Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’ONU prédit un avenir sombre pour la planète.

PNUE- GEO-4

Bonjour,

Pause sur le Grenelle de l’environnement, engagement hexagonal en faveur de la planète, qui ne remet ni en cause le nucléaire, j’insiste, ni le dogme d’une croissance formulée dans un contexte d’après- guerre, éloigné de l’urgence climatique, et environnementale du moment. Pour creuser le sujet, en lien, Grenellorama, le blog de l’Alliance pour la Planète. Le sujet du jour, encore de mauvaises nouvelles, cette fois c’est l’ONU qui prévient.

Changement climatique, disparition des espèces, et famines annoncées pour une population mondiale croissante, mettent l’humanité en danger. Vingt ans après le rapport Brundtland, intitulé  » Notre futur commun », le Global Environment Outlook (GOE-4) publie « L’environnement pour le développement ». Ce rapport, dernière version d’une série du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), dresse un état des lieux de l’atmosphère, de la terre, de l’eau, et de la biodiversité. Il signale les changements intervenus depuis 1987, et le rapport Brundtland. Et définit des actions prioritaires.

Depuis vingt ans, il y a quand même quelques bonnes nouvelles. On a réduit de 95% la production de produits chimiques, dangereux pour la couche d’ozone. Un traité de réduction des gaz à effet de serre, Kyoto, a été instauré. On a développé un marché du carbone, « innovant ». On a favorisé l’extension des zones terrestres protégées, qui couvrent aujourd’hui 12% de la planète. Et on a développé des outils pour préserver la biodiversité, ou pour lutter contre la désertification. Pas suffisant. Selon le GEO-4, « Aucun des problèmes majeurs soulevés dans Notre futur commun ne connaît de prévisions d’évolution favorables. »

Côté réchauffement climatique, la menace est telle que d’importantes réductions de GES sont impérieuses, d’ici le milieu du siècle. D’où la nécessité de bien négocier l’après – Kyoto, et d’y associer les grandes puissances émergentes (Chine, et l’Inde..), jusqu’alors exemptées. Autre avertissement, nous vivons au dessus de nos moyens. Le rapport population – ressources n’est plus viable. L’empreinte humaine est de 21,9 hectares par personne, pour une capacité moyenne de seulement 15,7 ha/personne. Epuisée également, la ressource halieutique. Les océans ont été sur-exploités, sans tenir compte du cycle de reproduction des poissons. Parmi les crises annoncées, l’eau, et l’agriculture. D’après le rapport, l’irrigation absorbe déjà 70% de l’eau disponible. Une consommation peu compatible avec une multiplication par 2 de la production alimentaire d’ici 2050, objectif annoncé du Millénaire. Dans le même temps, la ressource en eau douce diminue. Or, la consommation devrait augmenter de 50% dans les pays en voie de développement, et de 18% dans les pays développés. Alerte encore sur la biodiversité. L’extinction actuelle des espèces se produit 100 fois plus rapidement, que le rythme des changements indiqués par les fossiles. Et plus de la moitié des 6000 langues parlées dans le monde seraient en danger, la plupart devraient s’éteindre avec ce siècle.

« L’objectif n’est pas de présenter un scénario catastrophe, mais un appel urgent à l’action », précise le GEO-4. Selon le rapport, le seule façon de régler les problèmes les plus graves – qui peuvent encore l’être – est de mettre l’environnement au coeur du processus de décision: « ..l’environnement pour le développement, et non un développement obtenu au détriment de l’environnement ». Un avertissement qui a de plus en plus d’échos, même au Grenelle, reste à décider la nouvelle société qui va avec.

M.J.


Publié le 29 octobre 2007 par marlene dans Climat,faim

Grenelle, dernière.

Bonjour,

Grenelle de l’environnement, performance finale. Deux jours de négociations pour « réconcilier l’écologie et le développement économique », promesse de François Fillon, qui a l’élégance de commencer par « l’écologie ». Nicolas Sarkozy, qui collecte les conclusions de chaque table ronde – changements climatiques, santé et environnement, biodiversité et ressources, démocratie écoligique – donnera le ton final de cette « révolution écologique ».

Avant de mettre la révolution écologique « en marche », il a fallu mobiliser sur la nécessité d’agir contre le réchauffement climatique. Puis, première étape du Grenelle, de juillet à septembre. Des groupes de travail, composés d’acteurs politiques, économiques, et membres d’organisations écologiques, se rencontrent, débattent, et proposent. Seconde phase, celle de la consultation, octobre. Les français sont invités à donner leur avis, via internet, ou lors de rencontres qui ont lieu dans une vingtaine de villes françaises. Troisième phase, celle du moment, celle des mesures. Avec une feuille de route finale, communiquée vers le 15 décembre.

Faute d’une révolution, Grenelle a déjà permis de formuler quelques décisions. L’habitat, secteur très énergivore, 42% de l’énergie consommée, sera soumis à un régime plus sévère. Les bâtiments neufs auront droit à une consommation maximale de 50 kwh par m², par an, d’ici 2012, contre 260 actuellement. Le bâti ancien, soumis à une réhabilitation thermique dès 2008, ne devra pas consommer plus de 80 kwh/m², par an. Changement de stratégie dans les transports, mais oubliée la réduction de vitesse de 10 km/H sur les routes. Des « écopastilles » signaleront les véhicules « propres », et les autres, taxés en fonction de leurs rejets. Les camions seront soumis à une « écoredevance », hors autoroute. Côté plus, Jean Louis Borloo souhaite développer le fret ferroviaire et fluvial, ajouter 2000 kilomètres au réseau TGV, et 1500 aux lignes de tramway. Borloo a encore promis un « gel » des autoroutes et des aéroports, et un ralentissement de la construction des routes. Côté déchets, 60% des rejets ménagers devraient être recyclés en 2015. En attendant un nouvel examen du dossier, l’incinération continue.

Aujourd’hui au programme, la taxe carbone, celle qui pénaliserait les produits les plus gourmands en énergie, l’agriculture et ses sujets qui fâchent, OGM, pesticides, et agrocarburants. Et, l’énergie? Pour info, la France s’est engagée à diminuer par 4 les émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2050, le fameux « facteur 4″. Et c’est surtout une reformulation de l’avenir énergétique français, moins de nucléaire, plus de renouvelable, et plus de sobriété, qui donnerait à ce Grenelle de vraies allures de « révolution verte ».

Nicolas Sarkozy, entouré de deux Nobel de la Paix, Al Gore (2007) et Wangari Maathi (2005), une Kenyane engagée contre la déforestation en Afrique, et de Jose Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne qui roulait en 4×4 (peut – être a – t- il changé ses habitudes), doit conclure les travaux de Grenelle. Au programme de cette dernière représentation, la question nucléaire.

M.J.

Et puisque Nicolas Hulot est l’une personnalités les plus courtisées de ce Grenelle, j’ai décidé, moi aussi, de l’inviter.


Publié le 25 octobre 2007 par marlene dans Grenelle.

Cinq minutes pour la planète.

Cinq minutes de répit.

Bonjour,

Cinq minutes pour la planète, cinq petites minutes de répit. Le collectif écologique « Alliance pour la planète » demande aux français de couper les lumières ce soir, entre 19H55 et 20H00. Les lumières, et tout ce qui consomme de l’électricité, même le frigo. Les bureaux sont invités à l’exercice. A Paris, la Tour Eiffel et la statue de la Nation resteront cinq petites minutes dans l’obscurité. Avec l’automne qui s’installe, la tranche 19-20 heures est la plus gourmande en énergie. Les bureaux et les ordinateurs sont encore en activité, on monte le chauffage, on prend des douches, et on prépare le dîner.

Une coupure symbolique pour rappeler que les économies d’énergie restent un moyen efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais le bénéfice dépasse le symbole. Le dernier « Cinq minutes pour la planète », en février 2007, avait permis de faire chuter la consommation d’électricité de 1%, ou de 800 mégawatt. Soit l’ équivalent de la consommation électrique de la ville de Marseille. Mais à quelques jours du Grenelle, c’est sans doute le symbole d’une planète fragile qui prime.

Samedi dernier, les villes de Los Angeles et de San Francisco ont également été invitées à interrompre leurs activités électriques. Une heure sans courant, pour sensibiliser l’opinion aux économies d’énergie. Pendant une heure, la Golden Gate et l’aéroport de Los Angeles sont restés plongés dans le noir, rapporte Libération (22-10-2007). L’extinction des feux dans une mégalopole de plusieurs millions d’habitants, pendant une heure, permettrait d’éclairer, télévision comprise, 2500 maisons, pendant un an.

Donc, ce soir, cinq petites minutes dans le noir. Et une pensée pour tous les habitants des pays émergents, qui passent plusieurs heures par jour, sans électricité.

M.J.


Publié le 23 octobre 2007 par marlene dans Climat

Les OGM, dans une perspective historique.

Bonjour,

« Sous Louis XIV, l’autorisation du pain à le levure, ancêtre du débat sur les OGM », titre Libération de vendredi dernier (19 octobre 2007 ), numéro spécial, le Libé des historiens, dans le cadre des rendez – vous de l’Histoire de Blois. Une mise en perspective historique signée Madeleine Ferrières, professeur d’histoire moderne à l’université d’Avignon. Et auteure d’un ouvrage: « Histoire des peurs alimentaires. Du moyen âge à l’aube du XX° siècle » (Seuil, 2002).

Dans l’article de Libération, Madeleine Ferrières évoque « l’expérience de 1688″. Le jeune Louis XIV règne alors sur le peuple de France, qui se nourrit surtout de pain. Un « pain nouveau »est mis en vente à Paris. Sa nouveauté, sa formule. On a remplacé le levain traditionnel par de la levure de bière. Ce nouvel ingrédient permet de faire une pâte de meilleure qualité, qui lève plus rapidement. Rumeurs, débats. Ce « nouveau pain » est – il nocif pour la santé? Ne dissimule – t-il pas un poison aux effets retardés ? Ce pain est discuté, testé, expertisé, interdit, et finalement autorisé en 1670. Le Parlement avalise l’utilisation de la levure, mais uniquement celle fabriquée à Paris. Un peu d’histoire, pour faire un point sur l’actualité.

Depuis plus d’une décennie, les OGM passionnent, et divisent la France. Pour une partie du monde agricole, les OGM permettent d’augmenter la production, essentiellement de maïs MON 810 en France, avec peut – être moins d’engrais, ou de pesticides. En théorie, ces OGM sont testés avant production, et avant commercialisation. Une garantie sanitaire qui ne convainc pas tout le monde. Les anti OGM doutent de leur innocuité pour la santé, et l’environnement. Les OGM, sujet très débattu au Grenelle de l’environnement, continue de coincer. Après le « gel », anticipé puis démenti, de Jean Louis Borloo, la FNSEA, le principal syndicat agricole, a donné son accord pour un « gel provisoire » de la commercialisation des semences OGM, jusqu’au vote d’une loi. La loi étant attendue avant le printemps prochain, période des prochains semis. Les anti – OGM, José Bové en tête, demandent un moratoire sur les OGM, faute de quoi, une quinzaine d’entre – eux se préparent à une grève de la faim, illimitée. Mais revenons à l’histoire.

Comme la levure de pain en son temps, les OGM génèrent une suspicion collective. Elles se sont invitées, souvent violemment, dans le débat national. Dans son ouvrage, Madeleine Ferrières raconte la longue histoire de ces peurs alimentaires, qui accompagnent notre histoire culturelle. « Chacun défend sa définition du bon aliment: pour les uns, il sera dépourvu de risque sanitaire, pour les autres, il sera savoureux, pour d’autres encore, il contribuera à renforcer la santé générale de la population. Ces définitions sont fonction des préoccupations professionnelles des acteurs, mais aussi des idéologies dominantes« . Ou des intérêts.

OGM, une agriculture qui fait débat. Le 16 mars 2007, des militants Greenpeace livrent du maïs transgénique à Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidentielle.

M.J.


Publié le 22 octobre 2007 par marlene dans OGM

Ces explorateurs de carcasses industrielles…

Grands Moulins de Paris (2000) Photo: Manu. (Usine)

Bonjour,

Petit coup de coeur pour les explorateurs urbains. Munis d’un appareil photo, ils chassent les carcasses d’usines désertées, les gares immobiles, les centrales thermiques au chômage, ou les puits de mine figés. Ils rapportent les fragments d’une histoire industrielle révolue, ils s’intéressent aux reliques d’une activité oubliée. Ils explorent le passé des lieux, et parfois le présent, pourvu que ces endroits soient difficiles d’accès. L’intérêt vient aussi de l’interdit. Sympas, ils donnent la marche à suivre pour pénétrer sur un site…

Uzines propose ses nouveautés, une fabrique de mouchoirs, une mine de fer, ou une frîche lilloise. D’autres clichés de Chine, Le temps des cathédrales, ou des mines de sel, au Laos. Retour au menu, et à vous de choisir un thème. Autre site, Residues, avec une recherche sur le Lavoir de Chavannes, un bâtiment construit en 1923 par les houillères de Blanzy, et délaissé au tournant du millénaire. Dans les années 30, le lavoir est l’une des plus importantes usines de traitement de produits minéraux en Europe. Un bel exemple de mémoire industrielle. L’hôpital de Saint Louis, aux Etats – Unis, j’aime bien. Urban Memory expose les restes d’une usine à papiers peints, ou le fantôme de l’usine AZF à Toulouse, rasée après la catastrophe de septembre 2001. Exploration alternative, présentation plus léchée, dommage pour l’esprit « explorateur », propose un  zoom sur « trains et ferroviaire », ou sur des « lieux délaissés », entre autres…

Difficile de citer tout le monde, la « nature- morte » industrielle est une pratique en hausse. Attention aux escalades, et aux explorations périlleuses. Mais il paraît que c’est super d’errer dans ces endroits immobiles, silencieux, et parfois obscurs. Faut pas oublier son flash.

M.J.


Publié le 19 octobre 2007 par marlene dans Non classé

Nairobi brûle ses déchets pour cuisiner…

Bonjour,

L’incinération des déchets est l’une des questions qui fâche, au Grenelle de l’environnement. Et qui fâche drôlement. Dans un communiqué, médecins et scientifiques n’hésitent pas à évoquer une « aberration sanitaire », une « impasse écologique », et une « absurdité économique ». Ils réclament un moratoire pour une gestion, plus propre, de ces rejets. Mais brûler les déchets, devenu inacceptable pour les uns, pourrait être une aubaine pour d’autres. Direction Kibera, au Kenya, dans la banlieue de Nairobi.

Kibera, c’est le plus grand bidonville d’Afrique, avec probablement un million d’habitants, et peut – être 1,2 million. Kibera, dont le nom évoque la « forêt » ou la « jungle » en Nubien, est surtout un espace de grande pauvreté, 40% de la population au chômage, et moins d’un dollar par jour pour la plupart. L’Etat a déserté cet immense bidonville accroché à la capitale, pas d’électricité, pas d’eau potable, pas d’évacuations sanitaires, pas de poubelles, et pas de ramassage. Ruelles boueuses chargées de détritus, odeurs pestilentielles, et risques d’épidémies associées, typhoïde et diarrhées. C’est dans l’un de ces quartiers, empoisonné par les ordures ménagères, que l’on a développé l’idée d’une grosse cuisinière communautaire, pour les brûler.

Deux fois par semaine, une cinquantaine de chômeurs de Kibera collecte des détritus pour 10 shillings kenyans, soit environ 0,10 centimes d’euros. Un travail peu valorisant, qui vaut quand même mieux que de ne rien faire. Ils trient ensuite ces détritus, plastiques durs, métaux, et verre d’un côté, pour la revente. Et de l’autre, tous les déchets inflammables, que l’on laisse sécher pendant deux jours, avant de les enfourner dans la fameuse cuisinière communautaire. Et sur les plaques chauffées par la combustion de ces déchets, on fait bouillir l’eau pour le thé, on cuit du pain ou des chapatis, de petites galettes chaudes, et on cuisine de la viande pour 5 à 10 shillings kényans, 5 à 10 centimes d’euros. Cette nourriture est ensuite revendue, à des prix subventionnés », aux habitants de Kibera. L’association Umande trist gère ce projet.

Ce projet pilote, porté et financé par le PNUE ( Programme des Nations unies pour l’environnement), rentre dans le cadre d’une réhabilitation du bassin des rivières de Nairobi. Ces rivières, situées à proximité des bidonvilles, sont de véritables poubelles, envahies de plastique, de verre, de batteries, ou des métaux lourds. Résultat, les cours d’eau sont pollués jusqu’à l’Océan Indien. Dans une ville qui, selon les Nations Unies, produit environ 300 tonnes de déchets par jours, ce type d’incinération domestique pourrait se développer. Mais pour l’instant, tous les efforts se concentrent sur cette cuisinière géante, qui devrait avaler jusqu’à 500 kilos d’ordures par jour. Son four pourrait chauffer l’eau de la vaisselle, et de douches attenantes. Et si l’engin crache encore une épaisse fumée, on pense y remédier en augmentant la température d’incinération. Mais dans un quartier ou tout le monde patauge dans la boue, au milieu des ordures, le recyclage des fumées n’est pas encore une priorité…

M.J

Une promenade dans Kibera, juste pour se rendre compte…


Publié le 18 octobre 2007 par marlene dans Developpement

Grenelle: voix off.

Bonjour,

Pendant que le Grenelle de l’Environnement achève son tour de France, que le brouillon du texte final hésite entre « consensus » et « contraintes allégées », je suis tombée sur une interview de Serge Latouche. Si Latouche pose globalement la même question que Grenelle, ou comment ne pas aller trop loin dans l’abus de la planète, sa réponse est plus catégorique. Il ne s’agit pas seulement d’adapter notre consommation, notre production, ou nos déplacements à l’urgence environnementale, mais de renverser ce modèle. Faute de quoi, « nous allons droit dans le mur », prédit Latouche.

Serge Latouche, on a déjà parlé de lui, est professeur émérite d’économie à l’Université Paris -Sud. Cet « objecteur de croissance » est l’une des têtes de la « décroissance ». Ce concept vise à faire disparaître notre modèle économique, pour y substituer un modèle plus humain, plus respectueux de la planète. Puisque notre civilisation épuise les ressources, il nous faut vivre autrement. Mais il ne s’agit pas seulement d’une urgence environnementale, il s’agit aussi, et surtout, de vivre mieux. Latouche propose une société fondée sur la qualité, plutôt que la quantité, sur la coopération, plutôt que la compétition, avec, à la clé, une plus grande justice sociale. Une philosophie proche du « développement durable »? Surtout pas. Le « développement durable » intègre la croissance, quand Latouche remet en cause « l’imaginaire de la croissance », « la croissance pour la croissance ». Il faut « décoloniser l’imaginaire ».

Une petite vingtaine de minutes d’interview, ponctuée de phrases choc: « Travailler moins pour vivre mieux ». Et dans notre société de « drogués de la consommation », il y a les « drogueurs », Total, Nestlé, Areva, et les « drogués », nous. Nous, qui fréquentons les « drogueurs » pour avoir notre dose. Et une « croissance verte » n’est qu’une « drogue de substitution ». Au moment où Jean Louis Borloo nous propose de choisir nos produits en fonction de leur impact environnemental – emballage, transport, recyclage -, Serge Latouche, voix off, nous invite à les reposer dans le rayon. Et à quitter le supermarché…

M.J

Et pour écouter Serge Latouche, interviewé par Laure Noualhat et Pascal Canfin, il suffit de cliquer sur le bouton de la radio Libelabo:


Publié le 15 octobre 2007 par marlene dans Décroissance - Serge Latouche - Interview.

Al Gore et le GIEC, Nobel de la Paix 2007.

Bonjour,

Al Gore, l’ex – vice Président américain, et le GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, se partagent le Prix Nobel de la Paix, 2007. A Oslo, Ole Danbolt Mjoes, Président du comité Nobel norvégien a salué  » leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements ». Ils ont contribué à imposer le climat aux décideurs, et à l’opinion.

Al Gore, candidat malheureux à la Maison Blanche lors des élections américaines de 2000, a largement contribué à bousculer les consciences avec son livre, et son documentaire, « Une vérité qui dérange. » Dans ce film, il s’empare du « réchauffement climatique », sujet difficile et peu accrocheur, pour en parler simplement, parfois avec humour. Ce document choc prédit une catastrophe sans précédent, si l’on ne fait rien pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. « Une vérité qui dérange », qui a fait froid dans le dos à de nombreux spectateurs, a été primée aux Oscars. Et Al Gore a encore été consacré comme l’une des 100 personnalités mondiales les plus influentes, par le magazine Time.

GIEC, le sigle dissimule un bataillon de scientifiques qui collecte, analyse, valide, et synthétise les travaux de milliers de chercheurs internationaux qui planchent sur l’évolution du climat. Leurs rapports, qui se sont consolidés au fil des années et des recherches, ont éveillé les décideurs, et l’opinion, sur la gravité de la crise climatique. Le GIEC prédit une hausse des températures moyennes comprises entre 1,8°C et 4°C, à l’horizon 2100. Un réchauffement à la responsabilité humaine, « très probable ». La qualité et l’indépendance des positions du GIEC, sont acquises. Sauf pour George Bush et ses amis, politiques, pétroliers, et industriels.

Un Nobel partagé, mais une préoccupation unique, le climat. Ce Nobel pourrait être un message destiné aux participants de la Conférence de Bali. A quelques semaines de cette nouvelle réunion internationale sur les changements climatiques, qui doit décider de l’après Kyoto, et de l’après 2012, il y a urgence à rappeler qu’il y a urgence…

M.J


Publié le 12 octobre 2007 par marlene dans Climat

Biocarburants, famine, et propagande.

Nicolo dénonce.

Bonjour,

« Biocarburant », « agrocarburant », « or vert », on ne sait plus comment l’appeler. Fabrice Nicolo vient de lui trouver un nouveau nom, « nécrocarburant ».Violent. Comme son livre, « La faim, la bagnole, le blé, et nous » ( Ed. Fayard). Il y dénonce la vaste propagande menée en faveur de ce carburant issu de l’agriculture, une vaste escroquerie. Une escroquerie faite à l’écologie, aux plus pauvres de la planète, et finalement à tout le monde, dans le seul but de maintenir la civilisation de la « bagnole ». « Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales, et tous ceux qui leur sont soumis… », dénonce Nicolo.

La production de ces plantes destinées aux moteurs, cultures industrielles, engrais et pesticides, n’a rien d’écolo. « Falsification », commente Nicolo. Elles produisent même du protoxyde de carbone, plus dangereux pour l’atmosphère que le dioxyde de carbone. Dans les pays du Sud, Brésil, Malaisie, Indonésie, ou Congo, par exemple, ces cultures s’étalent à la place des forêts primaires. Des millions de km² de forêts tropicales avalés par les plantations de canne à sucre, et de palmier à huile. Soit un peu moins des trois – quarts de la forêt primaire d’Indonésie, second producteur mondial d’huile de palme. Et si on fait le bilan -Paul Crutzen, Prix Nobel de Chimie, l’a fait -, les agrocarburants produisent plus de gaz à effet de serre, que les carburants issus du pétrole.

Et surtout, ces cultures destinées aux moteurs risquent d’aggraver la faim dans le monde. Le boom des agrocarburants, qui dope le prix des céréales et déstabilise le marché alimentaire mondial, est en train de rendre la nourriture inaccessible aux plus pauvres. Un risque pour les 2,7 millions de personnes qui survivent avec moins de deux dollars par jour. Le « nécrocarburant ».

« ..J’ai essayé de comprendre comment une telle machine de guerre se met en place. Là bas au moin, mais ici aussi… » , sur son blog, Fabrice Nicolo dénonce le lobby de l’agrocarburant.

M.J


Publié le 11 octobre 2007 par marlene dans biocarburants,faim,nicolo,Préjudice écologique

Ces îles glacées qui voyagent.

Bonjour,

La géographie arctique est une géographie qui bouge. Il y a quelques jours, je vous parlais de Churchill, petit port canadien accroché au Nord du continent américain, et jusque là, pratiquement immobilisé par les glaces de l’Arctique. Des glaces qui fondent, une opportunité pour Churchill qui se rêve déjà en grand port commercial, escale obligée sur le fameux passage du Nord – Ouest, qui relie le Groënland à l’Alaska, l’Atlantique au Pacifique. Je ne vous ai pas parlé des convoitises géopolitiques, et minières, qui accompagnent cette probable opportunité géographique.

On reste au Canada, direction l’archipel Arctique, le Nuvanut, et la grande île d’Ellesmere, encore un cas de géographie qui ne tient plus en place. L’histoire commence il y a plus de 4500 ans, quand le plateau d’Ayles s’accroche à l’immensité glacée d’Ellesmere. L’histoire s’accélère en août 2005. En moins d’une heure, une large fente déchire le plateau de glace d’Ayles, libérant une grande partie de cette croûte de glace. Une séparation brutale qui a enrichi l’Arctique d’une nouvelle île, 66 km² pour 40 kilomètres d’épaisseur, une belle portion de glace. Une rupture qui fait date dans l’histoire du réchauffement de l’Arctique. D’après le GIEC, depuis plus d’un siècle, les températures moyennes de l’Arctique auraient augmenté pratiquement deux fois plus, que dans les autres régions du globe. D’ailleurs, toujours depuis un siècle, le Canada polaire aurait perdu 90% de ses plateaux de glace.

Pendant deux années, l’ïle d’Ayles dérive vers le Sud – Est, quelques glaçons en moins. On l’attendait récemment du côté des îles Reine Elisabeth, passage vers la Mer de Beaufort. Inquiétudes sur les navires, et les plate – formes pétrolières. Et finalement, le 4 septembre dernier, réchauffée par les eaux, Ayles se fracture encore, après un périple de 470 kilomètres au Sud. Mi – septembre, une partie de l’île regarde vers la baie norvégienne, pendant que l’autre hésite pour le Détroit de Penny. Et fin septembre, l’île d’Amund Ringnes sépare définitivement les gros glaçons. Le premier continue son voyage vers le Détroit de Massy. Le second profite d’une température de -15°C, dans le Détroit de Hassel. Ou l’inverse.

M.J

Je vous propose de retrouver cette histoire, sur son site canadien. Un road book avec de belles images satellite…

Le voyage d’Ayles..


Publié le 9 octobre 2007 par marlene dans Climat