et donc au réchauffement planétaire. La part du secteur agricole (70%) le confirme. Et renforce un sentiment d’injustice.

Récolter l’eau de pluie.

L’idée de technologies adaptées est déjà plus crédible. Par exemple, récolter des eaux de pluie, pour adoucir certaines carences en eau. (H. Kempf, Le Monde, 17-11-2006) Idée simple et efficace, mais mise en place déjà plus compliquée. Il faut des moyens, et des relais sur le terrain. Pas facile, en Afrique.

Réchauffement climatique et démographie.

Ces projections climatiques ne font que confirmer un processus déjà en cours sur un continent, déjà affecté par les sécheresses et la désertification. Sous entendu, « Vous y êtes déjà, mais le pire est à votre porte…». Mais il serait réducteur d’attribuer tous les maux du continent, actuels et à venir, au seul réchauffement climatique. Par exemple, la dégradation des ressources naturelles n’est pas qu’une affaire de climat. Elle résulte aussi d’une sur – exploitation des sols et des forêts, ou d’une mauvaise gestion des ressources en eau, causées notamment par une démographie galopante. Le nombre d’individus réduit, aussi, les ressources. La pauvreté, le manque de flexibilité de l’agriculture, ou les conflits – la liste n’est pas exhaustive – pourraient encore accentuer les effets du réchauffement climatique. L’idée du « mécanisme de développement propre » (MDP), inspirée par Kyoto, et qui consiste à aider les pays pauvres à développer des projets « environnementaux », financés par les pays industrialisés, ne répond pas complètement au sujet.

D’ailleurs, la Conférence de Nairobi, qui devait préparer l’après Kyoto – la première phase s’achèvera en 2012 – a également survolé son sujet. Les discussions, concernant l’engagement des Etats à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, sont reportées en 2008.

M.J


Publié le 18 décembre 2006 par marlene dans Climat

Les mystères du Shikinen Sengu.

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Le Jingu: un style épuré d’architecture Shinto.

Bonjour,

Et si on partait pour le Japon, dans la petite ville d’Ise. Ise se situe au Sud de Nagoya et à l’Est de Nara, l’ancienne capitale du Japon, sur la péninsule de Shima – Hanto. Ise doit sa notoriété au Jingu, un sanctuaire shintoïste affublé de superlatifs. Un bijou d’architecture pré-bouddhique au Japon.

Le souffle des Kamis, les mystères du Shikinen-Seng.

Le sanctuaire Shinto d’Ise – Jingu est l’un des plus vénéré du Japon. Il se compose de deuxsanctuaires, le Geku et le Naiku. Le Geku, le sanctuaire extérieur construit au V° siècle, se situe dans la ville d’Ise. C’est ici qu’habite Toyouke -no- Okami, la déesse de la Nourriture, des Vêtements, et de la Maison. Deux fois par jour, des moines vêtus de blanc offrent du riz à cette déesse, chargée de nourrir Amaterasu –Ômikami, la déesse qui habite dans le Naiku, l’autre sanctuaire. A quelques kilomètres de là, les édifices du Naiku, environ 17 siècles d’histoire, se dissimulent dans une forêt de cyprès et de cèdres, en dehors de la ville. Le Naiku est la demeure d’Amaterasu –Ômikami, déesse du Soleil, déesse ancestrale de la famille impériale japonaise, et gardienne de la Nation. Il aurait renfermé le Miroir Sacré de l’Empereur. De cet univers shintoïste, il se dégage une atmosphère étrange et apaisante. L’architecture simple et raffinée, l’omniprésence d’une nature à peine maîtrisée, le souffle des kamis – les divinités du panthéon shintoïste -, quelques siècles d’histoire si facilement traversés ? Ou peut – être les mystères du Shikinen-Sengù.

Tous les vingt ans, la déesse change d’appartement.

Le Shikinen-Sengù défait, et refait, l’architecture du Grand Sanctuaire d’Ise. La tradition shintoïste veut que les édifices religieux soient détruits, et reconstruits tous les vingt ans à l’identique, sur des sites adjacents de superficie analogue, selon les anciennes méthodes de construction. Les pavillons, qui ne comportent pas de clous, sont assemblés avec des chevilles de bois, et des jointures qui s’emboîtent. Et tous les vingt ans, à compter de leur année de construction, les 200 édifices du sanctuaire d’Ise sont soumis au rite du Shikinen-Sengù. Quand les nouveaux bâtiments sont achevés, Amaterasu Omikami, déesse du soleil, prend possession de ses nouveaux appartements, les copies des trésors sacrés suivent. La cérémonie rituelle qui accompagne ce changement d’adresse, le Sengu No Gi, n’a été révélée aux occidentaux qu’en 1953.

Le prix d’une vieille tradition.

Le bois des vieux édifices est utilisé pour reconstruire le Torii, l’entrée du sanctuaire, assemblage de piliers horizontaux monté sur des piliers verticaux, lui-même soumis à ce rite de « déconstruction – reconstruction ». Ce bois est encore envoyé aux quatre coins du Japon, pour édifier de nouveaux temples. Les bâtiments actuels du Ise Jingu ont été reconstruits en 1993, pour la 61ème fois. Coût de cette tradition architecturale : plus de 5 milliards de yens, soit environ 33 millions d’Euros. Les raisons de cette tradition, qui remonte au VII° siècle de notre ère, ne sont pas très claires.

Quelques clés du mystère.

Hypothèses techniques. Le bois et les toitures en chaume se détériorent rapidement, d’où la nécessité de reconstruire périodiquement chaque édifice. Autre hypothèse, cette reconstruction qui a lieu tous les vingt ans, correspond à peu près à une génération. Cette périodicité permettrait de transmettre les techniques ancestrales de ces bâtisseurs de sanctuaires. Cette continuité serait encore la métaphore de la pérennité de la foi shintoïste. Autre hypothèse symbolique, selon les éléments fondamentaux du shintoïsme qui sont « nouveauté et fraîcheur », chaque nouvelle construction permettrait à Amaterasu –Ômikami, la déesse du soleil, de se régénérer.
Cette pratique remonte plus vraisemblablement à la période pré – bouddhique. Elle s’expliquerait par les tabous sur la mort dans le culte shinto. Jusqu’au VII° siècle, avant que la capitale du Japon soit établie à Nara, on pensait que la mort de l’empereur contaminait sa résidence. Après la mort de chaque souverain, la capitale était détruite, avant d’être reconstruite. Il est probable que le Shikinen-Sengù puise dans cette croyance.

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Le sanctuaire principal du Geku, caractéristique de l’architecture du Grand Sanctuaire D’Ise Jingu. Reconstruit tous les vingt ans à l’identique.

« Des oreilles de riz pendantes ».

Sur la façade de bois qui interdit l’accès au sanctuaire principal du Geku, le vent d’automne agite les shides, « les oreilles de riz pendantes ». Ces petits morceaux de papier blanc, sont attachés à des branches de sakaki, une essence qui reste verte toute l’année. Ces shides, qui marquent le territoire des kamis, sont aussi des offrandes offertes à ces divinités. A gauche de cet édifice, une petite parcelle nue attend la reconstruction de ce lieu de culte, en 2013.

Moins étendu, moins majestueux, et sans doute moins recherché que le Naiku, le Geku est plus envoûtant. Question de superficie, question de fréquentation, ou question de feeling.

M.J.

Une petite visite dans le Grand Sanctaire d’Ise pour vous faire une idée?


Publié le 13 décembre 2006 par marlene dans Non classé

Quand Tara interroge la banquise arctique.

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Tara dans la nuit polaire. ..

Bonjour,

Et pourquoi pas une petite expédition à bord du Tara, un bateau mythique parti explorer la banquise arctique ? C’est le moment d’embarquer pour découvrir les étendues immaculées, la solitude du Grand Nord, et les surprises de la nuit polaire. Dans un siècle, la banquise du Pôle Nord pourrait avoir disparu.

Tara pris dans les glaces.

En septembre 2006, Tara se laisse emprisonner par la banquise arctique, sur le rivage Pacifique. Protégé par une coque ronde et plate, qui lui permet de se laisser aller au gré des glaces et de résister à ses pressions, le bateau dérivera sur 1800 kilomètres. Au printemps 2008, Tara devrait atteindre la rive Atlantique, à l’Est du Groënland. L’équipage, absorbé par la nuit polaire, ne verra pas le soleil avant le printemps prochain. Deux mois après son amarrage à la banquise, Tara vit à son rythme. « La violence des éléments est telle que le silence n’existe pas. »…A lire dans Libération.

Une banquise malade.

Tara est une expédition scientifique, partie interroger une banquise malade. L’observation satellite a mis en évidence une réduction de 8 à 10% de la surface de la banquise au cours de l’été, pendant les 30 dernières années. Des scientifiques américains, immergés dans un sous – marin nucléaire, ont encore révélé une diminution de 40% de l’épaisseur de la glace pour la même période. Par ailleurs, au cours des 50 dernières années, la température annuelle a augmenté de 2, 1°C dans l’espace arctique, contre 0,6°C pour le reste du globe. L’eau, plus chaude et plus salée, provoque encore une embâcle retardée en hiver, et une débâcle de printemps en avance d’environ 3 semaines. (H. Reeves, 2005;Le Dessous des Cartes, Arte Editions, 2006) Le document scientifique de l’expédition prévoit une probable disparition de la banquise pendant l’été. Elle pourrait cependant résister pendant l’hiver, quand les températures atteignent les – 30°C. Le Pôle Nord n’a pas d’assise continentale. C’est une mer recouverte d’une banquise.

Un voilier mythique, un message écologique.

Le Tara est un voilier mythique, conçu par Jean Louis Etienne, qui a appartenu à Peter Blake. Etienne Bourgois, son propriétaire actuel, passionné de voile et fatigué des aéroports – il courait les capitales du monde pour monter des boutiques Agnes b., partenaire de l’expédition -, a décidé de se consacrer à l’avenir de la planète. L’expédition Tara est aussi un moyen de sensibiliser l’opinion à l’importance, et à la précarité, des équilibres écologiques de la planète. Prêts pour embarquer à bord du Tara ? Vous pourrez découvrir les caractéristiques du bateau, son équipage, sa mission scientifique, les artistes et les partenaires associés. Avec en prime un journal de bord, et de belles photos.

De belles croisières en perspective.

Si les températures moyennes continuent d’augmenter, avec des maximales autour des 7°C, l’Arctique pourrait devenir un « océan libre » avant la fin du siècle. Adieu les ours, et les phoques. Tous les résidents de la banquise, disparue, disparaîtraient à leur tour. Phénomène aggravant, si la calotte glaciaire située à proximité du Groënland venait aussi à fondre, le volume d’eau libéré pourrait élever le niveau des océans d’environ 7 mètres. De quoi noyer de vastes étendues continentales situées à basse altitude, importants foyers de peuplement. On peut quand même y voir quelques avantages géographiques. La perspective d’un « océan libre », ouvrirait la fameuse route Nord – Ouest, forcée plusiueurs fois par les explorateurs et les navigateurs depuis le XVI° siècle. Cette nouvelle voie de navigation, permettrait de « rapprocher » l’Europe de l’Asie, en évitant le Canal de Panama et de Suez, et donc de gagner entre 6.000 et 8.000 kilomètres. Cette éventualité permettrait aussi de raccourcir la distance entre New York et Tokyo de 5000 kilomètres. (H. Reeves, 2005 ; Planète Urgence, 11-12 2004 ; Le Dessous des Cartes, Arte Editions, 2006). De belles croisières en perspective.

M.J.

Le billet pour embarquer à bord du Tara: map_fix.jpg


Embâcle: obstruction du lit d’un cours d’eau par amoncellement de glace. (contraire: débâcle)


Publié le 8 décembre 2006 par marlene dans Comprendre

L’eau: une chance pour tous?

 

L’accès à l’eau potable, un droit fondamental. Dans son rapport 2006, le Programme des Nations Unies pour le Développement ( PNUD) demande à la communauté internationale de reconnaître le « droit à l’eau » comme un droit fondamental. Dans un monde qui ne manque pas d’eau douce, une partie de l’humanité n’a toujours pas accès à l’eau potable.

Eau potable et mortalité infantile.

Le rapport du PNUD, présenté au Cap, en Afrique du Sud, le 9 novembre dernier, dresse un bilan alarmant. Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Et plus de 2,5 milliards d’individus ne disposent pas d’installations sanitaires de base, soit la moitié de la population des espaces en voie de développement. Selon le PNUD, 1.8 millions d’enfants meurent chaque année de diarrhées, et d’autres infections liées à l’insalubrité de l’eau. Le manque d’eau potable tue cinq fois plus d’enfants que le virus du sida. (AFP, 9 novembre 2006)

Un frein au développement.

Le manque d’eau potable est encore un frein au développement. Le PNUD estime que chaque année, 443 millions de jours d’école sont perdus à cause des infections liées aux eaux insalubres. Chaque jour, des millions de jeunes filles et de femmes perdent plusieurs heures à aller chercher l’eau, nécessaire à la survie de la famille. Une charge qui accentue les inégalités entre hommes et femmes, face à l’éducation, et à l’emploi. D’autre part, plus on est pauvre, plus l’eau est chère. Exemple. Les pauvres du Salvador, du Nicaragua, et de la Jamaïque consacrent plus de 10 % de leurs revenus à l’eau. Au Royaume Uni, moins de 3 % du budget familial sert à régler la facture d’eau. (Kemal Dervis, PNUD, 2006)

L’eau n’est pas une priorité.

Pauvreté, inégalités, luttes de pouvoir, et mauvaises politiques de gestion expliquent une crise de l’eau, plus accentuée dans les pays en voie de développement. (AFP, 9 novembre 2006) Pour nombre de ces Etats, l’eau n’est pas une priorité. Ils n’y consacrent en moyenne que 0,5% de leur PIB. Ils négligent encore l’aménagement d’infrastructures sanitaires, qui réduiraient notamment la mortalité infantile. Exemple. Au Pérou et en Egypte, l’accès à des toilettes aménagées a fait chuter la mortalité infantile de près de 60%. (Le Monde, 9 novembre 2006) Sous entendu, la mauvaise répartition de la ressource d’eau douce dans le monde n’explique pas tout. Les conflits entre les Etats pour l’accès à l’eau pourraient exacerber le problème. Les dérèglements climatiques devraient encore restreindre l’accès à l’eau potable.

20 litres d’eau potable par jour.

Les Objectifs du Millénaire, adoptés en 2000, prévoient de réduire de moitié les populations privées d’eau potable et d’assainissement d’ici 2015. Le rapport du PNUD va plus loin. Chaque citoyen de la planète devra disposer d’au moins 20 litres d’eau potable par jour, exigence sanitaire, et droit fondamental de l’individu. Pour atteindre cet objectif, le PNUD demande au Etats de faire de l’eau une priorité, d’y consacrer au moins 1% de leur PIB, et de définir des stratégies claires pour gommer les inégalités d’accès à l’eau. Cet objectif suppose encore de doubler l’aide internationale. (Synthèse du rapport)

Une volonté politique et des crédits.

Au XIX° siècle, Londres et New York étaient soumises à un problème comparable d’eau potable. Elles ont investi dans les circuits d’approvisionnement, ce qui a eu des effets rapides sur la santé, l’amélioration de la qualité de vie, et sur le développement. Plus récemment, l’Afrique du Sud a démocratisé l’accès à l’eau – qui était auparavant l’une des caractéristiques de l’apartheid -. L’objectif de 25 litres d’eau gratuite par jour, et par ménage, pourrait être rapidement atteint. (Kemal Dervis, PNUD, 2006) L’accès à l’eau potable, une chimère ? Une volonté politique, et de l’argent.

L’eau, un droit fondamental pour l’individu ? Encore un privilège pour les 830 millions de ruraux dans le monde, souffrant de malnutrition, et exposés au réchauffement climatique. Et un avantage regretté par quelques milliers d’Australiens, soumis à « la pire sécheresse de ces derniers mille ans. » Dans ce pays riche et aride, un plan d’urgence est d’ailleurs prévu pour assurer les réserves d’eau potable des habitants d’Adelaïde, et de certaines villes de l’outback. (Courrier International, 7 novembre 2006)

M.J.


Publié le 5 décembre 2006 par marlene dans Comprendre