Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« The story of stuff », petite leçon de décroissance.

Bonjour,

« The story of stuff » – la fabrique des choses – est un dessin animé qui fouille les dessous de la civilisation de consommation. Si la démonstration est américaine, la leçon s’adresse à tous les accrocs du shopping, devenu religion. Extraction de matières premières, production de biens, distribution, consommation, puis décharge, le film analyse un processus qui fait beaucoup de dégâts environnementaux et humains pour satisfaire les envies des plus riches. Pendant vingt minutes, Annie Leonard, une ancienne de Greenpeace, commente l’aberration d’un système qui produit pour jeter. Et pendant que la courbe des ventes d’ordinateurs et de i-pods s’envole, celle du bonheur dégringole…

M.J

http://www.storyofstuff.com/international/


Publié le 29 mai 2009 par marlene dans Décroissance.
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L’énergie (presque) propre d’Obama.

Bonjour,

Aux Etats-Unis, la loi sur « l’énergie propre » a été adoptée la semaine dernière par la Commission de l’Energie et du Commerce de la Chambre des Représentants. Premier examen réussi, en attendant l’avis d’autres Commissions, et celle du Sénat.

Ce projet de loi, inscrit dans une stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique, engagerait les USA à réduire de 17% leurs émissions de GES d’ici à 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Parenthèse, soit une réduction de 6% par rapport à 1990, quand l’Union Européenne propose 20%  pour la même période. Toujours en référence à 2005, les Etats-Unis souhaitent faire chuter leurs rejets de 83%, d’ici 2050. Ce texte obligerait encore les fournisseurs d’électricité à puiser dans les sources renouvelables, le soleil et le vent, 15% annoncé d’ici 2020. Au cœur de ce nouveau programme énergétique, le « cap and trade ». Ce système devrait permettre de réduire graduellement la production de CO² des gros pollueurs, raffineries, sidérurgie, ou complexes industriels, en limitant leurs émissions. Au-delà du seuil autorisé, les entreprises devront acquérir des « droits à polluer », achetés chez des concurrents plus sobres. De grandes compagnies américaines, Alcoa, DuPont, Caterpillar Inc, et quelques fournisseurs d’électricité, ont déjà accepté le principe de ce marché du carbone. (1)

Les partisans de ces réformes misent le «cap and trade », et sa logique du marché, pour diminuer les rejets de gaz à effet de serre. Les industriels, qui polluent au-delà de la limite admise, devront acheter des droits d’émission à d’autres compagnies, qui pourront tirer profit de ce commerce. D’où, l’incitation pour les entreprises à réduire leurs émissions, puisqu’elles pourront revendre leurs surplus. Sans compter que ces « permis » sont pratiquement donnés par le gouvernement américain. (2) Si on comprend bien l’argument économique, on perd un peu la finalité d’un processus qui vise à réduire les émissions globales de GES …Et non à refiler ses droits à « plus pollueur » que soi.

Les opposants au projet developpent le arguments traditionnels, menace d’un ralentissement de l’économie américaine, et hausse des prix de l’énergie, avis aux consommateurs. Ils agitent le spectre des délocalisations. Ces nouvelles contraintes pourraient chasser des industries gourmandes en énergie vers des pays moins chers et plus tolérents, l’Inde ou la Chine. D’autres défendent la mise en place d’une taxe sur les carburants fossiles, jugée plus simple à mettre en place que le « cap and trade ». (2) Mais qui, selon certains conservateurs, aurait un impact dévastateur pour les communautés rurales, qui utilisent beaucoup de fuel pour l’agriculture et les transports. A l’opposé, les environnementalistes jugent ce projet de loi insuffisant. Selon eux, on aurait pu faire mieux pour réduire les émissions de carbone, et augmenter la part du renouvelable. Mais, une majorité politique semble applaudir un texte, à la fois contraignant, et politiquement acceptable. (1) A la clé de cette transition vers une économie plus « soutenable », les millions de « green-jobs » promis par Barack Obama. Petite contrariété dans ce plan d’énergie propre, le charbon, qui permet de produire la moitié de l’électricité américaine. Et si les Etats-Unis cherchent des solutions pour un « charbon propre », Al Gore n’y croit pas. Le charbon propre, c’est comme les cigarettes bonnes pour la santé….

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En attendant un « charbon propre », Barack Obama souhaite faire oublier les années perdues par l’administration Bush. Il affiche son intention d’associer les Etats-Unis à la lutte contre le réchauffement climatique. En perspective, la Conférence internationale sur le climat de Copenhague, en décembre prochain, qui décidera de l’après- Kyoto. Les Etats-Unis, et la Chine, les deux principaux pollueurs de la planète, en marge des engagements de Kyoto, seront les bienvenus pour formuler un nouveau pacte sur le climat.

M.J

(1) “U.S. House panel approves climate change bill”, 22-05- 2009, Vicky Allen, Reutershttp://www.guardian.co.uk/business/feedarticle/8520466

(2) « Putting a Price on Carbon: An Emissions Cap or A Tax?” http://e360.yale.edu/content/feature.msp?id=2148


Publié le 25 mai 2009 par marlene dans Actualité,énergie,USA
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BAD barrages.

Bonjour,

La Banque asiatique de développement (BAD) s’inquiète des conséquences de la crise financière pour l’économie des pays asiatiques. Elle s’engage à tripler son capital pour financer des infrastructures, afin de booster les économies locales, et réduire la pauvreté. Cette réponse à la crise, défendue à Bali début mai, lors de la réunion annuelle de la BAD, rencontre un front d’opposition. Des ONG internationales, surtout originaires du voisinage asiatique, et des organisations locales, association de fermiers et de femmes, environnementalistes et anti-dettes, syndicats de mineurs et de pêcheurs, ne partagent pas cette vision du développement. (1) Pour ce front de résistance qui a fait le déplacement jusqu’à Bali, les grands travaux alimentent la dette des pays engagés. Ils bouleversent l’environnement et déplacent les populations concernées par ces projets, sans vraiment répondre à leurs besoins. Le barrage du West-Seti – une région située au Nord-Ouest du Népal – illustre l’inclinaison de la BAD à financer de gros travaux inadaptés.(2)

De l’électricité destinée à l’Inde.

Avec un système fluvial aux débits rapides, le Népal est un peu l’Eldorado pour les barrages. 90% de l’électricité népalaise vient de ses ressources hydriques. Le gouvernement veut aussi exploiter ce potentiel pour alimenter ses puissants voisins gourmands en énergie, l’Inde ou la Chine. Il cherche des investisseurs pour financer ces gros travaux. La BAD, la China Exim Bank, l’une des banques chinoises impliquées, et quelques investisseurs privés, misent sur un ouvrage qui ne fait pas l’unanimité. La société civile népalaise, appuyée par un réseau international, s’oppose à un ouvrage qui devrait avaler plus de 2300 ha de terres cultivables, de forêts, de prairies, bouleverser les écosystèmes, et déplacer plus de 10.000 personnes, dont la plupart re-installées hors de leurs terres d’origine. Le bénéfice sera pour l’Inde, qui devrait importer 90% de l’électricité produite par le barrage du West-Seti. Les impacts négatifs du projet ne sont pas pris en compte par le gouvernement népalais, qui a donné son feu vert. La BAD semble également ignorer les conséquences environnementales et humaines de cet aménagement, pourtant peu conformes aux recommandations de la Commission mondiale sur les Barrages, un organisme de contrôle indépendant. (3) A Bali, le NGO Forum on ADB, une organisation qui pousse la BAD à devenir plus vertueuse, a dénoncé : « La banque collectionne les antécédents de grandes infrastructures qui déplacent massivement des populations pauvres, détruisent les forêts et les systèmes fluviaux dont ces communautés dépendent ». (2)

Le prix du kilo de poissons.

Selon International River Network, une ONG américaine qui protège les bassins fluviaux et les populations asociées, le Népal a déjà connu un précédent avec le barrage d’Arun III. En 1995, la Banque mondiale s’était retirée d’un projet qui ne répondait pas aux besoins énergétiques d’un pays pauvre. Et dont les populations, isolées, avaient peu de chance de bénéficier du réseau électrique. En Asie du sud-Est, International River s’intéresse au bassin du Mékong, source de vie et de protéines pour 60 millions de personnes. Et espace convoité pour les bâtisseurs de barrages. La BAD y porte le développement du réseau électrique. La Chine, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, ou le Myanmar (Birmanie) projettent une série d’aménagements sur le cours principal du Mékong, et ses affluents, au risque de bouleverser les paysages et leurs équilibres, sans grand profit pour les populations. En Chine, la cascade d’ouvrages installés sur le Haut-Mekong, dans la province du Yunnan, a perturbé les rythmes du fleuve, avec des conséquences sur la réserve halieutique, et 20 millions de personnes. (4) Au Laos, le projet hydro-électrique de Theun-Hinboun, porté par l’ADB, a paupérisé 30.000 personnes, les privant d’une source de revenus. (5) En 2008, l’organisation américaine pointe le mauvais rapport « coûts-bénéfices » des barrages de Kamchay et de Stung Atay, au Cambodge. Sous prétexte d’apporter de l’électricité à un pays qui en manque, les deux ouvrages vont déraciner des populations et inonder des forêts protégées. Les Chinois, qui profitent de l’intérêt des autorités cambodgiennes pour l’hydro-électricité, ont largement financé des projets, aux études d’impact incertaines.(6) De son côté, la BAD mise sur un Cambodge « importateur d’électricité », avant de devenir « exportateur ». (7) Au Vietnam, la BAD a prêté 196 millions de dollars pour développer un projet hydro-électrique dans le centre du pays, communautés déplacées et inquiétudes pour la reproduction des poissons. (8) Sur le Forum de discussion de Khmer-network, on peut lire : « Savez –vous ce que coûte un kg de poissons quand il n’y en a plus ? » (7)

Une résistance locale, des réseaux transnationaux.

En Asie, ou ailleurs, les grands barrages témoignent de conflits d’intérêts qui opposent bailleurs de fonds, décideurs, et bâtisseurs, aux populations malmenées par ces grands travaux. Les premiers s’accrochent à une vision du « développement » qui passe par la maîtrise des fleuves, le béton, et l’électricité. Sans oublier leurs intérêts financiers. Les autres aspirent à préserver un milieu qui les accueille et les nourrit depuis des générations. La résistance locale à ces grands travaux, qui a émergé dans les années 80, est aujourd’hui portée par une opposition transnationale, qui via les réseaux et internet, se fait de plus en plus entendre. Ils étaient environ un millier à Bali.(1)

M.J

Exemple au Myanmar…

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(1) Indonesian Indian Farmer (SPI), Women’s Union, Friends of the Earth Indonesia (WALHI), Anti-Debt Coalition, People’s Coalition for Fisheries Justice, mining Advocacy Network…« NGOs plan protest at ADB’s Bali meeting”, The Jakarta Post,May 12, 2009, http://www.thejakartapost.com/news/2009/04/15/ngos-plan-protest-adb%E2%80%99s-bali-meeting.html

(2) « ADB head : Asia must tackle poverty, climate change”, Stephen Wright, Associated Press, 05-04-2009. http://www.syracuse.com/newsflash/index.ssf?/base/business-5/1241425437317650.xml&storylist=new_topstories

(3) International River Network, http://internationalrivers.org/en/south-asia

(4) New Scientist, mai 2004.

(5) International Rivers http://www.internationalrivers.org/en/southeast-asia/laos/theun-hinboun

(6) AFP, 29 Janvier 2008, http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(7) http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(8) Romandie News / AFP, 27 juin 2008. http://www.romandie.com/infos/news2/080627050428.ob6ow77y.asp


Publié le 19 mai 2009 par marlene dans Actualité,Developpement,eau,Préjudice écologique
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La Chine s’intéresse à ses mines d’énergie renouvelable.

Bonjour,

Une industrie et une production high-tech voraces, un marché de l’automobile et un équipement des ménages en progression vertigineuse, la Chine est gourmande en énergie. Ses besoins en pétrole la placent juste derrière les Etats-Unis. La Chine est aussi le premier producteur et consommateur mondial de charbon, qui alimente 70% de sa machine. (1) De 1996 à 2006, les besoins énergétiques de « l’usine du monde » ont pratiquement doublé. Et la consommation d’électricité est allée encore plus vite, elle a été multipliée par deux depuis 2000. (2) Cette Chine énergivore est aussi une Chine qui pollue. Les émissions de CO² sont en train de dépasser celles des Etats-Unis. (3) Parenthèse, les émissions de dioxyde de carbone d’un Chinois représentent 1/6° de celles produites par un américain. (2) Les rejets de dioxyde de soufre, liés a l’utilisation de charbon de mauvaise qualité et à des techniques de combustion vétustes, sont en augmentation. (3) Mais, derrière le gigantesque nuage d’oxyde d’azote qui couvre Pékin et le nord-est du territoire, il se dessine un petit espoir. La Chine, qui veut diversifier ses sources d’énergie et qui freine la construction de centrales de charbon,  mise sur le vent, le soleil, l’eau, ou la biomasse, pour adoucir les conséquences environnementales de son développement.

Le vent et l’atome.

Si l’énergie solaire balbutie encore, la Chine est en train de devenir une championne de l’éolien. En 2006, le pays a doublé sa capacité. Dans un contexte où l’énergie produite par le vent est plus chère que celle issue du charbon, le gouvernement incite à la concurrence pour réduire les coûts de production. Vers le milieu du siècle, l’énergie éolienne pourrait devenir la seconde source d’électricité, derrière le charbon, et devant l’hydro-électricité. Avec environ 2/3 des capacités mondiales, la Chine est devenue le plus grand consommateur d’eau chauffée par le soleil. On y dénombre environ 40 millions de systèmes solaires, 10% de ménages chinois en sont équipés.  Cette performance dissimule un secteur solaire où beaucoup reste à faire. Ce qui n’empêche pas la Chine d’être active sur le marché international du photovoltaïque. La biomasse, surtout produite à base de canne à sucre et de cosses de riz, est un secteur qui somnole. En attendant, peut-être, d’être réveillé par d’autres sources d’énergie, résidus de l’agriculture ou des forêts. Le biogaz, produit à partir de déchets animaux, dynamise la filière. La Chine s’intéresse encore aux carburants alternatifs. Elle produit un peu d’éthanol à base de maïs, et du biodiesel avec de l’huile de friture usagée. Le manioc, le sorgho, et les oléagineux ouvrent de petits espoirs. Plus sérieux, l’éthanol à base de cellulose, la Chine dispose de vastes stocks de déchets agricoles et forestiers. Une perspective qui attendra encore quelques années. (1) Petite fausse note dans cette transition énergétique, la Chine devrait encore construire une trentaine de centrales nucléaires, d’ici à 2020.

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Un portable solaire.

Aujourd’hui, 8% de l’énergie et 17% de l’électricité consommées en Chine proviennent d’une source non fossile. L’objectif est d’atteindre les 15% (énergie) et Les 21% (électricité ) en 2020. (1)Vers le milieu du siècle, les énergies renouvelables devraient couvrir 30% des besoins.(2)Cette ambition repose sur des investissements conséquents, assortis d’une volonté de développer les énergies propres. Le Worldwatch Institute rapporte que la Chine a investit 50 billions de dollars dans le non-fossile en 2006, plus 10 billions en 2007. Depuis 2005, une loi encadre le développement du renouvelable, devenu « priorité nationale ». Des incitations fiscales encouragent les entreprises à opter pour les énergies alternatives. Des mandats exigent que des compagnies d’électricité achètent de l’éolien, et s’intéressent aux autres sources. Selon le cabinet Ernst & Young, la Chine est devenue l’un des cinq pays les plus attractifs pour les investissements destinés au renouvelable, entre l’Inde et l’Espagne. (4)Tout en développant son potentiel, la Chine est en passe de devenir un leader sur le marché international du vent et du soleil, en Amérique du Nord, au Japon, ou en Europe. La production d’éoliennes et d’équipements photovoltaïques a été multipliée par 2 en 2006. (1) La Chine exporte ses systèmes d’eau chauffée par le soleil – bien moins coûteux que leurs semblables produits en Europe – et du petit matériel hydro-électrique. Objectifs ambitieux, soutien des autorités, et prouesses industrielles « à la chinoise », la Chine pourrait s’imposer dans les technologies du renouvelable. En 2007, une société chinoise a présenté son premier portable à énergie solaire, une heure au soleil, ou à la bougie, pour quarante minutes de conversation….

M.J

(1) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy”, Worldwatch report, Eric Martinot, Li Junfeng, November 2007, http://www.worldwatch.org/node/5491

(2) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy.”http://www.worldwatch.org/node/5496

(3) http://www.econologie.com/la-chine-articles-2277.html

(4) « Energies renouvelables : la Chine devient plus attractive que le Royaume-Uni », Actu-Environnement.com – 28/08/2008, http://www.actu-environnement.com/ae/news/attractivite_chine_energies_renouvelables_5590.php4


Publié le 12 mai 2009 par marlene dans Actualité,énergie,Chine,Climat
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Le message écolo du Plastiki.

Bonjour,

David de Rothschild devrait bientôt quitter la baie de San Francisco à bord du Plastiki, un bateau conçu à partir de bouteilles plastique et de matériaux recyclés. Cet « activiste » écolo, représentant de la branche anglaise de la célèbre famille de banquiers, entreprend un voyage à travers le Pacifique pour attirer l’attention sur le « Great Pacific Garbage Patch ». Une « mer intérieure » peuplée de bouts de plastique.

L’espérance de vie d’un bout de plastique…

C’est pour dénoncer cette pollution que l’aventurier a imaginé un catamaran de 20 mètres, un modèle de récup. La coque est remplie de 12000 bouteilles de plastique. La cabine et les cloisons ont été réalisées à partir de matériaux recyclés, principalement des toiles reconstituées à base de plastique. Le design a demandé trois ans de recherches. Quelques retouches ont retardé un départ prévu fin avril, et annoncé pour l’été 2009. Le bateau devrait parcourir 2720 kilomètres, de San Francisco à Sydney, en passant par Hawaï, les îles Bikini, et Vanuatu. De Rothschild, qui invite à bord une équipe de chercheurs, devrait prélever des échantillons d’eau souillée, et réaliser un journal de bord multimédia. Il veut témoigner de l’espérance de vie d’un morceau de plastique, échappé d’une ville de la côte asiatique ou de Californie, porté par les courants et les tourbillons, qui finit sa course dans la spirale du Nord-Pacifique.

La « soupe de plastique »

Ce bassin de déchets flottants, qui se balade entre San Francisco et Hawaï, d’une superficie supérieure à celle de la France, a été découvert il y a une dizaine d’années par l’océanographe Charles Moore. Il témoigne plus tard : «J’étais confronté, aussi loin que se portait mon regard, à la vision d’un bout de plastique. » (1) Pendant une semaine, le bateau de Moore navigue dans cette eau couverte de résidus de la société de consommation, bouchons, bouteilles, emballages, fragments de plastique, ou pneu de camion. Charles Moore rebaptise l’étendue polluée, la « Great Pacific Garbage Patch » devient la « plastic soup », « la soupe de plastique ». Les scientifiques estiment qu’elle contient six fois plus de plastique que de plancton, conséquences écologiques assorties. Les oiseaux de mer et les poissons, qui se trompent forcément de nourriture, ingèrent des bouts de plastique. Ces corps étrangers rejettent aussi des polluants, PCB ou pesticides, qui empoisonnent la chaîne alimentaire. Les populations d’albatros du Nord-Ouest d’Hawaï, sanctuaire national américain, sont encore affectées par cette marée de plastique.

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David de Rothschild veut refaire le voyage de Kon-Tiki, d’où le nom de son bateau. En 1947, l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl s’était embarqué sur un radeau de rondins pour tenter de rejoindre les îles polynésiennes depuis l’Amérique du Sud. Et vérifier son hypothèse du peuplement de l‘Océanie. Soixante ans plus tard, le jeune navigateur souhaite montrer que l’on peut recycler le plastique, son bateau le prouve. Il veut aussi témoigner de ce qui arrive, si on ne le fait pas. Le message écologique, retardé pour des problèmes techniques, est porté par un bateau aux réactions incertaines en cas de navigation difficile. Sans parler de l’explorateur qui avoue, lui-même, ne pas avoir le pied marin. (2) Good luck, Mr De Rothschild.

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M.j

(1)”Eco warrior on voyage to “plastic soup” of Pacific”, robin McKie, New Zealand Herald, 13-04-2009 http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10566328

(2)”Voyage of the Plastiki”, “The perils of innovation on the high seas”, Paul Kvinta, National Geographic, October 2008. http://adventure.nationalgeographic.com/2008/10/david-de-rothschild/plastiki-text


Publié le 4 mai 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Préjudice écologique
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