Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Chine: une ville se mobilise pour l’environnement.

Bonjour,

On a beaucoup parlé de la Chine, et du gâchis environnemental qui accompagne son boom économique. Une bonne raison pour écrire quelques lignes sur la révolte de Xiamen. Il y a quelques semaines, les habitants sont descendus dans la rue pour dénoncer un projet d’usine chimique. Cette mobilisation, portée par une vaste campagne de SMS, est une « première » en Chine.

L’histoire se passe à Xiamen, une ville portuaire de la province du Fijian, face à Taïwan, un ancien comptoir occidental qui s’appelait Amoy. En mai dernier, la population apprend que le gouvernement local de Xiamen projette de construire un complexe pétrochimique, produisant du paraxylène. Le paraxylène, substance chimique destinée à fabriquer du polyester, est aussi un produit dangereux pour ceux qui s’y exposent. Les SMS circulent :  » Ce poison chimique est une bombe atomique à Xiamen, les gens devront vivre avec des leucémies et des enfants handicapés. » (1) Les portables diffusent la nouvelle en Chine, et appellent à une mobilisation citoyenne. L’appel à l’aide arrive jusqu’en France. Une grande manifestation, organisée le 1er juin, est encore filmée par les portables. Quelques images d’une manifestation « écologique » plutôt calme, évènement plutôt rare dans une Chine agitée par les émeutes liées aux dégradations environnementales.

Si les habitants de Xiamen sont descendus dans la rue, c’est pour préserver leur ville, jusque – là épargnée par l’industrialisation qui gangrène le territoire chinois. Pourtant classée « zone économique spéciale » dans les années 80, comme Shenzhen ou Zhuhai, cette ville de deux millions d’habitants a su préserver son étiquette « écologique ». Réputée pour son lac et ses jardins, Xiamen a misé sur la qualité de l’environnement, et le tourisme. En lien, l’avis de deux voyageurs.

Les manifestants, menacés par les Autorités, ont été invités à se dénoncer. Quelques jours après la manifestation, le SEPA, Agence nationale de protection de l’environement, a invité les Autorités locales à faire des « ajustements appropriés »(1). Sans doute un écho à cette mobilisation citoyenne. Mais delà à stopper un gigantesque projet, porté par des capitaux taïwanais, qui doit doper l’économie locale…

M.J

(1) « Xiamen la bucolique se révolte contre une usine chimique », Pascale Nivelle, Libération, 19 juin 2007 -


Publié le 30 juin 2007 par marlene dans Préjudice écologique

Les marchandises aiment trop les voyages.

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Contournement autoroutier de Bordeaux, un tracé contesté.

Bonjour,

L’histoire se passe encore à Bordeaux, le contournement autoroutier d’une métropole située sur un axe atlantique, de plus en plus fréquenté par les camions. C’est l’histoire d’un gros dossier régional, compliqué, qui mobilise les représentants de l’Etats, oppose les élus, et développe la résistance des communautés riveraines. C’est l’histoire d’une vraie bataille régionale, un vrai sujet d’environnement, le trafic routier.

Des autoroutes qui mènent en Espagne.

Deux mots sur le contexte du projet. Le contournement autoroutier de Bordeaux est censé répondre à une intensification des échanges entre l’Europe du Nord, et la péninsule ibérique. Cette hausse de la fréquentation de l’axe Atlantique, via Bordeaux, s’expliquerait par le développement économique de la péninsule ibérique, Espagne, Portugal. L’argument « autoroutier » est encore conforté par l’attrait touristique du Sud – Ouest de la France, et de la Péninsule ibérique. C’est dans cette région d’Europe que les autres européens aiment passer leurs vacances. Les enjeux du projet

Des autoroutes au service de la consommation.

Autre raison, la fonction de l’Espagne et du Portugal dans l’espace économique européen. L’Espagne, et notamment l’Andalousie, est devenu le verger de l’Europe. Et il faut bien transporter ces productions vers les consommateurs européens. L’Espagne, mais surtout le Portugal, présentent encore l’avantage d’une main d’œuvre, moins chère. Et donc, toute désignée pour produire des pièces détachées ou des biens de consommation pour d’autres pays d’Europe.

« Touche pas à mes vignes ».

Bordeaux, passage obligé dans cet échange Nord – Sud, devrait voir passer 20 000 à 24 000 véhicules par jour, dans les deux sens, d’ici à 2025, contre un peu plus de 14. 0000 au début des années 2000. Plusieurs scénarios de contournement ont été proposés, avec de gros impacts environnementaux pour l’agglomération bordelaise, la Haute Gironde, le Médoc, le Bassin d’Arcachon. Exemples. « Touche pas à mes vignes », 37% des terres viticoles du Blayais étaient affectées par le tracé nord, qui devait encore bousculer les vignobles d’un grand cru bourgeois du Médoc. Agriculture, écosystèmes, ou tourisme, les riverains se sont mobilisés contre ces bouleversements environnementaux annoncés. Petite victoire pour les opposants, le Tribunal Administratif, qui n’a pas annulé le projet, a cependant ralenti la machine à tracer les autoroutes. Les associations sont désormais invitées à débattre du tracé définitif, prévu pour 2008. Fin de la parenthèse bordelaise.

Des autoroutes alternatives.

Elle ouvre cependant le dossier des 2500 kilomètres de ruban autoroutier qui va couvrir le territoire français, façon « toile d’araignée ». Des aménagements autoroutiers qui servent l’intensification du trafic, et qui contrarient les efforts multiples pour réduire l’usage de la voiture (transports en commun, co- voiturage, partage, véhicules moins polluants…). Ces centaines de kilomètres d’autoroutes, tracées dans un contexte de réchauffement climatique, éludent une vraie réflexion sur le fret ferroviaire. La mer? Il y a quelques années, le Port de Cork , en Irlande, a lancé une étude de marché concernant les liaisons vers Bayonne, Bordeaux, Bilbao, et Santander. L’objectif : éviter le transit des camions vers le Royaume Uni, et assurer une liaison directe entre l’Irlande, et la péninsule ibérique. Le rail et la mer, une alternative au bitume ? Sans doute un vrai complément.

« Et voilà notre vie ».

Faute d’une réponse, je vous propose la question, en vidéo. « Et voilà notre vie », parcours de chauffeurs routiers qui tracent sur les Autoroutes pour tenir les délais de livraison. Siestes forcées sur les parkings.

M.J.

 


Publié le 27 juin 2007 par marlene dans Développement durable

« Les fantassins du développement durable »

Bonjour,

« Les maires de France auront une charte de l’environnement ». Bon. Une info parue dans le Monde, édition du 20 juin dernier, une idée de blog, un truc simple. Mais en cherchant quelques liens sur Internet, le sujet est soudain devenu prétexte à colloque. J’ai opté pour la solution « promenade », mais l’info d’abord.

Des  » fantassins du développement durable »…

« Les maires doivent être les fantassins du développement durable» (1). La phrase est de Jacques Pélissard, le Président de l’Association des Maires de France (AMF). Chalon-sur-Saône le 4 avril dernier, puis Bordeaux, Dunkerque, Jaques Pélissard a fait le tour de quelques villes de France, « dont les actions en termes d’écologie sont exemplaires » (2). Objectif de cette tournée, collecter des informations pour élaborer une charte de l’environnement, feuille de route écologique destinée aux maires de France. La copie, qui sera rendue le 4 juillet prochain, sera soumise aux élus lors du 90ème Congrès des maires de France, fin novembre 2007.

Un catalogue d’engagements.

« Depuis plusieurs années, l’AMF a fait du développement durable son cheval de bataille, affirmant ainsi sa volonté de contribuer à cet effort salutaire pour la préservation de nos espaces de vie », plaide l’AMF (3). La Charte de l’environnement engagera les communes à agir contre la pollution des transports en commun, à valoriser les déchets urbains, ou à mieux gérer les ressources en eau. Les municipalités, invitées à plancher sur les énergies renouvelables, devront encore travailler à économiser l’énergie. A l’horizon 2015, plus une goutte de fioul ne sera utilisée dans les bâtiments publics, promet Jacques Pelissard. (1)

Chalon -sur – Saône.

Promenade sur Internet, trois villes « écologiquement exemplaires », on commence par Chalon-sur-Saône, « une ville modèle en terme de developpement durable », selon l’AMF (2). L’avis de la Municipalité. Et l’avis de la presse. En attendant d’éventuels avis contraires…

 

Dunkerque.

Autre municipalité citée en exemple, Dunkerque. Dunkerque, « Prix européen du développement durable.» . Pour d’autres, un prix qui dissimule une autre réalité, pause vidéo.

Et Bordeaux.

Troisième étape, Bordeaux, la ville d’Alain Juppé, ex – Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, promoteur du « Grenelle de l’Environnement ». Bordeaux et son Tramway, Bordeaux qui publie une « Charte municipale d’écologie urbaine et de développement durable », Bordeaux qui met gracieusement des vélos à la disposition des habitants de l’hypercentre, et Bordeaux qui encourage ses « commerçants citoyens », ceux qui ne donnent plus de sacs plastique, je développe un peu Bordeaux, j’y habite. La Charte d’écologie urbaine, contrat pour un développement durable à Bordeaux. Un petit examen sur le tri sélectif, on commence par l’avis de la Mairie, Puis l’avis, pas tout à fait le même, de Buzzy, un internaute bordelais.

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Puis le mien, c’est derrière chez moi, « quârtier XVIII° siècle, clâssé », candidat au Patrimoine de l’UNESCO. Un happening urbain assez fréquent dans ce périmètre historique, pourtant vitrine de Bordeaux.

M.J

(1) » Les maires de France auront une charte du développement durable. », Xavier Ternisien, Le Monde, 20 juin 2007 – (2) « Jacques Pélissard, Pésident de l »AMF, s’est rendu à Chalon – Sur Saône.. », Maire Info: developpement durable, http://www.clf.fr -(3) « L’AMF finalise sa Charte des maires pour l’environnement », Actu – Environnement, 21 juin 2007, http://www.actu-environnement.com

 

 

 


Publié le 25 juin 2007 par marlene dans Développement durable

L’Afrique, version « Windows ».

Bonjour,

Microsoft se propose d’accompagner le développement du continent africain, via des ordinateurs recyclés. Il s’agit d’initier un nombre croissant d’Africains aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Une ouverture sur le monde, version Windows.

« Penser Windows »

« D’ici à 2010, un milliard d’ordinateurs devront être recyclés dans le monde, et l’Afrique pourra bénéficier de la moitié d’entre eux », promet Cheikh Diarra, président de Microsoft Afrique. (1) Le géant du logiciel lance un vaste programme pour prolonger la vie des ordinateurs. Ils seront équipés « Microsoft », histoire de « penser Windows », avant d’être redistribués sur le marché africain. L’Organisation des Nations Unies pour le dévelopement industriel (ONUDI) est partenaire de cette opération. Pour Microsoft, il s’agit de stimuler la diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) sur le continent africain. On ne sait pas si les ordinateurs seront donnés, ou vendus, mais l’opération devrait coûter plusieurs dizaines de millions de dollars à la firme américaine.(2)

Windows en langues africaines.
La firme de Bill Gates devrait récupérer les vieux PC pour les confier à de petites entreprises africaines, chargées de les reconditionner, et de les équiper « microsoft ». Le géant du logiciel, qui veut créer des emplois sur le continent africain, souhaite aussi faire entrer l’ordinateur dans les écoles, et équiper les entrepreneurs locaux. En quinze ans de présence en Afrique, Philippe Courtois, président de Microsoft international, revendique déjà la formation de 200 000 éducateurs, ayant initié plus de 23 millions d’étudiants aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Objectif annoncé, doubler ce chiffre dans les quinze ans à venir. Microsoft souhaite encore traduire son système d’exploitation dans les langues africaines. L’une des conditions d’accès à Internet sur un continent où 80% de la population ne connaît ni l’Anglais, ni le Français. Moins ceux qui ne savent ni lire, ni écrire. Moins ceux qui n’ont pas les moyens de fréquenter le cybercafé. Ou qui vivent loin d’un accès internet. (2) (3)

Developer, by Microsoft…

L’accumulation des déchets hi – tech.

A partir de cette info, je vous propose deux éclairages. Le premier esquisse le contexte d’une accumulation des déchets hi – tech dans les pays développés. D’après une étude des Nations Unies en 2005, entre 20 et 50 millions de tonnes de e-déchets s’accumulent dans le monde, production en hausse. Et plutôt qu’un recyclage, coûteux et dangereux, ces produits sont envoyés dans les pays émergents, oû ils sont décortiqués avec les moyens du bord. En 2005, une enquête du Basel Action Network – un organisme qui pointe les abus en matière de pollutions électriques et élecroniques – à Lagos, au Nigeria, rapporte:«  Vue au niveau du sol, l’importation massive d’équipements usagés est l’histoire d’une réussite sérieusement assombrie par la fumée d’un désastre grandissant qui touche l’environnement et la santé. La réalité est que le moteur de ce nouveau commerce en plein essor n’est pas l’altruisme mais plutôt les immenses bénéfices qu’il peut générer, et les personnes impliquées sont inconscientes, ou peu soucieuses, des conséquences néfastes de ces échanges. Trop souvent, des justifications telles que « la création de ponts sur le fossé numérique » sont utilisées comme excuses pour obscurcir et ignorer le fait que ces ponts font aussi office de pipelines pour des déchets toxiques vers certains des pays et des communautés les plus pauvres du monde. Alors que l’on prétend combler le « fossé numérique », on crée des « décharges numériques »….La suite, l’article est un peu long, mais très informatif.

Bamako: le cybercafé, un business qui plonge…

Second éclairage, direction Bamako, au Mali. Factures salées pour les internautes, coupures d’électricité, investissements trop lourds, ou concurrence déloyale, une immersion dans le monde des cybercafés.

Retour à l’info. Micosoft offre vraisemblablement des perspectives à un continent qui fabrique des génies de la « débrouille informatique », improvisation, récupération de données, recyclage de pièces, et ça marche. Une ouverture sur le monde pour ceux qui n’ont que les moyens de s’offrir du recyclé, ou pour ceux qui fréquentent les cybercafés, souvent une élite urbaine. D’ici 2020, Microsoft veut offrir les nouvelles technologies aux 5 milliards d’habitants de la planète qui n’y ont pas accès….

M.J

(1) in « Avec Microsoft, la deuxième vie des PC en Afrique », Christophe Alix, Libération, 12 juin 2007- (2) « Microsoft lance un programme de recyclage des ordinateurs », Le Matin.ma, 12 juin 2007, http://www.lematin.ma/Info – (3) « Microsoft va recycler des ordinateurs en Afrique », 11 juin 2007, http://www.news.fr/actualités/business/


Publié le 22 juin 2007 par marlene dans Développement durable

L’Himalaya, témoin du réchauffement.

Bonjour,

Le réchauffement climatique fait fondre les glaciers de l’Himalaya. Selon le WWF, deux risques majeurs s’articulent à ce constat. A long terme, cette disparition des glaces de l’Himalaya devrait provoquer de graves problèmes d’approvisionnement en eau, dans ces régions asiatiques surpeuplées. En attendant, de graves inondations sont attendues en Chine, en Inde, et au Népal. Mais avant le déclin, la magie des glaces…

Plus d’un milliard de personnes soumis au système himalayen.

70% des réserves d’eau douce mondiales sont gelées dans les glaciers. Après les pôles, la chaîne de l’Himalaya concentre le plus grand espace glacé de la planète. Avec une couverture glaciaire de 33 000 km², l’espace himalayen constitue le « château d’eau » de l’Asie. Ces glaces qui fondent alimentent sept fleuves majeurs, le Gange, l’Indus, le Brahmapoutre, le Mekong, le Salween, le Yangsté, et le Huang He, ou Fleuve Jaune. Réserve d’eau douce pour des centaines de millions d’asiatiques, le système himalayen détermine d’importants écosystèmes, et conditionne de nombreux systèmes économiques en Chine, en Inde, et au Népal. Au total, environ 1,3 milliard de personnes dépendent de ces fleuves, aux régimes soumis à l’évolution des glaciers de l’Himalaya.(1)

Des glaciers en recul.

D’après la cinquantaine de stations météo, réparties sur l’ensemble de la chaîne de l’Himalaya, la température moyenne enregistre plus de 1°C, par rapport au milieu des années 70. Pour la même période, la température des moyennes latitudes de l’hémisphère Nord ne s’est élevée que de 0,6°C. Les espaces montagneux, et donc situés en altitude, seraient plus sensibles au réchauffement climatique. (1)

Quelques exemples. Le Glacier du Khumbu, l’une des routes pour le sommet de l’Everest, aurait reculé de 5 kilomètres depuis les années 50. En 1998, année la plus chaude de la décennie la plus chaude, le Glacier du Dokriani Barnak, en Inde, aurait reculé de 20 mètres, et 30 mètres pour le Glacier Gangottri. Le Glacier Gangottri, qui alimente le Gange, connaîtrait un recul annuel de plus de trente mètres. Le Rongbuk, sur le versant Nord, a considérablement reculé en quarante ans. L’Académie des Sciences de Chine a encore constaté un retrait des glaces inquiétant sur le plateau du Qinghai- Tibet, qui concentre près de 85% des glaciers chinois. Si la plupart des glaciers de la chaîne de l’Himalaya se réduisent depuis 1850 , la fonte actuelle inquiète les spécialistes. Elle pourrait s’inscrire dans un contexte de fonte généralisée des glaciers mondiaux, observée depuis les années 80. Une accélération qui n’a plus rien à voir avec les variations de l’époque pré – industrielle. (1) (2) (3)

A terme, une menace pour les hommes et les sociétés.

« La plupart des glaciers de la région de l’Himalaya auront disparu d’ici à 40 ans, conséquence du réchauffement climatique. », prédit le Professeur Syed Hasnain, cité dans le rapport du WWF. (4) A long terme, cette réduction du débit des fleuves d’Asie du Sud pourrait priver des millions de personnes de cette eau fraîche, accumulée dans les montagnes. Cette réserve d’eau, alimentée par la fonte des glaces, est particulièrement précieuse pendant la saison sèche. Cette décrue, aux conséquences désastreuses pour l’irrigation et la production d’hydro- électricité, menace l’organisation socio – économique des communautés, liées à ces fleuves. La biodiversité, associée à ces systèmes fluviaux, serait également condamnée.

A terme, les fleuves indiens, alimentés par les seules moussons d’été, pourraient devenir saisonniers. Faute de cette eau venue de la montagne, les flux du Gange pourraient être réduits des deux – tiers de juillet à septembre, privant d’eau 500 millions de personnes, et 37% des terres indiennes irriguées. Selon un rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement ), 300 millions de paysans chinois des régions de l’Ouest pourraient être concernés par le manque d’eau, en provenance des glaciers. (5) Selon une expédition conduite par Greenpeace en 2005, la fonte des glaciers annoncée devrait considérablement réduire le régime de deux grands fleuves chinois, le Yangze, le Mekong.

Des inondations proches.

« Dans un premier temps, la fonte rapide des glaciers himalayens va accroître le volume de l’eau dans les fleuves, provoquant d’importantes inondations », prédit Jennifer Morgan, directrice du programme sur le changement climatique mondial du WWF. Sur le court terme, la fonte des glaciers himalayens devrait donc produire l’effet inverse, avec une augmentation dangereuse du débit des fleuves. De fortes inondations sont attendues en Chine, en Inde, et au Népal. La Chine, qui présente les mêmes conditions météorologiques et hydrologiques qu’en 1998, pourrait connaître une vague similaire d’inondations et de typhons. (3)

La disparition des glaciers a déjà des conséquences sur les lacs du Tibet, qui s’élèvent rapidement. Des inondations et des glissements de terrain pourraient accompagner leur débordement. Selon un rapport de l’UNESCO (2006), la fonte rapide des glaces dans l’Himalaya a favorisé de nombreux lacs glaciaires, environ 4 000 pour les seuls Népal et Bhoutan, dont les digues naturelles menacent de rompre. La rupture d’un lac glaciaire au Népal, en 1985, avait fait près de 10 000 victimes. (6)

La fonte des glaciers, et leurs conséquences en images…

« Himalaya », en Sanskrit, signifie « le séjour des neiges »….

M.J

(1) « An overview of Glaciers, Glacier Retreat, and Subsequent Impacts Nepal, India, ans China, WWF Nepal Program, march 2005. – (2) in rapport WWF : Professeur Syed Hasnain, à la tête d’un groupe de travail sur la glaciologie de l’Himalaya (International Commission for Snow ans Ice’s (ICSI) Working Group on Himalayan Glaciology), cité dans le rapport du WWF. -(3) »Le réchauffement climatique menace les glaciers de l’Himalaya », Pascale Nivelle, Libération, 5 juin 2007 –(5) « Les glaciers tibétains victimes du réchauffement climatique, », Aujourd’hui La Chine, AFP, 5 juin 2007, http://www.aujourdhuilachine.com- (6) Cyberpresse, 2006.

 


Publié le 21 juin 2007 par marlene dans Climat

Goldsworthy, nature.

Bonjour,

Une pause, pour tout le monde, vous et moi, une minute de répit avec Andy Goldsworthy, le « créateur d’environnements », le magicien qui recompose la nature avec ses propres fragments, avant de lui abandonner ses oeuvres, souvent éphémères.

Nature and Nature…

En prime, un nouvel épisode de la série « Rivers and Tide »…

Le message de Goldsworthy, « regarder et comprendre la nature, pour mieux renouer avec la terre », ou quelque chose comme ça. En lien, une esquisse de l’artiste

M.J


Publié le 19 juin 2007 par marlene dans Non classé

L’Australie se dessèche…

Hello,

Côté climat, les avancées du G8 ne sont pas très claires. Pas d’objectifs chiffrés, ni de calendrier. Fin septembre prochain, un Sommet des Nations Unies précédera la rencontre de Bali. Prévue pour décembre, cette réunion devrait préparer la seconde phase du Protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Climat encore au programme, direction l’Australie, le continent le plus aride au monde, qui continue de se dessécher. La situation devient tellement grave que John Howard, le Premier Ministre, a demandé aux Australiens de prier, pour faire tomber la pluie sur le Murray –Darling. Situé dans le Sud – Est du pays, ce grand système fluvial est aussi le verger de l’Australie.

Approvisionner les villes, une priorité.

Le bassin du Murray –Darling, l’un des plus importants au monde, s’étire sur plus d’un million de kilomètres carrés, recouvrant la presque totalité du New South Wales (Sydney), un gros morceau du Victoria (Melbourne) , du Queensland (Brisbane), et de l’Australie méridionale (Perth). Ce système fluvial, qui réunit la Murray et le Darling, comprend une trentaine de rivières, et 70 affluents. C’est un immense grenier où l’on cultive des céréales, des vergers, la plupart des vignobles, et où poussent des pâturages. Il représente 40% de la production agricole australienne. Et 72% des terres irriguées du pays. En 2006, année la plus chaude enregistrée en Australie avec une moyenne proche des 23°c – soit 1°C de plus que les températures moyennes entre 1961 et 1990 -, la perte des récoltes de blé, de colza, et d’orge, était estimée autour des 60%.

 

Fin avril dernier, John Howard a décidé de stopper l’irrigation dans le Bassin du Murray – Darling, si la pluie ne tombait pas, d’ici à quelques semaines. Face à la gravité de la sécheresse, John Howard a choisi de couper l’eau aux agriculteurs, pour alimenter les villes. « Compte – tenu de la nécessité de fournir aux zones urbaines un minimum d’approvisionnement en eau, il est peu probable qu’il en reste assez pour l’irrigation », a commenté le Premier Ministre. Sans eau, l’avenir des milliers de fermiers qui dépendent du débit du Murray et du Darling, est plus qu’incertain. Selon certaines prévisions, le système fluvial du Murray-Darling, pourrait perdre jusqu’au quart de ses eaux, d’ici à 2050, si la sécheresse persite.

 

Le gouvernement australien aide ses agriculteurs. Entre 2001, le début de la sécheresse, et 2006, le montant de l’enveloppe destinée aux agriculteurs s’est chiffré 1,6 milliards de Dollars australiens (environ un milliard d’Euros). Au début de l’année, le gouvernement a annoncé une aide de 10 milliards de Dollars australiens, pour optimiser les ressources en eau. Il devrait notamment prendre le contrôle du bassin du Murray – Darling, jusqu’alors administré par les quatre Etats concernés par ce système fluvial. La gestion du bassin du Murray – Darling provoque, d’ailleurs, des tensions entre les Etats et le Gouvernementaustralien.

Le Wendouree lake à sec…

Sécheresse et nucléaire….

« Vous ne pouvez pas résoudre sur le long terme la crise des ressources en eau dans ce pays sans résoudre celle du réchauffement climatique. », avait lancé le chef de l’opposition travailliste, Kim Beazly, à l’adresse du Premier Ministre, quelques mois auparavant. John Howard, Libéral, n’a pas ratifié le Protocole de Kyoto. Et ne compte pas changer d’orientation. Par contre, il est tout à fait disposé à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Australie en proposant une énergie alternative, le nucléaire. L’Australie renferme 40% des réserves mondiales d’uranium, le combustible du nucléaire. Source d’énergie « propre » – sans émission de Gaz à effet de serre -, le nucléaire est surtout une solution très controversée en Australie. Les Verts et les Travaillistes ont violemment dénoncé cette option. Certains y ont même vu les premiers pas vers l’arme atomique…

La video de campagne des « Green » australien, le message est clair…

Convertir des eaux usées en eaux potables.

Faute de pluies, l’Australie compte recycler les eaux usées pour faire de l’eau potable. Le processus, encore non opérationnel à l’échelle du pays, suscite des espoirs. Le Premier Ministre du Queensland, l’un des 6 Etats d’Australie, sans doute le plus urbanisé, a d’ailleurs annoncé une reconversion massive de eaux souillées, pour faire face aux pénuries. Plusieurs autres Etats sont intéressés. John Howard prédit même une utilisation, prochaine, des eaux usées dans la ville de Sydney. Une solution qui progresse dans l’opinion publique

M.J.

Sources: « Canberra envisage de couper l’eau aux agriculteurs », 20 avril 2007, http://eau.apinc.org - »La sécheresse historique en Australie relance le débat sur le nucléaire », 16 Octobre 2006 , http://www7sur7.be- « Sécheresse en Australie: l’eau usée sera filtrée », février 2007, http://environnement.branchez-vous.com - »Murray Darling: farmers face water shut-off », ABC newsonline, 19 avril 2007, http://www.abc.net.au


Publié le 13 juin 2007 par marlene dans Climat

La Chine ne sacrifie pas son économie au climat.

la Chine ne sacrifie pas son économie au climat, english, texte en annexe sur « more »

Bonjour,

Quelques jours avant le G8 – la réunion des pays les plus riches – Chine a présenté son premier plan de lutte contre la crise climatique. La Chine, premier pollueur mondial, principal producteur de SO² (dioxyde de soufre), responsable des pluies acides et du smog qui affecte l’Extrême Orient, à l’intention de concilier «développement économique » et « climat ».

« L’argument historique ».

« La Chine continuera de lutter contre le réchauffement climatique en harmonie avec ses stratégies de développement ». (1) C’est l’un des messages du Livre blanc présenté le 5 juin, premier document officiel à développer un projet de lutte contre le réchauffement climatique. Le ton est donné, face à l’urgence climatique, priorité à l’économie. La Chine, qui n’est pas soumise au Protocole de Kyoto pour cause de « pays émergent », ne s’est d’ailleurs pas fixée d’objectifs contraignants. Elle invoque toujours l’argument « historique ». Les pays industrialisés, l’Europe et les Etats-Unis, « historiquement » responsables de la crise climatique, doivent assumer l’héritage de leurs rejets atmosphériques. A eux d’endosser la responsabilité des 80% de gaz à effet de serre (GES), produits depuis plus de deux siècles. Et quand on lui rappelle son rôle de « gros pollueur », la Chine prétexte que chaque Chinois ne produit que 20% des émissions de GES d’un Américain. Ce rapport se réduit, car la Chine pollue de plus en plus. Mais surtout, en se développant, la Chine reproduit un mode de vie qui séduit un nombre croissant de consommateurs, contenus dans une démographie de 1,3 milliards d’habitants.

Economie d’énergie, agriculture et reforestation.

Faute de promesses précises, la Chine définit trois priorités : les économies d’énergie, l’adaptation de l’agriculture aux nouvelles contraintes climatiques, et la reforestation.

Les économies d’énergie, objectif pour lutter contre la crise climatique, ouvrent aussi le dossier d’une Chine très dépendante du charbon. Cette énergie fossile, exploitée de manière archaïque pour produire de l’électricité, est très généreuse en dioxyde de soufre. Pour contenir ses émissions, la Chine devrait donc multiplier la fermeture de petites centrales thermiques. Et, alternative au charbon, elle devrait encore développer l’hydroélectricité. Au début du mois de mai, la Chine s’était d’ailleurs engagée à réduire de 20% ses émissions de dioxyde, d’ici la fin de la décennie. De précédents objectifs, moins ambitieux, n’avaient pas été honorés. (2)

L’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques intervient dans un contexte de sécheresse, qui touche le sud-ouest de la Chine. Près de 4 millions de personnes et 5 millions de têtes de bétail soufrent du manque d’eau.

Autre priorité la reforestation, pour stimuler la photosynthèse. La Chine prévoit de reboiser un quart de sa surface, d’ici 2020, une façon de « restaurer » un territoire sacrifié au développement économique. Entre 2015 et 2020, les forêts devraient couvrir23% du territoire chinois, contre moins de 20%, aujourd’hui. Cette reforestation par des arbres à croissance rapide, devrait également freiner l’érosion des sols, et la désertification.

La Chine, qui privilégie « un développement fiable et l’éradication de la pauvreté » (3) » à l’urgence climatique, sera au cœur de l’après – Kyoto – La première phase s’achève en 2012, et les négociations pour « l’après » doivent débuter à l’automne -. Sans une participation de la Chine à « l’effort collectif » de réduction de GES, les perspectives manquent.

A l’issue du G8, la Chine a demandé que les pays riches accompagnent les pays en voie de développement, dans leur lutte contre le réchauffement climatique. En lien, un autre point de vue….

M.J.

(1) « La Chine se place au dessus du lot », Pascale Nivelle, Libération, 5 juin 2007 – (2) « Pekin pollue la tête haute, mais s’inquiète en coulisses », Pascale Nivelle, Libération, 4 mai 2007.(3) » La Chine n’entend pas sacrifier son développement contre le réchauffement climatique », AFP- Le Monde, 4 juin 2007.



Publié le 11 juin 2007 par marlene dans Climat

Les « Yellow cabs » passent au « Green ».

Bonjour,

Quelques jours avant le G8 en Allemagne– la réunion des pays les plus « riches , Georges Bush a crée la surprise. Le Président américain, qui a toujours refusé de faire un lien entre l’action humaine et le réchauffement planétaire, vient d’annoncer un « objectif global à long terme », afin de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Georges Bush souhaite que les principaux pollueurs, dont les grands pays émergents, développent leur propre stratégie de lutte contre le réchauffement climatique. Bush, obstiné contre Kyoto, veut se placer en dehors du cadre de l’ONU, pour agir contre le réchauffement. Cette stratégie américaine pourrait ête interprétée comme une façon de contourner une politique contraignante de lutte contre les GES. Car la question du climat, et celle des GES, seront au coeur du G.8. (1) .

Des « taxis verts »

Quelques jours auparavant, Michael Bloomberg, le Maire de New York, annonce qu’il met les taxis jaunes au « Vert ». Décision importante, qui vise à réduire la pollution urbaine de l’une des plus grandes villes au monde. D’ici cinq ans, les 13 000 taxis qui circulent dans les rues de New York rouleront avec des moteurs hybrides, ou feront le plein avec du biocarburant. Actuellement, moins de 400 taxis, mais plus que dans tout autre ville américaine, sont équipés d’un moteur qui associe, carburant et électricité. L’ensemble de la flotte devra donc opter pour une solution verte, d’ici à 2012. (2)

Source de pollution, ces grosses voitures américaines, qui consomment en moyenne 17 litres/100km, sont aussi un peu trop gourmandes en carburant. Elles devront s’adapter à un régime de 9,4 litres/100km d’ici à octobre 2008, pour ne plus consommer que 7,8 litres/100km, à l’automne 2009. Le Maire de New York entend aussi réduire la facture de carburant.(2)

A New York, les taxis viennent du monde entier….

Des véhicules municipaux soumis au même régime.

New York, impliquée dans l’amélioration du cadre de vie à l’horizon 2030, devrait encore inciter les New – Yorkais à choisir les «transport en commun », rendus plus accessibles, et plus confortables. La multiplication de voies ferrées, de nouvelles lignes de bus, et une amélioration des liaisons ferry devraient encore servir cette politique urbaine. Un péage, installé à l’entrée de Manhattan, sera testé pendant trois ans. Et New York, qui demande à ses taxis de se convertir au « vert », planifie le même régime pour ses véhicules municipaux. (3)

Réduire les GES, et soulager l’atmosphère de la ville.

Au début de l’année, Michael Bloomberg s’était engagé à réduire de 30% les émissions de GES de New York, d’ici à 2030. Avec 58 millions de tonnes de Co² en 2005, soit 1% des émissions du pays, New York a connu une augmentation de ses rejets de 8% en dix ans. Si 80% des émissions de CO² de New York proviennent du bâti, Michael Bloomberg soulage aussi l’atmosphère de la ville. La mutation hybride des « Yellow cabs » reviendrait à soustraire 32 000 voitures individuelles de la circulation new– yorkaise. Moins de pollution atmosphérique, moins de gaz, moins de fumées, moins de particules, beaucoup de bénéfices pour la respiration. (2) (3)

Dans le contexte d’un « mini – kyoto ».

Cette démarche de Michael Bloomberg s’inscrit dans un « mini Kyoto », initiative lancée par des Elus américains à l’automne dernier pour répondre à la passivité de Georges Bush, face à la crise climatique. Cette «fronde environnementale », conduite par Greg Nickels, Premier magistrat de Seattle, s’était engagée à prendre des mesures, concrètes et locales, pour réduire les émissions de GES, et leur impact climatique. Les maires de New York, de Los Angeles, de Seattle, d’Albuquerque, ou le Gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger avaient suivi. Ce dernier, qui avait déjà fait voter une loi très restrictive sur les rejets de CO², avait encore convoqué les grands constructeurs automobile devant les tribunaux, pour cause de pollution caractérisée. Aujourd’hui, une petite trentaine d’Etats a pris exemple sur la Californie. Et environ 400 villes américaines se sont engagées, contre la crise climatique. (4)

L’opinion démocrate se met au « Vert ».

Un sondage du New York Times - réalisé sur un petit échantillonnage de la population américaine- révèle que plus de la moitié des sondés privilégie l’environnement, à l’économie (un tiers). Et 64% approuveraient qu’une augmentation des taxes sur le carburant serve les énergies renouvelables, ou favorise l’indépendance énergétique américaine. Mais, ils ne sont plus que 40% à approuver une hausse du prix du carburant, condition d’une baisse de la consommation d’énergie. Proportion qui tombe à 20%, quand on chiffre l’augmentation à quelques cents par litre….(5) Donc, parler d’argent ne plaide pas pour l’écologie. Si le film d’Al Gore – Une vérité qui dérange- a sensibilisé une partie de l’opinion américaine, surtout démocrate, au réchauffement climatique, il reste encore à faire. La population américaine, trompée par une administation Bush sourde aux résolutions en faveur de la planète , n’est pas totalement acquise aux thèses environnementales. L’élection d’un Président démocrate, parti plus sensible à la thématique « verte », pourrait faire avancer la réflexion de la société américaine sur la crise climatique.

 

M.J.

(1) « Sommet du G8 : iniative de G.Bush sur le Climat. », Corine Lesnes, Le Monde, 2 juin 2007 – (2) « Tous les taxis de New York seront des véhicules hybrides d’ici 2012, 23 mai 2007, http://www.actu-environnement.com – « Lancement du plan « Taxis verts » à New York, 23 mai 2007, http://biocarburants.canalblog.com – (3) « New York présente un plan d’action.. », F Laby, 25 avril 2007, http://www.actu-environnement.com –(4) « Climat, la révolte des Maires américains », Guillaume Serina, Le Monde, 12 octobre 2006 – (5) « Les américains préfèrent l’environnement à l’économie », encadré, Le Monde, 2 mai 2007.


Publié le 8 juin 2007 par marlene dans Climat

« Still Life », une évocation du barrage des Trois Gorges.

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Bonjour,

On reste en Chine encore un petit moment, le temps d’un film, « Still Life ». Un beau film qui témoigne d’un grand bouleversement environnemental, la construction d’un barrage, et qui place quelques personnages dans cette géographie sacrifiée pour le « bien collectif ». C’est l’histoire d’un homme et d’une femme, en quête leur passé. C’est aussi l’histoire de ces pauvres petites existences, au service la machinerie chinoise.

L’ambition de maîtriser la géographie.

Still Life est d’abord un film géographique, qui s’attarde sur les rives du Yang Tse. Le barrage des Trois Gorges, ouvrage majeur de la Chine contemporaine, cimente cette épopée morale, sociale, et politique. Hors pellicule, visite du barrage des Trois Gorges, gros enjeu dans l’aménagement du territoire chinois. Pour les Autorités, il s’agit de développer la Chine intérieure autour de Chongqing, ville assise sur le Yang Tse, en amont du projet. Il s’agit encore de stimuler la navigation fluviale, contrariée par une géographie difficile, entre la Chine centrale et le littoral, au nord de Shangaï. Il y a encore la perspective de moderniser la flotte, et de privilégier un moyen de transport moins coûteux. Le gouvernement chinois souhaite encore réduire les inondations meurtrières des décennies passées, années 30, 40, 50 avec 19000 morts en 1954, et 80 avec plus de 1500 morts et des milliers de « sans abri » en 1988. Achevé, l’ouvrage sera aussi le plus puissant barrage hydroélectrique au monde. Enjeu environnemental, et politique. Le barrage des Trois Gorges, qui symbolise une Chine capable de maîtriser sa géographie pour servir son développement économique, cautionne le régime communiste. A l’intérieur, et à l’extérieur d’une Chine, très soucieuse de son image.

Des lambeaux de Chine engloutis, des milliers de déplacés.

Ce barrage est une vieille histoire, dont l’idée remonte vraisemblablement au VIII° siècle avant JC, époque à laquelle on pense installer des barrages sur le fleuve Jaune. Le premier projet sur le site, proposé par Sun Yat Sen, remonte à 199. Lidée reformulée dans les années 50, et reprise par Li Peng dans les années 80. Le plan, approuvé par l’Assemblée nationale populaire en 1992, démarre en 1996. Installé sur le cours moyen du Yang Tse, le barrage des Trois Gorges promet un réservoir de 39 millions de m3 d’eau, avec un niveau maximal de 175 mètres, et 145 mètres avant la saison des pluies. Aménagé pour la navigation, il constitue une réserve d’eau pour l’irrigation, et une fois terminé, en 2009, il devrait produire « l’équivalent- électricité » de 18 centrales nucléaires. A terme, il pourrait satisfaire 10% de la consommation énergétique chinoise . Et puisque les superlatifs ne manquent pas, le projet devrait engloutir 632 km2 de terres sur 660 kilomètres, le long de l’ouvrage, et noyer une vingtaine de villes. Le barrage, assis sur une région aux fortes densités et au riche potentiel agricole, devrait déplacer de 1,5 à 2 milllions de personnes, et submerger 17 000 hectares de terres cultivables. Quelques milliers de sites péhistoriques, et quelques lambeaux de la Chine ancienne, mémoire du peuple chinois, reposeront sous les eaux.

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Des paysages perdus.


En lien, Wikipedia, pour une viste géographique des Trois Gorges, haut lieu du tourisme chinois. « Les grands chantiers du siècle », décline les caractéristiques de l’ouvrage. Pour en revenir à notre pellicule, « Still Life » est signé Jia Zhang Ke, une grande caméra du cinéma chinois. Toujours en lien, la bande annonce du fim, (clic sur « bande annonce » ) et quelques extraits, aperçus d’une photo remarquable. Et finalement, nous n’avons rien dit de ces petites existences, qui déambulent dans la géographie colonisée par cet immense ouvrage. Si le barrage favorise l’ascension sociale de quelques opportunistes, la plupart des personnages ajustent leurs petites vies à cette grosse machinerie. Il ne leur reste que quelques billets de banque, durement gagnés, pour regarder la reproduction de leurs paysages perdus.

M.J

Source: Le barrage des Trois Gorges, compte rendu de la Conférence de T. Sanjuan, Paris I, Festival de Saint Dié, 2003 – Wikipedia.


Publié le 1 juin 2007 par marlene dans Non classé