Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Climat: pour éviter un « apartheid ».

Rapport mondial sur le dévelepoment humain - 2007.

Bonjour,

Quelques jours avant la Conférence de Bali sur le Climat, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) publie son dernier rapport. Intitulé « La lutte contre le changement climatique: un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé », ce document invite les pays développés à une solidarité internationale. Faute de quoi, les bouleversements climatiques risquent de créer un « apartheid », entre pays riches, et pays pauvres.

« Le chaos, ou la communauté? »

Le changement climatique est une crise qui peut encore être évitée. « Mais d’extrême justesse » prévient le PNUD. Le monde à moins d’une décennie pour réagir, et freiner le processus. C’est de tous les problèmes, le plus important, et le plus urgent. « Et maintenant? Le chaos ou la communauté? », interroge le rapport, qui cite Martin Luther King. Le PNUD attend donc une réponse planétaire, à une crise planétaire. Le document souligne que « L’atmosphère terrestre ne fait pas de différence entre pays émetteurs de gaz à effet de serre ». Une tonne de carbone en provenance de Chine, pollue autant qu’une autre tonne, produite aux Etats-Unis. Les émissions d’un pays se transforment en problème climatique pour un autre. Donc, tout le monde doit faire des efforts, mais responsabilité historique oblige, pas les mêmes.

Un effort commun, un bilan carbone inégal.

Les pays développés, largement responsables du bilan climatique, sont invités réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80% – par rapport à 1990 -, d’ici 2050. Le PNUD demande aux pays en voie de développement de collaborer, grande première, en réduisant de 20% leurs émissions. Mais, cet effort pourra attendre 2020, afin de ne pas compromettre un processus de développement, souvent fragile dans les pays les plus pauvres. Desmond Tutu, ancien archevêque de Cape -Town, en Afrique du Sud, et collaborateur de ce rapport résume: « Pour s’exprimer sans complaisance, les pauvres du monde sont lésés par un problème dont ils ne sont pas responsables. Le bilan carbone du fermier du Malawi ou de l’habitant du bidonville de Haïti est à peine visible dans l’atmosphère terrestre ».

Une adaptation à deux vitesses.

Inégalités dans la responsabilité historique, et inégalités d’adaptation aux changements climatiques. Car l’adaptation reste le privilège des riches, au moins dans un premier temps, et en pariant que le climat ne s’emballe pas trop. Pendant que les Hollandais élaborent une architecture adaptée à l’élévation du niveau de la mer, les habitants du Vietnam bricolent de petites constructions pour se protéger des crues. Et dans les villages du Mekong, les habitants apprennent à flotter.

Adaptation, version Pays Bas:

Adaptation, version Viet Nam.

Le PNUD invite donc les pays riches, responsables d’une crise qui expose les pauvres, à les aider. Sinon, les changements climatiques créeront un « apartheid », l’expression est de Desmond Tutu, qui poursuit: « Aucun pays, quelle que soit sa richesse ou sa puissance, ne sera à l’abri des conséquences. A long terme, les problèmes des populations défavorisées frapperont à la porte des riches, et la crise du climat conduira au désespoir, à la colère, et fera planer des menaces sur la sécurité collective. »

Approche bi-polaire, pour une réalité un peu plus complexe. La Chine et l’Inde, pays émergents non soumis à des objectifs de réduction de gaz à effet de serre, devenus entre temps gros pollueurs, sont désormais invités à participer à l’effort international, en faveur du climat. Une invitation qu’ils pourraient ne pas apprécier, boom économique explique. Réponse à Bali, qui commence le 3 décembre.

M.J


Publié le 29 novembre 2007 par marlene dans Actualité

L’Australie rejoint Kyoto.

Hello,

Avec l’élection de Kevin Rudd, samedi dernier, l’Australie change de camp pour rejoindre celui de Kyoto. La signature du protocole de Kyoto est l’un des premiers engagements politiques du nouveau Premier Ministre travailliste, successeur du libéral John Howard, un « climate sceptic », un copain de Georges Bush. L’Australie, petite population mais grosse production de gaz à effet de serre par habitant, était encore le seul pays industrialisé à résister à Kyoto, aux côtés des Etats- Unis. Donc, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Exit John Howard, le « climate sceptic ».

Exit John Howard, celui qui a toujours refusé de ratifier Kyoto sous prétexte que la Chine et l’Inde, gros pollueurs, ne participaient pas à l’effort international pour réduire les gaz à effet de serre. John Howard, qui misait sur l’efficience énergétique et la technologie, pour limiter les rejets polluants de son pays. John Howard qui défendait aussi l’industrie d’une économie libérale, et sa production de charbon, dont une grosse partie est exportée. John Howard, qui proposait encore le nucléaire comme une énergie propre – le pays dispose d’un quart des réserves mondiales d’uranium – à une population, largement opposée à l’atome. Parenthèse, il faut se souvenir de la réaction des Australiens quand Chirac, nouveau résident à l’Elysée, décide de reprendre les essais nucléaires à Mururoa. Aujourd’hui les Australiens, qui subissent sécheresse sur sécheresse depuis six ans, ont décidé de changer de « leader climatique ». Kevin Rudd a été élu avec plus de 53% des suffrages.

Kevin Rudd, CV impeccable, veut demander pardon aux Aborigènes.

Kevin Rudd, 50 ans, originaire du Queensland, CV impeccable, a étudié la civilisation chinoise à l’université, parle le mandarin, un poste de diplomate en Suède, puis en Chine dans les années 80, leader du Labour depuis décembre 2006 – Parti travailliste, la gauche australienne-, incarne le changement. D’abord sur le climat, où il répond à une opinion australienne de plus en plus inquiète du réchauffement climatique. Une dizaine de jours avant les élections, 150 000 personnes sont descendues dans la rue pour réclamer un engagement destiné à réduire les gaz à effet de serre de 30%, d’ici à 2020. Kevin Rudd, qui ne fera sans doute pas de miracle, a cependant promis une réduction des émissions de 60% d’ici 2050. (1) Changement encore, sur le plan international. Non content de lâcher Bush sur la question du climat, le nouveau Premier ministre veut rapatrier les 1500 soldats australiens, partis prêter main forte au GI’s américains, en Irak. L’Australie, qui ne rompt pas avec les Etats-Unis, est en train de prendre quelques distances. Autre évolution, la question aborigène. Au nom de l’Australie, Kevin Rudd devrait présenter ses excuses aux Aborigènes. Ce pardon s’adresse au Peuple aborigène, et à ses milliers d’enfants arrachés à leur famille pendant plus d’un siècle, pour être confiés à des institutions, ou à des familles européennes. Une politique d’assimilation qui s’achève dans les années 60.

« Le Géant Vert ».

La question aborigène et l’écologie introduisent autre carrure du Labour australien, Peter Garett. Peter Garett, c’est le « Géant vert », un type immense doublé d’un écolo. Peter Garett, c’est aussi le leader et la voix de Midnight Oil, un groupe de rock qui milite pour l’écologie, et les minorités. « Beds are burning », chanson dédiée aux Aborigènes, fait un tabac sur la scène internationale à la fin des années 80. Quand Peter Garett lâche le micro, en 2002, il s’est déjà taillé une belle réputation d’écolo. Après le refus des mines d’uranium, le soutien au Tibet, en passant par l’opposition au nucléaire et à Chirac qui relance les essais dans le Pacifique, il intègre Greenpeace. En 2004, il rejoint le Labour, et devient député. La même année, Midnight Oil remonte sur les planches pour un concert, en faveur des victimes du Tsunami. Puis Peter Garett, entre au cabinet fantôme du Labour – un gouvernement factice, spécialité des pays anglo-saxons, qui fait de la politique sans pouvoir de décision -, en charge de la culture, et la question aborigène. Entre-temps, Peter Garett, qui a approuvé la construction d’une grosse usine de pâte à papier en Tasmanie, l’île située au Sud de l’Australie, s’est mis quelques écolos à dos. (1) Mais, c’est aussi Peter Garett qui aimerait bousculer le Labour, et Kevin Rudd, pour aller beaucoup plus loin en matière d’environnement. (2)

M.J

Allez, un peu de musique pour se distraire...

(1) « Le réchauffement s’impose dans l’élection australienne », Marie – Morganne Le Moël, Le Monde 23-11-07 (2) Julian Glover, The Guardian, Friday, November 23, 2007 -http://www.guardian.co.uk/environment/2007/nov/23/climatechange.australia


Publié le 27 novembre 2007 par marlene dans Climat

In the middle of nowhere.

Centre d’Art Contemporain Fantôme de la Rochefourchat.

Hello,

L’histoire commence à Cook, un bled planté sur la ligne de chemin de fer qui s’étire dans la Nullarbor, une grande plaine tristement privée d’arbres et d’habitants, dans le sud ouest de l’Australie, un endroit comme je les aime. Un jour de 2001, Laurent Mulot découvre Cook, au milieu de nulle part. Un site idéal pour y planter un musée d’art contemporain.

Cook, une ville fantôme.

Cook, en Australie méridionale, quelques habitations, un réservoir de fuel pour les locomotives, une seule boutique, regarde passer les trains de l’Indian Pacific. Ceux qui traversent le continent pour relier l’Océan Pacifique à l’Océan Indien, via la Nullarbor plain et son rail rectiligne de 478 kms de long, record mondial de solitude ferroviaire. Quand le train s’arrête à Cook, les voyageurs descendent, se ruent vers le seul magasin du bled pour acheter une glace, et découvrent qu’il n’en reste que trois. Dommage, elles sont déjà réservées pour d’autres voyageurs, qui repasseront…Créée en 1917, lors de la construction de la ligne de chemin de fer, Cook est devenue une « ville-fantôme » depuis que le rail a été privatisé, à la fin des années 90. Les habitants ont déserté, l’hôpital du bush a fermé. Quand Laurent Mulot, qui traverse l’Australie d’Est en Ouest, débarque à Cook en 2001, il ne reste que deux habitants.

Le Cook Ghost Contemporary Art Centre (CGCAC)

Deux ans plus tard, c’est parti, Laurent Mulot revient à Cook. Il y travaille, et fonde le « Cook Ghost Contemporary Art Centre », un centre d’art contemporain fantôme. Les deux habitants de Cook, photographiés devant l’acte de fondation de ce centre imaginaire, sont promus « gardiens du musée ». C’est la première étape d’une démarche artistique, qui établit un lien entre réalité et virtuel. Elle est matérialisée par un site internet, « They come out at night », chargé de diffuser une création multimédia, et d’attirer les amis du musée. Les portraits « fantômes » de ces membres associés, environ une centaine à la création, aujour’hui peut – être plus, sont placés dans la collection permanente du CGCAC.

Un réseau international de centres d’art fantômes.

Etape suivante, créer un réseau international de centres d’art fantômes, aux quatre coins de la planète. Laurent Mulot fonde alors « Middle of nowhere », une association loi de 1901, qui fédère cet ensemble de « fondations fantômes ». Un site internet « Middle of nowhere » est crée. Le but, dénicher de nouveaux endroits qui résistent au milieu de nulle part, en attendant une promotion artistique. Même démarche que pour le CGCAC, ces lieux doivent être situés dans des endroits perdus, où il est difficile de séjourner, mais propices à se faire des films. Le processus de création, une plaque fondatrice apposée sur un mur, avec, clic clac, les gardiens photographiés devant. Les habitants adhèrent au projet, certains sont exposés dans la collection permanente.

Halte à la Rochefourchat.

Aujourd’hui, le monde des musées compte quatre fondations fantôme, le CGCAC en Australie Méridionale, le MGCAC en Chine, l’AGCAC en Amazonie, et le RGCAC, à la Rochefourchat, un petit village de la Drôme qui vaut bien qu’on s’y arrête un instant. La Rochefourchat, dont le nom rappelle le rocher fourchu qui surplombe le village, est planté sur le flanc est de la montagne de Couspeau. Patrimoine, un château effondré, une école collée à l’église, école fermée en 1957 et devenue gîte rural, deux hameaux, une chanson écrite en 1900, « La fanfare de la Rochefourchat ». Population, un habitant mais une équipe municipale, densité 0 hab/km², commune qui a perdu deux habitants entre 1990 et 1999… Comme quoi, pas besoin d’aller courir en Australie.


Visite libre de ces quatre centres d’art fantômes http://www.theycomeoutatnight.org/. Première entrée à gauche – l’autre, la Ghost fondation, est momentanément indisponible -, un clic sur l’un de quatre points de la carte du monde pour d’accéder à chaque musée virtuel. Un autre clic sur « collection permanente » pour ouvrir un diaporama, avec en prime une bande-son qui stimule les fantômes, ceux qui vous invitent au milieu de nulle part.

M.J

Le musée d’art contemporain de Lyon propose une borne d’accès au travail multimédia de Laurent Mulot.


Publié le 26 novembre 2007 par marlene dans Art,Non classé

Déforestation en Amazonie brésilienne.

Bonjour,

En quête d’un sujet, je tombe sur une vidéo du « Dessous des Cartes », la déforestation de l’Amazonie brésilienne. Pourquoi pas. Chaque seconde, la déforestation avalerait 5000 m² de forêt primaire. (1)Une estimation difficile à vérifier, un chiffre qui souligne un phénomène très actif. Les forêts tropicales humides, situées de part et d’autre de l’équateur, sont particulièrement touchées par ce déboisement. L’Amazonie, le tiers de la forêt tropicale de la planète, est le théâtre d’une exploitation excessive, et anarchique.

Etalée sur 8 Etats, la forêt amazonienne campe surtout en territoire brésilien, soit 60% de son couvert forestier total. Au milieu des années 90, la réduction de la forêt brésilienne inquiète. On craint alors que le cycle de 25-30 ans, nécessaire au renouvellement des espèces, ne soit pas respecté. (2)En 2005, les autorités brésiliennes retiennent la valeur record de plus de 26 000 km² avalés par la déforestation pour la période 2003-2004, soit l’équivalent du territoire de la Belgique. La même année, la revue Science révèle que la dégradation de la forêt brésilienne, très sous estimée, représenterait plus probablement le double. (3) Exprimées en m² ou en km² avalés, en m3, ou en pourcentage, les estimations de la déforestation de la forêt brésilienne abondent. Reste la certitude d’une surexploitation, qui est en train de saboter cette forêt que l’on surnomme « le poumon de la planète ». La destruction progressive de cette Amazonie, qui contribue à la disparition des hommes et des espèces, participe encore au réchauffement climatique. Jean Christophe Victor évoque les enjeux de cette déforestation de l’Amazonie brésilienne, ses causes, et ses conséquences.

Concernant l’Amazonie brésilienne, on a beaucoup parlé de la culture de soja. Pratiquement inexistantes il y a 60 ans, les cultures de soja couvrent aujourd’hui 21 millions d’hectares. De 1990 à 2004, les surfaces dédiées au soja auraient doublé. (1)Converti en huile, ou intégré dans nombre de produits, le soja est un ingrédient très demandé dans l’industrie agro – alimentaire. Avec l’épidémie de la fièvre aphteuse en 2001, le soja devient l’une des bases de l’alimentation bovine en Europe, et aux Etats-Unis. Conséquence des opportunités offertes par un marché en pleine expansion, le Brésil devient rapidement le second producteur mondial de soja, après les Etats-Unis. D’abord cultivé dans le sud du pays , le soja progresse vers le centre -ouest du Brésil, et le Masso Grosso, en marge de la forêt amazonienne. Aux portes de la forêt, les plantations de soja favorisent le développement des routes pour l’exploitation, et l’exportation. De nombreux migrants, attirés par les fronts pionniers ouverts dans la forêt, s’installent sur ces nouveaux territoires pour exploiter le bois, pratiquer l’agriculture, et l’élevage. Si l’on parle beaucoup du soja comme moteur de cette déforestation, c’est qu’il est aussi utilisé pour la fabrication d’agro-carburants. La flambée probable de ces carburants, issus du soja, et de la canne à sucre – spécialité brésilienne, à la base de son fameux éthanol – risquent fort d’accentuer la pression économique qui ronge l’Amazonie.

M.J.

(1) http://baetens.zeblog.com/- (2) Ph . Rekacewicz, Le Monde Diplomatique, novembre 1997. – (3) Ch. Magdelaine, 21-10-2005 -http://www.notre-planete.info/actualites/actu_735.php.


Publié le 22 novembre 2007 par marlene dans déforestation,Non classé

Climat: le GIEC alarme avant Bali.

Bonjour,

Le rapport du GIEC, rendu public samedi à Valence en Espagne, souligne le rôle des hommes dans le changement de climat. Ce résumé d’une vingtaine de pages, synthèse d’un énorme travail scientifique, insiste sur les conclusions alarmantes des précédents rapports, et en rajoute une couche. Le GIEC met en garde les décideurs de la planète contre les conséquences « soudaines » et « irréversibles » du réchauffement climatique. Un message relayé par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU: « Maintenant, je crois qu’on est au bord de la catastrophe si l’on n’agit pas ».(1)

Le rapport prédit une augmentation des températures moyennes de 1,8°C à 4°C, d’ici 2015. Avec un risque maximal de 6,4°C, prévision très pessimiste. En un siècle, la terre s’est déjà réchauffée de 0,7°C. Multiplication des canicules, des sécheresses, des inondations, intensification des famines et des migrations, aucune zone de la planète ne sera épargnée. Le rapport souligne encore une élévation du niveau des mers, consécutive à la fonte des glaces. Difficile à estimer avec exactitude pour la fin du siècle, entre 0,18 m et 0,59 m depuis 1990, elle est en tout cas déjà effective. Rajendra Pachauri, le Président du GIEC, a insisté sur l’exposition dramatique des états insulaires et des zones de deltas, très peuplées. Le cas d’un Bengladesh, particulièrement vulnérable, récemment ravagé par un cyclone, illustre déjà la prédiction.

A deux semaines de la Conférence de Bali sur le climat, le GIEC conclut qu’il existe des « moyens bien réels et abordables pour combattre le changement climatique. » (1) Une invitation aux Etats de la planète- notamment les plus gros pollueurs, Etats-Unis, Chine, et Inde – à décider de mesures très contraignantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour l’après Kyoto, et l’après 2012. L’année 2015 est considérée comme une « année- limite » pour diminuer les émissions, faute de quoi les catastrophes tant de fois annoncées finiraient bien par arriver…

M.J

En vidéo, l’évolution du climat de 1885 à 2005 ( températures de surface). En rouge sombre, le plus fort réchauffement. En bleu sombre, le refroidissement le plus marqué.

(1) »Climat: pour Ban Ki-Moon, l’humanité est au bord de la catastrophe », Le Monde, 17-11-07.


Publié le 19 novembre 2007 par marlene dans Climat

Réchauffement: des incertitudes, mais pas de doute.

Bonjour,

Concernant le réchauffement climatique, beaucoup de questions résistent encore aux scientifiques. C’est le message d’une enquête de Libération (13 novembre 2007) qui interroge: « L’Océan Arctique sera-t- il vide de glaces l’été en 2050 ou en 2080 ? La mousson africaine montera-t-elle plus au nord, ou se rétractera-t-elle plus au sud? Les cyclones tropicaux seront- ils plus nombreux et intenses, ou le seront- ils moins ? Le niveau des océans ne va-t-il s’élever que d’un demi-mètre, ou plus d’ici à la fin du siècle? ». Les scientifiques ont du mal à caractériser avec précision l’évolution du climat, son calendrier, et ses conséquences terrestres. « Ils ne savent pas tout », commente Pascale Braconnot, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Université Versailles-Saint-Quentin). Si un certain nombre d’incertitudes entourent l’évolution d’un climat, finalement difficile à interroger, reste une certitude, le réchauffement bien en cours. En lien « Des temps incertains », l’enquête de Libé qui montre la complexité des modèles, et des prévisions.

Pendant ce temps, le GIEC, réuni à Valence cette semaine, rend la synthèse de son dernier rapport, quatrième édition. Vingt cinq pages pour résumer les les 2500 pages des trois volumes parus depuis janvier. Un difficile exercice de synthèse pour décrire l’évolution du réchauffement climatique, destiné aux décideurs de la planète. Cette feuille de route devrait influencer les décisions politiques, liées au réchauffement, pour les cinq ans à venir. Ce document servira encore de référence à la Conférence des Nations Unies de Bali, en décembre prochain, pour décider des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre après 2012, fin de la première phase de Kyoto. Conséquences d’un réchauffement déjà perceptible, le retrait des glaciers, une diminution de la couverture neigeuse dans l’espace alpin, une fragilité des glaces d’été en Arctique, ou la fonte du Permafrost. Mais, certains reprochent au GIEC de fournir un rapport, privé des données recueillies après la fin des travaux, soit depuis un an. Une perte d’informations qui pourrait adoucir les conséquences du réchauffement dans le document final. Le chercheur britannique, James Lovelock, commente « Même les pires prédictions du GIEC sous-estiment la sévérité du changement climatique »(1). Désaccords d’experts qui ne remettent pas en cause une certitude: « L’activité humaine émettrice de gaz à effet de serre est clairement responsable des augmentations de températures déjà constatées. », conclut le GIEC. (1)

Pour poser autrement la question du réchauffement climatique, je vous invite à aller voir « Un jour sur terre ». C’est un film qui nous emmène du printemps dans l’océan arctique, jusqu’à l’hiver en Antarctique. Un voyage à travers les saisons, et les grands écosystèmes de la planète. Images magnifiées par les nouvelles technologies, beaucoup de moyens et cinq ans de tournage pour souligner la fragilité des équilibres naturels. Loin du calendrier et de l’intensité des bouleversements climatiques à venir, ce film témoigne de ce que nous risquons de perdre.

M.J

Pour en savoir un peu plus sur le film…

(1) « Les experts du climat réunis à Valence pour conclure le rapport qui servira de base à l’après-Kyoto », Le Monde, 12-11-07


Publié le 16 novembre 2007 par marlene dans Climat,Non classé

Freegans: le frigo est dans la poubelle.

Bonjour,

Un « freegan » est un petit malin qui tire profit de notre société de gaspillage. Il attend la nuit pour fouiller les poubelles, et récupérer une nourriture encore bonne à consommer. Etre « freegan », c’est dire « halte au gâchis », et tourner le dos à une société d’abondance et d’injustices…

« La solution à la faim dans le monde se trouve dans les poubelles de New – York », conceptualise le mouvement Freegan. Lors de virées nocturnes, ces citadins, propres sur eux, pratiquent « l’urban foraging », ou le « dumpster diving, une plongée dans les poubelles en quête de nourriture jetée par les boulangeries, les restaurants, ou les supermarchés. Une quête qui rapporte des fruits et des légumes, souvent intacts, du pain et des gâteaux, des invendus encore emballés, ou des plats cuisinés, pas encore tout à fait périmés. Une récupération alimentaire qui en dit long sur le gaspillage de nos sociétés de consommation. Une collecte qui raconte aussi les désordres de l’industrie agro – alimentaire, les abus du marché, ou les déséquilibres de l’offre et la demande. Mais les freegans, surtout connus pour cette façon de faire les courses – ils sont organisés, propres, et réglos -, ne s’intéressent pas qu’à la nourriture. Ils tirent de ces poubelles des vêtements, ou des objets de récup. Et c’est dans ces containers, qu’ils puisent une nouvelle philosophie.

Freegan, c’est un mot fabriqué avec « free », libre ou gratuit, et « vegan », celui qui refuse toute nourriture, et tout vêtement d’origine animale, opposé à toute forme exploitation animale. Un refus souvent plus général qui révèle une nouvelle forme d’altermondialisme, finalement très cousin de la décroissance. Une philosophie de la  » non consommation », un déni du capitalisme qui spécule, exploite, crée des inégalités, et malmène l’environnement. Les freegans ne fouillent pas seulement les poubelles, mais inventent tout un tas de stratégies quotidiennes pour limiter leur participation au système économique. Ils réduisent leurs besoins au maximum, donc leurs achats, et donc leurs rejets. D’ailleurs, ils réutilisent, réparent, et compostent les matières organiques. Ils se déplacent en skate, à vélo, en métro, ou en train, voiture interdite. Quand c’est possible, ils squattent un appart, et peuvent également le convertir en centre social. Ils préfèrent travailler moins, pour gagner moins, et consacrer plus de temps à la famille, aux amis, et à la communauté de quartier. Les freegans, qui s’excluent eux – mêmes de la société d’abondance, rejettent ses valeurs et son mimétisme. Ils dénoncent son matérialisme, son abêtissement, sa compétition, son conformisme, et sa cupidité, avant de retourner à leurs poubelles.

Le mieux, c’est évidemment d’aller voir le site des freegans. Ils vivent surtout à New- york, mais le mouvement commence à voyager dans d’autre métropoles occidentales, au Canada ou en Australie, par exemple. En France, il y a un petit noyau qui se dit que les poubelles commencent vraiment à déborder…

M.J.

Une petite virée nocturne dans les poubelles de New- York…


Publié le 14 novembre 2007 par marlene dans altermondialisme

Lester Brown invite à choisir le  » Plan B ».

Bonjour,

La crise écologique n’est pas qu’une somme d’accumulations désastreuses qui condamnent, à terme, notre planète. Nous pouvons éviter la catastrophe, répond Lester Brown, cela dépend de moi, et de vous. Lester R Brown était à Paris la semaine dernière pour présenter la traduction française de son ouvrage « Plan B.O : rescuing a planet under stress and a civilization in trouble », devenu « Le Plan B. pour un Pacte écologique mondial », préface de Nicolas Hulot. Lester Brown y propose une lecture concrète d’une crise planétaire inquiétante, mais pas désespérée.

Un « Gourou du mouvement environnemental ».

Pour le Washington Post, Lester Brown l’est l’un des penseurs les plus influents de notre époque. Pour le Telegraph de Calcutta, il est le « Gourou du mouvement environnemental ». Depuis plus de trois décennies, Lester Brown réfléchit à la problématique environnementale. Agro-économiste, il est l’un des fondateurs de l’écologie politique mondiale. Il est aussi l’un des pionniers du développement durable. En 1974, il fonde le Worldwatch Institute, premier institut mondial dédié à la recherche, et à l’analyse, des problèmes environnementaux. En 2001, il crée le Earth Policy Institute, un institut de recherche spécialisé dans le développement durable. Lester Brown, qui analyse les problèmes environnementaux et interpelle les dirigeants, écrit beaucoup. « Eco-economy: une autre croissance est possible, écologique et durable », et « Plan B » sont les plus connus d’une cinquantaine d’ouvrages, accessibles dans quarante langues. Influent donc, il paraît que ses travaux auraient inspiré Jean Louis Borloo, le superministre de l’Ecologie, pour préparer le Grenelle de l’Environnement.

L’inventaire des maux de la planète.

Pénurie de pétrole, insuffisance des ressources en eau, problèmes d’accès à la nourriture, accidents météorologiques, bouleversement des écosystèmes, risques politiques et économiques consécutifs, « Plan B » examine d’abord les problèmes qui se posent à la planète. Un inventaire illustré d’exemples concrets. L’eau, un assèchement des fleuves et des rivières déjà perceptibles. Le Colorado, le grand fleuve du Sud Ouest américain, et le Fleuve Jaune, berceau de la civilisation chinoise, peinent déjà à rejoindre la mer. Cette baisse de débit affecte encore le Nil, l’Indus, et le Gange. Lester évoque le manque d’eau, celle qui hydrate, et celle qui permet l’agriculture. Et dans cette compétition pour l’eau, les villes et les industries gagnent plus souvent que les agriculteurs. Autre problème, l’érosion des sols. Dans les pays touchés par la dégradation des sols, la santé des populations dépend de la santé des sols. Et la plupart des 840 millions de personnes qui souffrent de faim dans le monde vivent sur ces terres stériles. Déforestation. La forêt d’Haïti, autrefois dense et riche, ne couvre plus que 2% du territoire. Une mise en garde au reste de la planète si l’on n’arrête pas la déforestation.

Une réponse globale.

Après les maux, les solutions pour « sauver notre civilisation ». Une réponse qui intègre la restauration des écosystèmes, la mutation de l’agriculture pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, et l’amélioration des conditions d’existence. Une réponse globale qui devrait permettre de réguler la démographie mondiale, et stimuler l’économie. Lester est convaincu que la réponse aux défis environnementaux ne pourra être que planétaire. Il insiste sur la lutte contre la paupérisation qui guette, d’abord, les espaces en voie de développement. Il invite le monde occidental à tirer parti de son avance technologique, et financière, pour changer le cours des choses. Et finalement, il propose une mutation, nécessaire, et plutôt heureuse.
 » A nous de jouer ».

Lester Brown termine son ouvrage sur une note optimiste. Il examine les progrès liés à ses propositions. Des changement concrets, assortis d’une enveloppe finalement assez raisonnable, 161 milliards de dollars, dont 68 milliards pour en finir avec la pauvreté, et 93 pour restaurer la planète. Une somme qui représente moins d’1/6 des dépenses militaires annuelles dans le monde, convertit Nicolas Hulot dans la préface de l’ouvrage. Pour Lester Brown, le choix est entre nos mains. Ou on perpétue le système économique global actuel, jusqu’à l’implosion. Ou, on adopte le « Plan B » pour devenir la génération qui régulera la démographie, éradiquera la pauvreté, et stabilisera le climat. Les historiens se rappelleront de ce choix, à nous de jouer…

Deux vidéos. Dans la première, in English, Lester Brown y présente son ouvrage. Il nous invite à choisir des énergies renouvelables, le soleil et le vent, pour combler nos besoins énergétiques, et tendre vers l’autosuffisance. La seconde, toujours in English, est une conférence, plus d’une heure, au Berkeley Institute of Environment. Un document assez long, dans un Anglais assez accessible, qui révèle la dimension de Brown.

M.J

Video 1:

Vidéo 2 :

L’ouvrage:

« Le Plan B: pour un Pacte écologique mondial », Lester R. Brown, Ed. Calmann-Levy et Souffle Court.


Publié le 12 novembre 2007 par marlene dans Non classé

« L’incinération n’est pas la solution »…

Bonjour,

Toujours dans le cadre de la Semaine nationale de réduction des déchets, un autre éclairage sur la question. La parole est – via la vidéo, ci dessous – à Dany Dietman, environnementaliste français, spécialiste de la gestion des déchets, et de l’eau. Il commence son intervention par: « Construire un incinérateur aujourd’hui, c’est clamer à la planète toute entière que l’on n’a pas l’intelligence nécessaire pour traiter le contenu de nos poubelles dans le respect de la vie, de l’avenir de nos générations futures. » Une citation de Paul Connett, Professeur de chimie à l’Université de New York, qui travaille depuis longtemps sur la gestion des déchets. Retour à Dany Dietman, qui nous détaille tous les bienfaits des incinérateurs, « mythe de l’élimination des déchets qui recrache tout un tas de pollutions », « technologie d’un autre siècle ». Il qualifie des décharges, « dépotoir », « insulte à la terre », « cadeau empoisonné ». Il regrette encore que la France, orientée vers l’incinération, n’encourage pas d’autres solutions pour réduire, éliminer plus proprement les déchets, ou les recycler. Danu Dietman nous offre dix petites minutes de démonstration, qui valent bien une semaine de sensibilisation.

Et pour ceux qui douteraient encore, un article qui explique comment fonctionne un incinérateur, et pourquoi il ne fait pas bon vivre à côté. « L’incinération n’est pas la solution », c’est dans « Témoignages », un journal de la Réunion, « 63 ans de lutte pour la Réunion ». Un journal qui enquête encore sur les inégalités européennes dans la gestion des déchets. Quand l’Espagne jette à la décharge 79% de ses déchets ménagers, ou assimilés, la France 44%, les Pays Bas n’en rejettent que 3%. Alors, c’est sans doute pas impossible de faire mieux…

M.J.


Publié le 9 novembre 2007 par marlene dans déchets

Poubelles françaises: ça déborde.

Semaine de la Réduction des déchets

Bonjour,

Réduction, tri, recyclage, le Grenelle de l’environnement a plutôt été discret sur la question des déchets. Aucune décision concrète n’a été arrêtée. Mais, il n’est pas trop tard pour en parler. La Semaine nationale de réduction des déchets, jusqu’au 11 novembre, doit nous apprendre à mieux consommer, à réutiliser, et à mieux jeter. Une semaine de sensibilisation conduite par l’ADME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), pour nous rappeler que « ça déborde ».

Chaque français jette 360 kg d’ordures ménagères chaque année, une production qui a doublé depuis quarante ans. Pour comparaison, un Japonais économise 100 kg de déchets par an, par rapport à un Français. Les emballages ménagers, le tiers du poids de nos poubelles et près de la moitié de leur volume, signalent une progression vers le « sachet individuel », et le « tout jetable ». Priorité de cette campagne nationale, le recyclage de ces emballages, qu’il vaut mieux éviter d’acheter. C’est d’ailleurs l’un des « dix commandements » de l’ADME, qui conseille encore de faire ses courses avec son propre sac, d’économiser les piles, de boire de l’eau du robinet, de réutiliser ce qui peut l’être, ou de choisir des produits avec un label « environnement ». Pour en savoir plus sur cette Semaine de réduction des déchets….

En France, la gestion des ordures ménagères n’est pas particulièrement imaginative. Environ 80% de ces déchets sont éliminés par incinération, et par stockage. Seulement 12% sont recyclés, et 6% transformés en compost. Pendant ce temps, en Nouvelle Zélande, au Danemark, à Canberra en Australie, à Toronto et à Halifax au Canada, à Seattle ou à San Francisco au Etats – Unis, ou plus proche, dans le Bade Wurtemberg en Allemagne, dans le Conté d’Essex en Angleterre, on s’oriente vers le « Zéro déchet ». C’est un objectif qui vise à réduire les déchets de 50% en 5 ans, 75% en 10 ans, pour tendre vers le « Zero déchet »en 15 ans. C’est surtout un concept qui va plus loin que le recyclage et le compostage, un processus environnemental et économique qui invente une nouvelle vie aux déchets. Ils sont valorisés, créent de emplois, et deviennent des « matières premières secondaires ». Les déchets deviennent une ressource, à l’origine d’une nouvelle économie. Une alternative aux incinérateurs

Et pour aller un peu plus loin: Les politiques « Zero déchet » dans le monde: utopie ou réalité?

M.J


Publié le 7 novembre 2007 par marlene dans déchets