Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Je hais les crapauds.

Bonjour,

Il est gros, pataud, le dos couvert de pustules, avec les yeux qui lui sortent de la tête, franchement repoussant, néfaste, inutile, il a aussi tendance à s’incruster. Les Australiens, qui tentent de s’en débarrasser depuis des années, ont peut-être trouvé une solution. La Chine.

Crapauds contre hannetons.

En 1935, les hannetons menacent de détruire la canne à sucre, dans le Nord du Queensland. Pour protéger la récolte, le gouvernement australien décide d’importer d’Hawaï une colonie de crapauds buffle, le Bufo marinus. Cane Toad, en Anglais. Ces travailleurs immigrés, employés dans les champs de canne, doivent dévorer les hannetons. Très vite, il apparaît que les amphibiens ne sont pas aptes à remplir leur mission. Ils craignent la lumière. Et surtout, ils ont du mal à décoller du sol pour attraper les insectes, qui eux, volent. Depuis, le crapaud buffle a prospéré sous les tropiques australiens. Il fait aujourd’hui carrière dans la destruction de la faune locale. Il est redoutable. Il dévore tout ce qu’il peut avaler, abeilles, oisillons, grenouilles. Il empoisonne  ceux qui le convoitent, crocodiles, dingos, ou goannas,  leur promettant une mort lente. A la moindre agression, il projette son venin contre son ennemi. S’il atterrit dans les yeux, il peut rendre temporairement aveugle. Dans les territoires du nord de l’Australie, une population estimée à 200 millions de crapauds buffles terrorise son voisinage. (1)

Battes de cricket et clubs de golf.

Pour faire chuter les effectifs, l’association Frog Watch traque le vilain gros crapaud sur ses terres d’accueil. Depuis deux ans, les volontaires de l’organisation auraient réglé leur compte à 40.000 individus. Et quand la prise fait poids, elle devient trophée. Exemple, ce mâle de plus de 20 cm de long, approchant le kilo, attrapé près de Darwin, dans le Territoire Nord, où l’espèce menace des reptiles rares.  En 2005, ABC News rapporte que David Tollner, un représentant du Territoire Nord, a fouillé ses souvenirs d’enfant pour trouver une solution: « Nous les frappions avec des battes de cricket, des clubs de golf, et ainsi de suite. » (2) Les défenseurs des animaux n’ont pas apprécié cet appel à la guerre, qui pouvait dégénérer. Autre solution, en faire des animaux de compagnie, sur le thème: « Puisque vous ne pouvez pas vous en débarrasser, aimez-les ». Un débouché qui a surtout inspiré les réalisateurs de documentaires. (3)

Le marché chinois.

Selon la BBC News, John Burey, industriel dans le Queensland, doit prendre l’avion le mois prochain pour Beijing. Il doit négocier l’exportation de crapauds buffles vers le géant asiatique, et tenter d’ouvrir le marché. En Chine, les produits dérivés de l’amphibien entrent dans la composition de quelques médicaments traditionnels. Les toxines, qui agissent comme stimulant cardiaque et diurétique, permettent aussi de combattre les sinusites et les maux de dents. La peau et Les organes sont encore connus pour leurs grandes qualités thérapeutiques. La viande de crapaud, source de protéines, pourraient intéresser les Chinois, les Australiens bossent le dossier.(1) Et si l’affaire est conclue, il ne restera plus qu’à les attraper. Beurk, je hais les crapauds.

M.J

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(1) “China market sought for cane toad” , Phil Mercer
BBC News, Sydney, http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8480041.stm

(2) “Cane toad clubbing sparks controversy”

ABC News online, 11-0’- 2005. http://www.abc.net.au/news/newsitems/200504/s1342444.htm

(3)”Les crapauds de la canne à sucre” – Cane Toads – Mark Lewis, Film Australia Limited, Arte France – Thema : « Australie : avenir tête en bas. »

http://www.artepro.com/programmes/3414/presentation.htm


Publié le 29 janvier 2010 par marlene dans Australie,Biodiversité
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Ces Européens, descendants d’agriculteurs néolithiques.

Bonjour,

La plupart des Européens de sexe masculin seraient les descendants d’agriculteurs, venus du Croissant fertile, une région qui va de la côte Est de la Méditerranée au Golfe persique, en passant par les vallées du Tigre et de l »Euphrate. C’est le résultat d’une étude récente produite par l’Université de Leicester, au Royaume-Uni. (1) Cette recherche, qui rappelle l’importance du développement de l’agriculture dans l’histoire humaine, répond à une question qui a longtemps fait débat dans le monde scientifique. Comment l’agriculture, qui commence à se développer il y a environ 10.000 ans, est-elle arrivée en Europe? A-t-elle été apportée par ces pionniers de l’époque néolithique, venus du Proche-Orient ? Ou s’est-elle diffusée en Europe grâce aux échanges d’idées et de techniques ?

Pour obtenir une réponse, les chercheurs britanniques ont tracé le chromosome Y, qui se transmet de père en fils, et plus particulièrement l’haglogroupe R1b1b2, porté par  110 millions de citoyens européens. L’équipe a analysé les chromosomes de 2574 personnes de sexe masculin, établis dans la même région depuis au moins deux générations. La distribution de cet haglogroupe sur le continent révèle une progression Sud-Est / Nord-Ouest. Identifié chez 12% des hommes de Turquie orientale, ce marqueur génétique grimpe à plus de 85% chez les Irlandais. Au total, plus de 80% des chromosomes Y identifiés chez les Européens proviendrait de ces premiers agriculteurs. L’existence de sites néolithiques connus, croisés avec cette « route génétique », cautionnerait l’hypothèse d’une migration en provenance du Proche-Orient, via la Turquie. Les pratiques  agricoles, véhiculées par ce mouvement migratoire, auraient mis 4000 ans à traverser le continent avant d’atteindre les îles britanniques. Cette époque, que l’archéologue australien Gordon Childe appelle la « Révolution Néolithique » , souligne l’importance d’un glissement progressif de l’activité « chasse-cueillette » vers l’agriculture. Cette transition annonce aussi une sécurisation alimentaire des communautés, facteur de sédentarisation progressive. Concernant l’origine de cette migration, Childe évoque une forte croissance démographique dans ces régions du Proche-Orient,  ayant provoqué une crise économique et sociale. Les agriculteurs et leurs troupeaux, en quête de nouvelles terres, auraient commencé à migrer vers l’Ouest. Ces groupes de pionniers auraient progressivement transmis leur mode d’existence aux communautés de « chasseurs-cueilleurs », réparties sur le continent européen. (2) Angle intéressant de cette étude britannique, elle articule les mutations technologiques et culturelles avec l’expansion du chromosome Y.

Patricia Balaresque, l’un des auteurs du rapport, note que la plupart des lignages génétiques maternels semblent provenir des « chasseurs-cueilleurs ». «…Cela suggère que les agriculteurs de sexe masculin ont eu une reproduction plus active que celle des « chasseurs-cueilleurs » pendant cette période de transition… » Autre hypothèse de Patricia Balaresque, il était peut-être plus sexy d’être agriculteur que chasseur. (3)

M.J

(1) Balaresque P, Bowden GR, Adams SM, Leung H-Y, King TE, et al. 2010 A Predominantly Neolithic Origin for European Paternal Lineages. PLoS Biol 8(1): e1000285. doi:10.1371/journal.pbio.1000285 PLoS / article http://www.plosbiology.org/article/info:doi/10.1371/journal.pbio.1000285

(2)(2005) Go West, Early Man: Modeling the Origin and Spread of Early Agriculture. PLoS Biol 3(12): e436. doi:10.1371/journal.pbio.0030436 -November 29, 2005 http://www.plosbiology.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pbio.0030436

(3) “Most European males descend from farmers who migrated from the Near East 10,000 yrs ago.”Washington, Wed, 20 Jan 2010 ANI, New Tracks India. http://newstrackindia.com/newsdetails/144448


Publié le 26 janvier 2010 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Histoire.,Migrations.
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Une déforestation surestimée ? L’exemple de l’Afrique de l’Ouest.

Bonjour,

Le dernier blog évoquait la déforestation en Afrique. L’Ouest du continent serait particulièrement touché. Les populations, en quête de combustible pour la cuisine, accessible et bon marché, ou de terres agricoles pour se nourrir, n’épargneraient guère l’environnement forestier. Si les méthodes actuelles d’observation permettent de caractériser les formes et le rythme de la disparition des forêts dans la sous – région, deux chercheurs britanniques remettent en question les évaluations antérieures. Une relecture intéressante.

Dans un article qui synthétise une recherche plus documentée en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Libéria, au Ghana, au Togo et au Bénin, James Fairhead et Melissa Leach affirment : «  la thèse que nous soutenons est que les estimations récentes ont considérablement exagéré l’ampleur du déclin des forêts depuis 1900. La surface perdue au cours de cette période atteint vraisemblablement un tiers seulement des chiffres qui circulent actuellement dans les études scientifiques internationales. » Si les estimations de la dernière décennie, servies par de nombreuses  sources d’informations, dont la télédétection, sont fiables,  les évaluations antérieures le seraient moins. Selon James Fairhead et Melissa Leach, l’historique du couvert forestier n’aurait pas été assez fouillé. Nombre d’auteurs seraient partis de suppositions sur la nature et l’étendue de la forêt dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. L’analyse serait encore contrariée par un problème de définition de la forêt, qui peut faire varier l’étendue des surfaces altérées.  Elles peuvent être constituées par un «couvert végétal dominé par des arbres, sans sous- étage d’herbe ou de végétation adventice et n’ayant pas été cultivé récemment», où s’étendre au gré d’une nouvelle définition. Ce qui complique les comparaisons historiques, et fausse l’évolution de la déforestation. D’autre part, il serait probable que ces estimations soient parties de forêts très étendues dans les années 1900-1920, car moins soumises aux pressions des populations agricoles. Ce point de départ, faisant référence à un couvert forestier optimal et exceptionnel,  amplifierait encore l’ampleur du déboisement au cours du siècle. Les chercheurs britanniques, qui ont concentré leur étude sur l’Afrique de l’Ouest, s’inquiètent d’une surévaluation généralisée de la déforestation, estimée avec les mêmes méthodes. Cette lecture erronée de l’utilisation des forêts brouille l’histoire des fluctuations climatiques antérieures, et celle d’une mise en valeur des terres adaptée à ces changements : « En Afrique de l’Ouest en particulier, ceux qui ont soutenu la thèse du déboisement continu et irréversible ont totalement occulté l’expansion considérable de la zone sous forêt qui semble s’être vérifiée au cours des siècles récents. » Cette surestimation de la déforestation déforme les « modèles climatiques régionaux et mondiaux ». Elle interprète encore l’histoire compliquée de la répartition des terres, et celle d’une agriculture traditionnelle qui a valorisé son environnement. Enfin, et surtout, « l’exagération des taux de déboisement ont souvent injustement soutenu des politiques environnementales draconiennes qui appauvrissent encore plus les populations dans une région déjà défavorisée. »

Cet article intitulé « Réexamen de l’étendue de la déforestation en Afrique de l’Ouest au XXe siècle », par J. Fairhead et M. Leach, est paru dans la revue Unasylva, No: 192, 1998   W7126/F. Il est mis en ligne par la FAO http://www.fao.org/docrep/w7126f/w7126f06.htm

M.J


Publié le 21 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Déforestation: la FAO relève des percées dans les forêts d’Afrique.

Bonjour,

La presse africaine titre sur la déforestation du continent. (1) Plus de quatre millions d’hectares de forêts auraient disparu chaque année entre 2000 et 2005, précise la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture qui vient de mettre en ligne son rapport annuel : « Situation des forêts du monde en 2009 ». Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, environ le tiers de la superficie du continent. Au centre, le massif du Bassin du Congo constitue le second poumon de la planète. Partout, la petite agriculture, la multiplication des cultures itinérantes qui grignotent plus souvent des fronts intacts, font  reculer la forêt. Le développement de cultures industrielles, qui a besoin d’espace, pourrait devenir le principal ennemi du couvert forestier. La demande en combustibles, bois et charbon de bois, nourrit encore la déforestation d’un continent en développement, où l’énergie est chère. Le rapport met en relation la forêt et les pressions conjuguées qui se développent sur le continent Africain. La population, en passe de dépasser le milliard. L’urbanisation, dans 10 ans près de la moitié des Africains vivra en ville. Et la pauvreté, aggravée par la démographie, mais soulagée par une agriculture qui gagne sur la forêt. Le rapport prédit qu’en Afrique du Nord, de meilleures conditions d’existence laisseront une chance aux arbres, et favoriseront peut-être le reboisement. En Afrique de l’Est et en Afrique Australe, les densités de populations devraient encore faire reculer la forêt. En Afrique de l’Ouest « la poussée croissante et rapide de la demande de bois de feu en milieu urbain et l’augmentation de la demande de terres agricoles tendront à se traduire par une perte continue du couvert forestier ». (2) Selon l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest, les forêts de la sous- région seraient particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la déforestation aurait avalé 1,2 millions d’hectares par an: « Cette diminution s’est traduite par une fragmentation du couvert, notamment dans la zone humide : passage d’une forêt fermée à une forêt ouverte puis à des espaces boisés. Selon les estimations de la FAO, plus de 10 % des forêts fermées ont été transformées en forêts ouvertes entre 1980 et 2000 et entre 3 et 7 % des forêts fragmentées sont devenues des espaces boisés au cours de cette même période. » (3). En matière de déforestation, s’il est question de superficie, il est aussi question de définition. Prochain blog.

M.J

(1) Afrique: « L’Afrique a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2005 (FAO) », Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) 6 -01-2010, http://fr.allafrica.com/stories/201001070239.html -« Congo-Brazzaville: Des forêts artificielles détruites non loin des villes. »Arsène Séverin, IPS, 8-01-2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001080530.html

(2) »Situation des forêts du monde 2009″-Accès rapport FAO – Format PDF http://www.fao.org/docrep/011/i0350f/i0350f00.HTM

(3) Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les évolutions du milieu : dynamiques foncières. http://www.atlas-ouestafrique.org/spip.php?article159


Publié le 19 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Japon: des barrages qui engloutissent l’argent du contribuable.

Bonjour,

“Les barrages sans eau du Japon absorbent l’argent des impôts”, titrait le Yomiuri Shimbun, un quotidien japonais, dans son édition anglaise du 5 janvier dernier. Deux journalistes, Mikoto Hata and Hitoshi Yoshida commencent leur enquête dans l’île d’ Hokkaido,  à proximité d’une ville nommée Furuno, où s’érige le barrage de Togo, un ouvrage de 48 mètres de haut qui perd ses eaux.  La retenue de Togo, conçue en 1973 pour irriguer les champs et les cultures alentour, entre en service vingt ans plus tard. Elle peut stocker 4,3 millions de m3 d’eau, et  coûte près de 38 milliards de yens, environ 280 millions d’euros, argent du contribuable. (1) Très vite, il apparaît que le barrage fuit. L’eau semble s’échapper par le substrat volcanique qui supporte l’édifice. Les paysans, qui voient leurs impôts s’infiltrer dans la roche pendant que leurs cultures attendent une eau dont ils ont déjà payé l’accès, sont furieux. Pour réparer l’ouvrage, il faudrait 12 milliards de yens supplémentaires, environ 95 millions d’euros, sans compter les 300 millions de yens, un peu plus de deux millions d’euros, engloutis dans l’année pour l’entretien et la maintenance d’une infrastructure qui plombe le paysage. « Le barrage a l’allure d’un immense éléphant blanc qui frustre les riverains et leur vide les poches » rapportent les journalistes, avant de poursuivre une  enquête qui décline  les exemples.

Des barrages à profusion.

Dans les années 50, les barrages commencent à se multiplier sur le réseau hydrographique du Japon. Les ouvrages d’après-guerre, programmés pour protéger les métropoles des inondations, ont d’autres fonctions. D’où leur nom, « barrages à fins multiples ». Ils doivent réguler les fleuves, retenir l’eau destinée aux cultures, approvisionner les villes et les industries,  produire de l’électricité. (2) L’archipel compterait plus de 3000 barrages, dont certains encore en travaux. (3) A en croire le Lonely Planet, la Shimanto-gawa, sur l’île de Shikoku, serait le dernier cours d’eau du Japon à s’écouler librement.  Si l’aménagement des fleuves accompagne l’histoire japonaise, la profusion d’ouvrages hydrauliques, aux conséquences environnementales et humaines imprimées dans le paysage, vallées submergées, détournement des eaux, privatisation de la distribution, ou déstabilisation de l’organisation agraire, a fabriqué une solide opposition. Exemple à Yamba, un ouvrage programmé sur la rivière Agatsuma, au Nord-Est de la plaine du Kanto , l’une des réalisations les plus ambitieuses de ces dernières années.

Yamba, le mégaprojet.

Proposé dans les années  50, prévu pour 2015, le barrage de Yamba, à usage multiples, doit notamment approvisionner en eau potable la ville de Tokyo et six préfectures voisines. Le projet, qui doit noyer 316 hectares, déplacer plus de 400 foyers, perturber le quotidien d’un millier de japonais, engloutir la vieille cité thermale de Kawarayu Onsen, héritage historique et site touristique, provoque la colère des riverains.  On lui reproche encore une assise géologique douteuse, la proximité d’un volcan actif, et l’arrivée, via la rivière Agatsuma, d’éléments acides ennemis du béton, en provenance de sources chaudes situées en aval. On lui reproche surtout son coût, 322 milliards de yens, plus de 2 milliards d’euros. Beaucoup d’argent public pour alimenter en eau potable des citadins qui n’en manquent pas forcément. (4) Les législatives d’aoùt 2009, qui ont porté Yukio Hatoyama au poste de Premier Ministre, ont permis de ranger dans les cartons ce projet présenté comme « le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon ». (5)

L’eau à la source.

Dès l’automne dernier, le Parti démocrate – centre gauche – de Yukio Hatoyama promet d’en finir avec la politique de grands travaux emmenée par un Parti libéral-démocrate – conservateur -, accroché au pouvoir depuis 1955, et soucieux d’une partie de son électorat. Yukio Hatoyama, qui dénonce un gaspillage, annule la construction de dizaines de barrages. Il préfère financer des programmes sociaux. A une autre échelle, Shigeru Kobayashi, historien de la lutte anti-barrage qui a opposé les communautés rurales aux élus japonais, parle lui aussi d’économies: « Le coût de l’eau dépend avant tout du coût du barrage. A Ogawa on boit de l’eau d’ici… On a creusé un puit à côté de la rivière. C’est cette eau qui est bue. Pas besoin de barrage pour çà. Cette eau, de plus, est beaucoup moins chère... »

M.J

(1) Conversions approximatives, destinées à imager la facture du contribuable japonais.

(2) D’après « Atlas du Japon », « Une société face à la post-modernité », Philippe Pelletier, Editions Autrement, Collection Atlas/Monde, 2008, pp22-23
(3)Association of Concerned  Citizens of Yamba Dam Project. http://www.yamba-net.org/eng/

(4) « Japan Election Results: Yamba Dam Project Suspended »by greenz.jp, Tokyo, Japan, 09. 1.09 http://www.treehugger.com/files/2009/09/japan-election-results.php

(5) Yamba, le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon », Christian Pose, http://linked222.free.fr/cp/links/japan/yamba.html


Publié le 13 janvier 2010 par marlene dans Barrages,Japon
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