Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Tara en été.

Bonjour,

Quelques nouvelles de Tara, la goélette qui continue sa dérive au rythme de l’océan glacial Arctique. Après un hiver passé dans la nuit polaire, l’équipage découvre l’été près du Pôle Nord.

En septembre 2006, Tara se laisse enserrer dans les glaces de l’océan Arctique, au Nord de l’archipel de Nouvelle Sibérie. Porté par la dérive transpolaire, le voilier voyage avec les glaces qui l’emmènent du Détroit de Bering, aux côtes Nord du Groenland. Le 28 mai dernier, Tara atteint sa position la plus « Nord », à environ 200 kilomètres du Pôle, un record. Il faudra encore un an, au printemps ou à l’été 2008, pour que Tara atteigne le Détroit de Fram, voie de sortie de l’océan Arctique.

Deux années d’une lente dérive, près de 1800 kilomètres parcourus, pour étudier et comprendre les phénomènes qui signalent un changement climatique, sous les hautes latitudes. L’expédition Tara, prétexte à de multiples observations scientifiques, contribue au programme européen DAMOCLES. Ce programme vise à caractériser les changements qui affectent la glace de mer, l’atmosphère, l’océan, et à en évaluer les impacts actuels, et à venir. Le programme de recherche de Tara, servi par une haute technologie spatiale, ou basée sur l’observation, devrait préciser le rôle de l’Arctique dans l’évolution du climat de la planète.

Tara, au design conçu pour résister aux pressions de la banquise, coque ronde et plate, a déjà une histoire scientifique, et environnementale. Construit en 1988 par Jean Louis Etienne, le voilier expérimente les glaces de l’Arctique et de l’Antarctique. Il s’appelle, successivement, Trans – Antartica, Erebus, Antartica – Fondation Elf, ou Spitsberg. En 1995, il devient Seamaster, au service de la défense de l’environnement pour Peter Blake, disparu depuis. En 2003, Etienne Bourgois, chef d’entreprise et navigateur confirmé, le rachète. Co – directeur de l’expédition  » Tara », fidèle à l’esprit d’Etienne et de Blake, Bourgois met son bateau au service de la science et de l’environnement. Il parle de l’expédition
Le journal de bord de l’expédition Tara témoigne de l’évolution de la banquise arctique, entre l’hiver et l’été. Fonte de la glace, réduction de la banquise, et lente apparition de l’eau. La température de l’air, qui tourne désormais autour de zéro, et l’action de glaces sur l’atmosphère, expliquent ce changement. Récit détaillé dans le journal de bord. La rubrique « sciences » examine le contexte climatique, et les premiers bilans de l’expédition. Le site permet encore de suivre la route de Tara, via »google earth », et de retrouver son équipe de navigateurs, et de scientifiques. L’itinéraire d’une belle aventure.

M.J


Publié le 30 juillet 2007 par marlene dans Climat

Nus sur un glacier.

Bonjour,

Nus sur un glacier des Alpes suisses, c’est la dernière idée de Greenpeace pour sensibiliser l’opinion au réchauffement climatique. Une mise en scène signée Spencer Tracy, un photographe américain qui saisit les foules dénudées, exposées dans des lieux publics. Pour Greenpeace, le message est clair : « L’installation symbolise la vulnérabilité des glaciers et la fragilité du corps humain. » Les glaciers qui fondent signalent un réchauffement en cours, il est urgent d’agir pour atténuer la crise climatique. Les modèles nus, photographiés sur la glace, le diront avec intensité.

Spencer Tunick, né en 1967 dans l’état de New- York, est connu pour ses compositions de nus. Il expose des centaines de femmes et d’hommes, tous volontaires pour la photo , dans des décors urbains, New – York, Londres, Melbourne, Montréal, Sao Paulo, Vienne, Bruges, ou Barcelone. En septembre 2005, il fait poser près de 1500 personnes dénudées, à Lyon. En 2006, il réunit 18000 personnes devant son objectif, place Zocalo à Mexico, un record. Spencer Tunick qualifie ses oeuvres de « sculptures vivantes », ou de « paysages corporels ». En s’associant avec Greenpeace, il veut témoigner de la beauté, et de la fragilité de la planète.

« Paysage corporel » à Lyon, 2005.

Séance photo prévue pour le week – end du 18 et du 19 août 2007. Greenpeace cherche des modèles, qui renonceront à l’avion et choisiront d’autres transports publics pour se rendre sur le glacier suisse, dont le nom sera dévoilé une semaine avant la pause – photo. Les volontaires n’ont pas pas besoin d’être expert en escalade….

M.J.


Publié le 24 juillet 2007 par marlene dans Non classé

New – York, cité tropicale ?

Bonjour,

New-York, cité subtropicale convoitée par les eaux? Une étude récente souligne les impacts du réchauffement climatique sur le Nord Est des Etats – Unis. Deux scénarios, l’un est optimiste, l’autre moins.

Canicules et secheresses.
Une enquête de l’Union of Concerned Scientists, une association de chercheurs américains, vient de révéler à quoi devrait ressembler la région du Nord – Est des Etats – Unis, d’ici la fin du siècle. Cette étude, conduite par Peter Frumhoff, l’une des têtes du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), esquisse deux scénarios. Le premier, pessimiste, serait déterminé par des émissions de gaz à effet de serre (GES), « élevées ». Sous – entendu, si l’on ne fait rien pour freiner le processus de réchauffement. Dans ce premier cas, les enfants qui naissent aujourd’hui devraient connaitre des hivers de 4,5°C à 6,5°C plus chauds que les moyennes historiques, vers le milieu de leur vie. La hausse des températures estivales, toujours par rapport à la moyenne historique, serait comprise entre 6°C et 14°C. Avec en prime, une sécheresse annuelle. Le second scénario, plus optimiste, mise sur des émissions de GES, « basses ». Conséquence sur les températures, plus 3°C à 4, 5°C l’hiver, et 1,5°c à 4°C pendant l’été.
New – York, les pieds dans l’eau.

Le scénario le plus pessimiste promet encore des inondations côtières, fréquentes. Boston et Atlantic City connaitraient des inondations, exceptionnelles, tous les deux à quatre ans, jusqu’en 2050. Elle deviendraient annuelles, dans la seconde moitié du siècle. New York verrait la mer s’élever de 3 mètres, et envahir Manhattan, environ tous les cinq ans. Et tous les dix ans, la Big Apple serait menacée par une inondation catastrophique. Selon ce scénario, la grande agglomération connaitrait un climat analogue à celui de la Géorgie, ou de la Caroline du Sud, soit une migration climatique « Sud », de plus de 1000 kilomètres. New – York deviendrait une ville au climat subtropical.

New – York, convoitée par les eaux. Le scénario d’un ouragan, combiné à une élevation de la mer de 0,7 mètres…

Septième pollueur mondial

Quel que soit le scénario, ce changement de climat devrait affecter une région très urbanisée, très peuplée, 57 millions d’habitants, au coeur de l’économie américaine. La montée du niveau de la mer et la multiplication des jours de canicule devraient freiner la productivité industrielle. Un bouleversement climatique qui devrait encore perturber l’agriculture, la pêche, le tourisme, et les écosystèmes forestiers. Les stations de ski deviendraient plus rares, faute de neige. Et certaines essences d’arbres pourraient migrer vers le Nord. L’hypothèse d’un scénario acceptable est un défi pour cette région, qui est aussi le septième émetteur mondial de CO².

Un scénario « optimiste » contraignant.
Une réduction de 80% des émissions de GES, par rapport à 2000, jusqu’en 2050, et une réduction annuelle de 3% pendant les décennies suivantes, permettraient de tendre vers un scénario, moins noir. Une perspective qui dépend d’une meilleure gestion de l’énergie et des moyens de transport, et d’un aménagement du territoire optimisé. Selon le résumé du rapport, les citoyens, les entreprises, et les états travaillent à réduire leurs émissions de CO². La plupart des neuf états de la région ont déjà misé sur les énergies alternatives. Le New Jersey, qui s’est doté d’une législation très ambitieuse, vise un retour au niveau d’émissions de 1990, d’ici 2020. Et de poursuivre son effort jusqu’en 2050, pour réduire ses rejets de 75%, par rapport à 1990. Une ambition qui rend ce scénario probable. « Global warming represents an enormous challenge, but we can meet if we act swiftly », Peter Frumhoff est optimiste.

M.J


Publié le 20 juillet 2007 par marlene dans Climat

Les biocarburants et la détresse des Orangs -Outans.

Bonjour,

En Indonésie, des forêts tropicales entières, rasées ou brûlées, deviennent des plantations de palmiers à huile. Le pays, qui compte 6 à 7 millions d’hectares de ces palmiers, vise les 16 millions, à court terme. D’ici 2020, les forêts d’Indonésie pourraient pratiquement disparaître au profit de monocultures, palmiers à huile ou soja. La faune, associée à ces écosystèmes, pourrait connaître le même sort. Parmi les victimes de cette déforestation, l’Orang – Outan, le plus exposé des grands singes. Selon l’IUCN, l’Orang Outang de Bornéo, 45 000 à 69 000 individus estimés – voire moins de la moitié selon les sources -, est devenue une espèce très menacée. Celui de Sumatra, une petite population de 6 à 7000 individus, est carrément en danger d’extinction.

La Malaisie, premier producteur mondial d’huile de palme, a déjà sacrifié plus de 90% de sa forêt. Conversions analogues en Indonésie, en Afrique, en Amérique latine, notamment au Pérou, ou en Bolivie. Sans oublier l’Amazonie, convoitée par la canne à sucre destinée à la fabrication d’éthanol, grignotée par des plantations de palme et de soja, converties en carburant « vert » ou en produits de consommation courante, cosmétiques, shampoings, plats cuisinés, ou détergents. Une situation dont se plaignent encore les Orangs-Outans d’Indonésie, qui craignent pour leur habitat, et pour le climat…

C’est en enquêtant sur la disparition des Orangs – Outans, victimes de la déforestation, que Emmauelle Grundmann, primatologue, est remontée jusqu’à la filière des biocarburants. Déforestation, cultures OGM, réchauffement climatique, conditions d’exploitation, ou territoires confisqués, remettent en cause les vertus, prétendues « bio », de ce carburant alternatif. « Une immense supercherie »…
M.J


Publié le 17 juillet 2007 par marlene dans Préjudice écologique

La vie des coupeurs de canne…

Bonjour,

Nouvel éclairage sur les biocarburants, les conditions de travail des coupeurs de canne au Brésil. Payés au rendement, 0,93 centimes d’Euro la tonne, pour une collecte quotidienne moyenne de 8 tonnes. Ceux qui veulent gagner plus abattent entre 15 et 25 tonnes par jour, une productivité inhumaine, qui pourrait expliquer une vague de décès. « La fièvre de l’éthanol fait des victimes au Brésil ». La méthode du brûlis, qui consiste à brûler la canne à sucre avant récolte, est de plus en plus dénoncée pour ses conséquences sur les voies respiratoires des employés, et du voisinage. Sans parler de la pollution atmosphérique.

Une vidéo qui revient sur les mauvaises relations entre l’éthanol et l’environnement, et qui met en scène ces « nouveaux esclaves » de la canne à sucre. Un mode d’exploitation qui contribue à expliquer pourquoi le carburant vert est une voie prometteuse, dans les pays où la main d’oeuvre est corvéable à merci…

M.J.


Publié le 12 juillet 2007 par marlene dans Non classé

Des carburants pas si « bio »…

Bonjour,

Le 5 juillet dernier, lors de la Conférence internationale sur les biocarburants à Bruxelles, le Président brésilien, Luiz Inacio Lula Da Silva, vantait les mérites de ce carburant issu de l’agriculture. Le biocarburant, alternative aux énergies fossiles et réponse crédible au réchauffement climatique, est une voie prometteuse pour les pays en voie de développement. Une plaidoirie confortée par trente années d’expérience brésilienne dans la production d’éthanol.

Un carburant pas toujours très « bio »

Lula considère le biocarburant comme le moyen de réduire l’écart entre pays riches, et pays pauvres. L’article examine encore la question des carburants verts, sous l’angle européen… « Lula vante les biocarburants à Bruxelles »
Si le biocarburant offre une alternative « mondialiste » intéressante, ses bienfaits pour l’environnement résistent mal à un examen plus poussé. C’est aussi le sujet du moment. Ce carburant, qui économise environ 60% de gaz à effet de serre par rapport à un carburant classique, n’entretient pas toujours de bonnes relations avec son environnement. Eclairages sur un carburant pas toujours très « bio »…

Une concurrence croissante avec les produits agricoles.

Exemple en Amérique du Sud. Le maïs, à la base de l’alimentation des hommes et du bétail, est détourné au profit de la production de biocarburant. Conséquence, une baisse de l’offre par rapport aux besoins alimentaires, et une augmentation du prix de cette céréale. Selon une étude OCDE/ FAO (Juillet 2007), le développement des biocarburants pourrait faire grimper le prix des denrées agricoles au cours de 10 prochaines années. Pour l’instant, le rapport attribue la hausse des prix agricoles aux sécheresses, et à la baisse des stocks disponibles. « Biocarburants: augmentation des prix agricoles? » Selon ce rapport, l’évolution des biocarburants dans les pays de la zone tempérée ne peut se faire sans les subventions des Etats…

Déforestation.

Au Brésil, la déforestation de la forêt amazonienne, au profit de la canne à sucre destinée à la production d’éthanol, est révélée. Conséquence secondaire, l’utilisation d’engrais fertilisants pour accroître les rendements contribue encore à la dégradation des écosystèmes de l’Amazonie. On change de pays, direction l’Indonésie, second producteur d’huile de palme de la planète, après la Malaisie. L’indonésie, qui selon Greenpeace aurait déjà sacrifié près des trois quarts de ses forêts primaires pour planter des palmiers, et condamné certaines essences rares, vise la première place mondiale, devant la Malaisie. Une course qui lui vaut le rythme de déforestation le plus soutenu de la planète. « Les forêts indonésiennes victimes des biocarburants ». Et conséquence de cette déforestation, qui s’accompagne d’une érosion des sols et qui prive l’environnement de ses remparts contre les coulées de boue et les inondations, une mousson plus dévastatrice. La déforestation aggrave les conséquences des moussons en Indonésie.

Economiser l’énergie avant d’en imaginer d’autres.
Cette liste des mauvaises relations entre le biocarburant et l’environnement n’est pas exhaustive. On aurait pu parler d’une production de maïs, très gourmande en eau. Pour finir, je vous propose une lecture signée du WWF, le Fonds mondial pour la nature. Origine du biocarburant, menace pour les terres agricoles, bilan écologique, rejet de gaz à effet de serre sous forme de protoxyde d’azote et de méthane, le WWF s’interroge sur le developpement des carburants verts. Le WWF propose d’autres solutions alternatives, comme le biogaz. Et surtout, il formule une recommandation judicieuse: « Economiser l’énergie avant d’en produire plus… « Les biocarburants: solution à la crise énergétique »

Prochain blog, les coupeurs de canne à sucre. Au brésil, l’éthanol fabrique aussi des esclaves.

M.J


Publié le 10 juillet 2007 par marlene dans Développement durable

Chine: 750 000 morts par pollution.

Bonjour,

Chine, encore. Selon un rapport de la Banque mondiale, la pollution tuerait 750.000 personnes, chaque année, en Chine. Les Autorités chinoises ont obtenu le retrait d’une partie de ce rapport. Révélation du Financial Times.

Un rapport de la Banque mondiale, fruit de quelques années de travail avec des Ministères chinois, chiffre à 750.000 par an le nombre de morts prématurées, dues à la pollution. Information censurée par les Autorités chinoises, qui redoutent que cette révélation attise les nombreux conflits, sociaux et environnementaux, pré – existants dans le pays. Selon le rapport, c’est la pollution atmosphérique qui tue le plus, 350.000 à 450.000 morts chaque année. Seconde cause de mortalité, la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des sites de production, usines et ateliers. Enfin, 60.000 décès seraient liés à la pollution des eaux. La Chine, qui ne réfute pas le record mondial des villes polluées – 16 sur 20 sont en Chine -, qui reconnaît ses problèmes d’environnement, n’a pas laissé passer la totalité de ce rapport…Question d’image pour un pays qui prépare les Jeux Olympiques de « Pekin 2008″ ?

Pollution atmospérique en images, chiffres à l’appui…

Pour en savoir un peu plus sur ces révélations « censurées », mais diffusées…

M.J.


Publié le 7 juillet 2007 par marlene dans Préjudice écologique

Big cities.

Hello,

En écho au rapport de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population )2007, état de la population mondiale consacré cette année à l’urbanisation, deux exemples de « big cities », deux mégalopoles, Tokyo et Lagos, deux dynamiques urbaines, ou deux civilisation urbaines. L’une est riche, l’autre pauvre, deux rythmes, deux façons de vivre.

La mégalopole japonaise.
D’abord la mégalopole japonaise, un chapelet urbain qui s’étire sur 1200 kilomètres, de Tokyo à Fukuoka au Sud, et qui s’étale sur le territoire japonais jusqu’à 50 kilomètres à l’intérieur des terres. Cette mégalopole s’articule autour de trois grands pôles majeurs, Grand Tokyo, plus de 30 millions d’habitants, Grand Osaka, plus de 16 millions de citadins, et Nagoya, seulement 9 millions! Un large ruban urbain peuplé de 90 ou 100 millions de Japonais, avec des densités supérieures à 330 habitants/km², structuré par un important réseau de voies de communication. Le Shinkansen, le train à grande vitesse qui traverse la mégalopole, sert un mode de vie urbain, caractérisé par la mobilité. Ce qui n’empêche pas les Japonais de se déplacer à vélo au coeur des villes. Des Kiwis, des Néo – Zélandais en visite dans le Kansaï, s’étonnent, en Anglais, du fonctionnement de la mégalopole japonaise…

« Lagos Na Wa O »

Second voyage, Lagos, l’ex- capitale du Nigeria, seconde mégalopole d’Afrique après Le Caire, un peu plus de 9 millions d’habitants, et sans doute plus de 10 millions. Cité lagunaire assise sur la côte Atlantique et gros centre économique, Lagos laisse sa place de capitale politique à Abuja, en 1976. Choix politique, il s’agit d’installer une nouvelle capitale en terrain « neutre », afin de ne privilégier aucune des trois ethnies dominantes. Choix démographique, il s’agit de contenir l’explosion démographique de Lagos. Depuis le début du XX° siècle, Lagos échappe à son centre historique insulaire pour s’étendre vers l’intérieur des terres, où se développent les quartiers pauvres et les bidonvilles. Pas de données sur les densités, mais dans les quartiers pauvres des grandes villes africaines, elle s’emballent vite. »Lagos Na Wa O » est une balade rythmée à travers les rues de Lagos. Lagos, plus inattendue que sa cousine japonaise, plus vivante aussi…

M.J.


Publié le 5 juillet 2007 par marlene dans Urbanisation

Ces villes qui gonflent et qui font peur.

Bonjour,

Le 27 juin dernier, l’agence des Nations Unies pour la population (UNFPA) a publié son rapport annuel sur l’état de la population mondiale, cuvée 2007. Ce texte, intitulé « Libérer le potentiel de la croissance urbaine » examine l’urbanisation mondiale, ses risques et ses dangers, mais aussi ses chances. A condition d’accompagner cette urbanisation.

Plus de la moitié de la population mondiale dans les villes.

En 2008, plus de la moitié de la population de la planète, soit 3,3 milliards d’habitants, vivra en ville. Une première dans l’histoire de l’humanité. D’ici 2030, cette proportion devrait grimper à 60%, il y aura environ 5 milliards de citadins. Et 81% de cette population urbaine planétaire sera concentrée dans les petites villes et les grosses métropoles des pays en voie de développement. Une perspective inquiétante dans un environnement urbain déjà caractérisé par la pauvreté, le manque d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement, ou par une taudification galopante. Exemple. Dans la plupart des villes africaines, seulement 10% des citadins ont accès au réseau des eaux usées.

En une génération, des villes deux fois plus peuplées.

Zoom sur l’Afrique et l’Asie, au coeur de ce rapport 2007. En l’espace d’une seule génération, environ 25 années, la population urbaine de ces deux continents devrait doubler. En 2030, l’Afrique comptera 740 millions de citadins, contre 300 millions au tournant du millénaire. Dans le même temps, 2,6 milliards d’asiatiques vivront en ville, contre 1,4 milliard en 2000. Si la « mégalopole » domine sur le continent asiatique – 22 villes de plus de 8 millions d’habitants en 2015 -, l’Afrique n’en comptera que deux, Lagos et Le Caire, toujours à l’horizon 2015. (Prévisions ONU)

Des jeunes citadins sans avenir.

Dans un supplément « jeunesse », le rapport de l’UNFPA examine les conditions d’existence des jeunes citadins. Le tableau est particulièrement préoccupant pour les enfants et les adolescents des villes des pays pauvres. La plupart ne bénéficie pas des avantages urbains. Malgré un taux de scolarisation généralement plus élevé en ville qu’à la campagne, beaucoup de jeunes de ces espaces pauvres, notamment les filles, abandonnent l’école avant de terminer des études secondaires. Quand ils ont eu la chance de fréquenter un établissement scolaire. Plus exposés au chômage que les adultes, les jeunes travaillent dans le secteur informel, où ils sont victimes d’abus de la part de leurs employeurs. Ce rapport s’interroge sur l’avenir de ces jeunes qui habitent des taudis surpeuplés, sans eau courante, sans électricité, et sans gaz, un univers encore assombri par les conflits familiaux et la violence. Et quand les parents disparaîssent, les jeunes se retrouvent seuls. Dans certains pays, les jeunes ne vivent d’ailleurs pas avec leurs parents. En Ethiopie, 30% des filles de 10 à 14 ans, habitent hors du foyer familial. Au Bénin, un peu moins de 15% des jeunes de 14 ans, et moins, ne grandissent ni avec leur père, ni avec leur mère, pourtants vivants – contre 9% en milieu rural -. Pour ces jeunes, c’est la rue qui tient lieu de foyer.

L’avenir des villes passe par les taudis.

La vie urbaine, qui ne tient pas ses promesses, expose les inégalités. Grosses voitures, belles résidences, séries TV, ou Internet, révèlent un monde auxquels ces jeunes n’ont pas accès. La frustration et le sentiment d’exclusion fabriquent la violence urbaine. Et, faute de mesures pour accompagner cette urbanisation sans précédent, le pire est à craindre. Pour l’UNFPA, l’avenir de ces citadins pauvres dépendra des décisions prises aujourd’hui. Par exemple, quand un milliard de personnes, dont 90% dans les espaces en voie de développement, vivent dans des taudis, l’amélioration des logements peut offrir de meilleures perspectives urbaines. L’UNFPA recommande encore aux municipalités, aux pays, et à la communauté internationale d’accompagner ces jeunes citadins dans la vie. Il s’agit de leur permettre de poursuivre des études, de fonder un foyer, d’attirer les investisseurs dans ces pays pauvres pour favoriser l’emploi, condition d’une perspective familiale, et d’encourager les organisations de jeunes. Les jeunes et les habitants des taudis et des quartiers pauvres sont invités à participer à cette amélioration des conditions de vie. Pour l’UNFPA, c’est dans ces quartiers que se livrera la bataille pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement… »en particulier celui de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015″… Et de mettre en garde: « L’immense expansion urbaine qui attend les pays en voie de développement aura des répercussions sur le monde entier et elle exige une riposte mondiale. »

Une association qui s’occupe de ces enfants qui traînent à Dakar….

Information intéressante, le rapport pointe que cette urbanisation résulte plus de l’accroissement naturel de la population – sauf exceptions, notamment en Chine et au Vietnam -, que de l’apport migratoire. Et donc, plutôt que de développer des politiques et des fonds pour stopper l’immigration en provenance des campagnes, il serait plus adapté de mettre la ville au service de ses principaux acteurs, les femmes. Et surtout les jeunes…

M.J.

Pour fouiller dans le rapportUNFPA 2007


Publié le 3 juillet 2007 par marlene dans Urbanisation