Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Pekin, 2008 et quelques poussières…

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Bonjour,

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, la Chine est en train de monter sur la première marche du Podium. Prévision de l’AIE ( Agence internationale de l’Energie), applaudissements prévus pour 2007, un peu plus tôt qu’annoncé. La Chine devrait donc passer la barre des 6 milliards de tonnes de CO² cette année – 6, 02 plus exactement, soit 22% du total mondial-, contre 5, 91 millards de tonnes pour les Etats Unis. Cette performance pré – olympique n’empêche pas la Chine de soigner son image d’hôte “écolo”. Avant les JO de 2008, enjeu de taille pour la Chine, les Autorités chinoises s’emploient à nettoyer le ciel, à purifier l’air, et à embellir Pekin. S’il s’agit d’impressionner quelques 2 millions de visiteurs et plusieurs milliers de journalistes, il s’agit surtout de ne pas priver les athlètes de leur souffle. (1)

Bande annonce des JO…

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Record difficile pour un marathon.

Difficultés pulmonaires, problèmes respiratoires, crises d’asthme, malaises, les athlètes olympiques ont tout à craindre d’un Pekin, enveloppé dans d’épaisses brumes, grouillant de vilaines particules. En visite dans la capitale chinoise le mois dernier, Hein Verbruggen, Président de la commission de coordination du CIO ( Comité international olympique) a demandé aux Chinois d’accélérer la cadence – le CIO appelle ça des “plans d’urgence”-, pour lutter contre cette pollution bien installée. Dès 2001, la Chine, soucieuse de voir sa candidature l’emporter, avait promis de réduire la concentration des polluants dangereux, dioxyde de soufre, dioxyde de carbone, ozone, conformément aux normes de l’OMS. Elle devait encore contenir le smog, et ses particules néfastes. Pour le corps scientifique, l’ozone et les particules fines, sont particulièrement dangereuses.(2) Malgré l’optimisme ambiant, les contraintes environnementales retardent l’échéance d’un ciel dégagé.

Une pollution qui voyage par les airs.

Les performances du Parc automobile de Pékin, plus de trois millions de véhicules, dont plus de 2 millions de voitures individuelles, provoquent embouteillages, et pollution atmosphérique. La voiture reste un gros défi pour les organisateurs. Pendant les JO, Pekin devrait donc augmenter l’accès aux transports publics, afin de réduire les flux journaliers, voire d’interdire le trafic. Des experts travaillent encore à modeliser les flux de pollution industrielle pour situer leur provenance, et déterminer quelles régions du pays devront arrêter leurs activités pendant les jeux olympiques. Car si Pékin ferme ses usines, limite les déplacements, et demande aux habitants de ne pas utiliser leur appareil de climatisation, cela ne suffira pas à assainir l’air de la mégalopole. Le Shanxhi, le Shandong, la Mongolie -Intérieure, et le Hebel, provinces voisines de la capitale olympique, aux mines de charbon, aux centrales electriques, aux cimenteries, et aux acieries, très actives, participent pleinement à polluer Pekin. Des pollutions qui ne connaissent pas les frontières administratives, même en temps de jeux Olypiques. ” Ce n’est pas seulement la qualité de l’air qui est en cause, c’est sa combinaison avec la chaleur et l’humidité”, commente un médecin, chargé de recherche au sein du Comité olympique britannique. (2) Les Autorités chinoises s’affairent donc à réduire la pollution émise par les provinces périphériques.

Pause vidéo, Pekin polluée en attendant les J.O….En lien, la vidéo refuse de rentrer dans la boite….

Une métamorphose brutale.

Pekin se couvre de chantiers, se modernise, et se métamorphose. Amélioration du réseau d’alimentation en eau, aménagements routiers, optimisation du réseau métropolitain, déménagementdes activités polluantes, et essor de la construction signalent ce bouleversement urbain. L’un des monstres de la sidérurgie chinoise, situé aux portes de la ville, déménage. La contruction va bon train, 130 millions de mètres carrés, pour 80 millions il y a cinq ans. (3) Les bulldozers délogent les populations des quartiers vétustes pour y ériger de nouvelles tours. Une métamorphose de la ville qui tourne souvent, brutalement, une page de l’histoire architecturale de Pékin, et déracine ses habitants. Car les populations font aussi partie de ce toilettage urbain. Aux victimes des délocalisations des activités polluantes, chômeurs, aux expulsés des vieux logements, à la rue, s’ajoute une “nébuleuse” fragile. Les petits délinquants et les toxicomanes n’ont pas de place dans cette vitrine. (4)

“Pekin, ville verte”

La Chine serait capable d’améliorer rapidement la qualité de l’air, démonstration faite pour les Jeux universitaires mondiaux de 2001, où le ciel s’est dégagé un ou deux jours avant les compétitions.(2) Le gouvernement chinois promet d’ailleurs une “capitale écologique” pour 2008. (3). Et ce n’est pas l’utilisation du merbau en provenance d’Indonésie – bois exotique en principe interdit – destiné à l’édification de sites olympiques, ou l’inhalation de poussières de chantiers par les ouvriers et la population, qui vont contrarier cet objectif. Les Autorités chinoises feront tout pour éviter de reproduire les incidents du marathon de Hong Kong, en 2006, quand certains coureurs avaient eu des malaises causés par la pollution. Mais ce toilettage environnemental à l’approche des JO 2008 ne résout pas la question des émissions chinoises de gaz à effet de serre :”Si la Chine ne joue pas un rôle significatif, les efforts des autres pays ne vont pas compter pour grand chose.”, commente un responsable de l’AIE. Tant que la Chine déclinera la devise de Pierre de Coubertin – le rénovateur des Jeux Olympiques – “Citius, altius, fortius” à son développement économique, “plus vite, plus haut, plus fort”…

Une page de pub….

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Remarque périphérique, question centrale, Pékin 2008 et les Droits de l’Homme, remarque inspirée par un précédent commentaire concernant un autre article sur la Chine. Un processus de boycott des JO de Pékin est en cours. Peut être une note d’optimisme, née d’un rapide examen historique. Moins de 10 ans après les JO de Berlin, le III Reich s’effondrait, dix ans après ceux de Moscou, l’URSS se disloquait. Transition plus douce, l’après Séoul annonçait un régime coréen plus souple. Et l’après -Pekin?

M.J

(1) “La Chine devient championne du monde des émissions de gaz à effet de serre.”, Brice Pedroletti, Le Monde, 25 mai 2007 – (2)”A Pekin, ça sent le soufre”, Shai Oster, The Wall Street Journal, in Courrier International, mars 2007- (3) “Pour soigner ses jeux, Pekin fait un grand ménage.”, Pascale Nivelle, Libération, 25 – 26 mai 2007 -(4) “Chine, compte à rebours avant les J.O: d’importantes réformes…”, HNS-Info (Pour Amnesty International), www.hns.info.net (article 11140)


Publié le 30 mai 2007 par marlene dans Urbanisation

Le jardinier insoumis.

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Bonjour,

Plutôt rare de rencontrer un homme engagé, un homme qui défend sa vision du monde, un homme qui résiste à l’idéologie dominante, quitte à “rompre” avec le pouvoir. Ce résistant est paysagiste, romancier, essayiste. Il est l’inventeur du “Jardin en mouvement”, le concepteur du “Jardin Planétaire”, et du “Tiers paysage.” Cet idéaliste, jardinier et écrivain, s’appelle Gilles Clément. Il a simplement décidé de ne pas composer avec les nouveaux dirigeants du pays, porteurs d’un projet ultralibéral, absolument en opposition avec sa vision d’une “écologie humaniste”.

“Le Jardin en mouvement”.
L’homme, d’abord. Gilles Clément, ingénieur horticole, enseignant à l’Ecole Nationale du Paysage ( ENSP ) à Versailles, est né a Argentan sur Creuse, dans le département de l’Indre. Dans les années 80, il conçoit le “Jardin en mouvement”, un espace inspiré de la friche, un paysage qui s’organise avec les espèces qui s’y installent. Le jardinier observe la dynamique des plantes qui se développent, se déplacent, disparaîssent, et réapparaîssent dans cet enclos. Le paysage se redessine en permanence sous les yeux du jardinier. Cette idée, expérimentée dans son jardin de la Creuse, est reproduite en France, et l’étranger. A Paris, le Parc André Citroën est ouvert au public en 1992.

“Le Jardin planétaire”.

Mais Gilles Clément est surtout connu pour son “Jardin planétaire”, concept qui puise dans la diversité des êtres sur la planète, et s’intéresse à l’homme qui gère cette diversité. Cette idée est née d’un triple constat :”finitude écologique; brassage planétaire; et couverture anthropique”. Interrogé sur la genèse du Jardin Planétaire, Gilles Clément commente:

“En soi, l’expression “Jardin planétaire” avait quelque chose d’antinomique. Un jardin est un espace limité, alors que la planète représente le tout. En même temps, je sentais l’expression, juste derrière son apparente mégalomanie. L’humanité en est arrivée au point où l’important est de comprendre la finitude écologique, ce qui nous amène à considérer la vie comme prisonnière de cette planète, exactement à l’image du jardin, dont la racine étymologique, le mot germanique Garten est celle de l’enclos – que l’on retrouve dans l’arabe Jnan.” (1)

Sur son site, Gilles Clément formule sa théorie du “Jardin planétaire”. Un roman, “Thomas et le voyageur” (Albin Michel, 1996) véhicule ce concept de Jardin planétaire, “projet politique d’écologie humaniste”, auprès du grand public. Puis vient le “Tiers paysage”, “fragment indécidé du Jardin planétaire”, où la nature façonne des espaces oubliés, à la campagne, en ville, friche ou marais, sur le bord des routes, ou des voies ferrées.

Folles graminées dans le jardin du musée du Quai Branly….

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“Résistance”

Gille Clément, le créateur du Jardin du Musée du Quai Branly, a pris la décision d’annuler “la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français, à l’exception des instances officielles ou non officielles où, de façon avérée s’établit la résistance”. Dans un communiqué daté du 9 mai 2007, trois jours après le résultat de l’élection présidentielle, il décline les raisons de sa décision. Et il formule un projet, favorable à l’épanouissement planétaire. Et il définit la “résistance”.
Dans le même entretien Gilles Clément évoque ses doutes sur un système qui planifie tout, qui cloisonne, et qui fige. La réalité, “planétaire et biologique”, qui transforme sans arrêt, produit de l’inattendu, fonctionne sur l’adaptation:

“Combiner harmonieusement écologie et économie – qui est la question même du rapport de l’humain et de la vie – ne peut donc, à mon sens, se faire qu’au présent. Sinon, on fige et c’est la pire des choses, parce qu’on se retrouve forcément dans des culs-de-sac. C’est pourtant ce que l’humanité fait couramment, par exemple en installent des systèmes juridiques, des contentieux, des machines législatives, avec des avocats, des assurances, tout cette énorme machinerie qui détient une grosse partie des finances mondiales, autant que les magnats du pétrole, et qui cherche à programmer, à planifier, à standardiser et donc à figer. Toute la fameuse “mondialisation” n’est inspirée que par ce modèle.” (1)

“Moi, je ne crois qu’à l’artisanat. Ne peuvent fonctionner que des entreprises à termes courts, employant peu de gens sur des objectifs modestes, mais permettant de vraies vies. Mais je sais bien que ce n’est pas le modèle dominant!”(1)

Je vous invite à remettre ces phrases dans le contexte de l’entretien (1), un peu long, ce qui explique la sélection d’extraits. Une autre façon de comprendre pourquoi, Gilles Clément, qui travaille la diversité – diversité comportementale plus que qualitative : “C’est elle qui constitue le moteur de l’évolution de la vie sur la planète”, commente – t-il encore -, observe l’évolution, et s’arrange de l’imprévisible, est entré en “résistance”.

M.J.

(1) “Créateur du Jardin Planétaire”, entretien avec Gilles Clément, Nouvelles clés, Editions en ligne.


Publié le 25 mai 2007 par marlene dans Non classé

Une France “verte”, mais nucléaire…

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Bonjour,

Deux mots de compte – rendu sur le “Grenelle de l’environnement”. Ambiance détendue, ou presque, hier au Palais de l’Elysée, où Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, son superministre de l’Ecologie, recevaient neuf organisations “Vertes”. Fini de discuter d’Ecologie, Nicolas Sarkozy a affirmé sa voloté de passer à l’action. Le nouveau Président veut faire de ce “Grenelle de l’Environnement” un “contrat” qui “engage les responsables”. La crise climatique, la biodiversité, et l’articulation “santé/environnement” constituent les grands axes de cette nouvelle dynamique écologique. Les représentants des formations écologiques, temporairement débarrassés de leur étiquette d’agitateur, ont plutôt apprécié d’être considérés comme des spécialistes. Des personnes impliquées dans les grands défis de la planète, et pouvant formuler des propositions concrètes. Mais, difficile de parler “environnement”, en évitant tout à fait les sujets qui fâchent…

Le nucléaire, sujet attendu, a clairement dessiné deux camps. Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de poursuivre le projet EPR, avalisé par le gouvernement précédent. Alain Juppé avait, auparavant, annoncé la couleur:” Si le nucléaire n’est pas la solution (au réchauffement climatique), il n’y a pas de solution sans nucléaire. Il faut donc mettre en oeuvre le programme de centrales de troisième génération, tout en préparant la quatrième génération”. (1)

L’EPR, selon Areva:

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L’EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, doit remplacer une partie des 58 réacteurs, disséminés sur le territoire national. L’EPR, qui renouvelle un outil de production mis en circulation à la fin des années 1970, annonce aussi la quatrième génération du nucléaire, planifiée pour 2040. Ce projet, avalisé par l’Autorité de sûreté nucléaire début mars, est déjà en route. Il devrait être livré en 2012. Pour EDF, l’EPR cumule les dernières innovations en matière de sûreté, de sécurité, de respect de l’environnement, et de rentabilité économique. (2)
En lien, le projet Flamanville 3, version EDF. Le site comprend un film de présentation des grandes étapes de la construction du projet EPR, le rapport de sûreté préliminaire, répond aux questions “Enjeux et objectifs” d’un réacteur EPR, et justifie le projet…


“Pour” et “contre” le projet EPR…“Pour”
, Bernard Salha, directeur de l’ingénierie nucléaire à EDF: “Il y a trois raisons de construire l’EPR de Flamanville pour 2012. D’abord, il faut préparer l’avenir en gardant ouverte l’option nucléaire pour permettre le renouvellement du parc de production lorsqu’il arrivera en fin de vie. Ensuite, contribuer à la sécurité de l’approvisionnement au delà de 2012. Enfin, l’EPR sera une vitrine du savoir – faire d’EDF…”(3)

“Contre”, Bernard Laponche, polytechnicien, expert en politiques énergétiques : “Qu’apporte une nouvelle centrale dans la situation énergétique française ? Rien. Les produits pétroliers représentent 50% de la consommation d’énergie finale, l’électricité 21%. Le nucléaire, et a fortiori l’EPR, ne résout rien en matière d’indépendance énergétique, d’économies d’énergie et de politique des transports. Sans compter que nous sommes déjà en surproduction d’électricité en France…”(4)

Juste une remarque concernant les risques liés au nucléaire, point abordé dans un précédent blog, ( Réchauffement, l’illusion du nucléaire), et encore souligné par le “Contre”, Bernard Laponche: “…De plus, il est basé sur une technologie proliférante (son combustible, le mox, est un mélange d’uranium et de plutonium). L’EPR est une erreur de politique industrielle car il existera bientôt de nouveaux modèles plus sûrs et d’un meilleur rendement…”(4) Relire le passage final d’une interview de Benjamen Dessus: “A- t – on besoin de l’EPR.

Pour avoir la version de Greenpeace sur l’EPR…

Pour en revenir au Grenelle de l’Environnement, pourtant resté coincé sur la question du nucléaire, Nicolas Hulot, agitateur du Pacte écologique, est sorti plutôt optimiste :”(…)L’heure n’est plus au constat, l’heure est à l’action”.(5) Concernant cette rencontre, Yves Cochet, député Verts de Paris, commente: “…Je le répète: il serait ingénu de croire qu’on peut attendre quoi que ce soit de ce gouvernement en matière d’écologie.” (6)

M.J.

(1) “Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI” et France Info, Le Monde, 21 mai 2007 – (2) Source EDF – (3) (4) “La troisième génération en question”, “Pour”, Bernard Salha, propos recueillis par Sylvestre Huet; “Contre”, Bernard Laponche, recueilli par Laure Noualhat, Libération, 17 – 18 mars 2007 – (5) “Nicolas Hulot satisfait des préparatifs du “Grenelle de l’Environnement”", AFP – Le Monde, 21 mai 2005 – (6) “Il serait ingénu de croire..”, Yves Cochet, recueilli par Sylvia Zappi, Le Monde, 21 mai 2005.


Publié le 23 mai 2007 par marlene dans Développement durable

Le lundi de l’écologie…

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Hello,

Lundi rime avec écologie. Le premier “lundi” de Nicolas Sarkozy à l’Elysée est dédié à l’environnement. Le nouveau Président de la République et son “super ministre” de l’écologie, Alain Juppé, reçoivent neuf associations engagées dans le défense de l’environnement. Ces discussions doivent préparer le “Grenelle de l’Environnement”, prévu à l’automne prochain, septembre ou octobre. Il ne s’agit plus de décliner les menaces liées à la crise climatique, ni de lister les dysfonctionnements écologiques, mais de prendre une série de mesures concrètes, pour les cinq ans à venir.

Premier épisode de ce “Grenelle Vert” au Palais de l’Elysée, où ont défilé une quinzaine de représentants des grandes étiquettes de l’écologie, WWF, Greenpeace, Réseau Action Climat (RAC), France Nature Environnement – fédération qui chapeaute une fourmilière d’associations écologiques -, la Ligue ROC, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), et bien sûr, les Amis de la Terre, la formation de Nicolas Hulot. Le Philosophe Edgar Morin, le climatologue Jean Jouzel, et Jean Marie Pelt, expert en biodiversité, viendront également donner leur point de vue sur les priorités écologiques.

A l’ordre du jour, quelques orientations majeures, dont la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre, les OGM, le transport aérien, ou le nucléaire. Alain Juppé, qui a confirmé l’orientation nucléaire de la France pour les trois ou quatre décennies à venir, “une conviction” selon lui, devra défendre ses positions. L’atome, et le projet EPR, rencontre notamment l’opposition du WWF, de Greenpeace, et de “Sortir du nucléaire, organisation qui n’a pas reçu son carton d’invitation pour le lancement de ce Grenelle écolo. Alain Juppé devra encore préciser sa vision du transport automobile, ou de l’agriculture productiviste…

Nicolas Sarkozy veut sans doute faire oublier le 8,5/20 en écologie de son programme présidentiel, note attribuée par l’Alliance pour la Planète. Certaines mauvaises langues prétendent que Juppé est un récent converti à l’écologie. Reste un véritable “tournant écologique”. Et un bel exercice de géographie, celui qui consiste à poser le “territoire”, avant de dérouler projet national. Reste à inscrire ce “territoire” dans une dynamique écologique européenne.

M.J

Difficile de trouver une illustration…qui aurait pu être celle d’Alain Juppé à vélo, lors de la dernière campagne municipale de Bordeaux, au printemps dernier. Bordeaux, ville dont il est maire, Bordeaux transformée sous les mandats Juppé, avec notamment la mise en service du tram, transport en commun “écolo” d’une ville qui se rêve à vélo…

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Mais Juppé, Maire de Bordeaux, est attendu sur la question du contournement autoroutier de la ville, et ses conséquences sur les paysages de la région. Le tri des déchets de la ville est un autre dossier sensible…


Publié le 21 mai 2007 par marlene dans Développement durable

Réchauffement: l’illusion du nucléaire.

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Bonjour,

Le nucléaire, une solution pour lutter contre le réchauffement climatique? Oui, peut – être. En tout cas, ce n’est pas l’avis de tout le monde. C’est d’ailleurs l’une des questions qui a animé les débats de la dernière réunion du GIEC, à Bangkok, début mai. Pésentée comme une énergie “propre”, sans émission de gaz à effet de serre, la solution nucléaire rencontre toujours une opposition solide. Les dangers du nucléaire, l’hypothèse d’une prolifération, le stockage des déchets, et le coût réel d’une énergie très subventionnée, donnent des arguments aux “anti”. Ce qui n’empêche pas le lobbying du nucléaire de pousser à la consommation…

Le nucléaire, une alternative illusoire.

Comparé aux énergies fossiles – pétrole, charbon, gaz -, le nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre. Cette répétition pour souligner qu’il ne contribue pas au réchauffement climatique, avantage majeur dans un monde en voie de reconversion aux énérgies propres. Une “énergie verte”. Et même une “énergie renouvelable”. Argument avancé, une partie de l’uranium utilisé, reconverti en combustible “neuf”, augmente considérablement les réserves mondiales. De belles perspectives d’exploitation, qui devraient quand même rencontrer l’épuisement des réserves d’uranium, d’ici à la fin du siècle. (1) En attendant, le nucléaire séduit, même des écologistes. Exemple, Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace. Pour d’autres, Stephan Singer, en charge du dossier climat et énergie pour le Fonds mondial pour la nature, le WWF Europe, le “nucléaire ne peut constituer une alternative durable et efficace aux énergies fossiles.”(2)

Petite géographie des “pépins” nucléaires.

Le nucléaire est d’abord une énergie à “risques”. Un argument qui puise vraisemblablement dans une peur irrationnelle véhiculée par les opposants du nucléaire, mais qui s’appuie aussi sur des exemples. Three Miles Island, aux Etats Unis, en 1979, le Japon avec Tsuruga en 1981, 1987 et Tchernobyl, retour au Japon, Tokaimura en 1997 et 1999, deux morts, quelques centaines d’irradiés, quelques milliers de réfugiés, Mihama en 2004, plus un série de dysfonctionnements récents, pour terminer cette liste rapide en Europe, et en Suède, où une série d’incidents depuis juillet 2006, alimentent la contestation suédoise. Sur environ 440 réacteurs nucléaires dans le monde, c’est peu, mais largement suffisant pour asseoir l’argument du “risque”. Lors d’une interview dans Libération – je mets l’article en ligne plus loin pour une autre raison -, Benjamin Dessus, expert pour les questions d’énergie et d’environnement, évoque l’épuisement des ressources d’uranium vers 2080, d’où la necessité de passer avant aux centrales de quatrième génération, celles qui fonctionnent au plutonium. Et de nous rassurer: “Mais une civilisation de plutonium est bien plus dangereuse en termes de risques d’accidents et de prolifération.” (1)

Prolifération, déchets, et subventions.

Autre risque lié au nucléaire, la prolifération, lire la Corée du Nord et l’Iran. Et la question des déchets nucléaires, enfouis, que personne ne sait retraiter. Retour à Bangkok, où Stephen Singer commente: ” Il n’y a pas un seul dépôt dans le monde pour les déchet radioactifs qui soit accepté par les géologues.”(2) Ambiance. En France, les déchets et les incertitudes, sont stockées sur le territoire national. Autre agument au service des “contre”, le coût, c’est à dire le prix réel d’une technologie très subventionnée par les Etats. La théorie d’une indépendance énergétique ne tient pas non plus la route. Exemple en France, la totalité de l’uranium est importé, notamment d’Australie, et du Niger.

Pause vidéo: un monde nucléaire?

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Le nucléaire, un “nain” contre le réchauffement climatique.

Donc actuellement, 441 centrales nucléaires fonctionnent dans le monde, dans une trentaine de pays. Les Etats – Unis, la France, le Japon, mais aussi l’Inde et la Chine, en quête de solutions énergétiques, exploitent l’atome pour produire de l’électricité. Georges Bush, défovable à Kyoto, considère le nucléaire comme un excellent moyen de lutter contre les gaz à effet de serre. L’Europe, qui a récemment décidé de réduire de 20% ses rejets atmosphériques d’ici à 2020, qui souhaite encore faire 20% d’énergie, et qui s’oriente vers le 20% d’énergie renouvelable, accepte le compromis nucléaire. Considérant que le nucléaire représente actuellement environ 6,5% de l’énergie consommée dans le monde, et vraisemblablement moins de 5% vers 2030, source AIE (Agence internationale pour l’énergie), sa contribution à limiter les émissions de gaz à effet de serre reste anecdotique. (3) C’est mieux que rien.

Seconde pause vidéo, la France va dans le mur…

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A l’échelle planétaire, le moyen le plus efficace pour contenir le réchauffement reste la maîtrise de l’énergie. Beaucoup d’experts soutiennent cet argument. Un plan d’économie d’énergie qui va de la ville aux transports, en passant par l’optimisation du parc de logements. Une modération qui combine les mesures, et les technologies, dont les énergies renouvelables. Les vraies.

M.J.

En lien, cet interview particulièrement intéressante de Benjamin Dessus, notamment concernant la question de l’EPR. On pourrait y lire une incitation à la consommation de nouvelles technologies nucléaires…

(1)”Le nucléaire ne nous sauvera pas du réchauffement”, recueilli par Alexandra Scwartzbrod, Libération, 14 mai 2007 – (2) “Climat: le nucléaire, solution controversée contre le réchauffement”, AFP, in Le Nouvel Observateur, 3 mai 2007 – (3) “Réchauffement climatique: le nucléaire ne résout rien”, www.alternativelibertaire.org. Source “Sortir du nucléaire”.


Publié le 18 mai 2007 par marlene dans Climat

Pollutions “made in China”.

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Bonjour,

Pour illustrer le précédent blog, je voulais commencer par un réveil à Beijing, en Chine, un matin de fin d’automne, plongé dans une grisaille pas très écolo…Le document résiste, son auteur ne souhaite pas qu’on l’exporte sur un autre site, pas de problème, et pour ceux qui désirent expérimenter ce matin gris, “Polluted Beijing morning”...

Un ciel chargé…
D’ici la fin de la décennie, la Chine devrait devenir le premier pays émetteur de Co², devant les Etats – Unis. C’est à dire avec une décennie d’avance par rapport à certaines prévisions. L’explosion du parc automobile, mais surtout la consommation de charbon, le plus polluant des combustibles utilisés pour produire de l’électricité, expliquent cette contre – performance. La Banque mondiale recense 16 villes chinoises parmi les 50 les plus polluées au monde. En tête de ce palmares, Pékin et Shangaï. Malgré une stagnation du marché automobile (1), on prévoit 130 millions de véhicules sur les routes chinoises, d’ici à une quinzaine d’années. (2) En attendant, chaque semaine, une centrale électrique est mise en service sur le territoire chinois. Les courants atmospériques portent cette pollution vers l’Est, et le Japon, victime des pluies acides, provoquées par les rejets d’oxydes d’azote, et de dyoxide de soufre. La Chine, qui a ratifié le protocole de Kyoto, sans y être soumise pour cause de “pays émergent”, est responsable de 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Pollution atmosphérique en images…

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Une pollution qui n’épargne pas les campagnes…

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Un territoire souillé...

Les ressources hydriques du pays sont souillées par les pollutions industrielles. Des millions de paysans meurent de consommer des eaux empoisonnées par le fluorure et l’arsenic, déversé par les usines dans les rivières alentour. Sur le territoire, plus de la moitié des rivières sont altérées. Les réserves en eaux sont encore absorbées pour les besoins d’une agriculture intensive, qui utiliserait environ les 3/4 des ressources à ciel ouvert, et souterraines. Des milliers de barrages sont encore dédiés à l’hydroélectricité, quand plus de 300 millions de chinois n’ont pas accès à l’eau potable. L’urbanisation et l’industrialisation avalent 2 millions d’hectares de terres, par an. La pollution industrielle et agricole, qui fait chuter les rendements, détruit encore plus d’un million d’hectares de terres cultivables. (2) (3)

Dernier document, les rivières changent de couleur, les poissons meurent, et les terres deviennent stériles…La seconde partie de la vidéo, qui montre un musée des horreurs, n’était pas forcemment nécessaire…

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La Chine, certainement dépassée par ces problèmes environnementaux, a entamé un dialogue avc l’Union européenne en 2003. Une coopération environnementale, déclinée sur les questions du réchauffement climatique, de la gestion de l’eau, de la pollution atmosphérique, et de la biodiversité, est amorcée. Depuis 2006, la Commission européenne et la Chine coopèrent sur la question du charbon, et sur la promotion des énergies propres. Le Japon, victime des pluies acides en provenance de Chine, a proposé son aide pour lutter contre ses rejets polluants…Comme si quelque chose commençait à changer…

M.J

(1) “La longue marche du développement durable en Chine”, C. Brunela, 2 janvier 2006 -(2) “La Chine et ses défis environnementaux”, 4 octobre 2005, www.notre-planète.info- (3) “Scénarios pour la Chine”, Ludovic Woets, février 2001, www.diploweb.com


Publié le 16 mai 2007 par marlene dans Préjudice écologique

Quand la Chine s’asphyxie…

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Bonjour,

Petit retour sur l’actualité climatique. Réuni à Bangkok début mai, le GIEC (groupe d’experts international sur l’évolution du climat) a rédigé un rapport, destiné aux décideurs de la planète. Contenu du rapport: que faire pour lutter contre la crise climatique? Une centaine de pays a adopté un texte qui donne un mode d’emploi pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). La Chine, qui rejette la “responsabilité historique” du réchauffement sur les vieux pays industrialisés, s’oppose à une réduction, jugée trop contraignante, des rejets qui accompagnent son boom économique. C’est l’occasion d’interroger la Chine, sous un angle environnemental, et de décliner ses pollutions. Si toutes ne participent pas, directement, à la crise climatique, elles font de la Chine l’un des pires pollueurs de la planète.

La grande marche économique.

En Chine, les grandes réformes économiques de 1978 annoncent un “boom” sans précédent. Près de trois décennies plus tard, la Chine est devenue “l’usine du monde”, principal producteur de biens divers, à bas prix. Et pour produire les jouets, les réveils, les radios, les vêtements, et maintenant les téléviseurs, les appareils photo, et les téléphones, qui inondent le marché mondial, les Chinois ont construit des usines. Ils ont aussi dessiné des routes et des autoroutes pour les acheminer, ou des aéroports pour les exporter. Ce développement a demandé un gros effort énergétique. Pour accompagner cet effort industriel, ils ont encore édifié des villes, pendant que les métropoles gonflaient avec l’arrivée de ces nouveaux travailleurs ruraux. Si à peine 20% des Chinois sont citadins à la fin des années 70, cette proportion dépasse les 40% dans les années 2000. L’urbanisation, et l’augmentation du pouvoir d’achat des Chinois a développé le marché interne, et accentué les besoins énergétiques. Les citadins achètent des biens electro – ménagers, circulent en voiture, et consomment de l’énergie. Ce développement industriel et urbain fait de la Chine un gros consommateur d’énergie, 10% des besoins mondiaux en 2000, et sans doute 20% en 2010. Un boom économique – une croissance de 9,4% en 2004, et de plus de 11% au premier semestre 2007 – qui rend l’atmosphère des villes irrespirable, et qui ravage les paysages.

Le charbon, une source d’énergie archaïque.

Pollutions atmosphériques, principal accusé, le charbon, le plus polluant des combustibles, principal producteur de gaz à effet de serre. Le charbon représente environ 70% des ressources énergétiques du pays. Le sous -sol chinois en est riche. Il permet de produire les 2/3 des besoins en électricité. La Chine consomme déjà plus de charbon que les Etats – Unis, l’Union européenne, et le Japon, réunis. Chaque semaine, ou à peu près, une nouvelle centrale au charbon est mise en service sur le territoire chinois. Ces centrales, qui fonctionnent selon le système traditionnel – en brûlant du charbon pulvérisé pour produire de l’électricité -, pèsent sur l’évolution du climat. Parenthèse, une nouvelle technique plus propre (GICC, gazéification intégrée à un cycle combiné ), permet de transformer le charbon en gaz avant de le brûler. D’une plus grande efficacité énergétique, ce procédé autorise la capture des gaz à effet de serre avant qu’ils ne pénètrent l’atmosphère, et produit moins de particules, à l’origine de smogs, ou de pluies acides. Les émissions de dioxyde de soufre – rejetées par les centrales à charbon – seraient notamment responsables de 30% des pluies acides, enregistrées au Japon. La Chine, qui affiche sa volonté de réduire ses émissions du dioxyde de soufre à l’horizon 2010, d’augmenter son efficacité énergétique, voire de réduire sa consommation, exploite notamment son potentiel hydro – électrique. Une alternative au charbon qui a d’autres conséquences environnementales, inondations et assèchements des fleuves, changement de températures des eaux, et migrations des populations riveraines…(1) (2) (3)

Le pétrole, autre énergie fossile, couvre 27% des besoins énergétiques de la Chine. La quasi -totalité des ressources chinoises sont d’ailleurs issues d’énergies fossiles.

Il ne fait pas bon respirer en ville…
La Chine compte une trentaine de villes parmi les plus polluées au monde. Chaque année, la mauvaise qualité de l’air provoquerait le décès prématuré de 400.000 personnes – presque un demi – million…-, résultat d’une pollution externe, ou d’un système de chauffage défaillant. Le parc automobile – environ 1 million de voitures à Pékin et à Shangaï – contribue à cette dégradation de l’air. Une dégradation qui a suivi l’explosion du parc automobile, qui semble aujourd’hui stagner autour des 20 millions de véhicules. Les ordures ménagères, produites à l’échelle des populations urbaines, participent à un environnement malsain. Les grandes villes, Pékin, Shangaï, Canton, s’orientent vers un tri sélectif, et vers des méthodes d’incinération. Air vicié, ordures ménagères, évacuation des eaux usées, pollutions sonores, un tiers des citadins vivent dans des villes où le niveau de pollution est considéré comme “dangereux”. Et plus de 116 millions vivent dans un univers urbain dénoncé comme “très dangereux”.(4) (5)

Des campagnes sacrifiées…
La croissance chinoise sacrifie la santé, l’agriculture, et l’eau. Des révoltes paysannes – environ 50 000 émeutes en 2005 – ont violemment signalé les pollutions industrielles et la confisquation des terres, absorbées par l’espace urbain, les zones d’activités, ou les routes. L’usage de pesticides souille des terres destinées à l’agriculture. Désertification, sécheresses, et inondations, conséquences d’un climat qui change, contribuent à réduire les perspectives de sécurité alimentaire. Exemple, en 2004, les sécheresses et les inondations auraient touché 37 millions de terres cultivables, dont plus de 3 millions complètement dévastées. Au total, depuis un demi – siècle, la Chine aurait perdu la moitié de ses terres arables. L’Ouest du pays et les régions les plus dégradées ne peuvent plus nourrir leurs populations. Plus de 180 millions de personnes, réfugiés de l’environnement, devraient émigrer dans les années qui viennent. Un grand plan d’accès à l’eau potable, lancé par le gouvernement chinois, devrait adoucir la situation des 323 millions de paysans qui boivent de l’eau contaminée, données de 1984. Eaux polluées par l’arsenic et le fluorure, déversés par les usines polluantes, il ne fait pas bon vivre près d’un cours d’eau dans certaines campagnes. Toujours en 2004, plus de la moitié des rivières sont insalubres. Le ciel y ajoute ses vents de sables, ses retombées acides -une vingtaine de grands lacs sont touchés sur le territoire chinois -, et ses émanations toxiques. (6) (7) (8)

Pour illustrer, un document CNN qui esquisse le portrait d’une Chine, second producteur de gaz à effet de serre de la planète:

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L’exercice visait à planter le décor d’une Chine qui s’asphyxie, en se développant. L’histoire de la Chine , sa démesure géographique, son fardeau démographique – également force de travail -, son essor rapide – à peine plus de deux décennies-, ses ressources énergétiques – charbon, pétrole, gaz – (…), autorisaient- ils un développement mieux maîtrisé? Place aux spécialistes…

Aujourd’hui, une élite commence à mesurer les conséquences environnementales du “miracle” économique, auxquels s’ajoutent les premiers signes de la crise climatique. Quelques promesses du gouvernement chinois – une meilleure efficacité énergétique, une réduction des rejets de dioxyde de soufre… -, ou l’intérêt de certains industriels pour une économie durable, annoncent peut – être un changement. Mais l’orientation de la Chine vers un développement de type “durable”, et la diffusion des thèmes écologiques au sein des entreprises et de la population, pourrait s’apparenter à une seconde révolution culturelle…

(1) Le dessous des Cartes, Atlas géopolitique, Jean Christophe Victor, Arte Editions, p 126 -129 -(2) “Réchauffement. Les Chinois suivent le mauvais exemple américain, the New York Times in Courrier International, 7 décembre 2006 – (3) “Pékin pollue la tête haute, mais s’inquiète en coulisses.”, Pascale Nivelle, Libération, 4 mai 2007 – (4) “La Chine et l’Environnement”, Florian Deruette – E.rano, Chine 2004, www.sciences-po.fr – (5) “La longue marche du développement durable en Chine.”, C. Brunella, 2 janvier 2006, www.novethic.fr – (6) ” La pollution, un défi chinois”, Lina sankari, www.laterre.fr – (7) “Chine, responsable et victime des changement climatiques”, Pan Jiahua, Changements climatiques, Alternatives Sud, Editions Syllepse, juin 2006, p 41-47 – (8) “En chine, pollution et accidents industriels sont le prix de la croissance”, Marie Paule Nougaret, 30 novembre 2005, www.novethic.fr


Publié le 14 mai 2007 par marlene dans Développement durable

Climat: dépasser la “responsabilité historique”…

0

Hello,

Le GIEC ( groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a tenu conférence à Bangkok, en Thaïlande. Une centaine de pays devait approuver un texte, destiné à définir un plan d’action pour contenir la crise climatique. La Chine, second gros pollueur mondial, continue de contester la responsabilité des pays émergents dans la crise climatique…Tout en devenant plus attentive aux problèmes environnementaux….

Agir maintenant pour limiter les dégâts.


Le réchauffement climatique est en marche. Nous ne serions même qu’au début d’un phénomène, qui pourrait rapidement s’accélérer. Lors d’une interview accordée au quotidien Le Monde, Jean Charles Hourcade, l’un des auteurs de ce dernier rapport du GIEC, annonce: “…Il est clair qu’on n’en est qu’au tout début du réchauffement. Par rapport à ce que l’on pensait il y a environ une quinzaine d’années, il me semble que ce réchauffement est plus rapide que prévu.” Interrogé sur l’efficacité des moyens pour contenir la crise climatique, l’expert français poursuit: “…il faut distinguer deux choses. En raison de l’inertie du système climatique, il est évident que les efforts que nous ferions aujourd’hui ne joueront sur le rythme du réchauffement que dans quelques décennies.” Et de prévoir: “Mais en même temps, il faut bien comprendre que si nous ne faisons rien aujourd’hui, les risques de dérapages dans trente ou quarante ans seront encore plus importants.” (1) Agir maintenant contre le réchauffement climatique permettra de limiter les dégâts pour la planète, y compris une possible adaptation de l’Homme à ces nouvelles conditions climatiques.

A l’adresse des décideurs de la planète.

Le résumé du GIEC sur le réchauffement climatique, adopté à Bangkok la semaine dernière par le groupe III, donne les directives pour freiner le réchauffement climatique en cours. Ce rapport est le troisième temps d’une stratégie, amorcée à Paris en février dernier. Les experts du GIEC avaient alors affirmé la relation entre les émissions de GES ( gaz à effet de serre), et les modifications climatiques. Second temps, en avril dernier à Bruxelles, où le GIEC avait examiné les conséquences du réchauffement climatique, pour l’homme et les écosystèmes. Ce troisième temps, signalé par un texte court à l’adresse des décideurs de la planète, égrène une série de recommandations pour agir contre les dérapages du climat. Le GIEC devrait se retrouver en Espagne, à l’automne, pour rédiger l’ensemble de ses observations, et de ses recommandations. (2)

Eviter la “contribution” des pays en voie de développement.

Ce troisième rapport – ou résumé – rappelle l’urgence d’une action collective pour réduire les GES. De 1970 à 2004, les émissions de GES ont progressé de 70%. Les pays riches,  20% de la population mondiale, produisent près de la moitié des GES. Si les pays nantis sont vivement invités à limiter leurs rejets, notamment en adaptant leur politique énergétique, les pays en voie de développement sont appelés à devenir de gros pollueurs. Ils pourraient contribuer juqu’aux 3/4 d’une augmentation non contrôlée de GES, évaluée entre 45% et 110%, entre 2000 et 2030. Un autre dossier, celui de l’après – Kyoto, envisage notamment un transfert de technologies propres, des pays riches vers les pays pauvres, pour les aider à contenir leurs émissions. (2) (3)

Un coût “raisonnable”.

Parmi les solutions avancées par le GIEC, une taxation du carbone pour inciter les industriels à réduire leurs émissions, et à s’orienter vers des technologies alternatives. Les énergies renouvelables ouvrent d’autres perspectives. Elles pourraient représenter environ le tiers du bouquet énergétique, d’ici 2030. Quand le nucléaire fournirait 18% de l’électricité. Autres mesures, des voitures plus efficaces, alimentées au biocarburant, qui pourrait représenter jusqu’à 10% du marché des carburants. Le train et les transports maritimes pourraient remplacer le transport routier. Le transport aérien, secteur en plein essor, gros emetteur de CO², est particulièrement montré du doigt dans le rapport du GIEC. Le bâtiment et l’habitat, pensés sur le mode des “quartiers durables”, devraient encore contribuer à cette stratégie de réduction de GES. La liste n’est pas exhaustive… Au total, le GIEC propose une stabilisation des concentrations en équivalent CO² entre 535 et 590 ppm (parties par million), contre 380 ppm aujourd’hui. Le coût de l’effort collectif pour contenir les émissions de GES, d’ici 2030, est estimé entre O,2% et 3% du PIB mondial (Produit intérieur brut). C’est à dire finalement pas grand chose, comparé aux coûts économiques et humains du désordre climatique. (3) (4)
La Chine, “agitateur” de Bangkok.

Tout le monde, pays riches et pays pauvres, est invité à contribuer à cet effort collectif. Une invitation qui rencontre la résistance de la Chine, second emetteur mondial de GES – ou en passe de le devenir -, après les Etats Unis. La Chine conteste la partie basse de l’effort demandé – 445 ppm -, arguant que cette “restriction” risque de contrarier son développement économique, signalé par une croissance de 11,1% au premier semestre 2007. La Chine, qui a déposé 1500 amendements aux propositions formulées par le GIEC, est apparue come “l’agitateur” de Bangkok. Les Etats – Unis et l’Inde, l’autre grand monstre économique émergent, jugent également ces limitations trop strictes. Si la Chine et les Etats – Unis contestent, de concert, des restrictions jugées contraires à leur épanouissement économique, les deux grands pollueurs divergent sur “qui”, devrait consentir les efforts les plus soutenus…(3) (5) (6)
L’argument des “responsabilités historiques”.

La Chine se replie derrière les “responsabilités historiques” des pays développés, ceux qui émettent des GES depuis l’ère industrielle, soit depuis plus de deux siècles.  La Chine a donc demandé que le rapport du GIEC désigne les pays développés, l’Amérique du Nord et l’Europe, comme les responsables du réchauffement. Et donc, comme ceux qui devront être les plus efficaces pour contenir la crise climatique. (5) (7) Mais cette position officielle dissimule les préoccupations croissantes d’une élite, qui prend conscience du désastre environnemental sur le territoire chinois.

L’amorce d’un changement?

La Chine, qui sinistre son territoire pour servir son économie – gigantesque contre – exemple de “développement durable” -, vit sous la menace d’une crise environnementale majeure. Une partie de l’élite s’inquiète des signes annonciateurs de la crise climatique, aggravation des sécheresses, progression de la désertification, et multiplication des révoltes paysannes, liées aux dégradations de leurs terres. Cette prise de conscience progresse jusque dans les instances du Parti. Mais, dans un pays qui dépend à 70% du charbon pour son énergie, et où des centaines de millions de Chinois aspirent à copier le mode occidental, le chemin vers un développement “raisonnable”, inspiré par la crise climatique, pourrait être long. En attendant, Pékin s’est engagé à améliorer son efficacité énergétique de 20% à l’horizon 2010, et à réfréner ses émissions de gaz à effet de serre. Un effort, qui faute de coller à l’urgence du moment, annonce peut – être d’autres engagements à venir… (5) (7)

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Document CNN sur la “contribution chinoise” au réchauffement climatique….

La responsabilité historique des pays développés dans le réchauffement climatique semble incontestable, scientifiquement asise. Beaucoup de pays en voie de développement reprennent, d’ailleurs, l’argument de la Chine, trouvant injuste de devoir contenir un réchauffement dont ils ne sont pas responsables, ou de devoir s’y adapter. L’urgence qui se dégage de la “littérature environnementale” du moment bouscule la question de la “responsabilité”. Il n’est plus question de savoir “qui est responsable”, mais plutôt “comment limiter les dégâts”, question planétaire, et question commune. 

M.J

(1) “Préserver le climat necessite “un plan Marshall..”, intervention de Jean Claude Hourcade, Le Monde, 3 mai 2007 – (2) “Les remèdes du GIEC pour abaisser la fièvre de la planète”, Sylvestre Huet, Libération, 5-6 mai 2007 – (3) “Une feuille de route qui prône l’urgence”, S; Huet, Libération, 5 -6 mai 2007 – (4) “Climat: les négociations de Bangkok dans la dernière ligne droite, AFP, 3 mai 2007 – (5) “Climat: les discussions progressent malgré les réticences chinoises”, Le Monde, 3 mai 2007 – (6) “Réchauffement: divisions sur la position chinoise…”, Michael Casey, Canadian Press, 3 mai 2007 – (7) “Pekin pollue la tête haute, mais…”, Pascale Nivelle, Libération, 4 mai 2007.


Publié le 10 mai 2007 par marlene dans Climat

Un nouveau monde…

0

exoaplanete-gliese581.jpg
Photo: Vue d’artiste/ESO.

Bonjour,

Histoire de changer d’environnement, pourquoi ne pas sortir du système solaire? C’est l’histoire d’une découverte importante, une nouvelle planète, potentiellement “habitable”, saisie par l’objectif du téléscope de l’Observatoire spatial européen (ESO) de la Silla, au Chili.

Derrière l’objectif, des astronomes suisses, français (CNRS), et portugais ont observé cette planète de “type terrestre habitable”, située hors de notre système solaire. Cette exoplanète, c’est le nom que lui autorise sa géograhie spatiale, orbite autour de l’étoile Gliese 581, à 25 années – lumière de la terre. Ces observations ont permis d’estimer que la masse de cette exoplanète équivaut à 5 fois celle de la terre, pour un diamètre de 50% supérieur à celui de notre planète. Ces dimensions indiqueraient une exoplanète de type rocheux, comme celle de la terre, ou une surface couverte d’océans. Les températures estimées, de 0°c à 40°c, confortent l’hypothèse d’eau, à l’état liquide.

Sur les quelques 200 planètes connues à ce jour, cette exoplanète, la plus légère, est aussi la première à présenter des conditions potentielles de vie, une surface solide ou liquide et des températures clémentes, voisines de celles de la terre. Cette exoplanète est 14 fois plus proche de son étoile, Gliese 581, que ne l’est la terre du soleil. Si la terre était placée à une distance équivalente du soleil, elle ne supporterait pas une telle proximité, ressemblant à un monde calciné. Mais Gliese 581, beaucoup plus petite que le soleil, moins chaude, et moins brillante, laisse toute probabilité de vie sur cette nouvelle planète. L’hypothèse d’une vie extra – terrestre sur ce “nouveau monde” devrait ouvrir la voie à de futures missions spatiales…

Pour situer cette exoplanète : cliquer sur le graphique inter – actif.

En bonus, un lien avec Philosophie Magazine: “L’univers est – il fait pour l’homme?” (…) “contempler le ciel est toujours une expérience philosophique”…

M.J


Publié le 6 mai 2007 par marlene dans Non classé

La Thaïlande se penche sur le Jatropha…

14

Bonjour,

J’allais refermer le dossier “biocarburant”, au moins pour quelques temps, quand je suis tombée sur une vidéo, pas un monument de la vidéo, mais un petit document qui montre la culture du Jatropha en Thaïlande. L’arbuste ressemble, effectivement, au “petit arbre à graines à biocarburant” montré dans le précédent bog. Donc, zoom sur la Thaïlande. La Thaïlande, petit laboratoire pour le Jatropha, pourrait s’intéresser de plus près à cet arbuste qui pousse sur les terrres désolées…

Petit rappel, en deux mots. Le Jatropha Curcas – j’ai également lu “Curcias” – pousse sur les terres arides. Originaire d’Amérique du Sud, l’arbuste est facile à cultiver. L’huile de ses graines est facile à transformer en biocarburant, pour les moteurs diesel. Avantage, ce carburant alternatif rejette de la vapeur d’eau, et non du gaz carbonique. Mieux, cette plante qui pousse sans entretien sur les terres désolées, impropres à d’autres cultures, n’entre pas en concurrence avec l’agriculture vivrière. Enfin, à l’heure où le prix du pétrole s’envole, la production de biocarburant, issu du Jatropha, suscite beaucoup d’espoirs dans les pays émergents. Après l’Inde, l’Indonésie, et les Philippines, la Thaïlande pourrait se lancer dans la culture du Jatropha. Certains y croient, d’autres s’interrogent encore.

Parmi ceux qui y croient, Suwit Yotongyot, un exploitant thaïlandais qui cultive le Jatropha, dans le Nord- Est du pays. Il envisage même d’en faire fortune. Le petit fruit empoisonné du Jatropha, impropre à la consommation mais gorgé d’huile, pourrait être une chance pour ces terres arides, aux pluies capricieuses. Cette région pauvre, où s’étend le plateau du Korat – voir la vidéo -, est un espace rural, caractérisé par de petites exploitations, qui ne supportent plus qu’une récolte par an. Seulement 15% des terres sont cultivées, et les importants travaux d’irrigation n’ont pas eu les retrombées espérées. Donc cette région, ou partie, pourrait tirer profit de la culture du Jatropha. Restent quelques obstacles.

D’abord, ouvrir le marché local. Et convaincre les agriculteurs de la région de remplacer le fuel utilisé pour les tracteurs par ce carburant alternatif, employé seul, ou mélangé. Plus difficile, amener des exploitants à planter du Jatropha, culture dont ils ne voient pas l’intérêt, faute de débouchés existants. Enfin dernière étape, intéresser le gouvernement thaïlandais à cette culture, encore très marginale. Actuellement, seuls 8000 hectares, situés dans les zones arides du Nord et du Nord Est, sont plantés de Jatrophas.

Le gouvernement thaïlandais, qui importe la quasi totalité de son pétrole, qui s’inquiète d’une facture énergétique en hausse, pourrait s’intéresser à ce carburant alternatif, dérivé du Jatropha. En ville, le marché existe. A Bangkok, une centaine de stations vendent déjà du carburant dosé avec du “bio”, un carburant un peu moins cher que le gazole….

En attendant, petite visite dans un champ de Jatropha,de la région de Borat. Très court, histoire de mettre des images sur le petit arbre sauvage, plein de promesses pour les régions pauvres.

M.J

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Publié le 4 mai 2007 par marlene dans Développement durable
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