Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Pekin, 2008 et quelques poussières…

Bonjour,

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, la Chine est en train de monter sur la première marche du Podium. Prévision de l’AIE ( Agence internationale de l’Energie), applaudissements prévus pour 2007, un peu plus tôt qu’annoncé. La Chine devrait donc passer la barre des 6 milliards de tonnes de CO² cette année – 6, 02 plus exactement, soit 22% du total mondial-, contre 5, 91 millards de tonnes pour les Etats Unis. Cette performance pré – olympique n’empêche pas la Chine de soigner son image d’hôte « écolo ». Avant les JO de 2008, enjeu de taille pour la Chine, les Autorités chinoises s’emploient à nettoyer le ciel, à purifier l’air, et à embellir Pekin. S’il s’agit d’impressionner quelques 2 millions de visiteurs et plusieurs milliers de journalistes, il s’agit surtout de ne pas priver les athlètes de leur souffle. (1)

Bande annonce des JO…

Record difficile pour un marathon.

Difficultés pulmonaires, problèmes respiratoires, crises d’asthme, malaises, les athlètes olympiques ont tout à craindre d’un Pekin, enveloppé dans d’épaisses brumes, grouillant de vilaines particules. En visite dans la capitale chinoise le mois dernier, Hein Verbruggen, Président de la commission de coordination du CIO ( Comité international olympique) a demandé aux Chinois d’accélérer la cadence – le CIO appelle ça des « plans d’urgence »-, pour lutter contre cette pollution bien installée. Dès 2001, la Chine, soucieuse de voir sa candidature l’emporter, avait promis de réduire la concentration des polluants dangereux, dioxyde de soufre, dioxyde de carbone, ozone, conformément aux normes de l’OMS. Elle devait encore contenir le smog, et ses particules néfastes. Pour le corps scientifique, l’ozone et les particules fines, sont particulièrement dangereuses.(2) Malgré l’optimisme ambiant, les contraintes environnementales retardent l’échéance d’un ciel dégagé.

Une pollution qui voyage par les airs.

Les performances du Parc automobile de Pékin, plus de trois millions de véhicules, dont plus de 2 millions de voitures individuelles, provoquent embouteillages, et pollution atmosphérique. La voiture reste un gros défi pour les organisateurs. Pendant les JO, Pekin devrait donc augmenter l’accès aux transports publics, afin de réduire les flux journaliers, voire d’interdire le trafic. Des experts travaillent encore à modeliser les flux de pollution industrielle pour situer leur provenance, et déterminer quelles régions du pays devront arrêter leurs activités pendant les jeux olympiques. Car si Pékin ferme ses usines, limite les déplacements, et demande aux habitants de ne pas utiliser leur appareil de climatisation, cela ne suffira pas à assainir l’air de la mégalopole. Le Shanxhi, le Shandong, la Mongolie -Intérieure, et le Hebel, provinces voisines de la capitale olympique, aux mines de charbon, aux centrales electriques, aux cimenteries, et aux acieries, très actives, participent pleinement à polluer Pekin. Des pollutions qui ne connaissent pas les frontières administratives, même en temps de jeux Olypiques.  » Ce n’est pas seulement la qualité de l’air qui est en cause, c’est sa combinaison avec la chaleur et l’humidité », commente un médecin, chargé de recherche au sein du Comité olympique britannique. (2) Les Autorités chinoises s’affairent donc à réduire la pollution émise par les provinces périphériques.

Pause vidéo, Pekin polluée en attendant les J.O….En lien, la vidéo refuse de rentrer dans la boite….

Une métamorphose brutale.

Pekin se couvre de chantiers, se modernise, et se métamorphose. Amélioration du réseau d’alimentation en eau, aménagements routiers, optimisation du réseau métropolitain, déménagementdes activités polluantes, et essor de la construction signalent ce bouleversement urbain. L’un des monstres de la sidérurgie chinoise, situé aux portes de la ville, déménage. La contruction va bon train, 130 millions de mètres carrés, pour 80 millions il y a cinq ans. (3) Les bulldozers délogent les populations des quartiers vétustes pour y ériger de nouvelles tours. Une métamorphose de la ville qui tourne souvent, brutalement, une page de l’histoire architecturale de Pékin, et déracine ses habitants. Car les populations font aussi partie de ce toilettage urbain. Aux victimes des délocalisations des activités polluantes, chômeurs, aux expulsés des vieux logements, à la rue, s’ajoute une « nébuleuse » fragile. Les petits délinquants et les toxicomanes n’ont pas de place dans cette vitrine. (4)

« Pekin, ville verte »

La Chine serait capable d’améliorer rapidement la qualité de l’air, démonstration faite pour les Jeux universitaires mondiaux de 2001, où le ciel s’est dégagé un ou deux jours avant les compétitions.(2) Le gouvernement chinois promet d’ailleurs une « capitale écologique » pour 2008. (3). Et ce n’est pas l’utilisation du merbau en provenance d’Indonésie – bois exotique en principe interdit – destiné à l’édification de sites olympiques, ou l’inhalation de poussières de chantiers par les ouvriers et la population, qui vont contrarier cet objectif. Les Autorités chinoises feront tout pour éviter de reproduire les incidents du marathon de Hong Kong, en 2006, quand certains coureurs avaient eu des malaises causés par la pollution. Mais ce toilettage environnemental à l’approche des JO 2008 ne résout pas la question des émissions chinoises de gaz à effet de serre : »Si la Chine ne joue pas un rôle significatif, les efforts des autres pays ne vont pas compter pour grand chose. », commente un responsable de l’AIE. Tant que la Chine déclinera la devise de Pierre de Coubertin – le rénovateur des Jeux Olympiques – « Citius, altius, fortius » à son développement économique, « plus vite, plus haut, plus fort »…

Une page de pub….

Remarque périphérique, question centrale, Pékin 2008 et les Droits de l’Homme, remarque inspirée par un précédent commentaire concernant un autre article sur la Chine. Un processus de boycott des JO de Pékin est en cours. Peut être une note d’optimisme, née d’un rapide examen historique. Moins de 10 ans après les JO de Berlin, le III Reich s’effondrait, dix ans après ceux de Moscou, l’URSS se disloquait. Transition plus douce, l’après Séoul annonçait un régime coréen plus souple. Et l’après -Pekin?

M.J

(1) « La Chine devient championne du monde des émissions de gaz à effet de serre. », Brice Pedroletti, Le Monde, 25 mai 2007 – (2) »A Pekin, ça sent le soufre », Shai Oster, The Wall Street Journal, in Courrier International, mars 2007- (3) « Pour soigner ses jeux, Pekin fait un grand ménage. », Pascale Nivelle, Libération, 25 – 26 mai 2007 -(4) « Chine, compte à rebours avant les J.O: d’importantes réformes… », HNS-Info (Pour Amnesty International), www.hns.info.net (article 11140)


Publié par marlene le 30 mai 2007 dans Urbanisation
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