Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Tokyo: un monstre tranquille.

53_01_1_web.jpg

Tokyo, une ville dense, encore largement horizontale. Photo: Ian Britton.

Bonjour,

L’idée était d’interroger Tokyo sur ses nuisances environnementales. Air pollué, réseau routier saturé, eaux souillées, mauvaises conditions de logement, stress urbain, Tokyo donne les réponses d’une grande métropole. Mais Tokyo est aussi l’une des villes les moins polluées d’Asie. Pour certains, la pollution passe après l’enchantement d’une grande cité pleine d’énergie, qui dissimule de petits villages.

Une mer urbaine.

Le Grand Tokyo s’insère dans la méga – agglomération qui court sur un millier de kilomètres juqu’à Fukuoka, au Sud.(1) Le Grand Tokyo couvre quatre zones qui s’emboitent, le centre de Tokyo (Central Tokyo TWA) , les 23 arrondissements de Tokyo (TWA), l’Aire métropolitaine (TMA), et la Région métropolitaine de Tokyo (TMR). (2) L’agglomération accueille environ le quart de la population japonaise, sur une superficie qui représente 3% du territoire. Un Japonais sur quatre habite Tokyo, ou sa banlieue. Les densités y avoisinent les 1230 habitants/km². (1) La seule ville de Tokyo, qui concentre plus de 8 millions d’habitants, affiche des densités de 1333/km². Tokyo et sa banlieue continuent d’attirer des habitants. (3)

Tokyo, qui multiplie les gratte – ciel de béton, d’acier, ou de verre, reste une ville largement horizontale. De petits quartiers, ilôts de maisons individuelles et de petits immeubles posés entre les grands axes, fonctionnent à l’échelle de villages. Mais petit à petit, ce vieux Tokyo chaotique se laisse avaler par le gigantisme de la cité. (4) Côté banlieue, Tokyo étire son paysage pavillonnaire jusqu’à des limites difficiles à arrêter avec certitude. C’est pendant les anées 1950 que l’agglomération de Tokyo et celle de Yokohama, située au Sud, se sont rejointes. Tokyo est une mer urbaine, hérissée de gratte – ciel, dont le centre reste difficile à définir avec exactitude. (3)
Transports en commun, voiture, et vélo.

Depuis 1954, le Shinkansen – le train ultra -rapide – relie Tokyo à Osaka. Aujourd’hui, un important réseau de communications ferroviaires et routières déssert la métrople, et l’ouvre sur les autres villes de la mégalopole. Tokyo combine encore un certain nombre d’atouts favorables aux transports publics: des densités élevées, un taux de motorisation raisonnable compte tenu du niveau de vie des habitants, des restrictions très sévères concernant le stationnement urbain dans le centre – ville, et surtout un réseau ferré extrèmement efficace et rapide. Mais Tokyo est loin d’être libérée de l’automobile, et de ses nuisances.

Le réseau routier, insufisant, est souvent saturé. Par exemple, les embouteillages entre Tokyo et Nagoya peuvent durer une quinzaine d’heures par jour. Les données concernant la pollution atmosphérique ne signalent rien d’exceptionnel à l’échelle d’une métropole. Ici comme ailleurs, les gaz d’échappement polluent l’air de la ville. En février dernier, un sit – in de protestation a eu lieu devant le bâtiment du « Tokyo Metropolitan Government » et devant le siègle du constructeur Toyota. Ce petit rassemblement d’asthmatiques et de personnes souffrant d’affections respiratoires dénonçait la mauvaise qualité de l’air. Le groupe en a profité pour demander au gouvernement une aide pour payer les médicaments. (5) Pourtant, dès 2003, le gouvernement japonais impose des régulations aux voitures diesel – notamment l’installation d’un filtre sur le pot d’échappement pour stopper les particules fines -, et interdit les véhicules non conformes. Aujourd’hui, les constructeurs de moteur diesel ont pris le relais pour limiter la pollution.
Ville très dense, aux logements insuffisants – il en manquerait près d’un demi million – les Tokyoïtes passent en moyenne plus d’une heure dans des transports en commun, métro et train, pourtant très efficaces. (1) Tokyo est aussi la ville du vélo. Mais faute d’une voierie adaptée, les vélos slaloment sur les trottoirs, s’y entassent en stationnement, ou s’accumulent aux abords des gares. Une nuisance pour les uns, une autre façon de pratiquer la ville pour les autres.

Pollutions plurielles.

A Tokyo, qui concentre 30% de l’activité industrielle du pays – soit le principal pôle industriel mondial -, la dégradation de l’air est également liée à la présence d’usines. Autre pollution majeure, celle de l’eau. Les rivières, et particulièrement la baie de Tokyo, sont souillées par les rejets industriels. La pêche côtière et l’aquaculture y sont devenues impossibles. La pollution aux métaux lourds – arsenic, cadmium, mercure – entraine de graves conséquences sanitaires. Cette forme de pollution évoque la catastrophe de Minamatta, qui a marqué la conscience nationale, et qui a permis un sursaut écologique. De 1953 à 1970, les usines d’engrais de la société Shin Nippon Chisso ont déversé du methylmercure dans la baie de Minamatta. Bilan, 111 victimes, et une cinquantaine de morts, plus selon d’autres sources. Après une longue procédure, la société a finalement indemnisé les victimes. (1) Mais revenons à Tokyo, envisagée sous l’angle des ordures ménagères. Chaque année, 80% des six millions de tonnes d’ordures ménagères sont utilisées comme remblais. Autre nuisance, le pompage excessif des nappes phréatiques, destinées à alimenter la métropole en eau, a perturbé l’assise des sols.
Une relation entre santé et logements.

L’espace urbain, qui s’est développé de façon anarchique pour répondre à un afflux de population, détermine un cadre de vie stressant. Manque d’espace. Et manque de logements de qualité, à un coût accessible, problème commun aux grandes métropoles. Une étude a établi une relation entre logement et santé à Tokyo. Pour définir un logement de qualité, cette étude a croisé un certain nombre de paramètres: ventilation, ensoleillement, taille du logement, pollution intérieure, et nuisances sonores…D’après cette enquête, les personnes en bonne santé sont plus nombreuses dans les zones résidentielles qui présentent ces qualités environnementales. Dans ces résidences favorisées, le taux de mortalité masculine y est moins élevé que dans des logements moins confortables. Même tendance chez les femmes, qui apparaîssent en meilleure santé dans des logements de bon standing. Autre impact sur la vie des résidents, la verticalité des immeubles. Toujours selon cette enquête, vivre dans les étages supérieurs des tours d’habitation aurait des conséquences négatives sur l’éveil des enfants. Ils accuseraient un retard dans les pratiques quotidiennes (dire bonjour, être propre, se laver les dents, se chausser, aider les parents…), par rapport aux enfants domiciliés aux étages inférieurs. La verticalité s’ajouterait au handicap socio – économique, qui conduit les plus pauvres vers les étages supérieurs. (3) Cette étude concerne Tokyo. Mais la relation « pouvoir d’achat – qualité de l’habitat » – l’une des priorités des « villes durables » – devrait se décliner dans la plupart des métropoles.

Le « Heat Island ».

Problème environnemental plus spécifique à Tokyo, le manque d’espaces verts et de parcs. Selon une étude du Ministère de l’Environnement, la métropole manque de verdure pour adoucir l’influence du « Heat Island ». Le « Heat Island » est un réchauffement atmosphérique anormal, causé par une forte concentration de bâtiments et de routes, qui absorbent la chaleur. Cette étude montre que la plus basse température enregistrée dans le centre de Tokyo, à Otemachi, a augmenté de 4°c en un siècle. D’autres relevés effectués en périphérie – en principe plus aérée – révèlent une augmentation de seulement 2°c. Une simulation montre que si environ 4% de la superficie de Tokyo était boisée, si les jardins installés sur les toits se multipliaient, et si des mesures d’économie d’énergie étaient mises en oeuvres – beaucoup de « si » -, la température de Tokyo devrait baisser de 0,3°c. (6)
Dès avril 2004, une loi sur la préservation de la nature impose des jardins sur les toits des immeubles privés – de plus de 1000 m² – et publics – au moins 250m² -. Ces espaces verts doivent absorber les particules – action par les plantes -, diminuer la chaleur des bâtiments, réduire la facture de l’air conditionné, et rendre la vie plus agréable aux babitants. Il semble donc que cet effort soit insufisant.
Par ailleurs, le réchauffement climatique inquiète les Tokyoïtes. En 2003, plus de 90% s’inquiètent de la crise climatique, et de ses conséquences. (7)

Le risque sismique.

Retour à la géographie, et à la dynamique d’un espace japonais situé au carrefour de quatre plaques sismiques. A Tokyo le dernier tremblement de terre tragique – 150.000 victimes – remonte à 1923. Face à cette menace, la ville s’est dotée d’un système informatique, destiné à évaluer les besoins et les dégâts en cas de catastrophe. Mais l’hypothèse d’un grand tremblement de terre à Tokyo reste lourd d’incertitudes. En lien, un petit papier sur la remise en cause d’une architecture pourtant conçue pour être secouée.
5544343_c9a6c0c1ff.jpg
Tokyo à l’échelle d’un village : une ruelle à Shibuya.

Photo: Jemsweb, 27 février 2005.

Une mégalopole qui fascine.

L’image de la plus grande métropole du monde, surpeuplée, polluée, aux interminables embouteillages, aux transports en commun bondés, à la vie chère et stressante, aux probables tremblements de terre, mérite d’être nuancée. Même polluée, Tokyo reste une ville fascinante. En lien « les nipponeries de Nicolas », un blog qui corrige certaines idées reçues sur la pollution, les transports en commun, et les embouteillages. Au bas des gratte – ciel, Tokyo offre une mosaïque de quartiers qui fabriquent encore de petites communautés (7) Face aux lignes élancées de la métropole asiatique, la résistance du vieux Tokyo, horizontal et disparate, pose une vraie question d’environnement urbain aux amoureux de la ville. Et finalement, Tokyo est un monstre plutôt tranquille.
M.J.

(1) La mégalopole japonaise et son rôle dans le monde. Juin 2005.http://blog.france3.fr/baccalaureat/index.php

(2) Grand Tokyo- Les cahiers scientifiques du transport. N°34 – 1998 – p 75-100

(3) Villes et Santé publique au Japon. Takano Takehito. http://www.cybergeo.presse.fr

(4) La « beauté » chaotique d’un grand collage architectural en péril – Philippe Pons, Le Monde, 10 – 05 -2002.
(5) »Plaintiffs in air pollution begin sit in protest… »National News, 6 février 2007

(6) (7)Clean@auto. Le site des transports propres et non polluants – Tokyo…http://www.clean-auto.com


Publié le 28 février 2007 par marlene dans Urbanisation

Ecologie et vision du monde.

couverture-v-1-copie.jpg
Bonjour,

L’autre jour, je tombe sur un dossier concernant le réchauffement climatique, paru dans « Valeurs actuelles » . Point de vue défendu, l’homme ne serait pas au coeur de la crise climatique. Bon. Et pour équilibrer, je vous propose la lecture du livre d’Hervé Kempf:  » Comment les riches détruisent la planète ». Il place l’homme face à son avenir sur la planète.

Premier point de vue, défendu dans un dossier intitulé « Politiquement Incorrect », paru dans Valeurs actuelles (N°3611). Cette enquête démonte l’idéologie dominante, défendue par des « prisonniers de la pensée unique » – notamment les experts du GIEC (Groupe d’experts sur l’évolution du climat) -, et bouscule la relation entre l’homme et le réchauffement climatique. Selon cette vision, il est infondé de croire que l’homme est responsable du réchauffement climatique, et des bouleversements écologiques consécutifs. Il n’est donc pas utile de remettre en cause un système de production et de consommation – de type libéral -, prétendu à l’origine de cette crise climatique. Georges Bush, et les Américains, trop rapidement présentés comme des vilains, ont vraisemblablement raison de s’opposer au diktat de Kyoto, supposé contrarier un modèle de développement. Donc, je vous propose un article intitulé « Un dogme écologique remis en cause: le réchauffement controversé », écrit par Jacques Garello. Il y expose les positions de Valeurs actuelles.

Plus long, l’original, « Le réchauffement controversé », une enquête de Pierre Kohler. Il y démonte les idées dominantes en matière d’écologie, et donne un autre éclairage scientifique du réchauffement climatique. Il s’interroge sur les prévisions du GIEC. Et refuse la civilisation proposée par les « climatocrates ».

Et pour faire la balance, je vous invite vivement à lire « Comment les riches détruisent la planète ». L’auteur, Hervé Kempf, journaliste au Monde, travaille depuis une vingtaine d’années sur les questions d’environnement. Au fil d’une enquête, très documentée, il esquisse la représentation d’un monde où crise sociale et crise écologique fonctionnent ensemble. Il s’interroge encore sur la nécessité de produire « plus », quand les besoins des pays développés sont largement comblés. Il parle encore « d’urgence » dans la recomposition de ce monde, pour ne pas dépasser les limites d’un équilibre écologique, déjà précaire.

Pour en savoir un peu plus sur le contenu de cet ouvrage.

L’écologie est clairement introduite dans le champ de la géopolitique. Un réchauffement climatique, deux visions du monde, et deux orientations de civilisation.
M.J.


Publié le 23 février 2007 par marlene dans Non classé

Climat et bénéfices.

40719712_c3001177aa.jpg

Katrina, 28 août 2005. Un ouragan de catégorie 5 qui modifie les contrats des assureurs.

Photo: GlSusen.com, 5 sept. 2005
Bonjour,

A l’automne dernier, le rapport Stern chiffre le coût de la crise climatique, si l’on ne fait rien avant dix ans, à 5500 milliards d’Euros. Le rapport prédit encore un séisme économique sans précédent. Une relation entre « climat » et « argent », qui vise aussi à sensibiliser politiques et financiers au réchauffement de la planète, est introduite. Des économistes démontrent encore que ce dérèglement climatique porte le développement de nouvelles technologies, qui pourraient stimuler l’économie et l’emploi. Certains industriels interprètent autrement les bénéfices du réchauffement climatique. Il est question de stratégie, marketting et financière.

La vitrine écologique de certains supermarchés.

Pour séduire des consommateurs plus sensibles aux maux de la planète, la chaîne britannique d’hypermarchés, Tesco , se fabrique une image écolo. Une dizaine de nouveaux magasins, estampillés « ecostores », construits avec des matériaux de récupération, seront éclairés par la lumière naturelle, via de grandes fenêtres placées sur les toits. Des éoliennes alimenteront les caisses enregistreuses, les toilettes seront nettoyées grâce à l’eau de pluie. Dans ces magasins – comme dans beaucoup d’hypermarchés français – les sacs plastiques seront distribués avec parcimonie. Tesco mise encore sur une réduction de gaz à effet de serre, moins 50% d’ici la fin de la décennie. Les camions de la firme tourneront au biodiésel. Tesco s’engage à réduire les distances d’acheminement de ses marchandises, et à limiter le transport par avion. La chaîne se dit prête à réduire son fret routier, au profit du rail. Tesco, qui compose sa vitrine écologique, est imité par Walmart, autre géant de la grande distribution.

Des entreprises contre les émissions de gaz à effet de serre.

Depuis une douzaine d’années, DuPont, pointure mondiale de la chimie, a réduit de 72% ses émissions de Co². Le groupe entend poursuivre son effort, 15% en moins à l’horizon 2015. Dans un registre similaire, le millardaire Richard Branson, à la tête de l’empire Virgin, affiche ouvertement ses préoccupations environnementales. Prévoyant une hausse du coût de l’énergie en 1997, il développe un réseau de transports par train, très performant, en Grande Bretagne. Concernant sa flotte aérienne, Virgin entend optimiser les phases de « décollage » et « d’atterrissage », très gourmandes en kérosène. Des recherches pourraient d’ailleurs lui permettre de remplacer le kérosène de ses avions, par un biocarburant. Il veut encore produire de l’éthanol pour les voitures. Branson, et le groupe Virgin, ont récemment annoncé de gros investissements dans le secteur des énergies renouvelables.

De bonnes intentions démasquées.

Georges Monbiot, un journaliste anglais qui a enquêté sur ces différents engagement écologiques, nuance cette kyrielle de bonnes intentions. Ainsi, Tesco qui promet d’optimiser les distances entre ses fournisseurs et ses rayons, ne dit rien sur la réduction des trajets de ses consommateurs. La fermeture de ses magasins, grands consommateurs d’énergie et situés en périphérie, au profit de hangars de stockage et d’un service de livraison à domicile, ne font pas partie de ce programme écolo. Chez Tesco, la vitrine écologique manque d’assise durable. Reste un profit, au moins en terme d’image. Chez DuPont, la conversion à l’écologie correspond à un pétrole cher. Donc, en réduisant de pratiquement trois quarts ses émissions de gaz à effet de serre pendant 13 ans, la firme a économisé environ 1,5 miliards d’Euros. Quant à Richard Branson, quoi de plus écologique que de laisser tomber le transport aérien. Georges Monbiot évalue les émissions de la compagnie Virgin à l’équivalent de celles d’une population de 16 millions de personnes.

« Le dérivé climatique », un profit clairement annoncé.

A côté de ce concert de bonnes intentions écologiques, converties ou non en profits, la position des assureurs. Depuis les inondations en Europe en 2002, et après les ouragans qui ont ravagé la Louisiane en 2005, les assureurs intègrent les aléas climatiques dans l’évaluation des risques. Ils examinent attentivement comment leurs clients entendent y répondre, avant de rédiger le contrat. D’ailleurs, de plus en plus d’acteurs économiques souscrivent une assurance contre les dérèglements climatiques. Ces contrats, désignés par « dérivés climatiques », chiffrent des primes immédiatement reversées aux clients, dès que le thermomètre s’emballe. Aux Etats Unis et au Japon, les dérivés climatiques pèsent déjà 35 milliards de dollars, un marché multiplié par 4,6 en un an. Aux Etats Unis, réassureurs, banques, et fonds d’investissement, pratiquent des opérations fructueuses. Chaque année, plus d’un million de dérivés climatique – notamment ceux des fournisseurs d’électricité américains – s’échangent à la bourse de Chicago.

Ce type de business traverse l’Atlantique. En France, EDF, certains parcs d’attraction, et ceux qui détiennent des intérêts dans les stations de ski, commencent à signer ces contrats de dérivés climatiques. Météo France développe d’ailleurs un service de conseils aux courtiers, assorti d’indices régionaux.

Les énergies renouvelables: un marché à conquérir.

Autre secteur porteur, le marché des énergies renouvelables. Impulsé par le Protocole de Kyoto, qui engage ses signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et donc à remettre en cause l’utilisation d’énergies fossiles, le marché du « renouvelable » suscite quelques espoirs en Europe. Les énergies alternatives couvrent actuellement 6% des besoins énergétiques du continent. Parmi les leaders, l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark. Sans entrer dans les détails, ce marché, qui valait 9 milliards d’Euros en 2005, pourrait dépasser les 14 milliards à l’horizon 2010. Un marché prometteur, peut – être. La bataille économique entre les énergies renouvelables, et des énergies fossiles soumises aux traditions et aux intérêts des Etats, n’est pas gagnée.

M.J.

Sources: Courrier International, 2cologie, 15 février 2007 – www.capitalismedurable.com


Publié le 20 février 2007 par marlene dans Climat,Comprendre

Tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom…

Bonjour,

Et pour faire écho au Procès de l’Erika, une vidéo. Ou plutôt un diaporama, en souvenir de l’Erika, et d’autres marées noires. Images rythmées par une petite mélodie: « Tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom ».

Plus grave que les marées noires, les dégazages en plein océan. Les navires qui nettoient leurs cuves en pleine mer, pratique illégale et courante, déversent chaque année six millions de tonnes d’hydrocarbures. Une pollution des océans dix fois supérieure à celle des marées noires. La Méditerranée, à elle seule, connaît un millier de dégazages par an.

Souvenirs personnels. Dans l’Atlantique, à proximité des côtes mauritaniennes, au large de Nouakchott, les dégazages sont fréquents. Sur la plage, une petite pâte, mélange de sable et de goudron, se colle sous la plante des pieds. Pas de doute, un navire vient de vidanger ses cuves, au large. D’ailleurs, pourquoi il s’en priverait? Il n’a pas de surveillance, pas de sanction. Et même s’il y avait des amendes, elles seraient moins élevées que le coût de l’immobilisation du bateau dans un port, ajouté à celui du traitement de l’eau souillée sortie les cuves. Il est donc plus facile, et moins cher, de nettoyer ses cuves au large. Vive la mer!

M.J.


Publié le 16 février 2007 par marlene dans Comprendre,Préjudice écologique

Procès de l’Erika:un préjudice écologique.

erika1.gif

Cartographie d’une marée noire.
Bonjour,

En décembre 1999, le pétrolier Erika fait naufrage au large des côtes bretonnes. Les 25 Indiens, membres de l’équipage d’un navire battant pavillon Maltais, sous – affrété par une filiale de Total basée au Panama, sont sauvés. Environ 20.000 tonnes de fioul s’échappent du navire. Des centaines de kilomètres du littoral atlantique sont polluées. Le procès de l’Erika s’est ouvert lundi à Paris. C’est la première fois, en France, que les responsables d’une marée noire se retrouvent devant un tribunal correctionnel. Les victimes demandent notamment la reconnaissance d’un « préjudice écologique ».

Sept ans plus tard…

Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika, qui transporte 31 000 tonnes de fioul lourd, malmené par une tempête exceptionnelle, se brise en deux. Une partie de l’équipage se réfugie dans le canot de sauvetage, les autres sont récupérés par hélicoptère. Le navire libère 20.000 tonnes de fioul sur les côtes Atlantique. La pollution touche plus de 400 kilomètres de côtes. Plus de 5000 personnes, civils et militaires, nettoient les plages, et soignent 20.000 oiseaux mazoutés (Source: Ligue de Protection des Oiseaux). Si l’effort collectif et l’action de la mer ont finit pas effacer les traces de cette marée noire, les victimes attendent toujours réparation pour ce préjudice économique, et écologique. Sept ans plus tard, la justice française examine les responsabilités des différents acteurs du naufrage de l’Erika.

Total décline déjà ses responsabilités.

Le procès de l’Erika, accueilli avec scepticisme et amertume par ceux qui se sont mis les mains dans le fioul, est un super procès. Beaucoup d’argent, et quatre mois d’audience prévus. Une soixantaine de parties civiles – l’Etat français, les régions Pays de Loire, Bretagne, Poitou Charentes, les départements, les communes, et les associations écologiques.. -, un bataillon d’avocats, et une quinzaine de prévenus – du capitaine de l’Erika aux sociétés impliquées, dont Total, affréteur du navire – se rencontreront au tribunal correctionnel. Total, accusé de « pollution maritime » et de « complicité de mise en danger de la vie d’autrui », tente déjà l’éclipse. La société, qui décline sa responsabilité sur l’état du navire, souhaite une annulation des poursuites. Le ton du procès est donné. Derrière le préjudice écologique, c’est le transport maritime qui est en accusation.

Le procès du transport maritime, et de ses acteurs.

Le procès de l’Erika stigmatise les règles, les moyens, et les acteurs du transport maritime. C’est le procès d’un système opaque, qui multiplie les sociétés écrans pour dissimuler le rôle de chacun, et camoufler le véritable affréteur, responsable en cas de catastrophe. C’est aussi le procès de tous ces armateurs, peu scrupuleux, qui engagent des navires vétustes, à bout de course, chargés jusqu’à la gueule de cargaisons parfois douteuses, qui exploitent un équipage sans droits. L’Erika, pétrolier maltais fatigué par 25 ans de service, navire – poubelle rafistolé, a changé plusieurs fois de propriétaire, de société de classification – chargée d’homologuer le navire -, et de pavillon. Des doutes subsistent encore sur la nature de la cargaison de l’Erika. Il transportait du fioul lourd (fioul N°2), mais des traces de déchets de raffinage auraient été relevées. Mais une chose est sûre, il était en surcharge. Il ne transportait pas 28.000 tonnes de pétrole, comme annoncé en 1999, mais 30.800 tonnes.

Faire avancer la règlementation.

Si le naufrage de l’Erika, et celui du Prestige qui a déversé son pétrole sur les côtes de Galice, dans le Nord ouest de l’Espagne, en 2002, ont fait avancer la règlementation européenne en matière de transport maritime, il reste beaucoup à faire. Par exemple, on a renforcé les contrôles dans les ports, sans pouvoir éloigner les navires défectueux des côtes. La responsabilisation de l’Etat dont le bateau porte pavillon, un contrôle des sociétés de classification, ou des sanctions exemplaires, pourraient dissuader les armateurs frauduleux. Et faute d’une autorité, indépendante et contraignante, les bateaux – poubelle continueront de sinistrer les littoraux. L’exemple des Etats – Unis – qui ne sont pas les super- champions du fret irréprochable -montre que les assureurs de ces bateaux, également payeurs en cas de catastrophe, contribuent à améliorer les règles du transport maritime.

Un préjudice écologique.

Ce procès devra répondre à la question du préjudice économique, chiffré à un millard d’Euros. Il devra encore se prononcer sur la pertinence d’un préjudice écologique, subi par les riverains du littoral. Une première en France. Ce dommage, estimé autour des 400 millions d’euros, prétexte un littoral souillé, impossible à pratiquer durant les mois qui ont suivi le naufrage de l’Erika. En essayant d’orienter ce procès vers l’environnement, les parties civiles souhaitent établir un précédent, pour que l’écologie s’invite dans d’autres tribunaux . Ici encore, les Etats – Unis montrent l’exemple. La marée noire, provoquée par l’Exxon Valdez en mars 1989 en Alaska, a permis de jeter les bases de ce type de dommage. Il s’agit de compenser la dégradation d’un cadre de vie, et de ses écosystèmes, et de toutes les activités liées à cet environnement.

Total, symbole d’une industrie pétrolière tout puissante, gagnerait à reconnaître sa responsabilité dans cette catastrophe écologique. Question d’image, face à une opinion de plus en plus sensible aux questions environnementales. Question de respect, vis à vis des victimes excédées d’attendre réparation. L’une des perspectives de ce procès serait de responsabiliser les acteurs du transport maritime aux risques liés aux croisières incertaines des hydrocarbures. Autre perspective, celle d’une jurisprudence en matière de préjudice écologique.

M.J

(Source: Le Monde, 11, 12, 13 février 2006 – Libération: 10 – 11, 12, 13 févier 2006)

J’ajoute une petite note. Un bénéfice record pour le groupe Total vient d’être annoncé. En 2006, la société a enregistré un « bénéfice net ajusté » de plus de 12,5 milliards d’Euros, soit une hausse de 5%. Depuis quelques années, la progression des bénéfices de Total répond à la hausse des cours du brut. ( Le Monde, 14 février 2007) De là à penser que Total aurait les moyens de s’offrir les services d’une flotte en bon état pour acheminer ses hydrocarbures…


Publié le 13 février 2007 par marlene dans Comprendre,Préjudice écologique

Hubert Reeves et la Nouvelle Pangée.

Hello,

Une petite vidéo pour le week-end. Bien installé dans son fauteuil, Hubert Reeves, astrophysicien, nous raconte comment notre planète se réchauffe. Il souligne le rôle des hommes dans la crise climatique. Il décrit la relation entre le gaz carbonique, et l’élévation des températures à la surface de la terre. Un petit moment scientifique, à l’accent rocailleux.

Avec un bonus: « Le climat de la terre ». L’évolution de la planète en images de synthèse. Dans 100 millions d’années, quand l’ère glaciaire aura pris fin, on pourra passer des vacances en Antarctique. Climat tropical chaud annoncé, et promenades en forêts. Et dans 200 millions d’années, la Pangée, ce super continent du Paléozoïque, unique et inhospitalier, pourrait se reformer. Une autre invitation à faire gaffe à la planète. Mais le week – end devrait être calme.

M.J


Publié le 9 février 2007 par marlene dans Climat

L’homme au coeur de la crise climatique.

64335304_86f0cc86ff.jpg
Photo: PE Weck, 17 novembre 2005.
Bonjour,

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a tenu conférence la semaine dernière à Paris. L’homme est confirmé « coupable » dans l’accélération des changements climatiques. Les conséquences d’un réchauffement, « reconnu sans équivoque », sont alarmantes.

L’homme responsable de la crise climatique.
Si rien n’est fait pour contrer l’évolution du climat, la température de la terre augmentera de 1,8°c à 4°c, d’ici 2100. Si cette prévision du GIEC ne s’éloigne guère de la précédente, établie en 2001, – soit un réchauffement prévu entre 2°c et 6°c en moyenne planétaire-, cette dernière conclusion est plus fiable. Elle s’appuie sur des modèles de calculs améliorés. Le GIEC confirme encore la responsabilité humaine . En 2001, elle était « vraisemblable ». Elle est aujourd’hui « très vraisemblable ». Un adverbe plus loin, le GIEC est sûr, à 90%, que l’homme est l’auteur du surplus d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il serait donc coupable de la crise climatique observée depuis un demi – siècle. Ce constat balaie certains doutes sur l’origine du dysfonctionnement du climat, notamment l’hypothèse d’un changement de cycle.
Un réchauffement actif.

Au XX° siècle, la température moyenne a progressé de 0,6°c, pendant que la concentration de CO² dans l’atmosphère augmentait de 40%. Un certain nombre d’évènements témoignent de ce réchauffement actif. Considérant les 12 années les plus chaudes observées depuis 1850, onze ont récemment été enregistrées. Les températures moyennes – toutes les années 2000 sont nettement supérieures à la moyenne 1960 – 1990 – soulignent cette tendance. Pendant que les canicules se multiplient, les jours de froid et de gel diminuent. Ce réchauffement est plus accentué sur les continents que sur les océans. Il est aussi plus marqué sous les hautes latitudes, par rapport aux tropiques. Les glaces continentales, la calotte glaciaire, et la banquise arctique réagissent à cette hausse des température. Depuis 1993, le niveau marin progresse de 3,1 millimètre par an, conséquence d’une dilatation thermique des océans, et de la fonte des glaces continentales.

Diviser par deux les émissions mondiales?

La teneur en gaz carbonique de l’atmosphère est passée de 280 parties par million (ppm), avant l’ère industrielle, à 379 ppm en 2005. Cette augmentation, moteur du réchauffement en cours, provient directement de la combustion du charbon, du pétrole, et du gaz naturel. Ces trois combustibles fossiles constituent 80% des ressources énergétiques de nos sociétés. Donc, pour stabiliser la concentration atmosphérique en gaz carbonique, il faudrait pratiquement oublier les énergies fossiles, au profit des énergies renouvelables. Un scénario qui puise encore dans l’utopie, mais qui ouvre une réflexion sur les modes de production, et de consommation de nos sociétés. L’objectif actuel est de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, afin de stabiliser la concentration atmospérique en gaz carbonique.

Quelques raisons de s’inquiéter.

Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 15%. Si rien n’est fait, l ‘Agence Internationale de l’Energie prévoit une augmentation du rejet mondial de 50% d’ici 2030. Il doublerait d’ici 2050. D’autre part, une stabilisation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne suffirait pas à stopper le processus du réchauffement. Il continuerait pendant des siècles. En tablant sur une augmentation des températures planétaires de 4 à 6° à l’horizon 2100 – prévision haute du GIEC -, cela  » signifierait un bouleversement d’ampleur comparable à celui qui a conduit la planète du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans, au climat actuel. Mais en un siècle, au lieu de 10.000 ans. »(D’après Jean Jouzel, l’un des scientifiques français ayant rédigé le rapport du GIEC – Propos recueillis par Syvestre Huet, Libération, 3-4 02, 2007) Cette perspective suggère une menace sérieuse pour la civilisation humaine, et son habitat.

Je n’ai pas relevé de perspectives heureuses dans l’analyse des conclusions du GIEC. Au contraire, le ton est à la catastrophe, le vocabulaire est alarmiste. Peut – être un petit espoir concernant les gros pollueurs, les Etats Unis et la Chine, qui ne peuvent décemment plus ignorer l’ampleur de la crise climatique. Peut – être une mobilisation efficace concernant l’avenir du protocole de Kyoto. Les choses peuvent bouger. En attendant, Jacques Chirac, propose la création d’une organisation internationale sur l’environnement, l’ONUE (Organisation des Nations Unies pour l’Environnement), qui adopterait une « déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux ». Une cinquantaine de pays, favorable au projet, a saisi l’urgence d’une action collective, et immédiate. Peut – être l’amorce d’une réponse à cette « révolution écologique », proposée par le Pésident français.

M.J

Source: Libération, 27, 28, 29 janvier 2007, 2-4 févier 2007 – Le Monde, 30 – 01 -07 – 5 -02 -07)


Publié le 7 février 2007 par marlene dans Climat,Comprendre

BedZed: un quartier zéro émission

bedzed.jpg

Bonjour,

BedZed, au Sud de Londres, est devenu un modèle de quartier durable. Peu gourmand en énergie, il limite les dommages à l’environnement. Dans un contexte d’économie d’énergie, et de réchauffement climatique, ce village écologique pourrait faire école.

Pas d’énergie fossile, pas de Gaz à effet de serre.

Bedzed, le projet écologique est contenu dans le nom: Beddington Zero Energy Development, ou Développement sans recours à l’énergie fossile, en version française. Il ne rejette aucun gaz à effet de serre, c’est un quartier « Zéro émission ». Bedzed, qui impose ses sept bâtiments dans le paysage pavillonnaire environnant, propose 90 logements, accès à la propriété pour les plus riches, et location pour les autres. BedZed, qui offre encore 2500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, un centre médico- social, un complexe sportif, un crèche, un café, un restaurant, des espaces publics et privés, est inauguré en 2000 à Sutton, dans la banlieue Sud de Londres. Il s’agit de construire un quartier agréable à vivre, en utilisant les matériaux locaux, et en limitant les ressources non renouvelables. « Les réserves de pétrole du Royaume Uni seront épuisées dans dix ans. Aussi devons nous préparer notre société à mieux gérer les ressources de la planète », commente Bill Dunster, architecte du projet. (Benoît Théau, Igapura, novembre 2006)
Une consommation énergétique maîtrisée.

BedZed est un petit consommateur d’énergie. L’orientation solaire des bâtiments, la qualité de l’isolation, et quelques innovations permettent d’optimiser la réponse énergétique. Les pertes thermiques des bâtiments sont réduites. La toiture, en partie recouverte d’un tapis végétal, constitue un premier isolant. Les murs, d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur, sont bourrés de matériaux isolants. Les fenêtres orientées vers le Nord, sont équipées d’un triple vitrage. Celles, offertes au Sud, sont doublées. Au total, l’isolation permet de réduire 90% des besoins en chauffage. Et en cas de gros coup de froid, nous sommes à Londres, une chaudière à bois collective prend le relais. Parmi les autres astuces pour récupérer la chaleur et la lumière du soleil, chaque logement dispose d’une serre, exposée au Sud. Certaines vitres sont équipées de cellules photovoltaïques. Et pour optimiser les bénéfices du soleil, 777 m² de panneaux solaires sont installés sur les toits, afin de produire de l’électricité. Des cheminées, où systèmes d’air chaud et d’air froid se croisent dans des conduits, permettent l’aération des logements, et apportent encore un peu de chaleur. Une partie de l’énergie électrique et thermique provient de bois de récupération. (B. Théau, 2006;L. Noualhat, Libération, 14 -01 -2006)

L’eau valorisée.

L’eau de pluie et les eaux recyclées assurent le cinquième de la consommation du village. L’eau de pluie est stockée dans des réservoirs situés dans les fondations du bâtiment. Une partie des eaux usées est traitée sur place par une « living machine ». Cette machine vivante se compose de sept bassins, reliés entre eux, où microbes et plantes travaillent à épurer l’eau souillée. Les nutriments récupérés sont destinés aux plantes, l’eau filtrée nettoie les toilettes et arrose les jardins. L’économie d’eau est d’ailleurs un parti -pris. Des appareils ménagers aux économisateurs d’eau installés sur les robinets, en passant par la fonction « double commande » installée dans les toilettes, tout est conçu pour limiter la consommation d’eau. Une règle de vie, pour les résidents. (B.Théau; L. Noualhat, 1996)
Oublier la voiture.

BedZed essaie de faire oublier la voiture à ses habitants. Rapporté au nombre de logements, peu de places de parking sont disponibles. Le stationnement y est limité. On y pratique le « véhicule en commun », dont deux sur trois sont électriques. Le village, qui est aussi un pôle d’emplois, permet encore de réduire les déplacements. Conséquence écologique, plus d’espaces pour les piétons, les cyclistes, et la verdure.

Les « BedZed » pourraient se multiplier.

Edifié grâce à des bois achetés dans les environs, des matériaux récupérés sur les chantiers, ou d’anciens rails de chemins de fer recyclés, BedZed a utilisé les ressources locales, et stimulé l’économie environnante. Le village, qui accueille des familles à bas revenus dans la moitié des logements, réussit encore son pari social. Les autres appartements ont été vendus au prix du marché tradirionnel. Contre – performance, un surcoût de la construction d’environ 30%, lié aux innovations. Un prix raisonnable pour une empreinte écologique maîtrisée: un chauffage réduit de 90%, une consommation énergétique de 70%, et 75% d’ordures en moins. Un prix dérisoire pour un fonctionnement « neutre en carbone ». Les nouveaux « BedZed », inspirés d’un village durable déjà rôdé, devraient côuter moins cher, à l’avenir. Le programme britannique de logements, un million prévus sur 10 ans, s’intéresse au projet. Et BedZed pourrait encore s’exporter en Suisse, en Afrique du Sud, en France, ou en Chine et en Australie. (B.Théau; L. Noualhat, 1996)

BedZed, un modèle de ville durable: vidéo (Le mieux, c’est de regarder la vidéo, version petit format…A l’échelle de l’écran, l’image perd beaucoup.)

M.J.


Publié le 5 février 2007 par marlene dans Développement durable,Economie d'énergie