Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Chine: le recyclage en crise.

Bonjour,

La crise économique mondiale fait des ravages dans l’industrie du recyclage. Car le recyclage est une industrie, le déchet est sa matière première. La Chine, principal importateur mondial de déchets, refuse aujourd’hui des cargaisons en provenance des Etats-Unis ou d’Europe.(1) Les prix ont dégringolé.

Des cannettes de soda, des emballages de sauce soja, des bouteilles d’huile à frire, des vieux journaux, du carton, du plastique, du polystyrène, ou des poutres en acier, les poubelles de l’Occident alimentent l’industrie du recyclage. Le contenu de la décharge occidentale voyage sur les mers du globe, à bord de porte-conteneurs, en direction de l’Inde, ou plus probablement de Chine. La Chine est le principal importateur mondial de déchets. En dix ans, de 1990 à 2000, sa consommation de vieux papiers destinés à fabriquer les emballages de ses produits exportés, a été pratiquement multipliée par 10. (2) En 2008, le géant asiatique a importé près de 12 millions de tonnes de vieux cartons et de vieux papiers, en provenance des Etats-Unis. (1) Ce business, rentable pour le pays exportateur qui s’économise un recyclage, et pour le pays importateur qui fait le plein de matières premières bon marché en faisant tourner une économie, a connu un mois d’octobre 2008 difficile. Les prix des montagnes de papiers, des vieux rails de chemin de fer, ou des canettes de soda vides ont dégringolé. Beaucoup de bateaux sont en attente dans le port de Hong-Kong.

La tonne de débris de cuivre vaut actuellement 3.000 USD, contre 8.000 en 2007. Le prix de l’étain a suivi une courbe semblable. Le papier a perdu 80% de sa valeur. Et le polystyrène recyclé se vend moitié prix sur le marché. Les organisations américaines estiment que les cargaisons embarquées à destination des pays recycleurs, plus de 150 au total, ne vaudraient plus que la moitié, voire le tiers, de leur cotation avant la crise. (1) C’est toute l’industrie du recyclage qui prend une claque. Et c’est aussi les revenus des millions de petits recycleurs chinois qui baissent. A Dongxiaokou, ville-poubelle de la banlieue nord de Beijing, les 700 familles employées à donner une seconde vie aux arrivages gagnent beaucoup moins d’argent. Certaines commencent à rentrer chez elles, à la campagne.(4) Autre victime, l’environnement qui récupère tout ce qui était recyclé avant la crise. Une occasion pour les pays exportateurs de s’interroger sur les vertus d’un recyclage mieux partagé.

M.J

Image de prévisualisation YouTube

(1) China‘s big recycling market is sagging, The New York Times, 2009-03-20

http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2009-03/20/content_7601590.htm

(2) « Le Développement durable/ produire pour tous, protéger la planète », Loïc Chauveau, Petite Encyclopédie Larousse, 2006, pp46-47.

(3)« In China, hard times at the Scrap Heap”, Austin Ramzy, Time, Nov. 20, 2008, http://www.time.com/time/world/article/0,8599,1860294,00.html


Publié le 31 mars 2009 par marlene dans Actualité,Chine,déchets
Tags :: , ,

Des « e-déchets » mieux traités chez les autres…

Bonjour,

Les « e-déchets »  sont mieux traités chez les autres. C’est pour cela que le monde occidental, Europe et Etats-Unis en tête, envoie ses vieux frigos, ses imprimantes en fin de vie, ou ses ordinateurs devenus obsolètes, vers les pays en voie de développement. Chaque année, des millions de tonnes de déchets électroniques, chiffres en hausse , sont débarqués en Chine, en Inde, ou en Afrique. Et c’est souvent sous prétexte d’une aide à l’informatisation que les Africains récupèrent des ordinateurs, juste bons à ouvrir pour en récupérer les composants. La question du « recyclage » des « e-déchets » est au cœur de ce drôle d’échange « Nord-Sud ».

Quand les « e-déchets » prennent le bateau….

Dans un monde qui consomme de plus en plus d’ordinateurs et de téléphones portables, à durée de vie de plus en plus courte, le tas de « e-déchets » gonfle à vue d’œil. D’après Greenpeace, chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits dans le monde. Un volume qui augmente de 3 à 5% par an. Pour se faire une idée plus précise, chaque jour, 350.000 téléphones cellulaires et 130.000 ordinateurs sont jetés à la poubelle aux Etats-Unis. (1) De l’autre côté de l’Océan, l’Europe produit environ 8,7 millions de tonnes de « e-déchets ».(PNUE) L’Asie alimente aussi la décharge, 12 millions de tonnes par an. (Greenpeace) L’Inde, pays récepteur, est aussi producteur, 150.000 tonnes par an. (Toxics Alert) Côté recyclage, c’est plus flou. Aux Etats-Unis, une grosse partie du matériel électronique usagé, peut-être 80%, s’exporte par bateau.(1) En Europe, 70% de ces déchets bien encombrants disparaissent dans la nature. Ils s’accumulent plus probablement dans un train, ou s’entassent dans des conteneurs chargés sur un bateau, à destination d’un port africain. (2)

Le ventre empoisonné des ordinateurs.

Après avoir longtemps été expédiées en Chine, en Inde, au Pakistan, en Russie, les cargaisons de « e-déchets » accostent aussi dans les villes portuaires du continent africain, Lagos, Nairobi, Accra, Cotonou, ou Lome. Chaque mois, 500 conteneurs de matériel informatique sont débarqués au Nigéria. (BAN) Au Kenya, on en dénombre une cinquantaine par an, principalement en provenance des Etats-Unis et de Grande Bretagne. (3) Le Ghana est également devenu une destination de choix pour l’informatique déclassée par les Américains et les Européens. (4) En Afrique, où les ordinateurs sont en principe promis à un seconde vie, dans les écoles, les hôpitaux, ou les cybercafés, le matériel débarqué est souvent bon pour la casse. Selon le PNUE, 25% à 75% des ordinateurs qui arrivent chaque mois dans le port de Lagos sont inutilisables. Alors, pour récupérer les composants et les quelques bouts de cuivre qu’ils iront vendre, les pauvres de Lagos, de Nairobi, ou d’Accra désossent ces carcasses à mains nues, et à visage découvert. Ils ne savent pas que ces déchets électroniques contiennent du plomb, du mercure, ou du cadmium. Ils ne savent pas non plus que le plastique brûlé, utilisé pour isoler les fils électriques, libère des substances très nocives. Le paysage encaisse aussi.

Une législation internationale impuissante.

Ce recyclage, bon marché pour les fabricants et les utilisateurs, est aussi le lot de Delhi, de Karashi, et de nombre de petites villes indiennes ou chinoises, improvisées en dépotoirs. La ville de Guiyu , en Chine, est même devenue une plate-forme logistique pour le retraitement des déchets. Des paysans y brûlent des circuits sur des feux de charbon pour récupérer du plomb, pendant que d’autres utilisent de l’acide pour extraire de petits bouts d’or. « Vous voyez des femmes assises brûler des adaptateurs d’ordinateurs portables, avec des rivières de cendres qui dégoulinent des maisons », commente Jim Puckett, fondateur du BAN. (1)Le Basel Action Network est une organisation qui dénonce ces flux de marchandises empoisonnées, pourtant règlementés par la juridiction internationale. La Convention de Bâle, en vigueur depuis 1992, interdit tout échange de déchets contenant des matières toxiques. Chaque pays doit, en principe, traiter sa production sur son sol. Parenthèse, les Etats-Unis n’ont pas signé la Convention. En 2006, la Conférence de Nairobi, qui fait le point sur le transit des déchets dangereux, constate que la Convention de Bâle ne fonctionne pas. A l’échelle européenne, deux textes règlementent le cycle des « e-déchets » (DEEE et ROHF) De son côté, Greenpeace publie un état des lieux trimestriel de la politique de recyclage des entreprises. Pas brillant. Au dernier classement (2008), Nokia qui a implanté 5000 points de collecte de cellulaires usagés à travers 124 pays, arrive en tête. Sony, qui doit recycler la moitié de ses portables et de ses TV, surtout dans les pays riches, peut mieux faire. En bas de liste, Nintendo, avec un zéro pointé en matière de « e-waste. »

M.J

Electronic Waste, Chine et Inde.

Image de prévisualisation YouTube

(1) “E-Waste Not”, by Bryan Walsh, Time

http://www.ban.org/ban_news/2009/090108_ewaste_not.html

(2) « Novethic/ Recyclage ordinateurs : le cadeau empoisonné. »

http://www.novethic.fr/novethic/v3/article.jsp?id=117862

(3) http://www.contaminations-chimiques.info/?2007/11/06/168-vu-du-kenya-nos-dechets-electroniques-detruisent-la-sante-de-centaines-d-enfants

(4) http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/le-ghana-poubelle-pour-les-e-dechets-25740


Publié le 26 mars 2009 par marlene dans Actualité,déchets,Préjudice écologique,Santé.
Tags :: , ,

Eau et corruption.

Bonjour,

Le Forum de l’eau vient de se terminer à Istanbul, en Turquie. L’eau, qui est un  » droit humain « (1), est source d’inégalités entre les hommes. Le quart de l’humanité n’a pas accès à l’eau potable. Et 40% doit se débrouiller avec ses eaux usagées. (2) L’eau, qui peine à s’imposer comme une priorité politique – l’un des objectifs de ce Forum organisé tous les trois ans-, est pourtant source de profits et de marchandages pas toujours très clairs. La corruption liée à la gestion de l’eau, thème abordé à Istanbul, a aussi fait l’objet d’un rapport de Transparency International .(2) L’ONG dénonce cette corruption qui contribue à polluer les cours d’eau, à assécher les nappes phréatiques, à réduire les récoltes, ou à choisir des infrastructures démesurées.

En Chine, l’argent destiné à la gestion de l’eau et au respect des normes environnementales serait, en partie, détourné par des fonctionnaires. Cette pratique contribuerait à expliquer l’état de la ressource dans les villes chinoises. D’après Transparency International, 90% des nappes aquifères et 75% des rivières y sont polluées. L’agriculture, qui consomme 70% de la ressource mondiale, signale encore mauvaise répartition et corruption.(2)Au Mexique, 70% des subventions destinées à l’irrigation, qui conditionne les récoltes, va surtout dans la poche des gros producteurs. Les autres, dont la vie dépend des champs, n’ont plus qu’à attendre les pluies. Transparency International rapporte que ce détournement des eaux par les plus riches, qui prive les nappes phréatiques et les pauvres, est un scénario habituel dans les campagnes d’Amérique et d’Asie. En Inde, la corruption augmenterait de 25% le coût des contrats d’irrigation.

Dans les pays en voie de développement, la corruption plombe de 30 à 40% la facture du raccordement à un réseau formel de distribution d’eau. A Manille, aux Philippines, il faut débourser trois mois d’un petit salaire pour profiter de l’eau courante. En Afrique subsaharienne, l’eau est appelée à devenir un luxe pour les deux-tiers des familles. (2) Et quand le réseau officiel, corrompu et trop cher, devient inaccessible aux plus pauvres, des distributeurs, moins officiels, interviennent. En Equateur et au Bengladesh, des mafias de l’eau contrôlent des territoires urbains, souvent ceux des familles les plus démunies. L’enquête de Transparency International souligne un paradoxe. Les habitants des quartiers pauvres de Jakarta, de Nairobi, de Manille, ou de Lima, ont souvent une facture d’eau plus élevée qu’un Londonien ou un New-Yorkais. Mais la corruption n’est pas réservée aux pays pauvres. En Europe, en Amérique du Nord, ou au Japon, le marché de l’eau brasse beaucoup d’argent. Ce qui réveille les convoitises et les petits arrangements.

Retour en Chine, ou les détournements sont à la mesure des projets. Le rapport évoque le barrage des Trois Gorges.  Une partie des fonds destinés à reloger les personnes déplacées par la réalisation de l’ouvrage aurait été détournée. Pour la seule province du Hubei, l’équivalent de 23 millions d’Euros aurait disparu. En Chine ou ailleurs, le marché des centrales hydroélectriques et des barrages, est une invitation à la corruption. L’importance des capitaux destinés à leur construction, la complexité du processus de conception, ou la diversité des intervenants, multiplient les zones d’ombre. Et donc, les occasions de fraude.

« La corruption rend l’eau insalubre, inaccessible et coûteuse », signale le rapport de Transparency International. Cette plaie, qui s’articule à la crise de l’eau, s’annonce aussi difficile à combattre que la sécheresse. Ou le réchauffement climatique.

M.J

L’accès à l’eau en Indonésie

Image de prévisualisation YouTube

(1) «L’accès à l’eau est un droit fondamental de l’homme». En 2002, le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels reconnaît l’existence d’un « droit à l’eau ». Ce « droit à l’ea » est une condition préalable aux autres droits, santé, nourriture, logement. Ce « droit » est largement oublié dans les pays en développement, et dans les pays développés.

(2) « Rapport Mondial sur la corruption 2008 », Résumé executif, Transparency International. http://www.transparence-france.org/e_upload/pdf/gcr2008_bookmarked_and_executive_summary_embargo.pdf

(3) Rapport mondial « l’eau dans un monde qui change », présenté en introduction au Forum d’Istanbul par le directeur général de l’UNSECO, Koïchiro Matsuura. http://www.unesco.org/water/wwap/index_fr.shtml


Publié le 23 mars 2009 par marlene dans eau
Tags :: , ,

L’Afrique unie par ses fleuves ?

Bonjour,

Dans une interview accordée à RFI, Mohamed Salem Merzougest (1) développe une perspective intéressante pour construire l’unité du continent africain. Ce vieux rêve politique, formulé dans le sillage des indépendances, sans cesse différé, pourrait permettre à l’Afrique de s’affirmer, et de défendre ses intérêts sur la scène internationale. Mohamed Salem Merzougest, qui vient de publier «L’Africanisme solidaire » (2), mise sur une construction géopolitique, via une gestion commune et équilibrée des fleuves transfrontaliers. Membre de l’OMVS – l’Office de Mise en Valeur du Fleuve Sénégal -, il s’appuie sur l’expérience plutôt réussie de la synergie entre la Guinée, le Mali, la Mauritanie, et le Sénégal, pour construire le barrage de Manantali. Et pourquoi ne pas élargir la formule d’une solidarité régionale, économique et humaine, basée sur la gestion de l’eau. Le continent africain compte une soixantaine de bassins transfrontaliers qui pourrait servir cette vision géopolitique. En Afrique de l’Ouest, 28 bassins fluviaux – soit 71% du territoire de la sous -région – chevauchent les frontières.(3) Cette ressource commune fait souvent l’objet d’une coopération. Entre les quatre pays qui gèrent le fleuve Sénégal, avec l’OMVS. Ou ceux, parfois les mêmes, impliqués dans la maîtrise du fleuve Gambie, la Gambie, la Guinée, la Guinée –Bissau, et le Sénégal (OMVG/ Office de Mise en valeur du fleuve Gambie). Le Bassin du Fleuve Niger, qui traverse 9 pays – Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Cote d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria – et arrose environ 100 millions de personnes, est valorisé par l’Autorité du Bassin Niger (ABN). Une gestion complexe. Les réserves d’eau douce du Lac Tchad, communes au Niger, au Nigeria, au Cameroun et au Tchad, dont les fleuves Chari et Komadugu sont tributaires, sont gérées par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Mais cette coopération régionale n’élude pas des différends entre les Etats. Certaines tensions s’expriment d’ailleurs ouvertement. La gestion des eaux du Nil, qui oppose l’Egypte à son voisinage, notamment le Soudan et l’Ethiopie, serait plutôt facteur de conflits que d’intégration régionale.(4) Sur le fleuve Congo, un gigantesque projet de barrage hydroélectrique qui pourrait alimenter les voisins de la République démocratique du Congo, éclairer 500 millions d’Africains et faire tourner nombre d’industries, bel exemple de coopération régionale sur le papier, rencontre l’opposition de la population de la RDC, laissée dans le noir par deux précédents barrages. Peu importe les tensions et les contre-exemples, Mohamed Salem Merzougest préfère parier sur un partage des eaux porté par des intérêts communs, source de richesse partagée entre les Etats. Cette vision panafricaine, sans doute idéaliste, a l’avantage de s’appuyer sur la réalité géographique des bassins transfrontaliers. La ressource ne manque pas, reste à négocier une solidarité régionale, pour tendre vers une intégration continentale. Toujours d’actualité.

M.J

(1) « Afrique : Projet des Etats-Unis d’Afrique », Le Potentiel, 12 mars 2009, http://fr.allafrica.com/stories/200903120361.html

(2) « L’AFRICANISME SOLIDAIRE », Sur les quais de l’espérance, Mohamed Salem Merzougest, Editions L’Harmattan, 2009 http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=27315

(3) « Bassins versants transfrontaliers en Afrique occidentale », Sylviane Tabarly,
d’après l’Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest , Géoconfluences, http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontDoc.htm

(4) » Les enjeux actuels du partage du Nil entre craintes égyptiennes et rancœur éthiopienne », Frédéric Lasserre, Département de Géographie, Université de Laval, 2003, http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2003/lasserre2/article.htm


Publié le 17 mars 2009 par marlene dans Afrique - Environnement.,eau
Tags :: ,

Masdar, ghetto écologique.

Bonjour,

Zéro carbone, zéro déchet, et pas de voiture. Masdar, la cité écologique modèle, va surgir du désert d’Abu Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis. La construction de cette ville compacte de 6 km², isolée de la chaleur et des vents du désert par des murs d’enceinte, une évocation des villes arabes, vient d’être annoncée. La cité, qui exclut les énergies fossiles, n’émettra pas de CO².  Masdar parie sur le renouvelable, une grosse centrale voltaïque assortie d’un gigantesque parc d’éoliennes, pour fonctionner en autarcie. Cette orientation énergétique, qui mise sans risque sur l’ensoleillement et le vent, peut surprendre dans un pays qui possède 10% des réserves mondiales de pétrole. Justement. La question énergétique, qui sous-tend l’augmentation de la demande et l’épuisement annoncé des réserves, est au cœur du projet. Masdar veut montrer au monde entier que le 100% renouvelable peut être une solution d’avenir. Et pour souligner sa démonstration, la ville bannit la voiture. Un réseau de transports électriques automatisé, avec des arrêts distants de 200 mètres, permettra le déplacement des habitants pressés. Les autres marcheront au gré des rues étroites et ombragées, autre rappel de la ville arabe, et de ses contraintes climatiques.

La cité, présentée sans déchet, développera le recyclable. L’eau, produite par une unité de désalinisation alimentée par le solaire, sera économisée, et recyclée. Les eaux usées devraient servir à arroser les espaces publics, les cultures alimentaires, et celles destinées aux agro- carburants. Qui font aussi partie du package environnemental. Un réseau routier et ferroviaire permettra de relier le centre d’Abu Dhabi, et l’aéroport international. Il faut bien accueillir les nouveaux habitants. Environ 50.000 sont attendus en 2015, à l’issue d’un projet annoncé en 2006, et conçu par le cabinet britannique Partners and Fosters. Le concept, qui répond à la fois au réchauffement climatique et à la course aux énergies, annonce peut-être un nouveau type d’urbanisme. Le ghetto écologique à 22 milliards de dollars.

M.J

http://www.dailymotion.com/videox2zeod

Sources : Masdar / Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Masdar

Site Masdar / Home: http://www.masdaruae.com/en/home/index.aspx

Fosters and Partners/ Masdar Development : http://www.fosterandpartners.com/Projects/1515/Default.aspx


Publié le 12 mars 2009 par marlene dans Actualité,énergie,Urbanisation
Tags :: , ,

Clim’City, ou l’éducation environnementale.

Bonjour,

Se prendre pour Superman, version écolo, pour contenir le réchauffement à un niveau acceptable pour la planète, et diviser par eux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2058, c’est possible. Mais c’est virtuel. « Clim City » est un jeu interactif proposé par Cap Sciences, le centre culturel scientifique d’Aquitaine. Il reconstitue un environnement, pollué et gourmand en énergie, que vous devez rendre plus propre. Il s’agit de multiplier les bonnes décisions pour réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008, diminuer la consommation d’énergie de 40%, et développer le renouvelable jusqu’à 60%. C’est facile. Il suffit d’un « clic » sur l’un des paysages virtuels pour accéder au diagnostic environnemental, et aux solutions proposées. L’habitat, source importante de consommation d’énergie à Clim’City, doit être isolé et coiffé de panneaux photovoltaïques, c’est mieux pour le bilan, et pour le score. Les transports s’y déclinent plutôt en « commun ».Les industries,  énergivores, grosses productrices de gaz à effet de serre et de rejets polluants, doivent être réorganisées, efficacité énergétique, avec options renouvelables, ou gestion des émissions. Avec, à terme, un fonctionnement sur le mode des écosystèmes, où rien ne se perd, tout se recycle, et tout s’échange. Il va également falloir remplacer les turbines du barrage hydroélectriques, pour améliorer leur efficacité. Et trouver un nouveau site pour installer une micro-centrale. A Clim’City, l’hydroélectricité est une source d’énergie appréciée, mais on manque de place. Autre conseil, convertir la station de ski, privée de neige par le réchauffement, en un parc de tourisme vert. Echéance 2058, vous avez donc 50 ans pour composer un plan climat compatible avec les maux de la planète. Et pas besoin de tout recommencer, vous pouvez sauvegarder la partie.

Ce jeu éducatif est accessible, via internet. Cap Sciences devrait le distribuer, version DVD, dans les établissements scolaires de la région. Il fait aussi l’objet d’un concours, organisé par Cap Sciences et Mountain Riders, inscriptions jusqu’au 29 mars.

M.j


Publié le 10 mars 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Développement durable
Tags :: ,

L’Antarctique des « NéoZexplorateurs »

Bonjour,

Le Cap Denison, petit fragment antarctique de l’histoire australienne dans la Baie du Commonwealth, battu par un blizzard quasi permanent, accessible de mi-décembre à mi-février, pendant l’été austral, l’un des endroits les plus inhospitaliers de la planète, est en train de devenir un spot touristique. Ou plutôt, une destination qui monte. En décembre – janvier 2008-2009, le Cap Denisson a accueilli environ 400 visiteurs, contre 260 en 2006-2007, et 200 en 2000-2001. Sur ce bout de terre préservée, les néo-explorateurs succèdent aux scientifiques. Le passage à travers les eaux hostiles et glacées de l’Océan austral dure six jours. Embarquement depuis l’Australie, la Nouvelle Zélande, ou l’Allemagne. A leur arrivée, les visiteurs, munis d’un certificat de bonne santé, sont priés de laver et de désinfecter leurs bottes. Les valises ne doivent pas contenir de plants ou d’échantillons agricoles. Les mesures d’hygiène sont strictes. C’est le droit d’entrée pour rencontrer les phoques de Weddell, les éléphants de mer, et les phoques Adélie. Surprise, les « cabanes de Mawson », encore debout, et les caches à provisions, témoignent de l’exploration antarctique du début du siècle dernier. (1) (2)

« La Maison des blizzards »

Le 7 janvier 1912, l’Aurora navigue dans la Baie du Commonwealth. Douglas Mawson, géologue, chef de l’Australasian Antarctic Expedition, choisit d’amarrer le navire pour installer sa base arrière à Cape Denison. C’est l’été austral. Le temps s’annonce clément, les rochers permettront d’ancrer solidement le campement, et la nourriture abonde alentour, œufs de pingouins et viande de phoque. Il ne sait sans doute pas qu’il vient de choisir l’endroit le plus venté d’Antarctique, un record planétaire au niveau de la mer. En mai 1912, les rafales atteignent 322 km/h. Mauwson baptise l’endroit « la maison des blizzards ». C’est à partir de ce front pionnier inhospitalier qu’il lance cinq expéditions en traîneau, dont l’une coûte la vie à deux hommes. En trois ans, Mawson et son équipe parcourent 6 500 kilomètres, explorant les côtes et les étendues glacées. Quand il part explorer cette côte inconnue au Sud de l’Australie, Douglas Mawson souhaite éclaircir la théorie de la jonction des plaques continentales. Il veut comprendre les cycles glaciaires et climatiques. Il s’intéresse au pôle magnétique pour en cartographier les lignes de forces, et faciliter la navigation. A la fin de son expédition, Mawson signe des études très détaillées sur l’environnement antarctique (géologie, glaciologie, océanographie, géographie, géomagnétisme, météo, biologie, zoologie, ou botanique). Il témoigne de son expérience dans « The Home of the Blizzard, the Story of the Australasian Antarctic Expedition, 1911-1914”, un ouvrage publié en1969. La cabane principale de l’expédition, couverte d’une charpente en pin d’Orégon, habillée de panneaux de pin de la Baltique, ouverte aux couches de neige, a finalement résisté aux agressions des blizzards, et des années. Une équipe d’Australiens a commencé à rénover l’édifice. En attendant ces touristes qui souhaitent connaître la solitude des explorateurs de confins glacés.( 2) (3)

First Australian Antartic expedition – 1911 – 1914

(Souce: State Library of New South Wales.)

Les panoramas antarctiques sont en hausse. Le continent, qui s’est ouvert au tourisme à la fin des années 60, attire de plus en plus d’amateurs. Selon l’International Association of Antarctica Tour Operators, le nombre de touristes annuels est passé de quelques centaines à 30.000, quarante ans plus tard. En 2007-2008, plus de 33 000 visiteurs ont débarqué sur le continent Antarctique, ou l’ont approché par voie maritime ou aérienne. En tête, les Américains, suivis par les Anglais, les Allemands, et les Australiens. La saison passée, 860 Français, ont fait le voyage vers le « grand sud ». La saison touristique, courte, s’étire pendant l’été austral, de novembre à fin février. Les voyagistes français proposent des séjours à partir 5.500 Euros. Pas donné le bonjour du manchot austral.

M.J

(1) “Hut at the icy end of the world draws tourists”, Pauline Askin, Reuters, January 30, 2009

http://www2.canada.com/news/world+draws+tourists/1231913/story.html?id=1231913

(2) « Plan de Gestion Pour le Site et le Monument Historique N°77 et la Zone Gérée Spéciale de l’Antarctique N°3 Cap Denison, Baie du Commonwealth, Terre Georges V, Antarctique Oriental », http://www.ats.aq/documents/recatt/Att209_f.pdf

(3) “Saving Mawson’s Hut”, Simon Mossman, Geographical, Janvier 2008.

http://www.geographical.co.uk/Magazine/Mawsons_Hut_Jan_08.html


Publié le 6 mars 2009 par marlene dans Pôles.
Tags :: , ,

Plus d’un « Grenelle » pour les océans…

Bonjour,

Quelques nouvelles des océans. Les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient le climat terrestre et favorisent un réchauffement des eaux, entraînent encore une acidification inquiétante des océans. C’est le constat d’océanographes, réunis fin janvier à Monaco. Les océans, qui représentent plus de 70% de la surface terrestre, régulent le climat et absorbent environ le tiers des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permet certainement d’atténuer les excès climatiques. Mais face à la croissance des émissions de gaz à effet de serre, les océans saturent. Il y a formation d’acide carbonique, associé à une diminution du PH des eaux, qui deviennent plus acides. Les concentrations de carbonate diminuent. Depuis le début de l’ère industrielle, l’acidification des océans aurait augmenté de 30%. Les scientifiques s’attendent à des valeurs inégalées depuis 20 millions d’années. (1) Les recherches effectuées sur l’accumulation de CO² dans l’océan, amorcées à la fin des années 90, sont encore trop récentes pour tirer des conclusions. Restent quelques probabilités. Cette concentration de CO² est appelée à suivre la courbe inquiétante des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’autre part, l’acidification du milieu marin devrait affecter la croissance d’organismes à squelettes calcaires, algues, crustacés, mollusques, ou coraux, qui utilisent le carbonate de calcium comme matière première. Pour tenter de freiner ce processus qui menace directement la biodiversité marine, et risque de bousculer l’équilibre alimentaire mondial, plus de 150 scientifiques présents sur le rocher ont lancé « L’appel de Monaco ».Une nouvelle invitation à limiter les rejets de GES.

Image de prévisualisation YouTube

Pauvres coraux.

Les coraux, justement on en parle. L’ICRI ( L’ Initiative Internationale pour les Coraux) et son correspondant français, l’IFRECOR, viennent de publier l’état de santé des récifs coralliens, bilan 2008. (2) Un chiffre, 19% des coraux ont déjà disparu des fonds marins. Et une prévision, 54% du patrimoine mondial est plus ou moins menacé, sous la pression conjuguée des activités humaines et des modifications climatiques. Surpêche, pollutions d’origine agricole et industrielle, modification des systèmes côtiers, accélèrent le blanchissement des coraux. C’est à dire une mort annoncée. Le réchauffement des océans et l’acidification croissante du milieu marin contribuent encore à la disparition des récifs. D’ici une à deux décennies, 15% des écosystèmes coralliens, notamment en Asie du Sud- Est et dans la Mer des Caraïbes, pourraient être anéantis. Le rapport rappelle que la seule hausse des températures de l’eau, particulièrement sensible dans l’Océan indien en 1998, a entraîné un blanchissement massif des coraux. En 2005, année très chaude, année de tempêtes et d’ouragans, les récifs des Caraïbes ont été décîmés. Si les scientifiques s’alarment de la disparition des coraux, c’est qu’ils occupent une place importante dans le catalogue de la biodiversité, et qu’ils rendent de sacrés services à l’humanité. IIs constituent un « supermarché » pour environ 30 millions de personnes, qui dépendent d’eux pour leur nourriture , et donc leur survie (UNESCO, 2008). Ils adoucissent les effets des cyclones et des tsunamis. Toujours selon l’UNESCO, les systèmes coralliens, qui nourrissent, protègent, renouvellent leurs ressources, ou stimulent le tourisme, font vivre 500 millions de personnes sur la planète. Quand ils sont en bonne santé.

Surpêche et réchauffement climatique.

Plus récemment, la FAO dénonce les excès de la pêche, dans un contexte de réchauffement climatique. Dans un rapport publié le 2 mars, (3) l’Agence de L’ONU pour l’alimentation et l’agriculture invite à développer des pratiques de  pêche « responsables ». Alors que les mers sont pillées par ceux qui les exploitent, environ 30% des stocks halieutiques sont tendus ou épuisés, la FAO s’inquiète des conséquences d’un réchauffement des eaux qui confisquerait encore une partie de la ressource. La FAO note que l’élévation des températures des océans a déjà bousculé la répartition des espèces. Certains poissons tropicaux auraient commencé à migrer en direction des pôles, vers des eaux plus fraîches. Et faute de stock, les populations pauvres, qui dépendent de la pêche pour leur survie, risquent de souffrir un peu plus. Deux semaines plus tôt, la FAO s’était penchée sur les abus de la pêche à la crevette, source de revenus et d’emplois “pour des millions de ménages vulnérables »

Jean Louis Borloo, le Ministre de l’Ecologie, semble avoir entendu l’appel de l’océan. Il vient de lancer le « Grenelle de la Mer » . La France, qui dispose du second espace maritime mondial, 11 millions de km², étire ses côtes, grâce aux DOM-TOM, sur trois océans, Atlantique, Indien, et Pacifique. Déjà, les récifs coralliens de la Polynésie française ont pris un sacré coup de chaud. http://www.ifrecor.pf/article.php3?id_article=132

M.J

(1) EPOCA, l’acidification des océans et ses conséquences sur les écosystèmes, CNRS

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1345.htm

(2) Rapport ICRI : http://www.icriforum.org/gcrmn/2008/Status%20of%20Coral%20Reefs%20of%20the%20World%202008.pdf

(3) Accès rapport FAO. http://www.fao.org/docrep/011/i0250f/i0250f00.htm


Publié le 3 mars 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Grenelle.
Tags :: , ,