Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Pour les coraux d’Ishigaki…


Les coraux de l’Île d’Ishigaki, au sud de l’archipel japonais d’Okinawa.

Bonjour,

2008, l’année des coraux. Initiative lancée le 24 janvier dernier à Washington, par les gouvernements américain et français. Le but est de sensibiliser le public sur la disparition des récifs coralliens, et de susciter des initiatives pour leur préservation. L’ICRI, (Initiative internationale sur les récifs coralliens), créee en 1994, surveille l’évolution de ce patrimoine. Si 10% des récifs coralliens sont dégradés dans le monde, environ 60% sont gravement menacés. Bref, il y a urgence à sauvegarder des écosystèmes qui constituent une ressource et un lieu de vie pour 500 millions de personnes, dans le monde. Et qui en nourrit 30 millions d’autres, plus pauvres.

Un écosystème aux multiples opportunités.

Les coraux, 0,2% du tapis des océans, ont des fonctions écologiques, environnementales, et économiques. Cet écosystème, qui rassemble 25% du monde marin, est une formidable nurserie pour les petits poissons, environ 5000 espèces recencées. Sur le plan environnemental, les coraux adoucissent l’érosion côtière provoquée par les vagues…sans pour autant protéger des Tsunamis, plutôt freinés par les mangroves et la végétation côtière. Les récifs coralliens, qui constituent des réservoirs pour la pêche, offrent des fonds marins remarquables au tourisme, jouent un rôle économique majeur pour certaines régions. Ils représentent encore des sources de protéines pour les communautés riveraines, ils sont utilisés dans la pharmacologie traditionnelle, et l’artisanat. Le corail rouge et rose, pêché depuis 5000 ans pour la bijouterie et la décoration, figure parmi le « top ten » des espèces menacées, établie par le WWF.

Menacés par les hommes…

Si les tempêtes, les ouragans, ou les tremblements de terre favorisent la disparition des récifs coralliens, elle résulte d’abord de l’action des hommes. Un rapport de l’UNESCO, daté de 2004, consécutif au Tsunami qui avait dévasté le sud-est asiatique et le sous-continent indien, pointe déjà cette responsabilité humaine. La plupart des récifs coralliens de la région, relativement épargnés par le tsunami, pouvaient se régénérer assez rapidement, à condition que les Etats limitent la surpêche, l’exploitation anarchique du corail, et la pollution. L’ICRI insiste encore sur cette dégradation d’origine humaine. Les coraux ne résistent pas aux eaux usées, à la pollution industrielle et agricole, aux excédents sédimentaires qui s’accumulent sur les côtes, et à une pêche intensive aux méthodes douteuses. Plus exposés, les récifs coralliens situés près des centres urbains. Pour l’ICRI, l’année 1998, marquée par une progression du blanchiment des coraux, signe de maladie, et par une disparition importante du patrimoine, signale un autre danger majeur. Ces petits squelettes calcaires, issus des polypes, sont extrêmement vulnérables au réchauffement climatique.

Et par le réchauffement climatique.

Le rapport de l’UNESCO, version 2008, qui rapporte une situation dramatique dans les Caraïbes, insiste sur le rôle du réchauffement climatique. L’élévation des températures, les cyclones, et la fréquence des tempêtes seraient responsables du blanchiment de 95% des récifs des Îles Caïman, de la Jamaïque, de Cuba, et des Antilles françaises. L’UNESCO, qui invite à une gestion durable de la ressource, insiste sur l’urgence à contenir la crise climatique. La Grande barrière de corail, qui s’étire sur 200.000 km² au Nord-Est de l’Australie, exemple unique et démesuré d’un paysage de récifs et d’îlôts baignés par la mer à marée haute, est sous haute surveillance. D’après une prévision, d’ailleurs controversée, dans l’hypothèse d’un réchauffement des eaux de 1,5°, la Grande barrière celle pourrait perdre 95% de son corail vivant, d’ici 2050. Mais retour à Ishigaki, où les Japonais cultivent du corail pour préserver leurs atolls.

M.J.


Publié le 30 janvier 2008 par marlene dans Climat,Ecosystèmes.
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Davos: les riches se penchent sur l’agriculture des pauvres.

Bonjour,

Le forum de Davos, 38ème édition, grande messe économique et diplomatique gâchée par la crise financière, vient de se terminer. On y a aussi discuté « insécurité alimentaire », et « crise de l’eau ». Les stocks mondiaux de nourriture sont à leur plus bas niveau depuis les années 80.

Soutenir les petits agriculteurs.

Le problème se formule en quelques données. La demande alimentaire mondiale, portée par une démographie en augmentation, est elle aussi à la hausse. A l’horizon 2050, il faudra nourrir 9 milliards d’individus, contre 6 aujourd’hui. Ce qui n’est pas tout à fait le cas, plus de 850 millions de personnes souffrent actuellement de la faim. Les conflits, les sécheresses, les inondations, l’appauvrissement des sols, le manque de ressources en eau, multiplient les crises alimentaires mondiales. Ce déficit alimentaire est encore aggravé par une flambée des cours des produits agricoles, et par le développement des agro-carburants, dopé par un pétrole cher. Actuellement, une quarantaine de pays pauvres connaissent des difficultés alimentaires. Des émeutes ont eu lieu en Indonésie, au Yémen, en Mauritanie, au Sénégal, et en Guinée. Dans son bulletin « Perspectives de l’alimentation », publié en novembre 2007, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que les pays les plus pauvres,  en déficit alimentaire, ont dépensé 25% de plus qu’en 2006 pour leurs importations alimentaires. Pour la FAO, et Jacques Diouf son directeur, il y a urgence à soutenir les petits agriculteurs et leur famille, dans un monde où 70% des pauvres vivent de la terre.

« Sil y a l’eau, tout marche ».

Des projets, il y en a, des grands et des petits. La FAO a lancé un vaste programme pour aider les petits agriculteurs des pays pauvres à acheter des semences et des engrais, destinés aux cultures vivrières. La FAO en appelle aux donateurs et aux investisseurs privés, pour financer ce qui pèse trop lourd pour le budget d’un cultivateur. Autre initiative, celle de l’AGRA (Alliance pour une Révolution verte en Afrique) qui développe un programme pour améliorer la fertilité des sols. Une enveloppe de 180 millions de dollars US est destinée à plus de quatre millions de petits exploitants africains, pour restaurer un peu plus de 6 millions d’hectares de sols épuisés. Et un exemple, au Nord du Sénégal, dans la région de Matam. Ce petit projet qui mêle agriculture et maraichage, initié par un émigré rentré au pays, vise à redonner vie à des terres devenues incultes par manque d’eau. « S’il y a l’eau, tout marche », confie l’artisan du projet. L’eau, indispensable à l’agriculture, est l’autre crise planétaire envisagée à Davos. Une crise qui sera aggravée par le réchauffement climatique.

M.J.

« Investir dans l’agriculture pour la sécurité alimentaire », une vidéo de la FAO. Zoom sur le Mozambique, où l’investissement privé à boosté l »agriculture.


Publié le 29 janvier 2008 par marlene dans Actualité,Agriculture.
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Tara, bateau de mauvais augure.

©tara arctic

Bonjour,

Avec quelques mois d’avance sur son carnet de route initial, la goélette Tara est arrivée, jeudi soir, au large des côtes du Spitzberg. Un retour prématuré, porteur de mauvaises nouvelles…

Après 500 jours de dérive au gré des glaces de l’Arctique, le navire scientifique Tara a retrouvé les eaux libres. C’est avec six mois d’avance que la goélette touche les côtes du Spitsberg, l’île principale de l’archipel norvégien du Svalbard, à 500 kilomètres à l’Est du Groenland. La dérive de Tara a été deux fois plus rapide que prévu, preuve tangible d’une fonte des glaces accélérée, et signe d’une modification climatique. Tara a bouclé en seize mois un voyage que le Fram, le navire de l’explorateur norvégien Nansen, avait mis près de trois années a accomplir en 1896.

Ce gros voilier en aluminium de 190 tonnes, qui a servi l’expédition Antartica de Jean Louis Etienne, avant de devenir le Seamaster de Sir Peter Blake, est devenu Tara, sous la direction d’Etienne Bourgois. L’expédition Tara, lancée dans le cadre de la quatrième année polaire (2007-2008), était chargée d’étudier l’impact du réchauffement climatique, dans le cadre du programme scientifique européen Damocles. Si toutes les conclusions scientifiques ne sont par encore connues, le CNRS révèle un quelques « faits remarquables », relatifs à l’évolution de l’Océan glacial Arctique. D’abord et surtout, un « recul spectaculaire » des glaces. Le point de départ de la dérive transpolaire de Tara, qui se trouve en pleine banquise en septembre 2006, est repéré un an plus tard à plus de 400 kilomètres des premières glaces. Entre septembre 2005 et septembre 2007, la banquise aurait perdu plus d’un million de km2. La disparition de la banquise arctique, prévue pour le milieu du siècle, pourrait bien se produire dans une dizaine d’années.

Tara, qui est passé à 160 kilomètres du Pôle Nord géographique, position la plus « nord » jamais atteinte, est aussi une aventure humaine. L’équipe d’une dizaine de personnes, embarquée au début de cette croisière glacée, a été relayée par une quinzaine de scientifiques, de nationalités et d’horizons différents. Grant Redvers, le jeune chef de l’expédition, est le seul a ne pas avoir quitté le navire depuis le départ. Une page du journal de bord, datée du 24 janvier dernier, raconte le retour à la terre ferme. Quand les conditions météo seront plus clémentes, au printemps prochain, Tara fera route vers Lorient…

Petite animation géographique….

M.J.


Publié le 27 janvier 2008 par marlene dans Climat
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L’Europe accouche d’un plan climat.

Bonjour,

L’Europe s’engage en faveur du climat, et adopte le « paquet de mesures le plus complet du monde ». L’expression est de Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, par rapport à 1990. Et de parvenir à 20% d’énergies renouvelables dans la consommation totale. Les pays les plus riches devront soulager les autres.

Réformer le système de quotas d’émission.

Le système d’échange des quotas d’émissions de gaz à effet de serre, principal instrument européen pour lutter contre le réchauffement, sera réformé. Depuis 2005, les industriels européens peuvent acheter des « droits à polluer ». A partir de 2013, cette mesure sera étendue à d’autres industries polluantes ( électricité, aviation, aluminium, chimie..). Ces « droits à polluer », jusque là gratuits, seront progressivement vendus aux enchères. Et pour coller aux objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ces quotas d’émissions seront révisés à la baisse. Les industriels, qui craignent la concurrence de la Chine ou de l’Inde, peu soucieuses du climat, évoquent de possibles délocalisations vers des espaces de production meilleur marché. Argument repris par des pays comme l’Allemagne, la Belgique, ou la France. Il est donc possible que les « droits à polluer » restent gratuits. Ou qu’une « taxe carbone », chère à la France, majore le prix de produits en provenance de Chine ou des Etats-Unis, qui ne respectent pas les engagements de Kyoto.

Renouvelable et agrocarburants.

Autre objectif, orienter l’Europe vers le renouvelable, éolien, solaire, biomasse, pour atteindre 20% de la consommation d’énergie en 2020, contre 8% aujour’hui. Pour ne pas contrarier le développement des nouveaux membres d’Europe orientale, cette conversion dépendra de la richesse des Etats. La France devra passer de 10,3% d’énergie propre en 2005 à 23 % en 2020, l’Allemagne de 5,8% à 18%, la Suède de 39% à 49%, et la Pologne de 7% à 15%.(1) Le nucléaire, refusé avec l’étiquette « renouvelable », pourrait contribuer à cet effort énergétique. Les agrocarburants, dont la production sera soumise à des exigences « durables »(!!!), devront représenter 10% de la consommation européenne.

Vers une économie pauvre en carbone.

Les pays riches sont donc invités à réduire leurs émissions pendant la décennie à venir, 15% pour la France, l’Allemagne, et la Belgique, 17% pour la Suède, et 20% pour le Danemark. (1)Tandis que les plus pauvres sont autorisés à les augmenter pour combler leur retard avec les économies occidentales, 9% pour la République Tchèque, 14% pour la Pologne, et 20% pour la Bulgarie et la Roumanie, mais pas plus. (1) Cette « solidarité européenne » dissimule mal les rivalités qui se sont exprimées pour formuler ce plan, gouvernements, industriels, syndicats, sans oublier l’avis  persuasif des lobbies. Il y a prétexte à affrontements. L’ Europe, qui souhaite devenir un modèle mondial de lutte contre le réchauffement, se prépare à une petite révolution économique, « pauvre en carbone ». Le Parlement européen et le Conseil des Ministres devront adopter la stratégie définitive. Peut – être avant la fin de l’année, si le climat s’y prête…

M.J

« L’Europe en tête contre le réchauffement climatique », un peu de pub, la vidéo à l’avantage d’expliquer le mécanisme des quotas…

(1) »Bruxelles présente un plan « historique » de réduction des émissions de gaz à effet de serre. », Christian Spillman, AFP, 23 janvier 2008.


Publié le 24 janvier 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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« Into the Wild ».

Bonjour,

« Into the Wild » est un road movie qui traverse les paysages sauvages de l’ouest américain, du Grand Canyon aux déserts brûlants, en passant par le Golfe du Mexique, pour finir sa course aux confins de la civilisation, quelque part au milieu de nulle part, dans les paysages forestiers ou glacés d’Alaska. C’est ici, dans un vieux bus scolaire abandonné, que Christopher Mc Candless, accomplit son désir de survivre en milieu sauvage.

Ce film, tiré du récit du journaliste américain Jon Krakauer, raconte l’épopée vécue d’un jeune américain, en quête de liberté totale. Diplôme en poche, Christopher Mc Candless, 22 ans, décide de tout plaquer, brillant avenir, compétition, consommation, possession, et parents tempétueux. Il ne part pas sur un coup de tête, il prend le temps de se débarrasser de ses économies, de ses cartes de crédit, et de brouiller les pistes pour échapper aux recherches. Au fil de son périple, il croise quelques personnages en marge de la société américaine, des rencontres attachantes qui auraient pu le faire renoncer à conquérir sa condition d’homme libre. C’est l’histoire d’un vagabond sympa qui court les paysages grandioses, porteur d’absolu et de quelques livres, Byron, London, Tolstoï, ou David Thoreau. Thoreau, essayiste américain, cité plusieurs fois dans le film, s’est lui même isolé plus de deux ans dans une forêt. Vers le milieu du XIX° siècle, il plaide pour un retour à la nature, critique le monde occidental, prône la désobéissance civile, ouvre la réflexion à l’environnementalisme, età la décroissance. « Into the Wild » est aussi un film d’écologie politique, une invitation à se libérer des contraintes pour revenir à un « état naturel ». Mais cette invitation à la liberté ne résiste pas aux espaces impitoyables d’Alaska. Tout bascule avec une erreur stupide, une méprise qui interdit l’environnement sauvage à un non-initié.

Ce voyage initiatique est signé Sean Penn, qui renoue sans le dire avec la grande tradition des road-movies américains. Tout y est, le voyage, les rencontres, les embrouilles, et la musique. Sean Penn, qui multiplie les paysages, y avoue sans doute plus facilement son amour de la nature. C’est un film – trop – classique, parfois un peu court – on ne comprend pas tout à fait le rejet absolu de parents qui ont quand même réussi à fabriquer un fils aussi sympa -, mais qui devrait combler les ados, et les adultes du même âge. C’est un film qui invite à la magie des grands espaces, et sert l’illusion d’une liberté, toujours ça de gagné…

M.J

Bande Annonce:

« Into The Wild », écrit et réalisé par Sean Penn, USA 2007, 2H27, avec Emile Hirsch, Marcia Gay Hayden, William Hurt, Jena Malone….


Publié le 23 janvier 2008 par marlene dans Non classé
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Quand la Chine accélére…

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les cyclistes qui partagent la route avec les voitures, le marché automobile chinois décolle. Près de neuf millions de véhicules neufs ont été vendus en 2007, soit une progression d’environ 27% par rapport à 2006. Même tendance pour le nombre de voitures fabriquées, plus 22% en 2007. Depuis 2001, le marché automobile chinois a été multiplié par cinq. (1) Les Chinois s’enrichissent, et veulent rouler en voiture. L’industrie automobile, constructeurs étrangers et secteur national en plein développement, comble la demande. D’ailleurs, les prédictions s’emballent. Le parc automobile, qui représentait 20 millions de voitures en 2002, est attendu autour des 50 millions en 2010, et 100 millions en 2020. (2)

Pollution, problèmes de circulation et de sécurité, sans parler du coût du pétrole, accompagnent ce boom automobile. Le gouvernement chinois, qui tente de freiner ses citoyens, a déjà pris des mesures pour limiter l’accès au crédit. Dans la ville de Shangaï, les Autorités demandent aux habitants de cesser d’acheter des voitures. Mais, peu d’effets sur les Chinois qui rêvent de posséder un véhicule haut de gamme, ou un modèle récent. (1) Alors, la Chine parie sur les nouvelles technologies, qui pourraient rendre les voitures plus propres, et moins gourmandes. A Shangaï, le Challenge Bibendum 2007, crée en 1998 par Michelin, a permis aux Chinois de rêver à ces moyens de transports, plus respectueux de l’environnement. En attendant, le marché automobile chinois, deuxième rang mondial, est déjà en train de rattraper le géant américain.

M.J.

« Heureusement, les Chinois s’intéressent à l’environnement… »

(1) »Automobile: toujours plus », Marc Lebeaupin, RFI, 14-01-2008- (2) « Les constructeurs automobiles présentent leurs avancées techniques en Chine », Simon Boehm, Aujourd’hui la Chine, 16-11-2007.


Publié le 21 janvier 2008 par marlene dans Actualité,bagnole
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Total préjudice.

Bonjour,

Dans le dossier « préjudice écologique », une très bonne nouvelle. Huit ans après le naufrage de l’Erika, et la marée noire associée, le tribunal correctionnel de Paris vient de condamner Total pour « pollution maritime ». C’est bien fait, cela leur apprendra à confier leurs chargements d’hydrocarbures à des épaves flottantes, gérées par une nébuleuse internationale. Ce jugement introduit la notion de « préjudice écologique » dans l’arsenal juridique français.

La société Total est donc reconnue « coupable » de la pollution consécutive au naufrage de l’Erika, au large des côtes bretonnes, en novembre 1999. Une grande première. Jusqu’alors, une société qui faisait transporter ses marchandises pouvait se dissimuler derrière tous les intermédiaires de l’opération, et échapper à ses responsabilités. Egalement condamnés, la RINA, l’organisme italien qui avait contrôlé le bateau, l’armateur, et le gestionnaire. Relaxe pour le commandant indien du bateau. Les quatre condamnés devront verser des amendes, 375 000 Euros pour Total et la RINA, 75 000 pour les deux autres. Ils devront surtout dédommager les parties civiles, principalement l’Etat et la Région, à hauteur de 192 millions d »Euros. Des dommages et intérêts conséquents censés réparer un dommage écologique, pourtant impossible à convertir en Euros.

Cette condamnation, résultat d’une longue mobilisation, introduit le principe de « responsabilité environnementale ». Un avertissement en direction de tous les pollueurs potentiels. Sur le plan de la navigation maritime, ce jugement invite à plus de transparence, et de sécurité. Des compagnies comme Total – champion de France des bénéfices en 2006, avec 12 milliards d’Euros – ont largement les moyens de s’offrir mieux que l’Erika, pour transporter leurs hydrocarbures…

M.J

Un petit souvenir…

L’intitulé de cette vidéo indique la catastrophe de l’Erika…survenue deux ans plus tard…Peut importe, c’est le même sujet..Et pour retrouver l’intégralité du feuilleton judiciaire de l’Erika, les pays de la Loire ont ouvert un site.


Publié le 18 janvier 2008 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique
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Manufactured landscapes.

©http://www.edwardburtynsky.com/

Bonjour,

« Manufactured landscapes » est un voyage terrifiant qui commence par un très long travelling dans une immense unité de production. La caméra y détaille des chaines de montage interminables, auxquelles est arrimée une armée de playmobils habillés en jaune, chacun absorbé par sa tâche d’esclave de la croissance chinoise. Cette monotonie oppressante est interrompue par la voix off d’Edward Burtynsky, photographe canadien qui porte ce documentaire, signé Jennifer Baichwal.

Edward Burtynsky, c’est le photographe des paysages défigurés, excavés, ou gavés de détritus. Il capture et esthétise les désordres environnementaux, pour souvent les faire basculer dans l’abstrait. Son travail restitue, en très grand format, ces espaces dénaturés par l’homme et ses activités, mines de nickel ou d’uranium, fleuves saturés de boues douteuses, usines gigantesques et froides, dépotoirs sans fin et sans fond, pétroliers en démolition, ou urbanisation rapace. Burtynsky, qui photographie les souillures de la planète, est un artiste engagé. Il aime la nature, regrette son exploitation anarchique et destructrice.

©http://www.edwardburtynsky.com/

Le documentaire s’attarde dans cette Chine asphyxiée par la croissance et ses rejets, saccagée et expulsée par le projet pharaonique du Barrage des Trois Gorges, et nous emmène au Bengladesh, où des carcasses de pétroliers attendent d’être désossées. Burtynsky au travail est sans doute le fil d’un documentaire qui hésite entre dégradation environnementale, portrait d’artiste, et condition humaine. « Manufactured Landscapes » évoque aussi ces milliers de destins embarqués, malgré eux, dans cette machine à défigurer le monde, ou occupés à faire disparaître les rebuts d’une civilisation du « jetable ».

Quelques images du film…

M.J.


Publié le 17 janvier 2008 par marlene dans Art
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Windhoeck boit ses eaux usées.

Bonjour,

Autre éclairage sur l’eau, le recyclage des eaux usées, ou le « re-use » in English. C’est une méthode alternative, encore peu utilisée à l’échelle mondiale, 2% seulement des eaux potables. C’est un procédé coûteux, pratiqué surtout dans des espaces développés. Le Japon, Israël, certaines villes de l’ouest américain, Los Angeles, Tucson, Phoenix, et quelques cités européennes recyclent déjà une partie de leurs eaux souillées pour alimenter les chasses d’eau, irriguer les terres agricoles, et les jardins. Mais, le recyclage des eaux usées gagne du terrain, notamment dans les zones arides, en Chine, au Moyen Orient, en Afrique du Nord, et en Australie. L’eau recyclée, à usage industriel et domestique, est aussi une eau que l’on peut boire. A Singapour et à Windhoek, l’eau du robinet prend sa source dans l’égout.(1) Direction Windhoek.


La Namibie, flanquée de deux déserts, est l’un des pays les plus arides au monde. Windhoek, la capitale, est assise au coeur d’une région semi-désertique, à plus de 1500 mètres d’altitude. Le fleuve Okavango est à 750 kms, la mer à environ 300 kilomètres. La saison des pluies, de janvier à mars, y est incertaine. Elle se caractérise encore par une importante évaporation. Les sécheresses y sont longues, et fréquentes. Windhoeck compte environ 250.000 habitants, avec une croissance de 5% par an, principalement due à l’exode rural. Donc, une demande en eau qui augmente. A Windhoek, l’eau vient du ciel, avec des contretemps, du sol, et du recyclage. Depuis 1969, ses habitants boivent de l’eau recyclée, environ 35% de l’eau potable. (ICWR, 2005). C’est une situation unique au monde. C’est aussi une petite goutte d’eau dans un pays qui connait de gros problèmes d’approvisionnement. (3)

A Windhoek, l’eau qui coule au robinet n’est pas toujours de l’eau recyclée. La ville utilise cette source d’approvisionnement alternative par intermittence, pendant les pics de consommation estivale, ou en situation d’urgence, quand les pluies et les nappes phréatiques sont en panne. Cette eau, qui nécessite une technologie de traitement pointue, et un suivi scientifique sans faille, est trop chère. Environ le double du prix de l’eau traditionnelle. Pour en limiter les coût, la ville utilise des systèmes de conservation. Côté traitement, le programme est strict. Analyses chimiques, virales, bactériologiques, toxicité, un suivi continu qui intègre l’étude des causes de mortalité dans la ville. Ce procédé est encore soumis à une planification exigeante. Les industries sont localisées, et rassemblées, en fonction de la nature de leurs rejets. D’ailleurs, l’eau d’origine industrielle, traitée à part, n’est pas convertie en eau potable. Et pour mieux faire passer l’eau destinée à la consommation, l’eau recyclée est mélangée avec de l’eau normale.

L’exemple de Windhoek est en train de faire école. Denver (USA), Capetown (Afrique du Sud), et Sao Paulo (Brésil) travaillent à fabriquer de l’eau potable avec les rejets urbains. L’Australie, où tous les moyens sont bons pour renouveler une ressource qui manque( voir billet précédent), est en train de développer le « re-use » pour l’industrie, l’irrigation, et la consommation. Mais cette source d’eau douce, défendue par les écologistes car moins gourmande en énergie et plus respectueuse de l’environnement, n’est pas au goût de tout le monde. Beaucoup d’Australiens refusent de boire ce qui reste de l’eau d’égout, même dotée de toutes les garanties sanitaires. C’est le facteur « Yeurk », le frère du facteur « beurk ». Les habitants de Toowoomba, petite ville du Queensland, consultés par référendum, ont majoritairement refusé de boire de l’eau recyclée. Mais dans quelques mois, les habitants de Brisbane, la principale ville du Queensland, boiront de l’eau puisée dans les égouts…(4)(5)

M.J.

(1)http://www.astrosurf.com/luxorion/eau-preservation.htm – (2) », Marc Laimé, « Carnets d’eau », carnet du Diplo, 22 juin 2007- (3) http://www.iwaponline.com/wst/05501/0441/055010441.pdf (4) »De l’eau d’égout dans votre carafe », André Duchesne, La Presse, Brisbane, Australie, 7 octobre 2007.(5) http://www.news.com.au/dailytelegraph/story/0,22049,21132490-5011660,00.html


Publié le 15 janvier 2008 par marlene dans eau
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L’Australie devra avaler l’eau de la mer…

Bonjour,

Après les gouttes de rosée converties en eau potable, la grosse machine, celle qui transforme l’eau de mer en eau douce. Direction l’Australie, ce grand pays qui commence à manquer d’eau. Et qui développe de gros moyens pour renouveler la ressource, dont la désalinisation de l’eau de mer. Cette technologie, qui a progressé depuis les années 60, fâche les écologistes australiens…

L’Australie a soif.

Immense territoire aride où l’eau a toujours été précieuse, l’Australie cumule encore six années de sécheresse. Dans les états les plus peuplés, les réserves d’eau représentent entre 15% et 50% des quantités habituellement disponibles. En trois chiffres, 15% dans le New South Wales (Sydney), 32% dans le Victoria (Melbourne), et 50% dans le Queensland (Brisbane), sans oublier les 35% du Nothern Territory, grand désert peu habité. (1) -. Autre facteur aggravant, les Australiens comptent parmi les plus gros consommateurs d’eau de la planète, une consommation qui excède la ressource. Un contexte préoccupant, certainement amplifié par la perspective d’un réchauffement climatique, qui pousse les Australiens à trouver des solutions rapides. Pipelines pour l’eau (Victoria, Western Australia), barrage (Queensland), modernisation du réseau d’irrigation ( New South Wales), l’Australie multiplie les projets pour améliorer la gestion de l’eau. Et installe des usines de recyclage des eaux usées, et de désalinisation, sur ses côtes.(2)

Perth, la « pionnière ».

Perth, en Western Australia, un grand désert qui borde la mer, est la première à se lancer dans l’aventure de la désalinisation. Depuis quelques mois, le site de Kwinana contribue à satisfaire 17% des besoins en eau de cette ville d’un million d’habitants. L’usine, exploitée par Degrémont, filiale de Suez environnement, produit 130 000 m3 d’eau par jour.(2) C’est la plus importante unité de désalinisation de l’hemisphère Sud. Une machine à convertir l’eau de mer en eau douce qui utilise le procédé de l’osmose inverse. Cette technologie, basée sur l’utilisation de fines membranes qui filtrent le sel et les impuretés d’une eau de mer envoyée sous pression, remplace la distillation. Cet ancien procédé, très cher, très gourmand en énergie, était associé à des centrales énergétiques utilisant le gaz ou le pétrole, deux gros mots dans un contexte de réchauffement climatique. Mais, même avec l’osmose inverse, la désalinisation reste une technologie coûteuse, qui est loin de présenter une fiche écologique impeccable.

Les projets se multiplient.

L’osmose inverse, moins gourmande en énergie, a néanmoins besoin de combustible. Et en Australie, 80% de la ressource énergétique provient du charbon. On reproche encore à la désalinisation ses rejets de sel en mer. Faute d’être correctement diluée et rejetée, cette saumure risque de perturber l’équilibre aquatique. Ces problèmes écologiques n’empêchent pas l’Australie de poursuivre son programme. La South Australia projette de construire une usine de traitement de l’eau de mer dans le Golfe de Saint Vincent, pour alimenter Adelaïde. Le Victoria s’est engagé à approvisionner Melbourne avec une unité du même type, elle serait même la plus importante du pays. Le Queensland entend bien doter la Gold Coast, la côte touristique, d’un site de production d’eau douce analogue. Une usine de désalinisation en en construction à Sydney, une autre est en projet. Pour calmer les écologistes, la plupart des Etats se sont engagés à recourir aux énergies alternatives. (3)Une partie de l’énergie nécessaire au fonctionnement du site de Perth devrait être fourni par un parc de générateurs solaires. (2) A Sydney, le site en construction devrait être alimenté à l’énergie éolienne. Une parade qui n’a pas convaincu tout le monde.

Les Verts, partisans du « re-use » et des réservoirs.
Les « Greens » (Verts) sont partisans du « re-use », le recyclage des eaux usées. Et surtout, ils rappellent que les pluies torrentielles tombées sur Sydney en juin dernier, ont permis d’alimenter le principal réservoir de la ville. De quoi tenir plus de deux ans, sans pluie. (4) Alors, pourquoi investir 2 billions de de dollars australiens dans une usine de désalinisation? Des réservoirs pour recueillir l’eau de pluie, d’une contenance moyenne de 5000 litres et à l’achat subventionné, leur semblent un investissement plus raisonnable, et une solution plus écologique. (4) Heureusement, personne n’a encore parlé d’une usine de désalinisation qui tourne au nucléaire…

Les petits Australiens, la sécheresse, et la désalinisation…

M.J.

(1) D’après  » Pénurie d’eau et population », Liberation, 23 octobre 2007- (2) « Crise de l’eau, le laboratoire australien (2) », Marc Laimé, « Carnets d’eau », carnet du Diplo, 22 juin 2007- (3) « Asséchée, l’Australie se convertit au dessalement d’eau de mer. », Jurian Sterk, Newsoftomorrow, 6 novembre 2007 -(4) « De l’eau d’égout dans votre carafe », André Duchesne, La Presse, Brisbane, Australie, 7 octobre 2007.


Publié le 10 janvier 2008 par marlene dans eau
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