Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Focus », paradis artificiel pour les poissons.

Bonjour,

Ross Power, artiste environnementaliste, projette d’exposer au fond des océans. « Focus », une gigantesque sculpture, sera immergée près de Miami Beach, en Floride. Cette démarche, qui vise à créer des habitats pour les poissons à partir d’oeuvres métalliques, annonce six projets similaires. Après la Floride, Ross noyera ses créations aux Bahamas, au Baléares, en Grèce, en Thaïlande, à Hawaï, et en Californie. L’artiste conçoit la structure, l’océan l’habille, et la conserve.

Ross Power sculpte depuis les années 70. Avant d’exposer dans le fond des océans, il imagine un certain nombre d’œuvres, destinées aux jardins. En 1985, il commence à s’intéresser aux fonds marins, et crée le Key Largo Undersea Art Gallery.
« Future Wave » et « No turning back », deux sculptures, sont immergées dans ce musée des profondeurs pendant une année, le temps que la mer les patine. Les sculptures émergent, transformées. Ross décide alors d’associer l’univers aquatique à son processus de création. Il abandonne ses conceptions à l’océan pour qu’il les transforment en petits écosystèmes.

Ross conçoit « Focus », un projet de récifs artificiels, immergés dans sept points du globe. Cette sculpture métallique à quatre pieds, mesure 2,4 mètres de hauteur, pour 4,2 mètres de diamètre. Solidement ancrée à plus de 12 mètres de profondeur, elle est conçue pour permettre la circulation de l’eau, et capter les changements de lumière. Le support en fer, non toxique, est soumis à un processus de calcification auquel participent les coquillages, les coraux, ou les éponges. La sculpture, travaillée par la mer, est appelée à devenir un habitat pour les poissons. « Focus », démarche environnementale, doit stimuler notre conscience écologique: « En nous intéressant à l’océan, nous utilisons une métaphore pour mieux comprendre la vie. Nous pouvons seulement prendre conscience de son vaste potentiel en reconnaissant, d’abord, sa nature fragile. »* C’est l’artiste qui le dit.

Ross explique sa démarche…

Et pour en savoir un peu plus sur les récifs artificiels, un compte-rendu d’IFREMER...

* « As we focus on the ocean we create a metaphor for better understanding life itself. We can only realize its vast potential by first recognizing its fragile nature.”


Publié le 30 juin 2008 par marlene dans Art,Ecosystèmes.
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Pour jouer les écolos…

Bonjour,

Trouvé sur le net quelques petits jeux interactifs, liés au changement climatique et aux questions d’environnement. A vous de plancher, et de trouver les stratégies viables. Le premier, édité par l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), s’appelle « Protégeons l’eau ». Le joueur est parachuté dans un village, quelque part en Afrique. Il doit l’approvisionner en eau potable. Il doit également placer l’école dans un environnement sain, condition pour qu’elle soit fréquentée par les élèves. Le village, qui traverse une période de sécheresse, est encore menacé par les inondations………

http://www.unicef.org/voy/french/explore/wes/explore_1818.html

Le second, mis en ligne par l’’AEE (Agence européenne de l’Environnement ), accessible en 26 langues, vous transporte sur l’île d’Honoloko. Honoloko fonctionne comme notre planète, et le comportement de ses habitants y détermine la qualité de vie. Le joueur, promu « éco-agent », est invité à réfléchir sur l’eau, l’air, les transports, ou l’industrie. Il devra prendre les décisions qui soulagent cet environnement insulaire, et améliorent la santé de ses habitants. L’idée est aussi de souligner la relation entre « environnement » et « santé », notamment celle des enfants.

http://honoloko.eea.europa.eu/Honoloko.html

Moins ludique sur le site de Météo France, mais super intéressant, les changements liés au réchauffement climatique. Une information sur l’effet de serre et ses origines, c’est toujours bon à rappeler, mais surtout l’évolution d’une ville française, Amiens, au cours du siècle précédent. De 1900 à 2000, on apprend combien de jours de pluie a connu le grand – père, le père, et le fils. Evolution des températures en prime. Du concret. Météo France, qui envisage l’avenir, nous incite à changer nos habitudes en matière de transports, et nous donne quelques petits conseils à usage domestique, une douche plutôt qu’un bain….

http://www.meteofrance.com/FR/pedagogie/jeunesse_et_jeux/rechauffement_jeunesse/index.html

In English, sur le site de la BBC, « Climate Challenge ». Ce jeu interactif, développé par Red Redemption, vous propulse Président de l’Union Européenne. Et c’est à vous de gérer les questions liées à l’environnement et à l’écologie, durant la décennie 2000- 2010. Beaucoup de décisions à prendre pour freiner les effets du changement climatique, c’est-à-dire faire la différence entre un futur viable et une évolution dramatique pour l’Europe, et l’humanité. Mais attention, des mesures très impopulaires risquent de vous faire perdre votre siège à la tête de l’Union européenne…..

http://www.bbc.co.uk/sn/hottopics/climatechange/climate_challenge/

Enfin, toujours en Anglais, et en provenance d’Australie, diffusé par ABC (Australian Broadcasting Corporation), « Planet Slayer ». Avec trois petits cochons, l’Australien moyen qui produit 24,6 tonnes de CO² au cours de sa vie, vous, et l’écolo, 3 tonnes de CO² seulement. Vous commencez, « start » en rouge et à droite, et on vous pose un certain nombre de questions – numéros en rouge, en haut et à gauche – sur votre façon de vous déplacer, d’habiter, sur l’origine de votre énergie, et sur le montant de vos factures. Pour faire le bilan, vous cliquez sur la tête de mort placée en fin de numérotation. Et là, si les réponses ne sont pas brillantes, on vous diagnostique en combien de temps vous allez épuiser votre «crédit-planète ». Ou combien d’années il vous reste à vivre si vous continuez à ce rythme là. Sympa, non ?

http://www.abc.net.au/science/planetslayer/greenhouse_calc.htm

M.J.


Publié le 23 juin 2008 par marlene dans Climat,Développement durable
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Des Africains au Japon….

Bonjour,

Bono pique une colère contre le G8. Le leader du groupe U2 invite les pays les plus industrialisés de la planète à tenir leurs promesses d’aide au continent africain. Le G8, qui devait verser une enveloppe de 22 milliards de dollars à l’Afrique, a quelques arriérés. Trois ans après l’engagement, l’Afrique n’aurait reçu que 14% de la somme, soit 3 milliards de dollars. D’où, le coup de gueule de Bono qui mise sur Nicolas Sakozy, et la France qui doit prochainement prendre la présidence de l’Union européenne, pour faire avancer le dossier. Début juin, lors d’un coup de fil à Bono, Nicolas Sarkozy, conscient de « l’urgence à agir » en faveur du développement africain, l’avait assuré de son soutien. Bono-Sarkozy, même combat pour l’Afrique. Pourtant, il semblerait que la France soit moins généreuse que prévu. En 2007, Paris a réduit de 66 millions de dollars son aide à l’Afrique subsaharienne. En 2005, la France s’était pourtant engagée à consacrer 0,7% de sa richesse nationale à l’aide publique au développement, d’ici à 2015. Elle était de 0,47% du PIB en 2006, et de 0,39% en 2007. De passage à Paris avec Bob Geldof, son Second, épaulé par Yannick Noah, Bono compte quand même sur le soutien de Sarkozy pour inciter le G8 à tenir ses promesses. Le prochain sommet du G8 doit se réunir à Hokkaïdo, au Japon, début juillet.

Bono, chanteur militant, est à l’origine de One, une organisation humanitaire, créée en 2004. One, qui se bat contre l’extrême pauvreté et les grands maux de la planète, SIDA ou paludisme, demande aux gouvernements des pays riches de participer à ces combats. Et d’y apporter des fonds. One, qui se réfère aux engagements du G8 en 2005 en faveur de l’Afrique, publie un rapport annuel qui mesure l’avancée des promesses. Flash Back. En 2005, Bob Geldorf organise « Live 8 » , une série de huit concerts organisés dans les pays du G8, avant le sommet de Gleneagle, en Ecosse. Cette manifestation accompagne la campagne britannique « Make poverty history » ( Abolissons la pauvreté ), qui vise à faire pression sur les dirigeants occidentaux pour alléger le fardeau de l’Afrique. A Gleneagle, les pays riches conviennent de doubler l’aide au développement des pays africains, d’ici 2010. Cet objectif, plusieurs fois révisé à la baisse, devait donc avoisiner les 22 milliards de dollars en 2010. Et Bono trouve que le compte n’y est pas. One commente ce retard: « Le rythme insuffisant de l’aide du G8 et de l’Union européenne à l’Afrique est très inquiétant. » Et toujours selon One, l’allègement de la dette combinée à l’augmentation de l’aide entre 1999 et 2005, aurait permis de vacciner 26 millions d’enfants entre 2001 et 2006. Et grâce à ces mesures, près de 30 millions de petits Africains auraient pu, pour la première fois de leur vie, prendre le chemin de l’école. (1)

Et c’est encore pour évoquer le retard, et regretter le manque d’enthousiasme du G8 à honorer ses promesses de 2005, que l’Afrique s’est réunie à Yokohama, au Japon, du 28 au 30 mai dernier. Cette quatrième conférence internationale sur le développement africain (TICAD), a connu une certaine affluence, l’évènement n’a lieu que tous les cinq ans. Michel Temman, correspondant de Libération à Tokyo, évoque le succès de ce rendez-vous : « Des centaines de billets d’avion. Des dizaines de coucous présidentiels et de vols venus de toute l’Afrique transportant d’énormes délégations (plus de 120 personnes pour celle du Gabon). Des bataillons de gardes du corps. D’interminables ballets de limousines et de voitures blindées. Pas loin de 3 000 hôtes logés durant trois à quatre jours dans les plus beaux hôtels de Yokohama, dans les suites des Intercontinental, Pacifico et autres enseignes de prestige… »Lire la suite, qui n’est pas sans intérêt….

Allez, un peu de musique pour se détendre….

M.J

(1)AFP, 18 juin 2008.


Publié le 20 juin 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
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Un vieux livre aborigène menacé par un gisement de gaz.

Fat Tail Kangaroo.

Standupfortheburrup, lien vers la gallerie…

Bonjour,

La péninsule de Burrup, un petit territoire situé sur la côte Nord Ouest de l’Australie occidentale, dans l’archipel de Dampier, est au cœur de rivalités. D’un côté, le géant pétrolier australien Woodside, qui souhaite exploiter du gaz naturel liquide dans une région déjà métamorphosée par les activités minières, la pétrochimie et le gaz. De l’autre, une poignée d’aborigènes, descendants des Yaburrara massacrés à la fin du XIX° siècle, accrochés à un territoire ancestral « sacré », parsemé de stèles et de gravures rupestres, qui datent de plusieurs milliers d’années. Le gouvernement fédéral australien, qui tire largement profit des sources d’énergie exploitées dans l’archipel de Dampier, et exportées vers l’Asie toute proche, soutient, plutôt, Woodside dans son projet d’extension. Le gouvernement d’Australie occidentale est encore plus favorable à Woodside. De l’autre côté, leaders politiques, organisations de sauvegarde des sites, ou associations d’indignés, soutiennent ce paysage aborigène unique, qui raconte aussi l’histoire de l’humanité. Retour sur ce petit bout de territoire, prétexte à conflits entre « profits », et « mémoire ».

La péninsule de Burrup, Murujuga pour les Aborigènes, ou « hip bone sticking out »*, offre une collection unique d’anciens pétroglyphes, des dessins symboliques gravés sur pierre, sans doute plus d’un million de pièces, dont certaines remonteraient à 30.000 ans, ou plus probablement à 10.000 ans, époque du dernier âge de glace. Ces pierres gravées évoquent la terre et l’air, représentent des animaux marins, le Tigre de Tasmanie aujourd’hui disparu, des formes humaines, ou des motifs géométriques. Elles témoignent d’activités séculaires sacrées, de croyances et de pratiques aborigènes anciennes, toujours actuelles. Le site comprend également des pierres levées. Elles étaient destinées à marquer la situation d’une ressource naturelle. Elles servaient encore des rites traditionnels, lors desquels on demandait la multiplication d’un animal, ou d’une plante particulière. Burrup et l’archipel de Dampier, paysage culturel façonné il y a quelques milliers d’années, racontent à la fois l’histoire des Aborigènes, l’évolution des espèces, et les débuts de l’humanité dans cette région du monde. Mais, pour les Aborigènes, ce lieu porte aussi la mémoire d’un massacre.

Les habitants de l’archipel de Dampier, et des terres environnantes, s’appellent les Yaburrara, groupe linguistique et culturel apparenté au Ngaluma. En 1699, William Dampier accoste sur l’une des îles de l’archipel, qui va prendre son nom. Il repère juste de la fumée. Un peu plus d’un siècle plus tard, Philip Parker King’s, explorateur- cartographe, rencontre ces Aborigènes. En 1861, F.T Gregory, accoste lui aussi, et établit un campement pour explorer la région du Pilbara. Rapidement, les Européens commencent à s’installer dans cette région, l’archipel de Dampier devient le repère des baleiniers, et des pêcheurs de perles. Les Yaburrara ne s’en remettront pas. Ils sont exploités, fragilisés par des maladies importées par les Européens, et victimes d’un massacre orchestré par le gouvernement d’Australie occidentale, en 1868. Parmi ceux qui se battent aujourd’hui pour leur territoire, certains se réclament encore d’ascendance Yaburrara, ils appartiennent plus probablement aux Ngaluma, et à ses peuples qui visitaient ces sites sacrés pour leurs cérémonies. C’est d’ailleurs sur l’argument de la fin des Yaburrara qu’une Haute Cour de Justice refuse, en 2003, l’héritage de cette terre, dont le titre de propriété revient à l’Etat, et non aux sous- groupe des Ngaluma. Pirouette judiciaire qui évoque une bataille de plusieurs décennies qui oppose les Autorités et les partisans d’un développement industriel, aux communautés aborigènes et à leur protecteurs. Pour en savoir un peu plus sur plusieurs décennies de rivalités sur la presqu’île de Dampier

Aujourd’hui, près de 40% de la presqu’île de Dampier ressemble à un parc industriel qui accueille gaz, pétrochimie, et autres infrastructures destinées aux activités de Woodside. En 2005, Woodside pousse un peu plus loin, et demande l’autorisation pour la construction d’un projet destiné à exploiter du gaz naturel liquide. L’année suivante, l’Autorité pour la protection de l’Environnement d’Australie occidentale, approuve le projet. Et le Ministère des Affaires indigènes donne son aval pour détruire 150 sites de pierres gravées, situés sur les lieux du projet. Quelques unités de production pétrochimiques sont encore au programme. Dans les années 80, Woodside a déplacé 1760 sites avec des pétroglyphes, stockées par la compagnie. On estime qu’entre 20 et 25% d’un patrimoine de pierres gravées, jamais réellement recensé, se sont perdues. Et ce qui reste, notamment sur l’île principale de l’archipel, est attaqué par les émissions acides de l’industrie, et autres polluants. Un texte, à propos d’un documentaire d’Arte sur le sujet, précisait les raisons d’un gâchis qui continue : « Le volume des exportations vers une Asie orientale avide d’énergie génère des emplois, les recettes sont gigantesques ; un tiers du produit intérieur brut de l’Australie est réalisé sur le littoral de l’archipel Dampier. »

En juillet 2007, le Gouvernement Fédéral d’Australie reconnaît la valeur du patrimoine de la péninsule de Burrup, qu’il décide de protéger à 99%, laissant Woodside réaliser son projet d’exploitation de gaz liquide. Pendant ce temps, l’association « Friends of Australian Rock Art » fait circuler une pétition adressée au Parlement régional d’Australie Occidentale sur internet, histoire de dire franchement « non » au projet de Woodside…

Mai 2007, l’association Get Up se félicite d’une courte victoire sur l’industrie 

M.J

*A peu près : « Os de hanche saillant »…


Publié le 17 juin 2008 par marlene dans Australie aborigène.,Non classé
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Le coût de la pollution en Chine du Sud.

Bonjour,

La pollution de l’air en Chine du Sud a causé la mort d’environ 10.000 personnes en 2006, conclusion d’une enquête menée par la Civic Exchange , et publiée mercredi à Hong-Kong. La pollution atmosphérique serait encore responsable de 44.000 hospitalisations de jour chaque année, et de 11 millions de visites chez le médecin. La zone balayée par l’enquête, Hong-Kong, Macau, et le Delta de la Rivière des Perles rejoint la Mer de Chine, est une région économique très active.
 

Le Delta de la Rivière des Perles , ou « l’arrière-pays » de Hong-Kong, a connu une croissance économique ultra – rapide depuis le début des réformes en Chine. L’étude révèle que les régions de Guangzhou et de Foshan,  très industrialisées, sont particulièrement affectées par des niveaux élevés de dioxyde de soufre (SO²) ,production des petites centrales de charbon, et à l’origine de maladies cardio-vasculaires. De son côté, Hong-Kong est confrontée à deux sources majeures de pollution. La première, causée par les émissions de voitures diesel, se situe au niveau des rues. L’autre, provoquée par les moteurs des véhicules, l’industrie, ou les centrales d’énergie, produite à Hong-Kong ou diffusée par l’activité du Delta, prend la forme d’un smog.  Déjà en 2000, la pollution atmosphérique de Hong-Kong, avait provoqué 4000 décès, maladies respiratoires, cardio-vasculaires, ou cancers du poumon.

 

 

Coût humain, et coût économique. L’étude révèle encore que les hospitalisations, les visites médicales, et la baisse de la productivité représentent  6,7 milliards de Yuans, chaque année. Un peu moins de 968 milliards de US dollars. Ce coût, réajusté en fonction de paramètres économiques, serait sept fois plus élevé dans la région du Delta, qu’à Hong-Kong. Cependant, la ville, grosse place financière mondiale, pourrait devenir moins attractive, et perdre de son prestige, en raison de son atmosphère saturée.

Le rapport souligne que la relation entre la qualité de l’air et la santé des habitants n’est pas  suffisamment prise en compte par les Autorités. Et ce n’est pas faute d’information. Au cours des 25 dernières années, de nombreux journaux, locaux et internationaux, se sont emparé du sujet, près d’une quarantaine d’articles au total. L’étude conseille aux dirigeants de tendre vers les normes de pollution américaines, ou européennes. Elles devraient développer un plan pour améliorer la qualité de l’air, et tenir la population informée de l’évolution, en temps réel, de la pollution atmosphérique. Pourtant, depuis juin 2007, Hong-Kong s’intéresse à la qualité de son air, histoire de le rendre plus respirable dans les années à venir. Opération relayée par « Clear the air », une initiative de volontaires. Ce qui n’empêche pas le port du masque dans les rues de Hong-Kong…

M.J


Publié le 12 juin 2008 par marlene dans Actualité,Pollution atmospérique.
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« Kick the CO² Habit ».

Bonjour,

“Kick the CO² habit”, incite le PNUE ( Programme des Nations Unies pour l’environnement.), qui publie un guide pour nous inciter à diminuer notre dépendance au CO², sans révolutionner notre style de vie. Ce livre , disponible seulement en Anglais, s’adresse aux nantis de la planète, Europe, Amérique du Nord, Australasie, et aux habitants des grandes métropoles émergentes. Le lancement de ce guide a eu lieu à Wellington, le 5 juin dernier, journée mondiale de l’environnement. La Nouvelle Zélande , qui a été l’un des premiers pays à s’engager pour un « climat neutre », affiche une image de pays « propre ».

Extraits du communiqué de presse , on commence par les petits gestes du quotidien. Pour se réveiller, réveil mécanique, gain CO² par rapport à un appareil électronique, 42 grammes par jour. La brosse à dent est classique, gains CO² similaire par rapport à une une brosse électrique. Les tartines, plutôt grillées au toaster qu’au four, 170 grammes de CO² économisés pour 15 minutes. La douche, équipée d’une fonction réduction d’eau, soit dix litres d’eau gagnés par minute, sans compter l’économie d’énergie et de CO², émissions divisées par eux pour une douche de trois minutes. Les vêtements, plutôt séchés sur le fil que dans un sèche- linge, soit 2,3 kg de CO² gagnés par jour. En partant de chez soi, ne pas oublier d’éteindre les ampoules basse consommation, même si elles produisent quatre fois moins de CO² qu’une lampe traditionnelle de 60 Watts. Idem pour l’ordinateur, qui doit toujours être coupé quand on ne s’en sert pas. Et bien sûr, en sortant de chez soi, préférer le train à la voiture personnelle pour se rendre a travail, une économie de 1,7 kg de CO² pour une distance de 8 km. Et pendant que vous travaillez, chauffage, climatiseur, lampes, et appareils ménagers se reposent, soit une économie d’énergie supérieure à 10% de la consommation totale de la maison. Pour le sport, 45 minutes de jogging dans le parc d’à côté valent mieux que le step du club de fitness du quartier, gain 1 kg de CO².

Prendre l’avion rend presque dérisoire les petits gestes du quotidien. Un vol transatlantique, aller-retour, vous coûte l’équivalent en CO² d’une « année-voiture », culpabilité en prime. Le PNUE, qui invite à prendre le train pour de petites distances – trois fois moins de CO² par passager que l’avion -, multiplie les conseils à l’attention des compagnies aériennes, des voyagistes, et des voyageurs. Les compagnies aériennes sont incitées à convertir leur « miles-avion » en « miles-train ». Quelques compagnies collaborent déjà avec le rail, mention spéciale pour Continental Airlines, et pour Air France qui combine train et avion en France et vers la Belgique, avec son billet « tgvair ». Les compagnies aériennes devraient coopérer pour optimiser le taux de remplissage des avions jusqu’à 80%, contre 65% en moyenne pour l’Union européenne. Et pourquoi ne pas augmenter le tarif « business », juste pour montrer à ces privilégiés qu’ils prennent un peu trop de place, notamment celle d’autres voyageurs. Et puis, c’est tellement plus sympa de voyager plus proche les uns des autres, si si, c’est écrit dans le communiqué de presse. Le PNUE parie encore sur l’innovation technologique, et l’efficacité du transport aérien. Coup de chapeau à l’Airbus 380, un gros porteur qui consomme moins de 3 litres de kérosène par passager, pour 100 km. Et bientôt, un avion d’Air New Zealand, la compagnie néo-zélandaise, pourrait bien voler avec du carburant, élaboré à partir de plancton marin. Et conseil aux voyagistes, vendre des billets sans escales. Quand aux voyageurs, ils sont invités à réduire leurs bagages, moins de 20 kg, ce qui manque est en vente à l’aéroport d’arrivée. Un effort collectif concernant le poids des valises qui permettrait d’économiser 2 millions de tonnes de CO², par rapport au total annuel. Quand même.

Particuliers, entreprises, transports, ou clubs de foot, le PNUE sollicite un effort collectif, pour se créer de plus beaux lendemains. Ils ont quand même calculé qu’un foyer, dans un pays comme le Royaume Uni, pouvait économiser environ deux tonnes de CO² par an en misant sur l’efficacité énergétique de la maison, l’isolation des bâtiments, et en optimisant les systèmes de chauffage et d’éclairage. Reste à agir, et à faire passer le message. Allez, je vous offre un voyage en Nouvelle Zélande, l’équivalent de deux vols transatlantique A/R, soit la valeur CO² de deux « années-voiture », pour quelques milligrammes, seulement, de culpabilité.

M.J


Publié le 11 juin 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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La faim justifie peu les moyens.

Bonjour,

La crise alimentaire, un sujet qui me préoccupe, j’en ai déjà beaucoup parlé. Le sommet de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation), réuni à Rome la semaine dernière pour tenter de définir une stratégie alimentaire mondiale, est un fiasco. Jean Ziegler, ancien rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation est en colère : « l’intérêt privé s’est imposé, au lieu de l’intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d’aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre »… Selon Jean Ziegler, la Conférence n’a pas répondu à trois questions majeures: les biocarburants, la spéculation, et le soutien à une petite agriculture de subsistance dans les pays pauvres.

Le bilan se résume à deux promesses, un concentré de bonnes intentions. Le nombre de personnes souffrant de la faim devrait être réduit de moitié, d’ici  2015. Ce qui revient à régler, demain, le sort d’une bonne partie des 860 millions de personnes qui souffrent, aujourd’hui, de malnutrition. Autre promesse, 6,5 milliards de dollars de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde. Dans le document final, Cuba a obtenu à l’arraché que « les aliments ne soient pas utilisés comme des armes de pression politique unilatérale ». Plus une mention pour un « droit à l’alimentation ». 

 

 

Il y a quelques semaines, Libération se rappelait de 1968, et titrait : « Sahel, le début de la faim ». 1968, c’est l’année qui annonce trois décennies de sécheresse, et un processus de désertification associé, dans cette bande aride qui évolue entre le Sahara, au nord, et l’espace tropical, au sud. Cette zone du continent africain, qui va de l’Atlantique à la Mer Rouge, s’appelle aussi Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, nord du Bénin, et du Nigeria, et plus à l’est, Tchad, et Soudan. En 1972, la sécheresse décime les troupeaux, et affame les populations. Jeune Afrique rapporte alors : « Le spectacle est devenu familier à Cotonou. On se bouscule, on se piétine, on se bagarre même pour pouvoir acheter quelques kilos de maïs. La nourriture de base dans le pays est devenue rare. La mesure locale (5 kilos environ) qui coûtait en temps normal 75 à 100 francs CFA s’achète aujourd’hui 750 à 825 francs ! »…Plus loin, « L’année suivante, les « guetteurs de famine de la FAO », comme ils sont surnommés, lancent un appel alarmant, relayé par les médias occidentaux : « Six millions d’hommes sont menacés de mort en Afrique ». Un tiers de la population sahélienne. Jeune Afrique écrit : « Un fléau d’un autre âge, la famine, menace hommes et bêtes. » ». 

Sécheresses, désertification, biocarburants, spéculations, déséquilibre du commerce alimentaire, le problème de la faim a toujours beaucoup d’explications, suscite beaucoup d’indignation, prétexte à bonnes intentions, mais n’inspire pas beaucoup de vraies solutions. Il a raison d’être en colère, Jean Ziegler.

M.J


Publié le 9 juin 2008 par marlene dans Actualité,crise alimentaire
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Les aventures de la Spiral Jetty.

Bonjour,

L’idée était de faire une pause, d’oublier les dérèglements climatiques, les bouleversements environnementaux, ou les dysfonctionnements du système alimentaire mondial, pour parler d’autre chose. Un sujet sans catastrophe. C’est réussi. Zoom sur la « Spiral jetty », une œuvre majeure du Land Art, engloutie plusieurs fois, et menacée par un forage pétrolier. Mais, retour sur la création de l’oeuvre.


En 1970, Robert Smithson crée la Spiral Jetty , une immense bande qui s’enroule à la manière d’une spirale dans les eaux du Grand Lac salé, dans l’Ouest américain., au cœur du pays mormon. Il n’est pas tout seul. Une armada d’automoteurs à deux roues, de Caterpillars, et plus de 600 personnes remuent boue, terre, et roches pour fonder les lignes dessinées par l’artiste. La forme de l’œuvre s’inspire du site. La spirale s’inscrit dans la topographie du lac pour évoquer un tourbillon mythique, probablement situé en son centre. L’esquisse suggère encore les formes circulaires des dépôts de sel sur les rochers. Smithson aurait été séduit par les contrastes de ce site situé sur la rive nord du Grand Lac salé, une eau rose-orangé due à la prolifération d’une algue marine, les cristaux blancs du sel accumulé alentour, et les masses de basalte noir environnantes. L’œuvre, qui mesure 457 mètres de long, et 4,6 mètres de large, est l’une des constructions les plus emblématique du Land Art, ce mouvement qui préfère la nature aux musées.

Robert Smithson , disparu en 1973 dans un accident d’avion, appartient à la famille du Land Art. Après des études de dessin et de peinture à New York, et une période abstraite, l’artiste se tourne vers la sculpture. Au début des années 60, il commence à créer des œuvres démesurées qui mêlent géométrie, et fabrication industrielle. Smithson, affilié au Land Art, pratique le Earthwork, le terrassement, une démarche qui suppose une création dans le paysage, à base de terre. L’artiste, qui considère que la nature n’a pas achevé son processus de transformation, se propose de l’aider. Il récupère les matériaux trouvés sur place, et utilise des machines pour construire des œuvres gigantesques. Il concilie la technologie et les éléments naturels. Smithson, fasciné par l’entropie, souhaite que son œuvre se dégrade pour rendre à l’environnement les éléments empruntés. Et revenir au premier stade, avant son intervention. La spirale de la Spiral Jetty a aussi été interprétée comme le symbole de l’évolution, la traduction d’une dynamique « construction – destruction ».


Quand Smithson construit la Spiral Jetty, le niveau du grand lac salé est particulièrement bas, conséquence d’une sécheresse. En 1972, une montée des eaux engloutit l’œuvre. Depuis, l’œuvre devient accessible quand les conditions climatiques jouent sur le niveau du lac. En 1999, l’œuvre est à nouveau découverte. En 2003, sa réapparition est le sujet d’un carnet de route. Au printemps 2005, elle est à nouveau partiellement submergée. Bien plus grave, la Spiral Jetty, acquise par la Dia Foundation de New-York en 1999, est aujourd’hui menacée par un forage pétrolier. Depuis, la Dia Foundation, qui défend cette pièce symbolique du Land Art, les écolos de la région qui craignent pour un écosystème d’importance, affrontent la Pearl Montana, une compagnie canadienne qui ne demande qu’à forer…

M.J.


Publié le 5 juin 2008 par marlene dans land art
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Le goût du riz japonais.

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les habitants des quartiers pauvres des grandes métropoles des pays en développement, les prix agricoles resteront élevés pendant les dix prochaines années. La nourriture, appelée à devenir plus accessible qu’en ce moment, pèsera encore sur budgets des ménages les plus pauvres. L’alimentation restera plus chère qu’au cours de la décennie précédente, avec des variations importantes. Ce scénario est décrit dans les « Perspectives agricoles », publication conjointe de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique ) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture.) Pendant que la FAO, réunie en ce moment à Rome, tente de définir une stratégie pour sortir de la crise alimentaire, le Japon propose ses stocks de riz aux Philippines, et à l’Afrique. Producteur excédentaire, et importateur de riz malgré lui, le Japon a des réserves à écouler.

Le Japon, neuvième producteur mondial de riz, près de 9 millions de tonnes en 2007, est obligé d’en d’importer des Etats- Unis, de Thaïlande, ou du Vietnam, pour coller à la réglementation de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Chaque année, 770.000 tonnes de riz sont débarquées sur l’archipel. (1) (2) Ces riz importés, peu adaptés au goût japonais, et délaissés au profit de la production locale, sont stockés. Ces réserves s’ajoutent à la surproduction locale. Et dans un pays, traditionnellement associé à la riziculture et au riz, on en consomme moins qu’avant. Changement de régime pour des Japonais qui mangent plus de pâtes, de pain, et de plats occidentaux, mais qui avalent quand même, en moyenne, plus d’un kilo de riz par personne, et par semaine. Pendant que de nombreux pays producteurs de riz stockent leurs réserves, notamment pour ne pas en manquer chez eux, le Japon a décidé d’exporter. Le pays a l’intention de vendre 200.000 tonnes de riz aux Philippines, et 20.000 tonnes à cinq pays africains.

On pense que la culture du riz au Japon remonte à 2500 ans. C’est le « pays du riz abondant », satisfaction japonaise. Le riz est la principale culture des campagnes de l’archipel, les rizières occupent près de 40% des terres cultivées.(3) Les parcelles sont petites, moins d’un hectare en moyenne, avec une production très mécanisée. Le riz, semé dans la quasi-totalité des 2,3 millions d’exploitations du pays, reste une activité secondaire pour la majorité des agriculteurs, taille des parcelles explique. A l’échelle du pays, la riziculture pèse d’ailleurs moins dans l’économie que par le passé. Le riz japonais, subventionné et protégé par des droits de douane qui contrarient son commerce, est un riz cher. Sur le marché international, et au Japon. Le gouvernement protège ses riziculteurs, qui sont aussi des électeurs. Si tout le pays cultive des variétés améliorées du riz Japonica, c’est le Koshihikari qui a la cote, dans les rizières, et dans les bols. Au Japon, le goût du riz est un critère d’importance.(1)(2)

Il y a quelques mois, le gouvernement japonais s’est inquiété du réchauffement climatique, et de ses conséquences sur la production de riz. Durant la dernière décennie, la température moyenne de l’archipel s’est élevée de 0,2°C à 1°C, par rapport aux trois décennies antérieures. Les scientifiques, qui cherchent pour le compte du gouvernement, craignent qu’un réchauffement plus important affecte la production, et la qualité d’un riz. La céréale, très sensible aux variations de température à chaque stade de sa croissance, devient très vulnérable en fin de cycle. Un climat plus chaud pourrait faire échouer la pollinisation du riz, ou modifier l’apparence des grains. Mais difficile de prédire le comportement du riz sous des températures plus élevées, quand la force du vent, sa direction, ou l’altitude des cultures, influencent aussi son développement. Reste un point qui préoccupe les japonais, le goût du riz. « Ce serait une honte si le riz japonais, de haute qualité, perdait son goût à cause du réchauffement climatique. », a commenté un habitant de Tokyo.

M.J

(1) « En pleine crise alimentaire mondiale, le Japon ne sait que faire de son riz », Roland de Courson, 23-05-22008 AFP- (2) AIR, Le riz dans le monde, le Japon, FAO, 2004. (3) http://genma.free.fr/ninoto/article.php3?id_article=203


Publié le 3 juin 2008 par marlene dans Actualité,Alimentation,Japon
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