Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, « l’oublié de Kyoto »  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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Les Grands Lacs et la Maison Blanche.

Bonjour,

Après le climat et les questions d’énergie, le nouveau Président des Etats-Unis devra s’attaquer à un autre gros dossier environnemental, la pollution des Grands Lacs. Un dossier qui, d’après la presse américaine, tend à s’imposer dans la campagne présidentielle. La région des Grands Lacs, qui chevauche la frontière entre les USA et le Canada, comprend quelques Etats – clé pour cette élection : Ohio, Pennsylvania, Indiana, Minnesota, et le Wisconsin. Sans oublier l’Illinois et New-York, considérés « acquis » à Obama.(1) John MacCain et Barack Obama ont promis aux électeurs de réhabiliter ce vaste système de zones humides corrompu par les rejets polluants industriels, urbains, et agricole. Et qui représente 90% des réserves d’eau douce de surface du pays.

Un endroit intact, jusqu’à l’arrivée des Blancs.

Rapide exposé du problème. Les Grands Lacs, le « quatrième littoral » des Etats-Unis, est le système d’eau douce le plus étendu au monde, 250 000 km², près de la moitié du territoire français. Situé sur l’espace frontalier entre le Canada et le Etats-Unis, cet ensemble comprend cinq grands lacs, Supérieur, Huron, Michigan – le seul qui soit totalement assis sur le territoire des Etats-Unis -, Erié, et Ontario. L’ensemble, associé au fleuve Saint Laurent, présente un réseau complexe de petits lacs secondaires et de chenaux.

Dès le milieu du XIX° siècle, l’accès à l’eau, puis l’aménagement de nombreuses voies navigables, y attirent les industries, métallurgie, chimie, automobile, papeterie, ou produits manufacturés. L’agriculture s’y développe sans rendre de comptes à l’environnement. Chicago, Detroit, Milwaukee, ou Cleveland, grossissent à proximité. Un siècle et demi plus tard, la densité industrielle et urbaine et les activités agricoles ont fini par dénaturer ce complexe de zones humides, resté à peu près intact jusqu’à l’arrivée des Blancs. De fait, cette pollution apparaît dès les années 60. Les rejets industriels toxiques, les contaminations d’origine agricole, les égouts refoulés par les villes, ou les sels de déneigement, ont eu raison de la qualité de l’eau. Les pluies nourries en pesticides, les nuages polluants issus des usines, et les émanations urbaines ont vicié la qualité de l’air. L’invasion de la carpe asiatique et la prolifération d’algues ont dénaturé les écosystèmes. En lien, une approche fouillée de la pollution dans le système des Grands Lacs.

Le dixième de la population des USA.

En 1972, Les Etats-Unis et le Canada signent un premier accord sur la qualité de l’eau des Grands Lacs, coopération renouvelée en 1978. Les deux pays s’engagent à restaurer les écosystèmes, et à les maintenir en bonne santé. Pendant deux décennies, les rejets toxiques diminuent, sans s’arrêter complètement. Mais la concentration de sédiments contaminés dans les rivières qui alimentent les lacs reste inquiétante. Ces produits contaminants affectent la faune et la flore des Grands Lacs, sans épargner les poissons, et les riverains. En 2002, on estime que la santé de cinq millions de personnes est menacée, des deux côtés de la frontière, en raison de la consommation de poissons contaminés. Au Etats-Unis, une trentaine de sites sont sous haute surveillance. Le pays adopte la Great Lakes Legacy Act , qui annonce un vaste programme de décontamination de la zone, relayé par la US Environmental Protection agency (USEPA) et le Great Lake National Program Office (GLNPO). En 2004, Bush classe ces zones humides « National Treasure », « trésor » partagé par le Canada. Et chaque année, The State of The Lakes Ecosystem Conference (SOLEC), dresse un état des lieux environnemental. Ce dispositif costaud est relayé par une nébuleuse d’initiatives au niveau des Etats et des régions, ou par des d’associations. The Great Lakes Commission est une organisation régionale, la seule, qui a autorité pour représenter les intérêts des huit Etats des Grands Lacs, sur des questions environnementales ou économiques. Pollutions installées, fonds difficiles à débloquer, ce vaste complexe de zones humides n’a pas retrouvé la santé. Début septembre, une coalition environnementale a insisté sur le dossier des Grands Lacs, enjeu écologique, et enjeu économique. Plus de 30 millions de personnes y vivent, le dixième de la population des USA. .

La région des Grands lacs sur la route de la Présidence.

Créer un fonds à partir d’arriérés fiscaux prélevés aux compagnies pétrolières, nommer un coordinateur, réparer les systèmes d’égouts, dépolluer les sédiments, restaurer les écosystèmes et les habitats, développer une politique « zéro toxique », Barack Obama a déjà détaillé son plan d’action pour la région des Grands Lacs. John MacCain, plus évasif sur sa stratégie, en a lui aussi fait un thème de campagne. Au passage, il a été épinglé par les Démocrates qui lui reprochent d’avoir voté contre un budget, en partie destiné à édifier une barrière dans l’Illinois pour stopper la migration de la carpe asiatique dans le lac Michigan. (2) Obama a promis d’en finir la construction, faute de quoi la fameuse carpe pourrait coûter cher aux pêcheries de la région, moins 4 billions de dollars. (1) La restauration des Grands Lacs est aussi une question d’économie régionale. Dans le Wisconsin, cette ressource naturelle rapporterait 55 billions de dollars annuels, via le tourisme et la création de 11 000 emplois. Reste la question du financement du plan de restauration des Grands Lacs, une enveloppe estimée à plus de 20 billions de dollars, alourdie par la crise financière.(1) Dans une lettre ouverte aux candidats, l’association Healthy Lakes rappelle que les deux dernières élections présidentielles ont montré que les Etats riverains des Grands Lacs pesaient pour gagner la Maison Blanche. Début septembre, Rahm Emanuel, Démocrate, représentant de l’Illinois, déclare lors d’une réunion à Chicago: « La région des Grands Lacs est clé pour gagner la présidence. »

M.J

(1) Restoring big lakes become a campaign issue /John flescher, Associated Press Friday October 17, 2008,

http://ap.google.com/article/ALeqM5gWqADKl0RU5XX6M7_ATQh43GwmswD93S6TJ00

(2) “Editorial: Obama’s Great Lakes initiative promising », Herald Times Reporter.

http://www.htrnews.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20080921/MAN06/809210381/1410


Publié le 24 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Biodiversité,USA
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MacCain-Obama: climat et énergies.

Bonjour,

Climat et politique énergétique, John MacCain et Barack Obama reconnaissent l’urgence des problèmes, mais divergent sur la façon de les aborder. John MacCain, candidat d’un Parti républicain qui vient d’admettre le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, pourrait avoir ouvert la voie à cette conversion tardive. Barack Obama, soutenu par Al Gore et choisi par le puissant Sierra Club, la plus ancienne organisation écologique des Etats-Unis, semble déjà désigné pour défendre la cause climatique. Mais les deux candidats, qui souhaitent tourner la page « Bush », auront à diriger un Etat très «addict » au pétrole et aux énergies fossiles, 87% de la consommation énergétique des Etats-Unis. (1)

Energies renouvelables contre nucléaire.

Dans un pays qui reste le premier émetteur mondial de Gaz à effet de serre, 6 millions de Tonnes/jour en 2005, soit 20% de plus qu’en 1990, Barack Obama vise une réduction des Gaz à effet de serre de 80% d’ici cinquante ans. MacCain annonce 60 à 65%. (1) (2) Pour contribuer à ces objectifs, les deux candidats misent sur le « cap and trade », plafonner et échanger, un système contraignant pour les pollueurs, assorti d’un marché de droits d’émission. Concernant le bouquet énergétique, Obama parie sur le développement des énergies renouvelables, plus 25% d’ici 2025, et 150 billions de dollars pour y arriver. Petit coup de pouce à l’efficience énergétique inclus. (3) MacCain, qui parle aussi de soleil, de vent, et d’eau, penche plutôt en faveur du nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il annonce la construction de 45 centrales, d’ici 2030. Le nucléaire, 20% de l’électricité américaine, reste un sujet sensible depuis l’accident de Three Miles Island en 1978. Barack Obama, qui reproche à l’atome ses déchets, refuse qu’ils soient enfouis à Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, un vieux projet de stockage devenu enjeu électoral.

Une société « addict » au pétrole.

Sur le front du pétrole, 40% de l’énergie totale consommée au Etats-Unis, pratiquement le quart de la consommation planétaire, les deux candidats rêvent d’une improbable indépendance.(1) 58% du pétrole est importé, en partie en provenance de zones sensibles, Moyen Orient, Venezuela, ou Nigeria. Mathew R. Auer, professeur à la School of Public and Environmental Affairs (3) détaille la stratégie des candidats pour stimuler la production locale. Obama et MacCain misent sur une production off-shore, solution partielle, sans laisser tomber l’exploitation continentale. « Use ut, or lose it », lance Obama aux compagnies qui n’utilisent pas leurs droits de forage en raison du coût des recherches, et de la difficulté à obtenir des permis fédéraux. Le candidat démocrate promet d’aider les pétroliers à réaliser les forages et à faciliter leurs démarches administratives. Le Républicain est lui plus enclin à booster la prospection continentale, sans pour autant pousser à la sur-exploitation des ressources. MacCain souhaite alléger les taxes des compagnies pétrolières, quand Obama veut augmenter les impôts sur les bénéfices exceptionnels, pour les redistribuer. Barack Obama, originaire d’un Etat qui fabrique de l’éthanol, 23% de la production nationale, soutient très fort les agro-carburants. Quand John MacCain refuse de subventionner les producteurs. Mathew R. Auer, qui analyse les propositions de chaque candidat rend son verdict. « Le plan de MacCain ressemble au programme de politique énergétique (Energy Policy Act) du Président Bush en 2005 avec une incitation à l’énergie nucléaire et un système d’impôts favorable aux compagnies pétrolières ». Un plan qui rappelle celui d’un autre Président Bush, en 1992. « Exception faite des impôts sur les bénéfices exceptionnels, le plan Obama, qui n’est pas la panacée pour une Amérique accroc au pétrole, rompt courageusement avec les politiques ternes des présidents précédents, Républicains, comme Démocrates ».

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D’après un sondage réalisé à l’échelle nationale par « Shelton Group’Eco Pulse » (4), 61% des personnes interrogées prétendent que la politique énergétique des candidats à la Maison Blanche influencera leur vote. A la question : « Le gouvernement doit-il faire plus pour réduire notre dépendance aux carburants fossiles ? », la réponse est unanime, « Oui » à 90%. « Et comment faire ? », réponses les plus fréquentes, « Investir plus dans la recherche pour trouver des alternatives » (29%), « Etre plus actifs et développer une stratégie » (16%), et « Autoriser les recherches pétrolières dans la Réserve Nationale de Faune et de Flore Arctique http://arctic.fws.gov/ et/ou le long des côtes américaines ». Invités à visiter la page « Energie » sur le site de chaque candidat pour en déterminer la meilleure, l’avantage revient à MacCain (41, 6%), qui devance de peu Obama (38,5%)…(5)

M.J.

(1) « Pétrole aux USA : gaspillage et pollution », Daniel Martin, mise à jour : 24/08/2005http://www.danielmartin.eu/Economie/Petrole-USA.htm

(2) « Climat : plus de similitudes que de divergences entre Obama et MacCain », Romandie News/ AFP- 14-10-2008.

(3) »Obama’s energy indépendance plan, eco-stewarship are far superior », Matthew R. Auer, News Observer.com, http://www.newsobserver.com/2191/story/1257233.html

(4) Shelton Group’s Eco Pulse national consumer study on green affinity reveals new data on the consumer mindset about green products, sustainable homes and green marketing. (PRNewsFoto/Shelton Group)

(5) “Energy plan will impact decision”, Suzanne Shelton http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=104&STORY=/www/story/09-26-2008/0004893108&EDATE=

 

Publié le 21 octobre 2008 par marlene dans Actualité,énergie,Climat
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OMS, Médecins du Monde: la santé pour tous.

Bonjour,

Le dernier rapport de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pointe des  inégalités flagrantes d’accès aux soins à l’échelle planétaire. Inégalités face à l’espérance de vie, quarante ans séparent désormais les pays riches des pays pauvres. Inégalités face aux dépenses publiques de santé, 6000 dollars par an et par personne pour les pays nantis, contre 20 dollars pour les plus pauvres. Sans compter plus de cinq milliards d’habitants des pays, plus ou moins défavorisés, qui règlent leurs soins directement en espèces. L’augmentation du coût de la santé et la désorganisation des systèmes de protection fabriquent chaque année 100 millions de pauvres supplémentaires. Inégalités encore face à l’accompagnement à la naissance, avec une incidence sur la mortalité des femmes et des nourrissons. “Une mortalité maternelle, infantile et des moins de cinq ans élevée révèle un manque d’accès à des services de base tels que l’approvisionnement en eau propre et l’assainissement, la vaccination et une nutrition appropriée.” regrette la Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, qui mise sur une médecine simple, et équitable. Trente ans après la conférence d’Alma-Ata, qui annonçait le développement des soins primaires dans le monde, avec l’ambition d’une santé pour tous, les inégalités en matière de « résultats sanitaires et d’accès aux soins », sont plus marquées aujourd’hui. Ce dernier rapport de l’OMS s’intitule d’ailleurs : « Les soins de santé primaires – maintenant plus que jamais ».

La santé, une menace pour la « stabilité sociale ».

Dans un monde où les riches sont mieux portants et bénéficient d’un meilleur accès à la santé, les pauvres se heurtent à un système de santé inefficace, inadapté, et souvent inabordable. Faute de moyens ou de volonté politique, beaucoup de pays pauvres ont laissé tomber l’idée d’une « médecine pour tous », excluant les plus démunis et les populations marginales. Selon le rapport de l’OMS, les conditions “d’accès inéquitable, de coûts qui appauvrissent et d’érosion de la confiance dans les soins de santé constituent une menace pour la stabilité sociale.” Le rapport pointe encore l’inadaptation d’un système qui a privilégié les maladies, la technologie, et les soins spécialisés. Cette spécialisation de la médecine, qui s’est effectuée au détriment des médecins de famille et des infirmiers, n’est pas adaptée à une demande, à la fois plus basique et plus généraliste. « Lorsque la santé est laissée de manière disproportionnée aux mains des spécialistes, toute une série de mesures protectrices et préventives tend à se perdre. », note le résumé du rapport. Selon l’OMS, la prévention permettrait de diminuer la morbidité. mondiale de 70%. Autre handicap, la marchandisation de la médecine. La recherche de profits, qui génère des examens et des actes superflus, des hospitalisations abusives, exclut aussi ceux qui ne peuvent pas payer. D’où la nécessité d’un retour vers les soins primaires, leitmotiv de ce rapport.

« Oubliés de la santé » dans un pays riche.

Inégalités à l’échelle mondiale, et inégalités à l’intérieur des pays. L’OMS cite l’exemple de Nairobi, au Kenya. Si dans les quartiers chics, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans reste inférieur à 15 pour mille, il grimpe à 254 pour mille dans les bidonvilles. Le rapport de Médecins du Monde, intitulé « L’accès aux soins des plus démunis en 2008 », montre qu’il n’y a pas besoin de voyager pour constater l’inégalité d’accès aux soins à l’échelle d’une société. Même « riche ». Ce rapport annuel, qui salue le 17 octobre, journée internationale du refus de la misère, s’intéresse aux « oubliés de la santé », la clientèle française de Médecins du Monde. L’ONG relève que 2 patients sur 10 disposent d’une « couverture maladie », quand 80% pourraient en bénéficier. La moitié d’entre eux nécessitent des soins longs, six mois. Le quart des patients qui pousse la porte de Médecins du Monde présente des pathologies lourdes, diabète ou cancer. Sans parler des taux de prévalence du VIH et des hépatites en Île de France, jugés «  inquiétants ». Des conditions de vie précaires et des prises en charges tardives, « faute d’ouverture de droits », aggravent les diagnostics. En regardant le rapport - accessible en haut de la page du dossier de presse -, on découvre que s’il existe une relation entre « misère » et « santé », les pouvoirs publics ne travaillent guère à l’adoucir : « Pour nos dirigeants, le problème n’est pas que 13,2% de la population française vive sous le seuil de pauvreté, mais qu’il puisse y avoir une petite minorité de fraudeurs parmi eux qui feraient semblant de ne rien avoir pour obtenir, qui un RMI ( revenu minimum d’insertion) , qui une CMU (couverture maladie universelle). Peu importe que pour les millions de personnes concernées tous les dispositifs deviennent au fil du temps de plus en plus inaccessibles. » En 2007, Médecins du Monde a reçu plus de 24 000 patients, tous pauvres, très souvent étrangers, et pas souvent bien logés, « des vrais malades, pas des fraudeurs » insiste Médecins du Monde qui s’inquiète pour « le droit fondamental à la santé pour tous, et en particulier pour les plus démunis… ».

M.J

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Publié le 16 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Santé.
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Michel Serres sur Nova: pour un « armistice » avec le monde…

Bonjour,

Je vous invite à perdre une heure, deux même, pour écouter le podcast de l’émission « Le Pudding », diffusée sur Radio Nova les dimanches 5 et 12 octobre derniers. Invité de Nicolas Errera et de Jean Croc, le philosophe Michel Serres. Il y parle de son dernier livre, « La Guerre Mondiale » (1), déborde du sujet pour évoquer son précédent ouvrage, «  Le mal propre » (2), et nous parle d’un avenir commun. Pendant deux heures, pas obligé de tout écouter, Michel Serres nous offre une vision limpide, et pas forcément pessimiste, du monde à venir. Que du bonheur.

Pour en finir avec cette « guerre mondiale » – podcast du 12 octobre, deuxième volet -, celle que les hommes ont engagé contre « le monde », Michel Serres propose un « armistice », un « traité de paix ». Ou le « silence des armes ». Evoquant les guerres traditionnelles, celles qui opposent deux ennemis, il parle d’un « jeu à deux ». Or les règles traditionnelles de la guerre ont changé. Il s’agit désormais d’un « jeu à trois » qui met en scène les deux belligérants précédents, opposés à un troisième, « le monde ». Michel Serres souhaite réconcilier et mobiliser les ennemis d’hier sur un front commun, celui de la planète, « notre habitat ». Il résume l’alibi de son livre par « déposer les armes pour réparer le navire ». Une prise de conscience collective du danger, un appel à « sauver sa peau », un élan « d’égoïsme collectif », conditionnent une issue heureuse à ce conflit. A moins que…L’écologie, et le développement durable, servis à toutes les sauces et sans véritables intentions, ne sont que les « gadgets » de cette stratégie, des « effets d’annonce ». A propos du développement durable, Michel Serres rebondit : « …ce qui dure, c’est le doux », la peinture, la musique, le « « dur » ne dure pas ». L’eau, liquide, douce, dure. Le rocher, lui, ne dure pas. Et l’homme, ce « dur » qui a inventé le doux… ?

Sur Nova, Michel Serres fait encore allusion à son précédent ouvrage, « Le mal propre », autre proposition pour éviter une catastrophe écologique. Comme les chats qui font pipi pour marquer leur territoire, l’homme souille le sien pour le posséder. La propriété, ce qui est propre, passe par un processus d’appropriation, et d’usurpation à l’autre, basé sur le « sale ». Pollutions douces, communication et publicité, et pollutions environnementales liées aux activités humaines, signalent cette appropriation de « l’espace monde ». Michel Serres, qui s’interroge sur le « droit à la  propriété », nous interpelle comme « locataires de la planète ». On ne souille pas ce qui ne nous appartient pas, et qui est un « bien commun ». Dans une interview accordée à Ollivier Pourriol et Auréliano Tonet, du blog culturel « Troiscouleurs », le philosophe précise : « La question, évidemment, ce serait de discuter dans les organisations internationales que l’Arctique devienne un bien commun, qu’il ne soit pas pollué. Il faudra un jour se mettre d’accord sur le fait que la planète est notre bien commun. Les meilleures civilisations, je crois, les meilleures cultures sont des cultures qui ont très bien défini et respecté le bien commun. »

M.J

(1) «La Guerre mondiale »,  Michel Serres, Editions Le Pommier, collection essais, octobre 2008.

(2) «Le Mal propre – Polluer pour s’approprier ? », Michel Serres, Editions Le Pommier, collection manifestes, février 2008.


Publié le 14 octobre 2008 par marlene dans Philosophie / environnement.
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« Un monde sans eau », des stratégies de survie.

Bonjour,

Dans « Un monde sans eau ? », le réalisateur autrichien Udo Maurer prend prétexte de l’eau, celle qui détruit et celle qui manque, pour nous raconter la vie de millions de personnes. Trois lieux, le Bangladesh, le Kazakhstan, le Kenya, trois tableaux pour illustrer ces stratégies de survie.

Le premier épisode met en scène les paysans du delta du fleuve Brahmapoutre, au Bangladesh, une zone très peuplée, très cultivée, et soumise aux inondations des moussons. La montée des eaux, qui arrache des morceaux de terrains, submerge les cultures et menace les villages, force les Bangalis à anticiper les récoltes et à déplacer leurs habitations avant qu’elles ne soient avalées. Les habitations sont d’ailleurs conçues pour un déménagement rapide. Un vieil homme raconte qu’il a déplacé sa maison au moins une quinzaine de fois au cours de sa vie. Une vie de « nomade » climatique », une existence précaire dans une géographie instable. Les femmes, sur lesquelles reposent les contraintes familiales, sont les premières victimes de cette vie rythmée par la menace des eaux.

Second tableau, le port de pêche d’Aralsk au Kazakhstan, qui a vu la mer d’Aral commencer à se retirer dans les années 70, et dont les bateaux sont définitivement immobilisés dans un horizon de sable. La mer s’est retirée à 90 km de là, pour laisser du sable et des pesticides. Dans les années 50, les fleuves qui l’alimentaient ont été détournés pour irriguer le coton d’Ouzbekistan, et les rizières plantées en plein désert du Kazakhstan. La mer d’Aral, autrefois l’une des plus vastes mers intérieures du monde, est réduite à une peau de chagrin, se trouve désormais à 90 km d’Aralsk. Les vieux marins regrettent les sorties en mer, un fils de pêcheur se souvient des bains de son enfance, et des vieilles dames font visiter les friches de la conserverie de poisson qui les employait. Aujourd’hui, la ville compte 70% de chômeurs, les saltimbanques amusent les désoeuvrés, et les jeunes filles dessinent cette mer dont on attend toujours le retour.

Troisième temps, une immersion dans la fourmilière de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, la capitale du Kenya. Promiscuité, 20 000 habitants au km2, chômage, violence, insalubrité, et manque d’eau. Vendue quatre fois plus chère que dans les quartiers chics de Nairobi, l’eau est une marchandise, une source de revenus pour délinquants recyclés, un métier. Quelques billets glissés à un agent affecté au circuit officiel de distribution, une percée dans la canalisation, et la source, plus ou moins potable, se met à couler dans de gros bidons en plastique. Et pour remplir les bidons, il faut marcher, parcourir des kilomètres sur un terrain boueux, accidenté, chargé d’immondices, et bourré d’obstacles. La tâche des femmes, les hommes y perdraient leur dignité. Puis, il faut retourner, avec les bidons pleins. Les points d’eau, pourtant illégaux, sont rares à Kibera. Ses habitants, dont l’existence, autour de quelques litres d’eau par jour, plus ou moins, selon leurs moyens rêvent d’eau courante…

La bande-annonce d’un film sorti en salle, mercredi dernier. Le documentaire est sobre. L’image révèle des trajectoires de survie s’en s’embarrasser de contextes explicatifs. Y en a –t-il besoin ?

M.J


Publié le 11 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Cinema.
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Jacques Diouf, la finance, et la faim.

Bonjour,

Aujourd’hui dans Libération, qui demande à quelques intellectuels et artistes de s’exprimer à propos de la crise financière, un petit billet de Jacques Diouf, le patron de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. « L’ouragan financier menace la lutte contre la faim dans le monde » (1), c’est le titre. Faute de lien avec le papier, désormais c’est sur abonnement, rien à dire, je vous résume le problème. Jacques Diouf rapporte la surprise de nombreux chefs d’Etats, récemment réunis à New-York pour l’Assemblée générale des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire et du Développement. Il s’étonne aussi. Comment peut-on trouver aussi facilement 1000 milliards de dollars, trois fois rien, 730 milliards d’euros, pour renflouer des établissements financiers américains et européens quand on peine à rassembler 30 milliards de dollars annuels pour doubler la production alimentaire, et rassasier une planète qui comptera plus de 9 milliards d’invidus en 2050 ? 30 milliards de dollars, c’est « 2,5% des dépenses militaires dans le monde », précise Jacques Diouf. Pendant ce temps, la crise financière galope toujours, on ne connait ni la fin du parcours, ni les pertes réelles. La faim dans le monde continue, elle aussi, sa course. Depuis la hausse des prix alimentaires, le nombre d’affamés s’est enrichi de 75 millions de personnes. Pour un actif global, sans doute sous-estimé, de 927 millions de personnes sous-alimentées, chiffre de 2007.

Pendant un peu plus d’une minute, Jacques Diouf pointe les obstacles à la réduction de la faim dans le monde avec un vocabulaire qui rappelle un peu celui des marchés: « investissements », « incitation à la production.. », « taxes », « droits de douane », « droits à l’exportations »…Juste retenir que c’est vraiment très compliqué d’obtenir des fonds…

M.J

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(1) »L’ouragan financier menace la lutte contre la faim dans le monde », Jacques Diouf, Libération, 8 octobre 2008.


Publié le 8 octobre 2008 par marlene dans Actualité,crise alimentaire
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L’IUCN liste les espèces menacées…

Bonjour,

Lynx ibérique, cerf du Père David, hutia de Cuba, diable de Tasmanie, phoque de la Mer Caspienne, Orang-Outan des forêts indonésiennes, plus quelques autres, un mammifère sur quatre risque de disparaître. L’IUCN, l’Union internationale pour la Conservation de la nature, qui tient Congrès à Barcelone jusqu’au 14 octobre, vient de publier sa liste rouge des espèces menacées d’extinction. Comme chaque année depuis 1963. Cette année, environ 2000 chercheurs ont tracé dans les principaux écosystèmes de la planète pour mettre à jour le catalogue mondial de la biodiversité. Cette collecte d’informations, qui renseigne aussi sur les oiseaux, les amphibiens, et les plantes, invite à mobilisation sur pour les mammifères. Sur les 5487 espèces que compte la planète, 1141 seraient en danger, dont 188 en « danger critique d’extinction ». Situation la pire d’une hiérarchie qui compte encore deux catégories, « en danger », et « vulnérable ». Pour comparaison, depuis les années 1500, 76 mammifères ont disparu des écosystèmes planétaires. Julia Marton-Lefèvre, directrice de l’IUCN, commente cette évolution : « Au cours de notre vie, des centaines d’espèces pourraient disparaître en fonction de nos propres actions, ce qui constitue un signe alarmant  sur l’état des écosystèmes où elles vivent ».

Sur-exploitation des ressources naturelles, urbanisation croissante, pollutions diverses, dont l’introduction d’espèces exotiques qui asphyxient certains écosystèmes, la modification des habitats précipite le déclin des espèces. Cette dégradation environnementale touche 40% des mammifères de la planète. Cette perte d’habitat se combine souvent avec des facteurs aggravants. Le phoque de la Mer Caspienne, touché par la dégradation de son milieu marin, réchauffement climatique et pollution due à l’extraction pétrolière, est aussi victime de la chasse. Il passe de « vulnérable » à « en danger ». Les primates d’Asie, menacés par les incendies et le défrichement des forêts tropicales, sont aussi des proies intéressantes pour ceux qui font commerce de viande et de substances destinées à la médecine traditionnelle chinoise. Le lynx ibérique, tête de liste IUCN, espèce « en danger critique d’extinction »,  victime des camions qui traversent son territoire, décline surtout faute de proies. Les lapins et les lièvres représentent 90% de son alimentation. Le diable de Tasmanie, qui grimpe d’une catégorie pour se classer « en danger », serait victime d’un cancer facial qui a décimé 60% de sa population au cours de la dernière décennie.

Reste un constat plutôt encourageant, développer des mesurer de protection permet de « repeupler » une espèce. Selon l’IUCN, 5% des mammifères en danger regagnent en population dans un environnement reconstitué, et sans prédateur. Ainsi, la situation du cheval sauvage de Mongolie, disparu du désert de Gobi dans les années 60, s’améliore grâce à une mobilisation internationale. Dans les années 90, on a réintroduit l’espèce et l’on s’efforce de restaurer son habitat. L’éléphant d’Afrique, dont les effectifs augmentent, illustre encore les « bienfaits » d’un programme de protection. Ce regain, perceptible en Afrique australe et orientale, peut cependant dissimuler un déclin sur le reste du continent. L’état des lieux établi par l’IUCN, pourtant très documenté, révèle aussi un manque d’information. Pas facile de suivre l’ensemble des espèces qui peuplent la planète, sans compter celles qui restent à découvrir. Par exemple, on ne sait pas grand-chose de 836 mammifères, ce qui pourrait gonfler le nombre d’espèces en danger. Priorité donc à la recherche, pour étayer l’information sur ces populations mal connues, caractériser les dangers qui les guettent, et développer des plans de protection adaptés.

L’IUCN, qui intervient sur beaucoup de terrains, travaille à la reconstitution de nombreux écosystèmes dans le monde, et à la préservation de nombres d’espèces en péril. Et c’est plutôt bien. Ce qui me choque, c’est la débauche de moyens pour développer des plans de protection des espèces et des habitats dans des espaces, où les populations sont pauvres. Exemple, en Afrique.  Si la reconstitution des écosystèmes est un moyen de lutter contre la pauvreté à long terme, objectif revendiqué par les acteurs de la préservation, les sommes d’argent dépensées éludent souvent des besoins plus urgents. L’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, le besoin d’avenir dans les villages de brousse passe après les copulations des grands singes dans un environnement restauré. Je sais, ce n’est pas la même enveloppe. A propos de cette rivalité entre les hommes et les espèces menacées, Sylvie Brunel, géographe, écrit : « Ils sont comme nous, nous sommes comme eux », la fin de l’exception humaine légitime la protection des grands singes dans leurs milieux de vie naturels, et l’absence de hiérarchisation entre le « bébé » gorille et le bébé…humain. Les droits des animaux concurrencent désormais les droits de l’homme…. » (1)

M.J

(1) » A qui profite le développemen durable », Sylvie Brunet, Larousse, « A dire Vrai », 2008, p 100.


Publié le 7 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Biodiversité,Ecosystèmes.
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Le Japon met du riz dans ses moteurs…

Bonjour,

Soucieux de coller aux objectifs de Kyoto sans renoncer à son parc de 70 millions de véhicules, le Japon se lance dans l’aventure de l’éthanol. Dès mars 2009, le pays devrait convertir du riz en carburant alternatif. Mais, pas question de toucher au riz japonais, ligoté à la tradition du pays. C’est une nouvelle variété, le Hokuriku 193, une semence bon marché avec un rendement de 30 à 40% supérieur au riz traditionnel, qui est expérimenté dans les rizières de Nigata, au centre de l’archipel. Ce projet, conduit par la Fédération nationale des coopératives agricoles (Zen Noh), encouragé par le gouvernement japonais, sera développé sur des terres, en principe, abandonnées. L’éthanol local sera mélangé au carburant traditionnel à hauteur de 3%.(1) Le Japon, qui souhaite diminuer son accoutumance au pétrole, mise sur 10% d’éthanol dans les moteurs japonais, d’ici à 2020.(2)

Gros consommateur de pétrole, en principe « bon élève » de Kyoto qui lui impose une réduction de Gaz à effet de serre de 6% d’ici à 2010, par rapport à 1990, le Japon s’intéresse à l’éthanol. Un intérêt encore accru par l’objectif défini en 2006, 20% de pétrole en moins d’ici 2030. (2) De bonnes raisons d’importer de l’éthanol du Brésil, depuis 2001. Et de plancher sur les possibilités d’une production locale. A Hokkaïdo, les Japonais ont essayé de convertir du blé, impropre à la consommation, en carburant. D’autres expériences ont été menées à partir de déchets de bois. A Okinawa, archipel subtropical, ils ont fait des essais avec la canne à sucre, puis avec la betterave, finissant par préférer la première, jugée plus productive. La mélasse a encore fait l’objet d’expériences. Rien de bien concluant. (2) Excepté un autre projet conduit à Tomakami, sur la côte Sud de l’île d’Hokkaïdo, où la compagnie Oenon Holding, distillateur depuis 80 ans, devrait implanter une usine d’éthanol, à base de riz. La technologie qui permet cette conversion serait similaire à celle qui permet de produire du sake. L’entreprise, qui souhaitait produire du carburant alternatif à partir de riz importé, a finalement opté pour une production locale.(3) Les rizières d’Hokkaïdo, étendues sur des parcelles familiales plus grandes – la moitié couvrent plus de 10 hectares contre moins de 2 pour le reste du pays -, auraient aussi un rendement supérieur.(4)

La production d’éthanol ne devrait donc pas empiéter sur la riziculture traditionnelle. Le riz japonais, cher mais très apprécié, très subventionné car peu rentable, est un secteur très protégé par le gouvernement. Le Japon, qui couvre ses besoins en riz, doit encore en importer 760 000 tonnes, stock imposé par les négociations du Gatt. D’autre part, les campagnes japonaises sont délaissées. En 20 ans, 665 000 hectares ont été abandonnés, dont beaucoup de rizières.(4) La riziculture destinée à l’éthanol permettrait de redonner vie à une partie de ces terres cultivables, et à reverdir les paysages japonais.  Mais le parcellaire japonais, petit, morcelé, ou juché en terrasse, pose la question de la rentabilité d’une culture à vocation industrielle. Autre inconnue, le « gain gaz à effet de serre ». Le Japon , qui mise sur l’éthanol pour réduire sa production de CO²,  notamment dans le secteur automobile, devra composer avec les émissions de méthane. Les rizières, second producteur de méthane après l’élevage, 60 millions de tonnes par an contre 80 pour les ruminants, représentent 20 à 40% des émissions totales. Sans oublier les rejets de CO² dues aux unités de production d’éthanol…

M.J

(1) Interview – « Japan’s first rice éthanol plant sees 2009 start », Risa Maeda, Reuters, 18-01-08 http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUST33749

(2) “Japan – Biofuels – Biofuels Production Report”, USDA Foreign Agricultural, Gain Report-JA (Global Agricultural Information Network), 25-05-2006. http://www.fas.usda.gov/gainfiles/200605/146197881.pdf

(3)”Japan’s Oenon may produce rice-original”, Reuters, 23-05-08 http://asia.news.yahoo.com/070523/3/32atk.html

(4) Click Japon / Agriculture. http://www.clickjapan.org/economie/industrie/agriculture.htm


Publié le 3 octobre 2008 par marlene dans biocarburants,Japon
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Ce moustique qui parasite une partie de l’humanité….

Bonjour,

Le FRP, qui l’inscrit dans ses initiales, ambitionne de faire reculer le paludisme. La structure, vient d’annoncer un plan pour faire échec à cette maladie parasitaire qui reste la principale cause de mortalité infantile, et qui touche près de 250 millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne. (1) La semaine dernière à New-York, le FRP a profité du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour relancer ses donateurs. Cette structure, créée en 1998, résultat d’un partenariat entre l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance ( UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), et la Banque mondiale, a besoin d’argent pour enrayer un mal que l’on peut combattre. De nombreux donateurs – Le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, la fondation Bill Gates, et d’autres décideurs – ont répondu à l’appel. Près de trois milliards de dollars seront débloqués pour sauver plus de 4 millions de vies, d’ici 2015. (2)

Une géographie du moustique qui colle à celle de la pauvreté…

Le paludisme, qu’on appelle aussi la malaria, résulte de la piqûre d’un moustique, l’anophèle. C’est la femelle qui pique. Cette maladie, dont on témoigne très tôt dans l’histoire de l’humanité, se manifeste par des fièvres intermittentes, des vomissements, et des maux de tête. Le palu tue environ 1 million de personnes par an, les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont plus vulnérables. Si 247 millions de personnes ont déclaré la maladie, le World Malaria Report 2008 estime à plus de 3 milliards le nombre de personnes exposées, d’où l’importance d’actions préventives.(1) La géographie du moustique, qui souligne le continent africain, englobe une centaine de pays. La malaria, installée en Inde, au Myanmar, Bengladesh, en Indonésie, en Papouasie- Nouvelle Guinée, tue chaque année 80.000 personnes au Pakistan.(3) Une géographie qui colle souvent à celle de la pauvreté. Le manque de moyens prive d’armes contre la maladie. Et le palu, qui engendre des dépenses et crée des temps morts dans l’activité économique, contrarie le développement des pays. On estime que ce fléau ampute les économies africaines de 12 milliards de dollars par an, et freine de 1,3% leur croissance économique. (4)

Le recul de la maladie, des exceptions encourageantes…

Le FRP, qui souhaite éradiquer la maladie à terme, articule sa stratégie autour de deux axes majeurs, prévention et soins. Côté prévention, elle veut renforcer la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à action durable, et promouvoir la pulvérisation d’anti-moustique dans les maisons. Côté soins, c’est donner accès aux antipaludéens au plus grand nombre. Même en cas de doute sur l’origine d’une fièvre, la prise de ce médicament permet de sauver des vies. Il est aussi question d’adapter les médications au type de palu. Et pour que ça marche, pour que la maladie recule, les initiatives «moustiquaires- insecticides -médicaments » doivent être soutenues par des programmes nationaux de lutte contre le palu. Le World Malaria Report, qui témoigne d’une petite décennie d’efforts, présente des résultats mitigés, quand ils sont connus. La pulvérisation dans les maisons a eu des effets positifs en Afrique du Sud, au Swaziland, et en Namibie. Les moustiquaires et les médicaments n’ont pas donné les résultats attendus dans certains pays africains, Ethiopie, Gambie, Mali, Niger, Togo. Bonne nouvelle, la formule « prévention – suivi » aurait permis de réduire de 50% entre 2000 et 2007 le nombre de personnes malades dans quatre pays africains, Erythrée, Rwanda, Sao Tome – Principe, et l’île de Zanzibar en République – Unie de Tanzanie. Un résultat porté par une petite démographie. Le nombre de cas déclarés a également diminué au Cambodge, aux Philippines, au Surinam, en Thaïlande, et au Vietnam. (1) En attendant mieux, l’OMS mise beaucoup sur la recherche qui pourrait aboutir au vaccin, d’ici 5 à 10 ans, au plus tard. Ce vaccin, qui tarde, est attendu depuis plusieurs décennies….

Le moustique, les zones humides, et les voyages…

Au Sénégal, pays qui développe un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), un article de « Sud Quotidien », daté du 26 septembre, titre : « Recul du paludisme dans la région de Dakar : La vérité des chiffres ». Selon le Quotidien, qui se réfère aux données du PLNP, on est passé d’environ 110 000 cas déclarés de paludisme de janvier à juillet 2007, contre 37 000 en 2008, pour la même période. Le nombre de morts aurait lui aussi chuté, 259 morts en 2007, et 10 en 2008. Un autre article de Sud Quotidien, daté du 27 septembre, indique : «  Sénégal: Eaux stagnantes et hautes herbes en banlieue – Le paludisme s’installe et se fait maîtriser. » On y apprend que  malgré les « grands efforts consentis par le Gouvernement pour refréner la malaria », le palu reste la première cause de consultation médicale dans la « banlieue de Dakar ». Ce, « malgré une nette diminution par rapport aux années passées. ». En cause, les eaux stagnantes héritées de la saison des pluies et les hautes herbes de la zone, le « Disneyland » du moustique qui adore les zones humides. Jusque dans les années qui ont suivi l’indépendance, les services d’hygiène contrôlaient l’état sanitaire des habitations pour limiter la prolifération des moustiques. A Saint-Louis du Sénégal, on se souvient encore du temps où les agents s’introduisaient dans les maisons pour vérifier l’état des lieux, propreté, eaux stagnantes, et rejet des eaux sales. Marais, lagunes, flaques, poches de plastique gorgées d’eau, ou poubelles, la question du palu est aussi une question d’environnement. Quand on ne peut pas les supprimer du paysage, il convient d’éliminer les lieux où les moustiques se reproduisent.

Eliminer le palu, l’un des grands travaux inscrit dans les Objectifs du Millénaire, n’est pas si simple. En 1982, Singapour gagne la bataille du moustique, et éradique le paludisme. Vingt cinq ans plus tard, la présence d’anophèles dans la ville se combine à l’immigration de travailleurs étrangers originaires de pays touchés, porteurs de la maladie, pour réactualiser le problème. (5) Le moustique aime beaucoup les voyages.

M.J

Youssou N’Dour live le 25 avril dernier, à l’occasion de la journée mondiale du palu…

Image de prévisualisation YouTube

(1)World Malaria Report, 2008. http://www.who.int/malaria/mediacentre/wmr2008/MAL2008-SumKey-FR.pdf

(2) « Nouveau plan d’action mondial contre le paludisme », AFP/ Le Monde -25-09-2008.

(3) « 80,000 die from malaria in Pakistan every year », The Post, 14-04-2008.

(4) Journée mondiale contre le paludisme : « You à Washington, Awa Coll Seck à Livingstone », Sud Online, El Hadji Gorgui Wade Ndoye, 25-04-2008. http://www.sudonline.sn/spip.php?article10635

(5) Epidemiological News Bulletin (Ministère de la santé / Singapour), oct-dec.2007


Publié le 1 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Santé.
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