Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Tara revient au pays.

Bonjour,

Tara, la Goelette partie explorer les glaces de l’Arctique, est rentrée en France samedi dernier après un voyage extraordinaire de plus d’un an et demi. Accueil triomphal à Lorient, où des milliers de personnes étaient venues saluer les membres de l’expédition scientifique. Un accueil bruyant et enthousiaste, digne du Vendée Globe Challenge…

La fonte des glaces, qui a occasionné une dérive plus rapide du bateau, a écourté de quelques mois la mission de Tara. Grant Redvers, le chef de l’expédition neo-zélandais qui a passé plus de 20 mois sur le bateau, n’avait pas vu autant de monde depuis longtemps. Son interview était attendue…

Jean-Claude Gascard, directeur du CNRS et coordinateur scientifique du programme européen Damocles, associé à l’expédition, revient avec un constat : »l’Ocean Arctique est entré dans une mutation profonde et rapide. » Parmi ses premières observations, un retrait majeur de la banquise, observé au cours de l’été 2007. La surface de la glace aurait perdu l’équivalent de trois fois la surface de la France….Il faut bien sûr attendre que toutes les observations scientifiques de l’expédition soient analysées pour obtenir un diagnostic précis de l’évolution du Pôle Nord, malmené par le réchauffement climatique. Lors de son arrivée à Lorient, Jean-Claude Gascard a déclaré: « Ce qui est en train de se passer n’est pas terrifiant.(…) La terre en a vu d’autres dans son histoire. Mais aujourd’hui, nous sommes 6,4 milliards d’individus et cela commence à se faire sentir.. »(1) En lien, les observations de Jean Claude Gascard

M.J

(1) « Les aventuriers de la banquise perdue », Dino Dimeo, Liberation, Lundi 25 février 2008.


Publié le 27 février 2008 par marlene dans Climat

Spitzberg, un frigo pour la diversité végétale.

spitsbergen.png
Le Svalbard, un archipel arctique.

Bonjour,

Une immense banque végétale, destinée à protéger les espèces des bouleversements climatiques, des catastrophes naturelles, ou des guerres, est inaugurée au Svalbard. Cet archipel de l’Arctique, plus connu sous le nom de Spitzberg, situé en marge du monde, à un millier de kilomètres du Pôle Nord, devient le gardien de la diversité biologique de la planète. Un paradoxe pour ce territoire hostile, où le pergélisol – sol gelé en permanence – refuse aux arbres de pousser, et où le thermomètre affiche -14°C pendant l’hiver. Un immense entrepôt, abrité dans une montagne, pourra stocker jusqu’à 4,5 millions d’échantillons végétaux, collectés partout dans le monde. Ce trésor sera conservé dans trois chambres froides maintenues à -18°C, accessibles par un tunnel creusé dans le permafrost. Situé à 130 mètres d’altitude, cet immense frigo rempli de graines de blé, de soja,  de riz, et de milliers d’autres semences, devrait être protégé d’une élévation du niveau marin. Même en cas de fonte des glaces du Groenland, et de l’Arctique. Béton armé et portes blindées, cette forteresse est prévue pour résister à la « fin du monde ». Une précaution utile dans une région qui vient de connaître un séisme d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter.

José Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne, et Wangari Maathai, le Prix Nobel de la Paix, inaugurent aujourd’hui cette banque végétale. Il a fallu environ un an et demi pour construire ce vaste entrepôt frigorifique. Le début de la collection se chiffre à 250.000 échantillons. Chaque donateur, Etat ou institution, reste propriétaire de ses semences. Le gouvernement norvégien a financé ce projet estimé autour de 6 millions d’Euros. La Global Crop Diversity Trust devra gérer la collecte, et entretenir la forteresse. La fondation de Bill Gates devrait participer au financement des expéditions. Ce projet, appelé »l’Arche de Noe végétale »,  est une belle idée qui ne convainc pas tout le monde. Jean Marie Prosperi, Professeur à l’Ecole  supérieure agronomique de Montpellier, remet en cause la capacité de conservation de certaines semences, au delà de 50 ans. Il souligne encore que 30 à 50% des espèces ne survivront pas sous forme de semences dans la glace, plantes tropicales, arbres fruitiers, et vigne…

M.J


Publié le 25 février 2008 par marlene dans Actualité,Biodiversité

Merci Goldsworthy!

Bonjour,

Sous ma couette, en train de lutter contre un vilain virus, je culpabilise de ne pas assurer mes petits rendez-vous sur le « Web ». Pas une idée, pas en état, je sèche, ou plutôt je transpire. « A moins que… », mon portable installé à côté de moi me souffle le nom de mon sauveur, Andy Goldsworthy, le « bon génie de l’environnement ». Ce n’est pas la première fois qu’il me tire d’affaire, Goldsworthy pas l’ordinateur, et c’est toujours un vrai plaisir.

Rien de très nouveau, visiblement Goldsworthy n’est pas au courant de mes petits ennuis, mais j’ai trouvé un petit montage qui saisit quelques créations contrastées. Cette vidéo compose avec des extraits du documentaire de Thomas Redelsheimer, « Rivers and Tide ». Une mine pour ce blog !

A plus…

M.J


Publié le 21 février 2008 par marlene dans Art

Le Delta intérieur du fleuve Niger: une oasis dans le Sahel.

Bonjour,

C’est marrant, l’autre jour je publie un billet sur le Mali qui raconte qu’à Bamako, la capitale, l’eau peine à couler du robinet. Intuition. Le blog publié paraît sur mon écran, puis disparaît. Pendant quelques heures, j’ai guetté sa réapparition, un peu à la manière de cette habitante de Daoudagoudou, une banlieue de Bamako, qui attend que son robinet finisse par couler. Caprices du robinet, elle a finalement récolté un pauvre seau d’eau vers 2H00 du matin, à peine de quoi étancher la soif de la famille. Caprices informatiques, le billet n’est pas réapparu, englouti, tant pis, on continue sur le Mali, prétexte à un autre zoom sur l’eau. Le Mali, qui connaît des problèmes d’approvisionnement en eau courante – pays principalement assis dans un espace aride, dysfonctionnement du réseau de pompage et de distribution, manque de moyens, incurie des politiques à gérer la distribution de l’eau…- est traversé par le fleuve Niger sur 1700 kms. Il s’y « arrête » d’ailleurs pendant quelques mois de l’année pour former la plus vaste zone humide d’Afrique de l’Ouest. Le Delta Intérieur du Fleuve Niger, situé entre Djenné, Mopti, et Tombouctou, est une vaste zone inondable où se croisent pêcheurs, éleveurs, et agriculteurs, au gré des crues du fleuve. Les pêcheurs s’activent pendant qu’il y a de l’eau. Quand elle se retire, les éleveurs et les agriculteurs tirent profit des sols fertiles. Un million de personnes vivent sur ce territoire d’environ 35 000 km². Le Delta Intérieur du Niger est une oasis dans la géographie aride et dépouillée du Sahel.

Au rythme des crues et des décrues

Le Delta Intérieur du Niger et ses habitants, fonctionnent au rythme des crues, et des décrues du fleuve. La crue débute en juillet. Les agro-pêcheurs, les Bozos et les Samonos, d’autres pêcheurs transhumants installés dans de grands campements temporaires, surtout des Bozos, commencent à exploiter cette crue qui va durer plusieurs mois. Au Mali, plus de 80% de la pêche provient du Delta intérieur du Niger. Les agriculteurs, qui cultivent le riz flottant dans les plaines inondées entre juin et décembre, sont déjà au travail. Ils fournissent plus de la moitié de la production de riz du Mali. Entre juin et octobre, c’est aussi la saison de la culture du mil et du sorgho sur les terres environnantes. A partir de novembre l’eau se retire, et les éleveurs transhumants, majoritairement des Peulhs, commencent à faire paître leur bétail dans les pâturages, jusqu’en mars. La traversée des bourgoutières – pâturages de bourgou – par les troupeaux obéit à une organisation et à un calendrier rigoureux. La décrue annonce aussi la culture du sorgho, et permet le maraîchage. A la décrue, qui s’achève en janvier, succède une période d’étiage, qui s’étire de mars à juin. Le rythme et l’intensité de la crue varient selon les régions, et les années.

Une organisation ancienne et complexe.

Ce schéma simplifié dissimule une organisation, ancienne et complexe, de l’utilisation de la terre dans le Delta Intérieur du Niger. Chaque communauté y assume une fonction socio-économique particulière, élevage, pêche, cueillette, ou artisanat. Ou pratique le mélange, agriculture et élevage, agriculture et pêche. Les Bozos et les Somonos sont des agro-pêcheurs. Les Peulhs, qui sont des pasteurs transhumants, sont aussi des agro-pastoralistes. Mais, la fonction de chacun, assurée par la tradition et rythmée par l’abondance de l’eau, a évolué. Les longues années de sécheresse, la paupérisation de certains groupes, ou l’évolution du pouvoir sur la terre, ont imposé des reconversions. Les sécheresses et les années de faibles crues ont encore poussé les agriculteurs à modifier le paysage. Ils ont défrîché des pâturages, débroussaillé des forêts inondées pour y planter du riz. Un échec qui rappelle que la tradition des cultures repose sur un environnement adapté.

Un lieu de mémoire.

Le Delta intérieur du Niger est un système fluvial complexe, aux écosystèmes variés. La décrue y révèle deux fleuves, le Niger et le Bani, une vingtaine de lacs, des centaines de mares, et trois plaines inondables, Djénné, Diondori, et Séri. C’est encore un paradis pour la biodiversité, étiqueté RAMSAR , la Convention sur les zones humides qui veille à leur préservation et à leur restauration. Le Delta, espace vital, a inspiré l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Cette zone humide est liée à l’émergence des grands empires du VIII° siècle au XVI°siècle, Ghana, Mali, et Senghoi. Quelques cités historiques, dont Hamdallaye et Djenne, et une ville mythique, Tombouctou, rappellent ce passé. Mopti, asise au confluent du fleuve Niger et son affluent la Bani, est surnommée la « Venise du Mali ». On arrête là le dépliant touristique, même si le secteur est en pleine expansion.

Des pressions environnementales et climatiques.

Depuis quelques décennies, le Delta Intérieur du Niger subit des pressions environnementales, humaines, et climatiques. L’exploitation intensive des ressources, portée par une démographie croissante et un appauvrissement des populations, perturbe l’équilibre de cette zone humide à laquelle on demande un peu trop. L’ensablement, qui empêche l’inondation de certains lacs, contrarie les bénéfices des crues. Des pollutions d’origine diverses compromettent la qualité de l’eau. Beaucoup de questions se posent pour réguler le volume d’eau disponible, gérer la ressource halieutique, optimiser la production de riz, prévenir la salinisation des sols. Organismes internationaux, chercheurs, et ONG, développent des programmes pour tenter de conserver cette diversité, vitale pour le Mali. Mais, face à un réchauffement qui pourrait réduire le volume et la durée des crues, moteur de ce système agro-sylvo-pastoral et halieutique, que pourront – ils faire? Près d’un million de personnes dépendent de cette incertitude climatique.

Promenade sur le Delta…

http://www.dailymotion.com/videox6zx31

Retour au robinet, et à mon billet englouti. Le système d’approvisionnement en eau potable de la région du Delta Intérieur est alimenté par le Fleuve Niger, et par les nappes phréatiques qui en dépendent. Mais à l’échelle du Mali, les ressources en eau du bassin du Niger constituent un potentiel trop peu exploité. Et c’est justement ce qui agace les observateurs de Bamako:  » N’avons nous pas le fleuve Niger, qui, grâce à ses capacités, peut correctement approvisionner tout le Mali, à travers des réseaux d’adduction d’eaux viables? Il est incompréhensible que la corvée d’eau prive les Bamakois de sommeil ».

M.J


Publié le 18 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.,eau

Jackpot pour Total.

Bonjour,

Jackpot pour Total. Le groupe pétrolier français engrange un peu plus de 12 milliards d’Euros, profits records pour une entreprise française. C’est bien. Largement de quoi indemniser les parties civiles de l’Erika. Et de quoi soutenir une campagne de communication vantant les engagements de Total en faveur de l’environnement, et des énergies renouvelables. Une image d’entreprise vertueuse qui dissimule mal des profits 100% pétrole, portés par la flambée des cours du brut, et par une hausse de sa production d’hydrocarbures. Ce fond de commerce, basé sur le fossile, nuance l’image d’un groupe préoccupé par l’avenir de la planète. A propos d’image, le groupe aurait sans doute gagné à ne pas faire appel dans l’affaire de l’Erika. Total, qui n’assume pas sa responsabilité dans le naufrage d’un pétrolier fatigué, n’apporte pas beaucoup de crédit à son engagement écologique…

Une page de pub…

M.J


Publié le 14 février 2008 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique

Les souillures de la Yamuna.

Bonjour,

Le Yamuna est un long fleuve de 1370 kilomètres, qui prend sa source dans l’Himalaya, coule en direction du sud-est, traverse la ville de Delhi sur 22 kilomètres, avant de se jeter dans le Gange. Environ 57 millions de personnes dépendent de ses eaux, principalement pour irriguer leurs terres agricoles. La Yamuna s’appelle également Jumma, Jamma, ou Yamma selon les dialectes, est l’une des Sept rivières sacrées de l’Inde. C’est aussi l’un des fleuves les plus pollués au monde. Autre caractéristique, Yamuna change d’article selon son statut, fleuve ou rivière….

La poubelle de Delhi.

C’est à Delhi que le fleuve devient un dépotoir. La ville y déverse ses ordures, ses eaux usées, ses carcasses d’animaux, et sa longue liste de détritus. Les logements, légaux ou illégaux, installés sur les berges du fleuve, y ajoutent leurs déchets, et leurs eaux souillées. Les usines de textile, de cuir, de produits pharmaceutiques et chimiques y rejettent les résidus non traités de leur industrie. Le fleuve, apprivoisé entre deux barrages, est soumis à un débit lent pendant neuf mois de l’année. Conséquence, les ordures y stagnent, jusqu’à polluer les nappes phréatiques voisines. Heureusement, l’eau est pompée à l’entrée de la ville, quand la Yamuna n’est pas encore cet immense cloaque, car le fleuve alimente 70% des besoins de Delhi. Les villages situés en aval ont moins de chance, leur eau passe par Delhi.

Les pauvres, désignés coupables.

La faune et la flore n’ont pas résisté à ce désastre écologique qui court depuis une quinzaine d’années, au moins. Dès 1993, les Autorités indiennes lancent le Plan d’action pour la Yamuna. Objectif, nettoyer le fleuve avant 2010, année où Delhi doit organiser les Jeux du Commonwealth. La Cour Suprême demande aux Autorités locales d’interdire aux industries de rejeter leurs effluents polluants dans le fleuve. Les logements illégaux, installés sur le bord du fleuve, doivent disparaître. En 2001, la Mairie de Delhi intervient pour que les déchets soient traités dans de petits centres, avant d’être rejetés. Selon un militant de l’association DelhiGreen, l’initiative, est plutôt heureuse, mais insuffisante. Les sites de retraitement des déchets se révèlent incapables d’absorber la quantité croissante de rejets industriels et ménagers. Pour lui, la municipalité de Delhi aurait préféré imputer la pollution de la Yamuna aux habitants des bidonvilles riverains, pariant que leur évacuation serait la solution à ce désastre sanitaire. (1)

Les riches, pas forcément innocents…

Je suis tombée sur une vidéo, in English, qui développe un avis similaire. En 2000, le Gouvernement indien informe que les 62000 bidonvilles accrochés sur les bords de la Yamuna représentent la principale source de pollution. Or, selon les auteurs de la vidéo, la pollution générée par ces habitats précaires serait inférieure à 1% . Alors, la faute à qui ? Seulement 43% des déchets déversés dans la Yamuna seraient retraités. La vidéo souligne que seulement 55% de la population de Delhi est connectée au réseau de retraitement des eaux résiduaires. Les autres, ceux qui peuvent s’offrir un raccordement, ceux qui peuvent ouvrir le robinet pour se laver les dents, se doucher, rejettent leurs eaux souillées dans la Yamuna. 80% de leurs eaux usées retournent dans le fleuve, sans être traitées. Les pauvres, dont la qualité de vie est liée à l’existence du fleuve, doivent vivre avec la pollution des riches, conclusion de cet exposé…

Un plan sanitaire gourmand…

En attendant, certains ont pris leur calculette. Ce Plan d’Action pour la Yamuna, lancé il y a 14 ans, aurait coûté 18 milliards de roupies (environ 310 millions d’Euros ), pour finalement pas grand chose. Dans un éditorial du Times of India, le calcul est plus précis: « Sachant que la rivière traverse la ville sur 22 kilomètres, un rapide calcul montre que, pour chaque kilomètre, on a dépensé un milliard de roupies (environ 17,3 millions d’Euros) sans qu’il y ait la moindre amélioration. » L’éditorialiste, qui s’interroge sur la destination des subventions allouées pour la Yamuna, remet en question l’aptitude des Autorités à développer un plan sanitaire, accompagné d’un réseau adapté, et efficace. (2)

Pendant ce temps, la France s’engage à surveiller ses rivières polluées aux PCB, des produits chlorés toxiques, soupçonnés d’être cancérigènes. Utilisés dans l’industrie, ils étaient ensuite rejetés et oubliés dans les fleuves et les rivières de France. Une pratique, interdite en 1987, qui a duré plusieurs décennies. Assez de temps pour ces produits s’accumulent au fond des rivières, polluent les sédiments, et les poissons qui y vivent. Et maintenant…Les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, à l’origine de cette initiative nationale, ne proposent pas de solution miracle pour se débarrasser de ces rejets, et de leurs effets-retard. Le plan prévoit de mesurer cette pollution dans une dizaine de départements, et trois fleuves, le Rhône, la Seine, et la Somme. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, il ne s’agit pas dépolluer, mais de gérer l’héritage…

M.J

(1) « Le Fleuve Yamuna, récit d’un désastre », Nina Roy, 6-02-08, News et informations sur l’Inde -http://www.aujourd’huilinde.com (2) « La Yamuna, rivière sacrée à l’agonie », The Times of India, édito, in Courrier International, 6 février 2008.


Publié le 8 février 2008 par marlene dans eau,Préjudice écologique
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Le petit Carros à air comprimé.

Bonjour,

Dans un monde qui fait la chasse au CO², et où le baril de pétrole pourrait franchement sauter la barre des 100 dollars, cette histoire ressemble à un scénario de science fiction. Guy Nègre, c’est le nom du héros, est un ingénieur motoriste qui a travaillé pour la Formule 1 avant de fonder sa petite société, la MDI, pour examiner toutes les possibilités du moteur à air comprimé. Guy Nègre a planché une dizaine d’années avec son équipe pour mettre au point la OneCATS, une voiture propulsée à l’air comprimé. Zéro pollution en ville, et pas grand chose sur la route. Argument supplémentaire du concepteur, un euro et deux litres au 100 km. Cette petite révolution à quatre roues dispose d’un réservoir type bouteille de plongée, dont l’air comprimé la fait avancer en ville. Et pour améliorer ses performances sur route, on ajoute un peu de carburant dans le réservoir, éthanol, gazole, essence sans plomb. Trois minutes pour faire le plein suffisent. Prudente, la OneCATS ne dépasse pas les 150 km/h. Cette petite voiture en matériaux composites, moteur et accessoires compris, ne pèse que 330 kgs. Un poids qui explique aussi son petit appétit énergétique, et sa faible production de Co². Petit aussi, le prix, 3500 à 4000 Euros selon les versions.

Cette histoire, made in France, a intéressé Tata Motors, le géant indien de la petite voiture bon marché. Après avoir examiné la OneCATS sous tous les angles, Tata vient de signer un chèque de 20 millions d’Euros pour obtenir un contrat de transfert de technologie. Les Indiens construiront chez eux la voiture imaginée par MDI. Ils pourront encore fabriquer ce moteur à air comprimé pour le glisser sous le capot de carrosseries indiennes. Guy Nègre, qui s’intéresse aussi à la production de ses véhicules, mise sur l’exportation de la construction, sous forme de franchises. Chaque pays intéressé accueillera une petite unité de production autonome, où toutes les pièces seront assemblées, sans intermédiaires. Une production locale qui évite la facture CO² du transport.

Le contrat signé avec Tata permet de financer le site de production de Carros, près de Nice. Cette année, les chaines de montage devraient commencer à produire un véhicule qui, finalement, ressemble plus à la voiture de Gaston Lagaffe, qu’à celle de Batman.

M.J

Et pour ceux qui comprennent le Brésilien…


Publié le 6 février 2008 par marlene dans Actualité,bagnole
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Public Eye récompense AREVA pour son irresponsablilité.

Bonjour,

Cette année, le « Public Eye Global Award » est attribué au groupe français nucléaire AREVA, qui remporte aussi le « Public Eye People’s Award », le prix du public. Pas de quoi se vanter. Cette double récompense, décernée en marge du sommet économique de Davos par la Déclaration de Berne et Pro Natura, désigne AREVA comme le meilleur « pollueur » et « exploiteur » de l’année. Autre entreprise sur le podium, Glencore, un géant des matières premières qui pollue sans scrupule. Mais retour au dossier AREVA, qui exploite de l’uranium au Niger dans des conditions scandaleuses. Almoustapha Alhcen, Président d’Aghirin’man Niger, une association qui dénonce AREVA et demande réparation, témoignait à Davos le 23 janvier dernier. Extraits de son exposé.

Des paysages métamorphosés, un environnement contaminé.

Au début des années 70, AREVA s’implante à Arlit, dans la région d’Agadez, au nord du Niger. Le groupe commence à exploiter deux mines d’uranium, via deux sociétés. La Somaïr, filiale d’AREVA, tire parti d’un premier gisement à ciel ouvert. Quelques kilomètres plus loin, la Cominak, autre création d’AREVA en association avec des Japonais, exploite une mine souterraine. L’uranium est ensuite dirigé vers une usine pour y être est enrichi chimiquement (soufre, acide, soude, carbonate, solvant, sodium, chlorate), avant d’être exporté vers l’Europe. Quatre décennies d’extraction et de traitement du minerai ont complètement ravagé l’environnement. Tout est contaminé, l’air, le sol, et l’eau. Les espaces forestiers ont disparu, les aires d’élevage privées de verdure se sont réduites. Les autruches, les gazelles, les addax, et nombre d’oiseaux, ont pratiquement disparu d’un paysage métamorphosé. Depuis les années 90, de nouvelles maladies sont apparues, pendant que des mineurs mourraient prématurément, dans des conditions suspectes. Les médecins des hôpitaux de la Somaïr et de la Cominak, n’auraient jamais établit le lien entre la santé de certains patients, et leur activité professionnelle. D’ailleurs, jusqu’en 2007, il n’y avait pas de médecin du travail.

Le Niger n’a pas tiré parti de sa ressource.

Le Niger, cinquième producteur mondial d’uranium – après le Canada, l’Australie, le Kazakhstan, la Russie -, n’a pas tiré profit de son unique ressource. En 2007, le pays est classé dernier sur l’échelle du développement humain des Nations Unies. En 2000, Areva achète l’uranium nigérien 31 euros le kilo, en 2006 il en donne 36 euros par kilo, contre environ 150 euros sur le marché mondial. Le groupe nucléaire français, qui envisage d’exploiter le site d’Imouraren, situé à 80 km d’Arlit, l’un des plus grands gisements du monde, proposerait de payer le minerai 14 euros de plus, par kilo. Mais le Niger pense aussi à vendre directement son minerai sur le marché étranger, pour en tirer plus de bénéfices. Et si AREVA continue d’obtenir des permis d’exploration au Niger, il ne devrait plus être en situation de monopole. Chinois, Australiens, Canadiens, ou Indiens, commencent à fouiller le désert nigérien. Cette ouverture à la concurrence, qui pourrait doper l’économie du pays, n’annonce pas forcément des jours meilleurs pour l’environnement.

La résistance commence à s’organiser.

Pendant toutes ces années, AREVA n’a guère rencontré de résistance au Niger. Les associations de défense pour le respect des travailleurs et de l’environnement, n’existaient pas. Depuis 2000, l’association Aghirin’man et d’autres organisations, dont des ONG françaises, se mobilisent pour faire de la pub à AREVA, qui n’aime ni les journalistes, ni les militants. Au passage, le groupe français est accusé de soutenir financièrement la rébellion touareg qui secoue le nord du pays. Un soutien qui a tendu les relations entre les deux pays, sans remettre en question la présence d’AREVA au Niger.

Les conditions d’exploitation des mines au Niger par AREVA….

Public Eye, qui récompense aussi les entreprises responsables, a décerné un prix positif à la société allemande Hess Nature. Hess Nature, qui distribue des textiles biologiques, invite à consommer différemment.

M.J.


Publié le 5 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.,Préjudice écologique
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Sur les plages d’Accra…

Bonjour,

Accra, la capitale du Ghana, avait pourtant fait sa toilette pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations, version 2008. On avait nettoyé les rues, et viré les malades mentaux. Et voilà qu’un article de Francis Kokutse, « Le développement rapide laisse des pauvres sans toilettes », publié le 30 janvier dernier, nous dit que le ménage a été sommaire. « Les plages d’Accra sont des toilettes en plein air ».

C’est l’histoire d’une ville, Accra, assise sur le Golfe de Guinée, qui est passée de 1,6 millions d’habitants en 2001 (estimation Ghanéenne) à environ 2,5 millions aujourd’hui (estimation française), et sans doute 3 (estimation ghanéenne). Une agglomération africaine qui s’est bricolée à toute vitesse, sans véritable schéma urbain, au détriment des conditions sanitaires des quartiers les plus démunis. Un clivage sanitaire inscrit dans un clivage économique. Environ 50% de la population du pays se débrouille avec moins de 2 Euros par jour.(1) Et, chiffres de 2000, 80% des Ghanéens vivent de petits boulots pas déclarés, vendeurs de rue, artisans sans autorisation, et squatteurs. (2) L’eau, dont la distribution a été privatisée, reflète encore ce clivage « riches-pauvres ». Deux études récentes indiquent que les ménages les plus démunis consacrent 8 à 12% de leurs revenus mensuels – jusqu’à 15% pour les plus pauvres des quartiers les plus pauvres – pour l’eau. Les plus riches, eux, dépensent moins de 5% pour faire couler l’eau du robinet. Dans les quartiers pauvres, les femmes, qui effectuent les tâches ménagères, s’occupent des enfants, et règlent les factures d’eau, n’ont pas la vie facile.(1)Une blogueuse, qui a passé 6 mois au Ghana, insiste sur ce clivage « riches – pauvres » qui dessine deux paysages urbains, deux paysages économiques, et deux paysages culturels à Accra. Et dans le reste du pays.

En lien, le papier qui détaille les souillures imposées aux plages d’Accra, et au littoral. En prime, une petite querelle entre aménageurs et citoyens sur le thème  » la faute à qui? ». Mais, quand on habite un quartier pauvre sans installation sanitaire, on se débrouille comme on peut…

M.J

Retour à Labadi beach, qui peut aussi être une plage de rêve…

(1) » Privatisation de l’eau au Ghana: les droits de la femme mis à mal. »,(2) » Ghana, le modèle contesté », Yaho Graham, Le Monde Diplomatique, Avril 2007.


Publié le 1 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.
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