Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Ecologie: portraits croisés…

Bonjour,

Alors cette soirée sur Arte? Le vieillissement de la population européenne, le boom démographique africain – qui annonce aussi une pression migratoire, si le continent ne se développe pas -, et la mobilité croissante du continent asiatique, évoquent des perspectives 2030 – 2050, qui se dessinent déjà. Autre changement majeur, également amorcé, le déplacement du centre nerveux de la planète vers la Chine et l’Inde, le « Chindia », un monstre à deux têtes. Ces deux grosses puissances démographiques, stimulées par une économie triomphante, sont appelées à devenir les noyaux de ce nouvel ordre mondial. Les Etats – Unis, restés accrochés à leur influence , regardent désormais en direction de ces deux géants, et du monde asiatique. Donc, un glissement géoplitique vers les rives du Pacifique. Une mutation exprimée par une image, Paris, ville – phare du XIX° siècle, New York au coeur du XX° siècle, et Shangaï, nouvelle étoile de ce siècle. Autre perspective, l’émergence des relations Sud/Sud, avec notamment une empreinte chinoise plus affirmée sur le continent africain. Une chance de développement pour le continent africain ? Peut – être, si l’échange profite aussi aux Africains, là c’est moi qui ajoute. En tout cas, un monde émancipé du siècle précédent, un bouleversement des rapports de force et des échanges. 2030 dessine une humanité qui devra composer avec la menace climatique et ses conséquences écologiques, une humanité mobile, qui tire profit de son mouvement. Ce monde qui circule bouscule les identités figées, la peur des autres, et de l’ailleurs. Ce « big bang démographique », version ARTE, nous invite à prendre conscience des mutations en cours, pour y participer. L’émission nous incite surtout à lire le monde autrement. Plus sereinement.

Avant de vous proposer un nouvel exemple de dérapage dans l’exploitation des ressources, surprise, je suggère une pause. Environnement toujours, mais avec le sourire. Il y a ceux qui ont intégré la crise climatique, et ceux qui rament, portraits croisés…

Bon week – end.

M.J


Publié le 30 mars 2007 par marlene dans Non classé

ARTE: big bang démographique.

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Bonjour,

Juste pour signaler le documentaire programmé sur Arte, ce soir (20h40)
« 2030, le big bang démographique », un documentaire français d’Olivier d’Angely (120 mn, 2007).

Dans un peu plus de deux décennies, 8 milliards d’êtres humains vivront sur la planète. Un avenir tout proche. Pendant deux heures, Arte examine les conséquences géopolitiques, économiques, écologiques, migratoires, sociales, et culturelles de cette explosion démographique. Arte brosse le portrait d’une Europe qui vieillit, d’une Afrique, jeune, qui poursuit son expansion démographique, ou d’une humanité en mouvement. La Chine et l’Inde deviennent le noyau d’une nouvelle dynamique économique mondiale. Cette nouvelle donne démographique va bouleverser les équilibres mondiaux, et transformer le cours de nos existences.

Hubert Vedrine, ancien Ministre des Affaires Etrangères, Hugues de Jouvenal, Président de Futuribles, Alain Parant de l’INED ( Institut National des Etudes Démographiques ), Pascal Lamy, Directeur de l’Organisation mondiale du Commerce, ou Hubert Reeves, Astronome, interviendront au cours de cette soirée, ponctuée de reportages et de scénarii BD. Arte esquisse des horizons probables pour 2030, ou 2050.

En lien: Teledoc, le petit guide télé pour la classe. Le site, basé sur l’émission, invite à réfléchir sur les grands bouleversements géopolitiques, migratoires, ou environnementaux qui accompagneront un bouleversement démographique, déjà en cours.

M.J.


Publié le 27 mars 2007 par marlene dans Non classé

Santé: une tuberculose active et mutante.

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Afrique du Sud: tuberculose et Sida, une « urgence nationale ».

Photo camera rwanda, 5 mars 2006.

Bonjour,

Si les pays développées ont réussi à faire reculer la tuberculose, cette maladie reste un fléau dans beaucoup de pays pauvres. Malgré une stabilisation en 2005, elle reste l’une des principales causes de mortalité dans le monde. En Afrique du Sud, une forme plus résistante de la maladie, combinée au SIDA, ouvre de sombres perspectives.

Chaque jour, 4 400 personnes meurent de tuberculose.
Pour l’année 2005, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé ) estime à près de 9 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose dans le monde, dont 7,4 millions en Afrique et en Asie. Dans son rapport mondial de lutte contre la tuberculose, l’organisation signale une stabilisation de la maladie en 2005, après une embellie de l’épidémie en 2004. Près de 60% des cas sont diagnostiqués, et la plupart sont traités. Depuis une dizaine d’années, 26 millions de personnes ont pu être efficacement soignées. Mais cette stabilisation de la maladie dissimule une réalité encore sordide. Tous les jours, environ 4 400 personnes, meurent de tuberculose. Et au total, en 2005, l’épidémie a tué plus d’1,5 million de personnes. (1)

Une maladie très active en Afrique.

Globalement, si la prévalence de la tuberculose et la mortalité reculent depuis quelques années, la situation mondiale révèle des disparités. Dans certaines régions d’Afrique, de Méditerranée orientale, et d’Asie du Sud -est, la tuberculose continue de progresser. L’accès au diagnostic et aux soins portent ces inégalités. Dans la plupart des pays, la lutte contre la tuberculose n’est pas pleinement opérationnelle. Par exemple, malgré les efforts mis en place, seuls 73% des malades sont pris en charge au Sénégal, qui compte 12.000 cas de tuberculeux. Ce taux est inférieur à l’objectif fixé par l’OMS, qui est de 85%. (2)Cette maladie gagne encore du terrain en Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest le plus touché. De 1995 à 2006, la tuberculose a progressé d’environ 5% par an. Plus de 21 000 nouveaux cas ont été enregistrés en 2006, dont la moitié de « cas contagieux ». Pauvreté, retard dans le dépistage, migrations des populations, ou le manque d’infrastructures sanitaires, expliquent cette évolution.(3) Egalement responsable d’une progression de la maladie, l’abandon des médicaments. En Angola, dans la province de Kwanza – Sul, le taux de contamination de la tuberculose a augmenté de 33% en 2006, car les malades interrompent leur traitement. (4)

Une tuberculose plus résistante.

Plus inquiétant, l’apparition d’une tuberculose plus résistante. Le Kénya, qui fait partie de l’un des dix pays les plus touchés au monde, connaît une forme résistante de la maladie, extrêment dificile à soigner. Depuis un an, les cas « multi -résistants », pour lesquels les traitement classiques ne sont plus efficaces, se multiplient. Dans un pays où la tuberculose sévit dans des zones à forte densités, on craint une progression dramatique de cette forme virulente de la maladie. (5) L’Afrique Australe est actuellement très menacée par une épidémie de tuberculose ultra – résistante, et qui ignore les 6 médicaments anti – tuberculeux les plus communs. Cette forme de tuberculose, extrèmement mortelle, est récemment apparue en Afrique du Sud. Elle résulte d’un traitement contre la tuberculose mal suivi, ou d’une contagion. Et les malades du SIDA sont les plus exposés. Dans une Afrique du Sud très touchée par le virus du SIDA, l’articulation des deux maladies pourrait être désastreuse. La tuberculose est la première maladie opportuniste au cours de l’infection au VIH/SIDA. (6)

Tuberculose et Sida: une perspective inquiétante.

Dans une Afrique australe, épicentre de la pandémie de SIDA, la perspective d’un développement de la tuberculose ultra-résistante, a de quoi effrayer. En Afrique du sud, cette tuberculose mutante a été identifiée au Kwazulu – Natal. Sur 53 personnes atteintes, 52 sont mortes rapidement. Or au Kwazulu – Natal, 80% des séropositifs sont porteurs de la tuberculose. L’Afrique du Sud, qui compte 5,5 millions de persones affectées par le VIH, détient encore le record des tuberculoses, déclarées ou non, soit environ la moitié de la population. Ces chiffres suggèrent un désastre humanitaire, si rien n’est fait pour contenir cette forme virulente. En septembre 2006, quelques centaines d’experts et de représentants de 14 pays d’Afrique centrale et australe, ont pris la mesure de la situation. Un vaste plan de surveillance, assorti d’une stratégie médicale, doivent répondre à cette menace. Actuellement, 300 cas ont été diagnostiqués, 30 nouveaux apparaissent chaque mois. Cette tuberculose tue 85% de séropositifs. L’Afrique du Sud, qui n’a tojours pas demandé l’assistance de l’OMS, envisage cependant d’importer des médicaments plus efficaces d’Amérique du Nord, pour enrayer cette nouvelle forme de tuberculose. Un effort notable pour un pays à la politique de santé timide, par rapport à la situation sanitaire. Un effort qui ne servira pas à grand chose si les personnes atteintes de tuberculose abandonnent leur traitement en cours, soit le quart. L’OMS invite vivement l’Afrique du Sud a faire de la tuberculose et du SIDA une « urgence nationale ».(6)

Pour ne pas anéantir les progrès accomplis.

Le milliardaire américain George Soros prend cette menace très au sérieux. Il vient de donner 3 millions de dollars pour combattre cette tuberculose très résistante, en Afrique. L’OMS estime à 650 millions de dollars annuels une intervention efficace. Faute d’une mobilisation active, tous les progrès accomplis ces dernières années pour lutter contre le Sida, grâce à la prévention et à la distribution d’antirétroviraux, notamment en Afrique subsaharienne, seront balayés. Environ 5000 cas de cette tuberculose ultra -résistante sont actuellement recencés dans 18 pays, hors Afrique du Sud. (7)

Un traitement lourd: une équipe de MSF sur le terrain (vidéo)

Je vous invite à visiter le site de MSF, et son dossier consacré à la tuberculose. La version multirésistante, très difficile à soigner, se développe aussi en Arménie, et en Georgie…
M.J.

(1) AllAfrica.com: Afrique, lutte mondiale contre la tuberculose 2007 -http://fr.allafrica.com/stories

(2) AllAfrica.com: Sénégal, journée de lutte contre la tuberculose – http://fr.allafrica.com/stories

(3)Jeuneafrique.com, la tuberculose gagne du terrain. http://www.jeuneafrique.com/

(4)AllAfrica News: Tuberculose -http://www.feedshow.com/

(5) Au Kenya, la tuberculose résiste, Stéphanie Braquehais, RFI actualités, 15 – 03 – 07 – http://www.rfi.fr

(6) Une nouvelle tuberculose mortelle en Afrique australe, Valérie Hirsch, RFI actualité, 08 -09 – 2006 – http://www.rfi.fr

(7), Afrique, Soros donne trois millions de dollars contre la tuberculose, 14 -03 -2007 -http://fr.news.yahoo.com


Publié le 26 mars 2007 par marlene dans Non classé

Des forêts maltraitées.

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Photo: aakaakaakaakaa, 19 juin 2005

Bonjour,

Le semaine dernière, coup de fil d’un copain, pour l’aider à transporter le parquet qu’il vient d’acheter. Il ne peut rien porter, il s’est démis le dos, mais c’est une autre histoire. Il sort un échantillon du fameux parquet, acquis chez un grand distributeur de matériaux pour la maison. Du merbau, un beau bois exotique aux tons roux. Prix assorti, ras du plancher,30 euros le m², prêt à poser. Soit environ la moitié d’un sol en chêne, moins cher que le sapin, l’un des bois les plus communs. L’origine de ce merbau n’est pas révélée par la grande surface. Peu importe, on entasse les cartons sur le chariot, on paie, et on refait le sol de son salon à un prix imbattable, qualité en prime…

Une exploitation anarchique et prospère.

Environ 40% du bois exotique vendu en France est d’origine illégale, selon un rapport du WWF publié l’an dernier. Parmi eux, le merbau. Ce bois précieux, exploité par les Chinois dans les forêts de Papouasie – Nouvelle Guinée, est une espèce menacée. (1) En 2006, en Papouasie – Nouvelle Guinée, un trafic de merbau, coupé illégalement, transformé en parquets par les Chinois, destiné au marché européen, est démantelé. (2) Si certaines grandes surfaces, invitées par des campagnes de sensibilisation, délaissent ce bois illégal, le circuit de distribution continue à exister. Il suffit d’ailleurs de taper « merbau » sur internet pour voir apparaître quelques offres. Autre exemple, le gouvernement chinois et le Comité Olympique viennent de passer commande de bois exotiques, destinés aux infrastructures des jeux qui se dérouleront en Chine, en 2008. Ce bois, exploité en Papouasie devrait être transformé dans une usine, construite à proximité. Au total, les Jeux Olympiques devraient engloutir 800 000 mètres cube de merbau. (3) En Papouasie – Nouvelle Guinée, des contrats – plus ou moins douteux,- passés avec la Chine, annoncent l’exploitation de l’une des dernières forêts primaires au monde. (1) En République démocratique du Congo, l’exploitation de bois exotiques par les sociétés étrangères reste une activité, souvent illégale et prospère. (4)
Une déforestation qui reste alarmante.

Selon un rapport de la FAO, publié le 13 mars dernier, la déforestation progresse à un rythme alarmant. Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent dans le monde. (5) Toujours selon la FAO, les pertes nettes ( solde du rapport déforestation – reboisement ) de superficies boisées ont atteint 7,3 millions d’hectares par an, entre 2000 et 2005. C’est à dire une superficie annuelle équivalente au territoire de la Sierra Leone, ou à celui du Panama. (6)Les nouvelles plantations, l’expansion naturelle des forêts existantes, et une meilleure protection de l’espace forestier, ont corrigé les effets d’une déforestation galopante. Par exemple, toujours selon la FAO, la superficie des forêts protégées aurait augmenté d’un peu plus de 30% depuis 1990. Les reboisements en Asie auraient encore contribué à ralentir ce processus. La Chine, qui mène un vaste programme de boisement, aurait même réussi à inverser les pertes du continent asiatique. L’Asie, privée de 800 000 hectares de forêts par an dans les années 90, en gagne un million annuel entre 2000 et 2005 (6) Mais le problème de la déforestation, envisagé sous l’angle de la superficie, se décline, aussi, en terme de qualité.

Une exploitation sauvage des essences rares.

En Asie du Sud – Est, en Afrique, et en Amérique latine, la disparition des forêts précieuses progresse à vive allure. La plantation d’espèces rapides ne compense pas la perte d’espèces rares, nécessaires à la biodiversité, et cadre de vie des communautés voisines. En République démocratique du Congo – qui possède près de la moitié des forêts primaires tropicales du bassin du Congo -, l’exploitation forestière est sauvage. Pour collecter quelques essences rares – notamment le Wengé, très à la mode en ce moment, et très cher -, les bulldozers dévastent l’espace forestier, anéantissent la faune, et privent les Pygmées de leur cadre de vie traditionnel – certains sont d’ailleurs employés sur ces chantiers forestiers, pour trois cacahuètes -. (4)Dès 1966, l’Indonésie de Suarto, autorise l’exploitation sauvage et corrompue de ses forêts primaires. Aujourd’hui, 80% du couvert végétal a disparu, les essences rares sont devenues quasi – inexistantes (1) Et ce pillage des forêts primaires s’est aujourd’hui déplacé en Papouasie – Nouvelle Guinée, où il est orchestré par les Chinois. C’est de là que provient notre fameux marbau. Selon la FAO, les forêts primaires, qui représentent plus du tiers de la superficie forestière totale, disparaissent, ou sont modifiées, au rythme de 6 millions d’hectares par an. L’introduction d’espèces envahissantes, plus utiles au commerce qu’à la biodiversité, participent à ce gâchis. (6)

Déboiser pour mieux planter.

Emmanuelle Grundmann, primatologue, auteure d’une thèse sur la réintroduction des ourangs-outans, a examiné l’histoire des déforestations. Elle rapporte qu’en Indonésie, des grandes plantations ont pris la place des forêts. L’Indonésie s’est tournée vers l’huile de palme, utilisée pour la transformation de nombreux produits (cosmétiques, détergents, plats surgelés, chocolat..). L’huile de palme devrait encore intervenir dans la fabrication de bio – carburants. La perspective d’un marché mondial, élargi aux biocarburants, dope la conversion à l’huile de palme. Le coût de la main d’oeuvre sert le projet. L’Indonésie entend désormais devenir le premier producteur d’huile de palme, devant la Malaisie. Et pour ça, il faut de l’espace cultivable…Ce qui pourrait expliquer certains grands incendies qui ont ravagé l’Indonésie à la fin des années 90.(1)

Le bois, la seule source d’énergie des plus pauvres.

Une ligne de clivage s’est dessinée. Les belles forêts, en expansion, campent sur le continent Nord américain, et sur l’espace Européen. La Chine, qui reboise pour mieux vendre, développe encore son couvert forestier. L’Inde, aussi. De l’autre côté de cette frontière verte, les pays en voie de développement. Certains bradent leurs essences rares ( Papouasie – Nouvelle Guinée, ou Congo), sans que cette exploitation profite au développement du pays. L’Indonésie fait de la déforestation – héritée et active – une stratégie économique. Et dans la plupart des pays pauvres, le bois représente la seule source d’énergie. Il est encore source de nourriture, de médicaments, matériau de construction, ou fait l’objet d’un petit commerce illégal. Ailleurs, on défriche ces terres peu productives, pour gagner un peu de surface cultivable. Les gens pauvres participent activement à la déforestation. Une relation qui réactualise les termes du développement durable, « réduction de la pauvreté – protection de l’environnement ».

Actuellement, seulement 2% des forêts bénéficient d’un label de certification, qui les soumet à une gestion durable. Au Brésil, en Mongolie, en Namibie, les villageois bénéficient de programmes de gestion forestière, afin de maîtriser leur pratiques de brûlis, et de prévenir les incendies. C’est mieux que rien. Mais tant que le commerce international du bois échappera à la règlementation…Mais revenons à mon copain, je ne suis pas sûre qu’il connaisse l’itinéraire de son parquet. Mais, je pense qu’il s’en fiche. D’ailleurs, ça lui apprendra, je le balance, il s’appelle Didier.
M.J

(1) Biocarburant, l’arbre qui cache la forêt, Sylvie Briet, Libération, 20 mars 2007

(2) La Baleine, mars 2006 -www.amis de la terre.org

(3)www.adamantane.org

(4)Coupes sombres dans la forêt congolaise, Laure Noualhat, Libération, 15 février 2007

(5) La déforestation de la planète suit un rythme…, Gaëlle Dupont, Le Monde, 14 mars 2007

(6) La déforestation se poursuit à un rythme…, FAO, Rome, 14 novembre 2005.


Publié le 22 mars 2007 par marlene dans Développement durable

U.E: un climat plus dangereux que le nucléaire.

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U.E: 20% d’énergies renouvelables en 2020. Photo: Boskizzi, 21 juin 2005.

Bonjour,

L’Union européenne se mobilise contre le réchauffement climatique. Cet engagement écologique pourrait inciter les gros pollueurs de la planète à suivre l’exemple européen. Une décision importante dans un contexte alarmant. Les scientifiques américains de la NOAA (Administration américaine océanique et atmosphérique) annoncent que l’hiver 2006 – 2007 a été le plus chaud, jamais enregistré depuis 1880. Soit 0,72°C de plus que la moyenne du XX° siècle.

Une Europe unie face à la crise climatique.
L’Union européenne vient d’adopter une stratégie musclée pour freiner le réchauffement climatique. Les 27 chefs d’Etat, réunis à Bruxelles, s’engagent à réduire d’au moins 20% – par rapport à 1990 et d’ici à 2020- leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette décision commune devrait permettre à l’Europe de jouer un rôle « d »avant garde » – selon l’expression d’Angela Merkel, la Chancellière allemande -, dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Cet engagement motivé pourrait inciter les « gros pollueurs » de la planète -USA, Chine, Inde, URSS – à suivre l’exemple européen. Cette décision collective – malgré quelques cafouillages – a encore le mérite de présenter une Europe unie, après les  » non » français et néerlandais à la Consitution européenne.

Angela Markel, l’actuelle Présidente de l’Union, entend faire de la crise climatique l’une des priorités de sa mission européenne. L’Europe, qui avait vivement soutenu le Protocole de Kyoto – qu’elle ratifie dès avril 1998, soit quelques mois après son adoption -, vient de passer à l’acte « écologique ». Greenpeace salue encore la décision la plus importante depuis Kyoto.

La voix du compromis.
Les « 27″ envisagent encore de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30%, si d’autres pays industrialisés imitent cet effort. Cette perspective, recommandée par les scientifiques, permettrait de limiter à 2°c l’écart de température entre le début de l’ère industrielle – l’amorce du réchauffement -, et la fin de ce siècle. Dès 2020, l’essence et le gazole devront contenir 10% de biocarburant. Et les énergies renouvelables représenteront 20% du bouquet énergétique de chaque Etat – membre. « Objectif trop ambitieux », ont prétendu la France, la Finlande, et la plupart des nouveaux membres d’Europe centrale et orientale. Ces pays auraient préféré miser sur des énergies, peu productrices en CO², comme le nucléaire. L’Allemagne, fortement équipée en nucléaire, mais qui s’en détourne sous la pression des Verts, s’y est opposée. Déchirée entre « pro-nucléaires » et « anti-nucléaires, l’Europe a bien failli se brouiller. Angela Merkel a finalement choisi la voie du compromis.

Une transition énergétique  » à la carte ».


En Europe, les énergie renouvelables représentent 7% du cocktail énergétique , avec de grosses disparités selon les pays. A l’échelle de l’Union, la part du pétrole est restée stable depuis 1990. Le gaz, et dans une moindre mesure, le renouvelable et le nucléaire, ont remplacé le charbon, Avec 152 réacteurs répartis sur le continent européen, le nucléaire contribue à 30% de la production d’électricité de l’Union. La France, qui a fortement plaidé en faveur du nucléaire à Bruxelles, est un cas atypique au sein de l’Union. L’énergie nucléaire pèse pour 70% dans la production d’électricité de l’hexagone. Et finalement, puisque chaque pays offre un paysage énergétique différent, il a été convenu d’adapter l’objectif « 20% de renouvelable » à chaque situation. Chaque Etat membre conduira sa transition énergétique, en fonction de son histoire, de ses moyens, et de ses choix. Un compromis qui arrange les partisans – et notamment les français -, et les opposants de l’atome.

Le nucléaire, une solution « acceptable ».
Chaque état de l’Union peut donc, de recourir ou non, à l’énergie nucléaire. La Commission européenne propose encore la création d’un groupe à haut niveau, afin d’élaborer une stratégie commune en matière de sécurité nucléaire. Le nucléaire, énergie « raisonnable » en carbone, contribue aussi à la sécurité d’approvisionnement énergétique d’une Europe, dépendante du gaz soviétique. Pour le moment, l’Europe compose avec le nucléaire, pour amorcer une transition vers les énergies propres. S’il est question d’épargner les intérêts des pays tournés vers l’atome, ce compromis semble une option réaliste pour engager les réformes.

Evidemment, les Verts européens ne l’ont pas entendu de cette oreille. Selon eux, les énergies renouvelables constituent la seule alternative pour lutter contre le réchauffement climatique. Sous – entendu, Jacques Chirac veut faire du nucléaire une « énergie renouvelable ». Même son de cloche chez les Verts français, qui dénoncent les gros budgets avalés par le nucléaire. Fincements publics qui pourraient être destinés aux énergies renouvelables…

Le nucléaire produit, et rassemble, encore des armées de rebelles. Samedi, le réseau « sortir du nucléaire » - soit plus de 700 associations pro – environnementales -, a jeté plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Rennes, Lyon, Lille, Strasbourg, et Toulouse. Ces opposants au projet « Flamanville », réacteur nucléaire 3° génération, exigeait aussi la fermeture des centrales en activité, notamment les plus anciennes. Dans un pays qui fabrique trop d’électricité, et qui exporte 16% de sa production annuelle, le nucléaire reste assorti d’un point d’interrogation.

M.J.

(Le Monde, 9 et 16 mars 2007; Libération, 10-11, 17, 18-19 mars 2007; L’Europe et le réchauffement climatique, www.touteleurope.fr; Caderange, http://caderange.canalblog)


Publié le 19 mars 2007 par marlene dans Climat

Développement non durable.

Bonjour, un petit film d’animation sur le réchauffement de la planète. Il est réalisé par le Lycée La Serre de Sarsan et la Ménagerie. Drôle et efficace.

La Ménagerie, une association loi de 1901, encourage le cinéma d’animation. Elle produit des courts – métrages, forme à l’animation, et développe la création petit budget. Pour en savoir plus: La Ménagerie.


Publié le 15 mars 2007 par marlene dans Non classé

Développement durable: le faux- ami de la décroissance. (3)

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La décroissance, pour changer de credo…Source: Morguefile/z.m.carter@mail.com

Bonjour,

Troisième éclairage sur le développement durable, ou plutôt un contre -éclairage, avec le mouvement de la « décroissance ». Le développement durable , qui articule « social » et « écologie », ne remet pas en cause le diktat du développement, contenu dans sa formulation. Or, ce développement, porté par la dynamique « production- consommation – accumulation », impose un projet en contradiction avec le respect de la planète. La « décroissance », vise à briser l’idéologie de la croissance, pour forger une humanité plus sereine, en harmonie avec son environnement.

« Défaire le développement, refaire le monde ».

Le nom de Nicholas Georgescu -Roegen (1906 -1994), économiste roumain, professeur émerite à l’Université de Vanderbilt (Tenessee), reste associé au concept de « décroissance ». Il en est l’un des principaux théoriciens. Cet universitaire a démontré qu’une croissance nulle ne suffirait pas à juguler l’épuisement de la planète. Pour cela, il faudrait amorcer une « décroissance économique ». François Partant, Jacques Ellul, ou Ivan Illitch ont également travaillé sur cette idée. C’est lors du colloque organisé par l’association « Ligne d’horizon – Les amis de François Partant », organisé à l’UNESCO en 2002, que le concept de « décroissance » s’impose dans les débats. Ce colloque, « Défaire le développement, refaire le monde », mobilise 700 personnes pendant trois jours. Il s’agit de rompre avec le productivisme, et d’explorer d’autres possibles pour préserver la planète. La crise écologique relance l’idée de décroissance, inspirée par le rapport du Club de Rome (1972) et son « Zero croissance ». Mais la décroissance, qui prône une croissance négative, va plus loin.

« Développement durable: un oxymore »

Pendant ce temps, Serge Latouche - économiste français engagé contre l’idéologie de la croissance – interroge le concept de développement durable: »La définition du rapport Brundtland ne prend en compte que la durabilité, et non pas le développement. Mais en réalité, il s’agit essentiellement de préserver le développement; or si l’on prend en compte l’idée de durabilité, on suit un principe jonasien classique à présent. Mais la signification de cette notion de développement est fondamentalement contraire au principe de la durabilité! »(1)
Pour Serge Latouche, le développement durable est un oxymore – deux mots désignant des réalités contradictoires, associés par la syntaxe-. Le développement durable, défini à Rio, est un simple « bricolage conceptuel », qui change les mots sans renier le fond. « Il est suspect, car il satisfait tout le monde »(1) En plus, Rio ne livre pas le « mode d’emploi » du développement durable. Chacun y va de sa formule, préférant tantôt le « social » à « l’environnement », ou « l’économie » au « social », un bricolage qui rate son but.

Briser le dogme de la croissance.

Le développement durable reste donc accroché à l’idéologie du « développement ». Le volet social et la composante écologique, contenues dans sa définition, tendent vers un « mieux développer », sans remettre en cause la dynamique « production – consommation- accumulation », associée à la croissance. Il s’agit donc de briser le dogme de la croissance: « Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes… »(3) Il s’agit de « décoloniser » l’imaginaire collectif, pour inventer une humanité plus sereine, en accord avec son environnement.

PourLatouche, cette alternative au développement n’est pas un retour en arrière, mais une autre façon d’envisager la relation au monde, et les rapports humains. Il ne s’agit pas non plus de renoncer au bien être, mais d’adapter la consommation aux besoins. Il s’agit surtout de repenser la société humaine « conviviale, acceptable, une société satisfaisante et non pas une société du toujours plus ». (3) Dans une autre intervention, il ajoute : » Il faut redonner du sens à la vie locale. Si on veut que les gens ne partent pas aux Seychelles, il faut qu’ils pensent que la vie a un sens chez eux. Il est très important de redonner du sens à l’endroit où l’on vit, de relocaliser l’économie, la politique, la culture. »(4)

8 « r » pour composer une alternative au développement.

Serge Latouche résume cette alternative au développement par 8 « R ».
Réévaluer: changer les valeurs de nos sociétés, décoloniser notre imaginaire. Reconceptualiser: sortir du capitalisme, redonner la priorité du social, de l’humain sur l’économie. Restructurer: restructurer la société sur d’autres valeurs que le seul profit, sur une autre approche du temps de vie. Redistribuer: les droits de tirage sur la biosphère, retrouver l’empreinte écologique normale (…), retrouver le pot de yaourt de notre enfance avec les fraises du jardin… Relocaliser: remettre les produits à leur véritable coût incluant l’écologie, (…), redécouvrirles vertus des produits locaux, relocaliser l’emploi, lutter contre le chômage (…), sortir d’un monde géographique virtuel, Réduire notre empreinte écologique: changer sa manière de consommer, adapter les habitations, réduire le temps de travail, travailler moins pour travailler tous… Restaurer l’activité paysanne: sortir de la culture intensive, promouvoir la qualité des produits. Recycler: rendre effectif le recyclage sur toute la France, revaloriser les produits non jetables, favoriser la réparation qui crée des petits métiers de proximité…(3)

Concrètement…

Si la croissance est un dogme, une idéologie dont il faut s’émanciper, voire une religion dont il faut se détourner- Latouche parle aussi « d’a – croissance », par référence à l’athéisme qui nie l’existence de Dieu -, comment s’y prendre. Comment passer de l’utopie au projet politique? Lors d’un entretien entre Serge Latouche et Hubert Vedrine (4), le politique avance: « Pour adapter les sociétés à ces défis, soit on a recours à des procédures autoritaires ( notamment en matière d’énergie), soit on cherche l’adhésion des gens. » Latouche invite à une « conversion » à cette nouvelle religion, mélange d’idéal et de nécessité.

Je vous invite à lire les articles (ci dessous) pour aller plus loin avec la « décroissance », ou « l’ a – croissance », fondement d’une société épanouie, et respectueuse de l’environnement. L’entretien avec Hubert Vedrine pose notamment la question de la conversion de la société à ce nouvel ordre, moral. Et là, sur le papier, les réponses apportées esquissent un monde qui n’est pas complètement inaccessible. Si la décroissance reste une utopie, c’est qu’une élite, intéressée à son contraire, le veut bien.

M.J.

(1) « L’imposture du développement durable », Serge Latouche, Séminaire interdisciplinaire, 30 mai 2003.(Format PDF – Entrer les mots -clé.)

(2) Serge Latouche, « Pour une société de décroissance », Le Monde Diplomatique, novembre 2003

(3)« La décroissance, une Utopie? La croissance, un concept pervers? », Serge Latouche, Conférence -Débat, les Amis du Monde Diplomatique, 30 mai 2006.

(4) Entretien Hubert Vedrine – Serge Latouche,Propos recueillis par Hervé Kempf, Le Monde, 26 mai 2005, « Développement durable ».


Publié le 13 mars 2007 par marlene dans Comprendre,Développement durable

Developpement durable: itinéraire d’un concept. (2)

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Développement durable: le temps des illusions..Photo: Carf, janv. 2006

Bonjour,

Consacré à Rio, le développement durable, qui ne s’appelle pas encore comme ça, s’élabore dans les années 70. Cette maturation porte déjà les termes d’une contradiction, qui oppose « développement » et « écologie ». Et suggère déjà l’antinomie entre « développement » et « durable ».

Une idée qui se formule.

Dans les années 70, quelques économistes de renom commencent à associer le respect de la nature à la production de richesses. De fait à l’époque, deux courants s’opposent. Pour le premier courant, les préoccupations environnementales ne sont qu’un prétexte imaginé par les pays riches, pour freiner le développement des économies émergentes. L’autre courant invite à stopper la croissance, responsable de la pollution et de l’exploitation des ressources. Cette seconde vision, qui prévoit à terme la fin de l’humanité, est déjà catastrophique. En 1971, un colloque de chercheurs, réunis à Founex en Suisse, invente une voie médiane. « Oui » au développement, promoteur d’un ordre social, mais « attention » à l’environnement, et à ses ressources. Cette alternative, qui jette les bases du développement durable, porte le nom « d’écodéveloppement ».

En 1972, l’Organisation des Nations Unies sur l’Environnement, se réunit à Stockholm. Scientifiques, ONG, et décideurs, s’inquiètent de la relation entre le développement industriel, et la dégradation des milieux naturels. L’appel de Stockholm invite donc à la protection de la nature. Mais cette préservation des espaces naturels s’apparente plus à une sacralisation de la nature, qu’à un véritable engagement écologique. Mais déjà, le développement industriel est reconnu néfaste pour l’environnement. Une opposition, opposée à une expansion économique aveugle, commence à se former.

La même année, le Club de Rome – un groupe d’intellectuels soucieux de l’avenir de l’humanité – commande un rapport sur les limites de la croissance au Massachussets Institute of Technology. Le texte, intitulé « Les limites de la croissance », souligne les dangers écologiques de l’expansion économique et démographique. Si l’on ne jugule pas la croissance, si l’on ne stabilise pas l’activité économique et l’envolée démographique, le système mondial risque de s’effondrer. Ce message, également formulé par « Zéro croissance », fait beaucoup de bruit à l’époque.

Deux ans plus tard, des experts internationaux, invités par les Nations Unies (le PNUE pour l’environnement et le CNUCED pour le commerce et le développement) se réunissent à Cocoyoc, au Mexique. L’écart entre pays pauvres et pays riches est vivement dénoncé. Louis Echeverria, le Président mexicain, livre un rapport très engagé, qui fait écho à ce constat. Henri Kissinger, le chef de la diplomatie américaine n’apprécie pas ce texte, aux accents très « tiers-mondiste. » L’écodéveloppement est rangé dans les cartons.

Pendant ce temps, les grands groupes industriels sont vivement invités à respecter l’environnement. Des lois les obligent à diminuer leur pollution de l’air et de l’eau. Ils adoptent des normes environnementales plus contraignantes. Mais il n’y a pas encore de véritable vision environnementale, les problèmes sont résolus au cas par cas. Et c’est le consommateur qui paie sur les produits, le surcoût induit par ces exigences environnementales. (1)
Le rapport Brundtland.

Et c’est finalement le rapport Brundtland qui pose les fondements du développement durable. Commandé en 1984 par le Secrétaire Général des Nations Unies de l’époque, Javier Perez de Cuellar, il est achevé en 1987. Gro Harlem Brundtland, Ministre de l’Environnement norvégien, qui dirige les travaux de cette commission, donne son nom au document. Le rapport Brundtland introduit une croissance qui aura pour perspective, le respect des générations à venir.

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion: le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »(2)

Le rapport Brundtland identifie deux risques majeurs: le changement climatique provoqué par l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et la détérioration de la couche d’ozone, due à l’émission des gaz de synthèse. Ces deux risques, liés à un développement anarchique, éloigné des questions environnementales, compromettent l’avenir de l’humanité. Le message est entendu. Quelques mois plus tôt, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a révélé les dangers liés aux activités humaines.

Johannesburg.

Vingt ans après Stockholm, dix ans après Rio, les Etats tiennent conférence en Afrique du Sud, à Johannesburg. Johannesburg est l’occasion d’examiner les progrès du développement durable. Les grandes idées s’effondrent devant les constats. Nous sommes en 2002.

Malgré les mises en garde répétées, les modes de production et de consommation continuent de se développer sur le dos de l’environnement. Plus grave, ils se déplacent vers les grands pays émergents. L’Inde et la Chine se développent à toute vitesse en détruisant leur territoire. Le Protocole de Kyoto, destiné à impliquer la communauté internationale dans la réduction des gaz à effet de serre depuis 1997, n’est toujours pas en vigueur, faute de signatures suffisantes. Cinq ans après Johannesburg , le protocole est en vigueur (depuis 2004), mais sans l’adhésion des Etats – Unis, principal pollueur de la planète. La Chine et l’Inde, pays émergents, n’y sont pas soumises. La pollution atmosphérique en dissimule bien d’autres, pollution de l’eau, des mers et des océans, augmentation des déchets…Le patrimoine environnemental destiné aux générations futures – grand leitmotiv du développement durable – est déjà bien altéré.
Le fossé entre pays riches et pays pauvres s’est creusé. Les Etats nantis continuent de s’enrichir sur le dos des pays démunis, pillant leurs ressources minières, agricoles, et forestières. La pauvreté, l’exclusion, et la violence se généralisent dans les pays du Sud. Et cette humanité paupérisée, qui se développe dans toutes les grandes métropoles de la planète, montre que les inégalités ne sont plus réservées aux seuls pays démunis.

Vu de Johannesburg, le développement durable a raté son départ. Manque de vision concernant l’avenir de la planète? Intérêts liés à un système de production et de consommation difficile à réformer ? Besoin de maintenir le bon vieil ordre mondial en maintenant les pays du Sud dans une position de dépendance ? Les grandes institutions mondiales n’ont pas réagi aux défis formulés à Rio. Les dirigeants politiques et économiques s’arrangent finalement de cette inertie qui ne remet pas en cause le modèle occidental. On attendait peut – être les ONG. Mais face aux défis, elle ne font pas le poids. Pour mesurer l’ampleur de l’échec, il suffit d’ailleurs de lire la presse, et de regarder les journaux télévisés. L’humanité continue de se paupériser. L’environnement, pourtant devenu priorité, est en train de révéler certaines limites. Et le réchauffement climatique plante un décor inquiétant.

Du doute écologique à la décroissance.

En 1972, la Conférence de Stockholm introduit le doute écologique dans une économie qui triomphe. « Les limites de la croissance », le fameux rapport publié par le Club de Rome la même année, étoffe ce doute. La planète ne pourra pas supporter les conséquences d’une croissance économique et démographique incontrôlée. On parle de « Zero croissance ». En 1992, la Conférence de Rio, qui confirme une sur – exploitation des ressources épuisables, tente une solution par la voie du « développement durable ». Pendant ce temps, la croissance, stimulée par la mondialisation, travaille à séparer un peu plus les riches et les pauvres, et à multiplier les atteintes à l’environnement. Et le développement durable, qui conjugue pourtant « social » et « environnement », n’y peut pas grand chose, faute d’un mode d’emploi efficace. La formule magique du développement durable ne tient pas ses promesses. La Conférence de Johannesburg esquisse un avenir sombre pour la planète. Pendant ce temps, une autre idée s’est formulée. Elle s’appelle la « décroissance ». L ‘inertie du développement durable semble redonner de la vigueur à cette théorie.

On en reparle dans le prochain blog…

M.J.

(1) Le développement durable – « Produire pour tous, protéger la planète », Loïc Chauveau, Petite Encycloédie Larousse, Juin 2006.
(2) Rapport Brundtland – Wikipedia.


Publié le 13 mars 2007 par marlene dans Comprendre,Développement durable

Développement durable: entre environnement et social. (1)

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La tentation d’un développement durablePhoto: Lollie – Pop, nov. 2005.

Bonjour,

En juin1992, le Sommet de la Terre organisé à Rio de Janeiro par les Nations Unies, formule les grands principes du développement durable. L’homme est au coeur d’un projet planétaire, qui articule « environnement » et « social ». Je vous propose trois examens. Le premier esquisse les grandes lignes du développement durable. Le second en retrace l’histoire. Le troisième envisage l’envers du décor. Mais retour sur un principe, conçu pour freiner un développement fondé sur l’exploitation des ressources non renouvelables, et adoucir les inégalités sociales.

Un contexte d’urgence.
L’humanité, soit environ 6 milliards d’individus, sur – exploite les ressources et les milieux. Elle épuise son habitat, la planète. Dans le même temps, à l’échelle mondiale comme à celle des sociétés, l’écart se creuse entre riches et pauvres. C’est dans ce contexte que le développement durable, concept – remède, se formule. Le Développement durable vise à remettre de l’ordre dans ces dérégulations planétaires, afin de laisser un monde viable aux générations futures. Le développement durable, equissé dans les années 70, est formulé au Sommet de la Terre de Rio dans un contexte d’urgence. Les inégalités sont criantes. La logique d’exploitation épuise les écosystèmes, nécessaires à la survie d’une humanité qui représentera neuf milliards d’individus, en 2050.

L’Agenda 21.

L’agenda 21, texte avalisé par l’ensemble des Etats présents à Rio en 1992, édicte les fondements du développement durable. Agenda 21, ou Action 21, le chiffre 21 fait référence au XXI° siècle qui commence.

Le document recommande un nouveau type de développement. Il s’empare de la lutte contre les inégalités, qu’elles soient Nord – Sud, internes à un pays, à une région. Il s’appuie sur la préservation de l’environnement, et sur une exploitation raisonnable des ressources naturelles, afin de léguer cet héritage aux générations futures. Cette vision à long terme est l’une des caractéristiques de la formule « durable ».
Le texte prône une relation entre les équilibres sociaux, le maintien des écosystèmes, et l’efficacité économique. Il définit un développement économique généralisé, respectueux des hommes, et de l’environnement. Il y a articulation entre environnement et social, autre grande caractéristique de la vision « durable ».

Le texte invite encore à un partenariat mondial. Sous entendu, la mise en oeuvre du développement durable ne peut être que collective. S’il vise sur le long terme, « les générations futures », il entend répondre rapidement aux situations urgentes. Le texte invite encore à un gros effort financier, afin de servir les objectifs du développement durable. Et il adopte le principe d’une discrimination positive, à l’égard des pays émergents.

L’agenda 21 est plan global – une sorte de « mode d’emploi » – destiné aux gouvernements, aux institutions, aux acteurs économiques et sociaux. La Conférence de Rio inaugure le principe du développement durable. Il sera mis en oeuvre au cours du XXI° siècle. Ce texte est adopté en même temps que la Déclaration de Rio, les conventions sur le climat et la biodiversité, et les intentions concernant la préservation des forêts, ou la lutte contre la désertification.

La Déclaration de Rio énonce les grands principes du développement durable.

Quelques grands principes du développement durable.

Le premier grand principe énoncé place l’homme au coeur de ce nouveau type de projet: « Les être humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive, en harmonie avec la nature. »

Le second principe formule la gestion raisonnable des ressources: « Conformément à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, les Etats ont le droit souverain d’exploiter leurs propres ressources selon leur politique d’environnement et de développement, et ils ont le droit de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l’environnement dans d’autres Etats ou dans des zones ne relevant d’aucune juriction nationale. »

Le troisième principe rapelle l’importance d’une gestion raisonnée des ressources, dans la perspective d’un héritage à léguer aux générations futures: « Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures. »

Le développement durable articule « développement et « environnement », quatrième principe: « Pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément. »

Cinquième principe, la lutte contre la pauvreté et la réduction des écarts de niveaux de vie, à l’échelle planétaire: « Tous les Etats et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l’élimination de la pauvreté, qui consitue une condition indispensable au développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde. »

Parmi les autres principes, la participation des femmes. Force de travail, en quête d’émancipation, et surtout éducatrices, les femmes sont l’une des clés du développement dans les pays émergents. Les Etats doivent encore réduire, et éliminer les modes de production et consommation « non viables », et promouvoir des politiques démographiques adaptées. On arrête sur ce dernier principe, qui sera examiné dans l’autre blog. Au total, la déclaration de Rio comprend 27 principes….

Les autres grands textes.

La Convention sur les changements climatiques.

Ce texte avalise les conclusions du GIEC (Goupe intergouvernemental d’experts sur le climat) qui travaille sur le réchauffement climatique depuis 1990. La combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz ) est reconnue « responsable » du réchauffement de la planète. Ce constat a été, depuis, réaffirmé au fil des preuves scientifiques. Nous sommes en 1992, et les Etats qui ratifient la Convention s’engagent à revenir aux « niveaux d’émission antérieurs » avant l’année 2000. Il s’engagent à publier des rapports périodiques. Ce texte annonce le Protocole de Kyoto, adopté en 1997, et mis en application en 2004.

La Convention sur la diversité biologique.

Cette convention invite la communauté internationale à stopper la destruction des espèces biologiques, de leurs habitats, et celle des écosystèmes. Les pays signataires s’engagent à préserver la diversité biologique, et à contôler les entreprises biotechnologiques. L’exploitation génétique des ressources d’un pays en voie de développement devra être indemnisé. Cette Convention sert à formuler le Protocole de Cartagena, qui concerne les droits de propriété du vivant.

La préservation des forêts.

Concernant la gestion raisonnable des forêts, Rio a suscité beaucoup d’espoirs. Une convention, juridiquement contraignante, pour exploiter sans mutiler les forêts aurait dû être signée. Des désaccords entre les pays du Sud et ceux du Nord ont contrarié l’écriture de ce texte. Rio a cependant abouti à une série de principes, invitant à une gestion écologique de tous les types de forêts. Les pays riches s’engagent notamment à reboiser, et à conserver leurs forêts. En clair, les Etats peuvent exploiter leurs ressources forestières, raisonnablement. (La préservation des forêts de la planète).

L’idée du développement durable se formule bien avant la Conférence de Rio. Nous sommes dans les années 70. La question d’une compatibilité entre « développement » et « environnement » bouscule un ordre économique triomphant, peu soucieux d’écologie. Second écairage, itinéraire d’une notion. Rendez – vous dans le prochain blog.

M.J.

D’après:

- Atlas mondial du développement durable, Anne Marie Saquet, Editions Autrement, Février 2006

- Le développement durable, « Produire pour tous, protéger la planète », Loïc Chauveau, Petite encyclopédie Larousse, Juin 2006.


Publié le 13 mars 2007 par marlene dans Comprendre,Développement durable

Andy Goldsworthy: working with time.

Bonjour, je n’y résiste pas, encore cinq petites minutes avec Andy Goldsworthy. Un autre éclairage sur son travail.

Rivers and tide. Working with time.

En lien, les précédents blogs qui introduisent le Land art, et le travail de Goldsworthy. Histoire de se constituer un petit catalogue. Bon week – end.

M.J


Publié le 10 mars 2007 par marlene dans Non classé