Environnement
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Daratt, au rythme d’une « saison sèche ».

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Bonjour,

Et si on allait voir Daratt ? C’est un film africain, réalisé par un Africain. Un conte qui traite de réconciliation nationale. Pas grand chose à voir avec l’environnement. Pas si sûr. Au delà du récit, Daratt reflète toutes les tensions environnementales qui pèsent sur les habitants d’un pays , quasi désertique.

Haroun et son oeuvre.

D’abord deux mots sur le film, et le réalisateur. Daratt est une fable qui prend prétexte de la guerre civile au Tchad, pour poser le problème de la réconciliation, après le conflit. Problème qui empoisonne toutes les sociétés ayant connu la guerre, ou la dictature. C’est l’histoire de « comment vivre ensemble » après une période d’atrocités, certains étaient acteurs, d’autres victimes. Au terme d’un récit sobre et fort, Daratt propose une réponse optimiste.

Le metteur en scène s’appelle Mahamat – Saleh Haroun. Il est originaire du Tchad. Il a réalisé de nombreux courts – métrages, avant de se lancer dans des histoires plus développées. Il est notamment l’auteur de Bye – Bye africa, et Abouna, en 2002. Ses thèmes sont africains. Daratt a obtenu le « Prix Spécial du Jury » au Festival de Venise, en 2006. Avec Abderrahmane Sissako, le rélisateur de Bamako, également producteur de Daratt, Haroun ouvre de belles perspectives au cinéma africain.

Une lecture environnementale.

La seconde lecture du film est environnementale. Elle échappe au sujet, mais elle l’accompagne. D’ailleurs, Daratt, qui signifie « saison sèche », esquisse déjà un contexte climatique. Si la zone saharienne occupe à peu près la moitié nord du Tchad, N’Djamena, la capitale, se situe dans la zone sahélienne. La saison sèche y est fortement marquée, les vents de sable se déchaînent. Toutes les tensions de cet environnement aride, poussiéreux, et étouffant pèsent sur nombre de scènes. Le désert est omniprésent. On le sent convoiter N’Djamena, où se déroule la plus grande partie du film. Il sert de décor à la scène finale. Cet environnement hostile souligne la précarité, et la difficulté d’exister des personnages. Ils sont d’ailleurs économes de gestes, de paroles, comme pour se protéger de cette atmosphère accablante. Cet environnement inspire le rythme du récit.

Au passage, vue sur les rues encombrées de papiers et d’ordures. Problème de collecte, absence de sensibilisation, ou question secondaire quand il est déjà difficile de se nourrir, les ordures ménagères font partie du décor de nombre de villes africaines. C’est d’ailleurs un environnement commun à la plupart des cités des pays en voie de développement. Problème de visibilité, et surtout problème sanitaire. Il y a encore une petite séquence sur les coupures d’électricité. Les artisans sont au chômage. Et sans frigo, sans ventilateur, l’atmosphère devient plus pesante encore. C’est aussi une belle façon de redécouvrir que l’électricité est un luxe…

On est bien d’accord, l’environnement n’est pas le sujet du film. Mais, mieux qu’un documentaire, Daratt nous emmène dans un pays dévoré par le désert, pendant la saison sèche, le temps d’un film.

M.J.


Publié par marlene le 16 janvier 2007 dans Climat
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