Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Passez au durable »

Bonjour,

Alors que l’effet  » Grenelle de l’Environnent » se fait attendre, le Ministère de l’Ecologie, du Développement, et de l’Aménagement durables, lance la semaine du dévelopement durable. En matière de déchets, d’énergie, de transport, d’habitat, ou de tourisme, « Passez au durable ». C’est le message de cette campagne nationale, qui débute demain pour s’achever le 7 avril. En lien, le site officiel de cette semaine, dédiée au « durable ». Une invitation à se rappeler les grands principes du concept, et les mettre en oeuvre au quotidien. Jean Louis Borloo, invité de France Info, s’adresse au « consommateur citoyen ». Un point de vue paru dans Le Monde, signé par des représentants des collectivités teritoriales, des employeurs, des ONG, et des syndicats, rappelle que le Grenelle de l’Environnement tarde à se mettre en oeuvre. Pourtant, « Chaque jour apporte la confirmation que, loin de se résorber, la crise des ressources naturelles, de la biodiversité, et des équilibres climatiques s’aggrave. » Un appel à investir l’élan national généré par le Grenelle…

M.J


Publié le 31 mars 2008 par marlene dans Développement durable
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Les Européens se soucient d’environnement, mais…

Bonjour,

Les Européens se préoccupent de l’environnement. C’est le message d’un sondage à l’échelle européenne, 27000 personnes interrogées dans les 27 Etats de l’Union. Mais ces Européens, qui se soucient de l’environnement avec des priorités différentes selon les pays, tardent à agir.

A quoi pensent les Européens quand on leur parle d’environnement ? Ils répondent d’abord pollution urbaine (22%), et réchauffement climatique (19%). L’imaginaire européen reste encore très attaché à de beaux paysages verdoyants et intacts, troisième tendance majeure (13%). Enfin, les Européens s’intéressent à la protection de la nature (12%). Au total, 95% des personnes interrogées se préoccupent de l’environnement. Et 80% avoue son influence sur le quotidien. Les questions environnementales sont devenues aussi importantes que les questions économiques.

Reste à passer à l’action. Si les Européens trient leurs déchets (59%), au moins dans le mois qui a précédé le sondage, et réduisent leur consommation d’eau, la majorité des personnes interrogées (64%) n’a pas bouleversé son quotidien pour la cause écologique. La déception grandit quand on invite les Européens à changer leur mode de vie, et de consommation. Seuls, 17% sont prêt à réduire l’utilisation de la voiture, ou à acheter des produits écologiques. Peu consomment des produits locaux.

L’environnement est cependant perçu comme un enjeu global, qui nécessite une action globale. A l’Union européenne de prendre les grands décisions en faveur de l’environnement, répondent 77% des personnes interrogées. La majorité des sondés (82%) souhaiterait une législation environnementale. Et pour 80% d’entre eux, l’Union devrait aider les pays non-membre à améliorer leurs normes environnementales. L’Union européenne devrait encore augmenter son budget dédié à l’écologie. Et bonne nouvelle, les Européens donnent la priorité au réchauffement climatique, devant l’économie, ou la compétitivité.

Ces tendances européennes dissimulent des préoccupations et des comportements différents, selon les Etats. Par exemple, le changement climatique préoccupe davantage les Suédois et les Chypriotes. Les Suédois et les Danois semblent plus enclins que les autres à économiser l’energie, et à laisser leur voiture au garage. La République Tchèque, la Roumanie, et les pays baltes, Estonie, Lituanie, Lettonie, y attachent moins d’importance. Les Baltes, les Tchèques, et les Slovènes s’inquiètent plutôt de la pollution de l’eau. Malte et la Bulgarie donnent la priorité à la qualité de l’air. Les Polonais, les Hongrois, et les Chypriotes sont plus nombreux à associer l’environnement à des paysages bucoliques.

Cette perception différenciée de l’environnement, et de ses priorités, s’explique vraisemblablement par la diversité des héritages écologiques, économiques, et sociaux, des pays européens. Il est plus compréhensible de se soucier du changement climatique à Stockholm, carte postale de la Baltique, qu’à Sofia, où les émissions industrielles et les embouteillages rendent l’air irrespirable. Mais ces différences européennes pourraient refléter l’accès à l’information. Les Européens du Nord et de l’Ouest sont mieux informés des enjeux environnementaux, que ceux du Sud ou des pays orientaux, nouvellement intégrés. Une esquisse qui évoque celle du niveau de développement…

M.J

Sensibilisation au réchauffement climatique, made in Sweden…


Publié le 28 mars 2008 par marlene dans Développement durable
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Céréales: un pouvoir d’achat en baisse.

Bonjour,

Emeutes de la faim en Guinée -Konakry, en Mauritanie, au Sénégal, ou au Burkina-Faso, la hausse des produits alimentaires jette les Africains dans la rue. Ces pays, qui dépendent du blé et du riz importés, subissent de plein fouet la flambée des cours de céréales, base de leur alimentation, sur le marché mondial. Selon l’ONG « Afrique verte », au Niger, le sorgho aurait récemment augmenté de 25%, dans la région de Maradi. A Niamey, la capitale, le mil et le blé ont enregistré une hausse d’environ 20%. Le Food Crisis Prevention Network (FCPN) rapporte qu’au Burkina-Faso, pays touché par des inondations en 2007, le prix du sac de maïs aurait doublé en un an. Le FCPN, chargé de la sécurité alimentaire dans les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, ne parle pas encore de famine. Mais si les cours des céréales continuent de grimper, certaines populations du Sahel et d’Afrique de l’Ouest pourraient manquer de nourriture.

Le PAM manque d’argent pour faire les courses…

Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui distribue une aide aux pays d’Afrique de l’Ouest, estime qu’il lui faudra trouver 30% d’argent supplémentaire cette année, pour nourrir le même nombre de personnes que l’an dernier. Même problème à la tête du PAM, à New York, où le coût de la nourriture provoque la panique. Depuis 2007, les prix alimentaires ont grimpé d’environ 30%, ceux des céréales ont augmenté de 35%. En 2008, le PAM, qui fonctionne avec des dons, devra trouver 500 millions de dollars pour nourrir 73 millions de personnes, répartis dans 78 pays. La tendance actuelle, plus 20% d’augmentation ces trois dernières semaines, pressent le PAM à remplir les caisses.

La faute aux agrocarburants…

Le développement des agrocarburants, qui convertit les blés américains en maïs, qui étend le colza dans les campagnes européennes, est en partie responsable de cette flambée des prix des céréales. Il explique encore l’augmentation du prix de l’huile de palme ou de soja, désormais alignés sur les prix du carburants d’origine végétale. Josette Sheeran, la patronne du PAM, a récemment déclaré :« Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire. Les prix des produits de base atteignent un tel niveau que le litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant. » Le boom des agrocarburants, qui fait décoller les prix du maïs et du soja dans un contexte de pétrole cher, qui détourne les terres cultivables et accapare l’eau, n’explique pas complètement la situation actuelle. On ne produit pas d’agrocarburant avec le blé, qui pourtant augmente. Et pousse le prix de la baguette, même en Afrique.

Pétrole, sécheresses, et démographie…

Pour le PAM, cette hausse des prix alimentaires résulte aussi de l’envolée des prix de l’énergie, qui se répercute sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Des engrais pour améliorer les rendements, au transport des produits, en passant par leur stockage, tout est devenu plus cher. Autre facteur explicatif, la mutation des marchés intérieurs, chinois ou indiens, plus riches, et plus gourmands en viande et en produits laitiers. Le climat, et ses sécheresses, notamment en Australie, contribuent encore à doper le prix des produits alimentaires. Les stocks alimentaires, à leur plus bas niveau depuis une vingtaine d’années, favorisent encore la spéculation. Sans oublier la démographie, plus on est nombreux, et plus on mange. En 2030, si l’on veut satisfaire les besoins d’une planète plus peuplée, la production alimentaire devra nécessairement augmenter de 50%. Cette perspective pourrait accentuer la compétition entre cultures alimentaires, et énergétiques. Sans parler des conséquences environnementales, sur-exloitation des sols, déforestation, manque d’eau, ou pollution des nappes phréatiques.

Et pendant ce temps, dans le Bassin du Fleuve Sénégal, des agronomes chinois expliquent à des cultivateurs sénégalais, qui rêvent d’autosuffisance alimentaire, les techniques de repiquage de riz

M.J


Publié le 26 mars 2008 par marlene dans Afrique/ population.,biocarburants,faim
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Australie: ces quelques ballons pour la planète.

Bonjour,

Réduire la production de CO² à la maison, l’Australie le dit avec des ballons…

Cette campagne de sensibilisation, lancée par l’Etat du Victoria ( Melboune) a un message simple: « You have the power: save the energy ». Chaque ménagère du Victoria, qui produit en moyenne 240 000 ballons par an ( soit environ 12 tonnes de CO² ) est invitée à en laisser s’échapper le moins possible de son micro-ondes, ou de sa machine à laver. Moins d’énergie, moins d’argent, et moins de CO². Efficace, non ?

Et bon week-end de Pâques.

M.J


Publié le 21 mars 2008 par marlene dans Climat

L’Australie noire: un continent à la dérive.

Bonjour,

La semaine dernière, j’ai regardé un reportage édifiant sur les aborigènes d’Australie. Je savais, mais je n’avais jamais vraiment vu. Juste entrevu. Des aborigènes désemparés dans les rues de Sydney, un campement bricolé en marge d’une ville d’Australie Occidentale, je ne me souviens plus laquelle, où ces familles aborigènes qui prenaient le bus depuis Adelaïde pour rentrer chez eux, à Alice Springs, au cœur du pays. Et pendant que le bus s’arrêtait près d’un campement improvisé à proximité d’une station service, laissant s’échapper quelques uns de ses passagers aborigènes, des Australiens blancs, protégés par le pare-brise, prenaient des photos de ces étranges concitoyens, et de leurs petits arrangements avec l’architecture. Un peu plus tard, et plus au nord, perchée sur Uluru, ce grand monolithe rouge qui surplombe l’immensité désertique, un site ancré dans la mémoire aborigène, prétexte à de nombreuses légendes, l’impression est quasi mystique. La magie du désert, le jeu du soleil avec les rouges et les verts dominants, l’intensité du ciel. Puis, vient le sentiment d’être un intrus dans cette géographie aborigène, un étranger dans cette cosmogonie difficile à pénétrer. Impression vérifiée plus tard dans le centre culturel, situé à proximité du relief. Les Aborigènes interdisent l’ascension d’Uluru, mais comme tous les touristes, je n’ai vu que les chaînes pour y grimper.

Une population décimée par les premiers colons.

Les aborigènes, venus de l’Asie Insulindienne, habitent le continent australien depuis environ 40.000 ans. Ils chassent, pratiquent la cueillette, et développent une relation intime avec un territoire hostile. Leurs migrations suivent celle de leurs chasses. Quand les Blancs débarquent en Australie à la fin du XVIII° siècle, une population de forçats déportés par les Anglais, quelques femmes suivent, les aborigènes sont environ 300.000. Cette population, décimée par les Blancs qui s’installent, ne cesse de diminuer. En 1966, ils ne sont plus que 45.000. Ce génocide des premiers colons est décrit dans l’excellent bouquin de Matthew Kneale, « Les passagers anglais », qui évoque le massacre des Aborigènes en Tasmanie, vers la moitié du XIX° siècle. Les aborigènes, victimes d’une Australie décidée « blanche » et de ses déclinaisons racistes, ne deviennent citoyens australiens qu’en 1967.

Un pardon qui se fait attendre.

Pour mieux servir le mythe de cette « Australie blanche », des enfants aborigènes sont enlevés à leurs familles pour être confiés à des familles australiennes, ou à des institutions. Le scandale de cette pratique assimilatrice, menée jusqu’au début des années 1970, éclate en 1990. Entre 1885 et 1967, 70.000 à 100.000 Aborigènes auraient été arrachés à leur famille, à leur culture, et à leur langue, travail obligatoire et mauvais traitements en prime. Un choc pour le pays. En 1991, le gouvernement australien amorce un processus de réconciliation nationale. L’année suivante, la Haute Cour Australienne reconnaît aux Aborigènes des droits sur les terres qu’ils occupent. Les manuels scolaires commencent à s’enrichir d’une histoire aborigène, volontairement oubliée. Les premiers habitants, jusque là figés dans l’imagerie nationale, corps peints et lances pointées, commencent à exister. Mais, le « pardon » de l’Australie à ses enfants aborigènes attendra encore quelques années. John Howard, l’ex-Premier ministre libéral, a toujours refusé des excuses officielles. Le mois dernier, Kevin Rudd, son successeur travailliste, a enfin demandé pardon, au nom de l’Australie, pour les injustices et les mauvais traitements subis par les Aborigènes pendant deux siècles. « Pour nous, c’est comme la chute du Mur de Berlin. C’est le moment le plus lourd de sens pour notre communauté dont j’ai été témoin au cours de ma vie », a commenté Darry Towney, un Aborigène. Une phrase qui a fait le tour des rédactions.

Les dessous de la réconciliation.

Ce processus de réconciliation dissimule mal une ségrégation, spatiale et sociale, assez sordide. Les Aborigènes, aujourd’hui estimés autour des 400 000, soit un peu plus de 2% de la population australienne, présentent tous les symptômes d’une population marginalisée, et abandonnée à son sort. Exemples. L’espérance de vie d’un Aborigène est de vingt ans inférieure à celle d’un Blanc, la mortalité infantile est quatre fois supérieure. Le taux de chômage est multiplié par trois, et le revenu moyen divisé par deux. Sans oublier le taux d’incarcération et les suicide, cinq fois supérieur pour les Aborigènes. En 1997, le rapport «Bringing them home », qui conclut l’enquête nationale sur les « générations volées », met des mots sur les conditions de vie des Aborigènes, abus sexuels, châtiments corporels, éducation défaillante, emplois forcés, et sous payés. Une histoire lourde de conséquences, pertes d’identité, suicides, troubles mentaux, et abus d’alcool. Cette misère humaine, qui conjugue alcoolisme, pauvreté, et désoeuvrement, est au cœur de ce reportage, signé Emmanuel Ostian et Gilles Jacquier, pour Envoyé Spécial. La caméra montre comment les représentants du gouvernement fédéral gèrent les dérives aborigènes. On y trouve des relents de cette «Australie blanche », pourtant officiellement abandonnée dans les années 70. On y voit une humanité à deux doigts de l’extinction, déracinée d’un environnement dont elle connaissait les secrets, privée de son organisation, coupée d’un univers intellectuel complexe et imaginatif, et de ses langues. Les rescapés dessinent leurs rêves à l’acrylique…

En lien, le reportage diffusé sur France 2, la semaine dernière. En deux épisodes.

Deux remarques. Attention aux clichés, même involontaires, d’un reportage localisé, et ciblé. Tous les Aborigènes ne sombrent pas dans l’alcool, ce que montrent aussi les images. Et, si les Blancs ne sont pas tous très sympas dans ce film, d’autres se sont mobilisés pour la cause aborigène. En 1988, quand l’Australie célèbre son Bicentenaire, 40 000 personnes descendent dans les rues de Sydney pour dénoncer les « 200 ans de larmes pour les Abos « . En mai 2000, toujours à Sydney, peu avant les JO, plus de 250.000 personnes manifestent pendant deux jours pour défendre « l’harmonie raciale en Australie », et pour dénoncer l’attitude de John Howard qui refuse les excuses officielles au peuple aborigène. Pardon finalement formulé par Kevin Rudd…

M.J


Publié le 19 mars 2008 par marlene dans Australie aborigène.

Forêts maliennes: les Chinois se taillent une mauvaise réputation.

Bonjour,

« Chine: hôpital contre bois d’ébène » titrait les Echos de Bamako, le 12 mars dernier. Et là, on apprend que la Chine, grande et généreuse, désire offrir un nouvel hôpital au Mali. Un cadeau «prioritaire », puisque la construction de ce nouveau centre de soins devrait démarrer d’ici fin 2008. En échange, la Chine pourrait exploiter tranquillement la forêt de Kita, située dans la région de Kayes, au Sud Ouest du pays, une région voisine du Sénégal. Ce qu’elle fait déjà depuis un certain temps, semble-t-il, et sans égard pour cet écosystème. Depuis quelques mois, les habitants de Kita voient les chinois dévaster leur forêt, pourtant protégée, pour en extraire de l’ébène qu’ils envoient à Dakar, par camions entiers. Une voie ouverte à la déforestation dans un pays convoité par la désertification, et dans une région écologique fragile. Il y a quelques années, le gouvernement malien avait pourtant interdit l’exploitation d’ébène. « Hôpital contre ébène », une forme de « solidarité » qui irrite une partie de l’élite malienne, qui craint les faiblesses de son gouvernement. Et qui a appris à lire le chinois.

Le premier menuisier de la planète.

La Chine, devenue le premier menuisier de la planète, a besoin de bois. Entre 1997 et 2006, le volume des importations de produits forestiers a plus que triplé en Chine.(1) Après avoir abusé des réserves forestières de son voisinage asiatique, avec une attention particulière pour les forêts primaires de Papouasie Nouvelle Guinée, et une halte dans les forêts russes et celles d’Extrême Orient, la Chine s’intéresse aux bois exotiques africains. Depuis une dizaine d’années, ses classes moyennes émergentes apprécient la qualité des essences africaines, notamment l’okoumé, prélevé dans les forêts d’Afrique centrale. Dans certaines régions du Congo Brazzaville, les forestiers chinois, épaulés par des collègues malaisiens, coupent massivement les Okoumés, pas de pitié pour les jeunes pousses, et pas de reboisement au programme. Cette exploitation forestière, menée à bon rythme, inquiète les paysans qui connaissent les lois de reproduction de leurs forêts. Plus de la moitié des arbres coupés en Afrique, principalement au Gabon, en Guinée Equatoriale, au Cameroun, en République du Congo, ou au Congo Brazzaville, partent pour l’Asie. Et la Chine en détourne la quasi-totalité. (2)Selon la FAO (2006), si les forêts africaines, qui appartiennent aux Etats ou à des Institutions nationales, se font avaler, c’est que les propriétaires n’ont pas les moyens financiers pour s’opposer aux convoitises asiatiques. La Chine, « grand frère protecteur » des pays africains dans les années 60-70 – contre quelques avantages: en 1971 la Chine retrouve son siège au Conseil de sécurité de l’ONU avec les voix africaines, l’assistance à l’Afrique lui offre quelques débouchés économiques…-, a changé. Avec des habits différents de ceux du colonisateur, Pékin a compris les bénéfices qu’il pouvait tirer de l’Afrique. Le « protecteur » est devenu « l’exploiteur ». C’est ce chinois là, que les maliens ont appris à lire.

Un rempart contre la désertification au Mali.

Au Mali, le domaine forestier couvre 100 millions d’hectares, dont environ le tiers de formations ligneuses. Ce patrimoine écologique pèse pour 2% du PIB. Ce couvert forestier, facteur d’équilibre écologique, est un espace de vie pour les communautés. Elles y prélèvent le bois de chauffe, souvent seule source d’énergie, et pas toujours bonne nouvelle pour la forêt. Mais la forêt est aussi ce « supermarché » qui produit de la viande et des fruits en quantité, des produits destinés à la pharmacopée, et de quoi fabriquer certains outils du quotidien. La forêt, garante de la fertilité des sols, prévient aussi l’érosion. Si la sécheresse a fait reculer la forêt, son exploitation abusive justifie le coup de gueule des élites maliennes. « Le président sait –il que les premières auréoles de désertification sont venues de l’exploitation du Dakar- Niger, du temps où les locomotives fonctionnaient à la vapeur et au bois ? », s’énerve Alexis Kalambry, l’auteur de l’article qui craint que les Autorités maliennes concèdent l’exploitation de la forêt de Kita aux Chinois. A moins que ce ne soit déjà fait. Cette colère trouve un écho à Kita, où la forêt est présentée comme le « dernier rempart de la lutte contre la désertification au Mali », son exploitation, un « scandale environnemental »…En brousse, l’apprentissage du chinois semble avoir été plus rapide…
M.J

(1) http://www.afd.fr/jahia/webdav/site/myjahiasite/users/administrateur/public/Regards-sur-la-terre/Chapitres/RST-Chapitre6.pdf

(2)

http://www.ql.umontreal.ca/volume11/numero12/mondev11n12e.html


Publié le 17 mars 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.,déforestation

Pékin, ses canaux, et sa piscine.

Le cube d’eau.

Bonjour,

Pekin prépare ses jeux Olympiques dans un climat sec, mais orageux. La capitale chinoise, éprouvée par huit années de sécheresse, peine à trouver l’eau qu’il lui faudra offrir aux 2,5 millions de visiteurs attendus pour les Jeux Olympiques. Pékin, qui a grandi trop vite, connaît déjà des difficultés à approvisionner ses 14 millions d’habitants en eau potable, sans oublier ses 4 millions de travailleurs migrants. Faute de pluies, le niveau des nappes phréatiques est extrêmement bas. Quand ils ne sont pas secs, les réservoirs situés à la périphérie de la ville sont complètement pollués. La ville continue pourtant de puiser l’eau de son sous-sol. Sécheresse, pollutions, c’est la panique. L’eau du robinet n’est pas toujours bonne à consommer. Pendant les JO, les besoins en eau de Pékin devraient augmenter de 30%. Sans oublier la perspective d’une population supérieure à 20 millions de personnes, à l’horizon 2010.

Pékin assèche les provinces du Sud et du Centre.

En attendant, les JO approchent, et Pékin multiplie les solutions qui assèchent les provinces du Sud et du Centre. Dès 2002, la Chine a lancé un gigantesque projet hydraulique, visant à un transfert des eaux du Sud vers le Nord. Trois grands canaux artificiels devraient approvisionner Pékin en eau. En attendant la principale voie d’eau qui devrait couler en 2010, un premier canal de diversion doit être achevé pour les JO. Ce projet puise dans les réserves de la province du Hebei, également touchée par cette sécheresse. Selon l’agence Chine Nouvelle, 250 000 personnes de cette province sont actuellement exposées à une pénurie d’eau, chiffre qui pourrait rapidement doubler si la sécheresse perdure. Le Fleuve Jaune, déjà très pollué, vient d’être à nouveau d’être détourné vers la capitale olympique, c’est la seconde fois de l’année, au détriment de milliers de paysans. Pékin vient encore d’interdire la culture du riz autour de la capitale. Les agriculteurs sont invités par les Autorités à préférer des cultures moins assoiffées.

Un geste pour la planète.

Reporters Sans Frontières rapporte que An Qiyuan, un ancien représentant de la province du Shaanxi, province également affectée par ces projets hydrauliques, a donné une interview au Financial Times, daté du 26 février dernier. L’ancien dirigeant chinois s’est inquiété des conséquences sociales et environnementales de cette utilisation abusive des ressources en eau du pays. Il a demandé au pouvoir central que les provinces asséchées par le projet olympique obtiennent des compensations financières. Et quelques jours plus tard, Pékin a révélé l’un des joyaux de son espace olympique, un « Cube d’eau », quatre années de construction, 200 millions de dollars (environ 136 millions d’euros) envoyés par les Chinois de l’étranger, et trois bassins destinés aux épreuves de natation et de plongée. Selon le Comité d’organisation des JO, la structure, qui utilise l’énergie solaire pour chauffer et éclairer le site, devrait permettre de réduire de 30% les dépenses d’énergie. Les paysans chinois, privés d’eau ou déplacés pour la cause olympique, apprécieront ce geste pour la planète….

M.J

En lien, la chronique d’Axel de Tarlé sur Europe 1, « Les chinois manquent d’eau! », cliquez sur « écouter la chronique…


Publié le 12 mars 2008 par marlene dans Chine,eau

Voyageurs écolos.

Bonjour,

Le tourisme mondial explose. En 2007, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement ) estime le nombre d’arrivées internationales de touristes, par bateau et par avion, autour des 900 millions de personnes. Vers la fin de la décennie, ce tourisme de masse devrait concerner près d’un milliard d’individus. Il pourrait dépasser le milliard et demi, à l’horizon 2020. Ce qui semble être une bonne nouvelle concernant l’ouverture sur le monde et l’intérêt pour d’autres cultures, en est une moins bonne pour la planète. Pour limiter les dégâts, le PNUE vient de lancer le « Passeport Vert », une campagne de sensibilisation destinée à réduire l’empreinte touristique, notamment dans les pays en voie de développement.  Il s’agit aussi d’inciter ces touristes à consommer local pour doper de petites économies qui ne demandent qu’à décoller.

 

La formule est simple, il s’agit d’un site internet qui fonctionne comme un guide de voyage écolo. On y apprend qu’il n’est pas inutile de connaître quelques mots de la langue de la société d’accueil. Ou qu’il est sympa d’observer les habitudes locales, la façon de manger ou de saluer, pour ne pas froisser ses hôtes. Il est aussi préférable de s’informer des conditions sanitaires, afin de ne pas prendre plusieurs douches par jour, et priver les habitants d’une eau rare. Autre conseil, se débarrasser des emballages inutiles avant de partir, pour ne pas importer de déchets dans un endroit où il sera plus difficile de s’en débarrasser. Sur place, on vous recommande de vous déplacer « écolo », moins de voiture et plus de randonnées. Il s’agit encore de bien choisir sa destination, favoriser les voyages qui respectent l’environnement et les communautés. Et accepter de payer son séjour plus cher, pour soutenir l’économie locale. En voyage dans un pays en voie de  développement, le « riche » c’est vous. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas faire étalage de ses richesses. Les flèches néolithiques ou des pousses de baobab sont des souvenirs à laisser sur place. Et en rentrant, pourquoi ne pas intégrer une ONG ?

 

Le PNUE propose un petit catalogue de conseils qui visent au respect des communautés d’accueil, et de leur environnement. Et pour finir, un petit développement sur les changements climatiques, avec pour sage conseil de préférer les vacances à vélo sur les routes de France aux croisières pour l’Antarctique, en  première classe. Et finalement pas grand-chose sur la pollution aérienne. Une étude anglaise, réalisée en 2006, indique que la part d’émissions de CO² des avions devrait atteindre 5% du total en 2050, contre un peu plus de 2% actuellement. Si les avancées technologiques devraient permettre de limiter cette pollution, l’accroissement du trafic pourrait nuancer ce progrès. En attendant, on culpabilise sec dans le transport aérien

Il suffit peut- être de trouver quelques petits arrangement avec sa conscience écolo. Prendre l’avion, oui, mais à condition de se racheter avec un tourisme profitable aux communautés d’accueil et respectueux de la nature.  Pendant que quelques voyagistes, Saïga, Atalante, ou Voyageurs du Monde, développent ce tourisme alternatif, on mise ailleurs sur l’écotourisme dans des communautés rurales…

 M.J

Pour en savoir un peu plus sur les engagements de ces voyagistes alternatifs…

Atalante,

Voyageurs du monde

Saïga

 

 


Publié le 11 mars 2008 par marlene dans Tourisme durable.

L’OCDE craint pour l’avenir de la planète.

Bonjour,

Réchauffement climatique et bouleversements environnementaux, on aura été prévenus. Cette fois, c’est l’OCDE ( Organisation de coopération et de développement économique) qui met en garde la communauté internationale. Au fil d’un pavé de 500 pages, l’OCDE examine les effets combinés de la démographie mondiale et de la croissance économique, à l’horizon 2030.

En 2030, la planète comptera 8,2 milliards d’habitants, contre 6,5 milliards aujourd’hui. Si l’économie mondiale continue sa course au rythme actuel, les besoins en matières premières – produits agricoles, minerais, énergies fossiles, bois, et eau – augmenteront de 60% dans les pays développés. Cette demande en matières premières explosera (+160%) chez les nouveaux monstres de l’économie mondiale, Chine, Inde, mais aussi Brésil et Russie.

Pour limiter les dégâts environnementaux et humains, l’OCDE désigne quatre priorités: le climat, la biodiversité, l’eau, la pollution et ses conséquences sur la santé. Et pour donner la mesure du désastre à venir, l’OCDE estime que le nombre de personnes vivant dans des régions déjà soumises à un gros stress hydrique devrait augmenter d’un milliard d’individus. En 20030, environ la moitié de l’humanité vivra dans des régions assoiffées. Autre scénario, la pollution de l’air devrait multiplier ses victimes, et provoquer une explosion du nombre de décès prématurés, dus à l’ozone troposphérique.

Le rapport, qui propose des simulations d’adaptation, invite tous les pays à restructurer leurs économies pour coller aux exigences environnementales, et humaines. Et à limiter les émissions de carbone, ennemi N°1 menacé de lourdes taxes. Lors de la présentation de ce document à Oslo mercredi dernier, Angel Gurria, le Secrétaire général de l’OCDE, a déclaré: « La solution aux grands problèmes d’environnement existent, elles sont applicables et abordables, notamment si on les met en regard de la croissance économique prévue et des coûts et des conséquences de l’inaction. » Des propos qui rappellent la mise en garde de Nicolas Stern, économiste britannique qui s’était livré à un exercice analogue en 2006. Stern avait chiffré le coût économique et humain de l’inaction collective, mais dans un avenir déjà plus lointain…

En lien « Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030″, résumé du rapport version PDF. Page 2, un tableau des priorités environnementales. Et Jean Louis Borloo commente ce rapport sur RTL…

M.J


Publié le 7 mars 2008 par marlene dans Actualité,Climat

Angola: une BD pour protéger la couche d’ozone.

Bonjour,

Une petite info, en provenance d’Afrique. Le gouvernement angolais vient de lancer une bande dessinée pour sensibiliser sa population, notamment les jeunes, aux problèmes liés à la couche d’ozone. Cette BD, intitulée « Ozone: la protection qui engage la terre », examine la relation entre le soleil et la terre. Elle prévient les petits angolais sur les risques d’une exposition prolongée aux ultra-violets, et leur demande de se protéger. Un conseil prudent dans un environnement où le soleil est déjà violent. Cette BD, tirée à 5000 exemplaires, salue le 3 mars, et la journée africaine de l’environnement. Une initiative annuelle lancée en 2002 par l’OUA (Organisation de l’Unité africaine).

L’Angola, comme plus de 80% des pays africains, a signé le Protocole de Montréal, engagement international qui vise à restaurer la couche d’ozone. Ce filtre naturel, qui absorbe la plupart des radiations ultraviolettes émises par le soleil, protège la terre et ses habitants. Cette couche d’ozone a des ennemis appelés « SAO », ou substances appauvrissant la couche d’ozone, CFC, HCFC, halons, bromure de méthyl. On les trouve dans les réfrigérateurs, les climatiseurs, les mousses, et les aérosols. La question de l’ozone, vue d’Afrique, mobilise les organismes internationaux. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) y développe depuis 2000 le programme ActionOzone, pour tenter de réduire les SAO, souvent importées et illégales, dans le quotidien des Africains. Les vieux appareils utilisant les SAO, rejetés ailleurs, atterrissent souvent sur le continent. Les SAO ont encore leur place dans nombre d’activités informelles, dont les utilisateurs ignorent souvent les dangers. Les SAO font aussi l’objet d’un commerce parallèle, où codes illégaux, fausses licences, ou étiquettes tronquées, permettent d’introduire et d’échanger des produits dangereux. Plus grave, l’agriculture de beaucoup de pays africains emploie du bromure de methyle. Mais ces préoccupations pour la couche d’ozone, noyées dans une nébuleuse de problèmes environnementaux et sanitaires au moins aussi graves, ont du mal à pénétrer sur un continent qui produit peu de SAO. Et où la consommation de produits néfastes reste dérisoire comparée au reste de la planète.

Cette année, l’Angola accorde une attention particulière à l’ozone, d’où cette BD. Le pays souhaite participer pleinement au programme d’élimination progressive de ces substances qui détruisent la couche d’ozone. Et souhaite éviter à sa population mélanomes, et autres cancers de la peau, et de la cataracte. Je n’ai pas trouvé la BD, en lien, le rapport du PNUE sur l’Afrique et le Protocole de Montréal, un peu long à arriver, version PDF….

M.J


Publié le 5 mars 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.